‹ Traite des affections de la peauChapitre 12 sur 59 · HERPES · texte numérisé non relu

HERPES

insomnies; des ulcérations gangréneuses, etc., et, d'autre part, on peut voir des variétés d'iierpès se prolonger indéQnimcnt. — Alors le pronostic emprunte à ces circonstances une certaine gravité; mais ces accidents, appartenant à telle ou telle espèce en particulier, ne doivent pas inllucncer le pronostic du genre herpès qui constitue, en définitive, une alt'ection des plus bénignes.

Éliologie. — Il existe un herpès tic cause externe et lui herpès de cause interne.

L'herpès de cause externe est dû à l'existence d'un parasite (trichophyton), — herpès ch'ciné parasitaire, — ou à l'action de causes extérieures telles que le frottement, l'action de la matière sébacée si abondamment sécrétée entre le prépuce et le gland, etc.

Il n'existe pas d'herpès pathogénétique.

Les herpès de cause interne sont pseudo-exanthématiques, arthritiques ou syphiliti([ues.

L'hei'pés pseudo-exanthématique est idiopathique ou syraptomatique; s'il est symptomatique, il survient alors au déclin des affections aiguës, telles que la pneumonie, et constitu(j habituellement un phénomène critique d'un heureux augure.

Voici d'ailleurs le tableau synoptique des espèces d'herpès

Circinû.

Herpès

de

Lal)i;ilis.

Priepuliulis.

Vu 1 varia.

Herpès

Herpès plilycteuodes.

Zona.

Phlvclenoiles labialis.

de

cause interne.

SypliililiqiK! .

I Herpès sypliililiipie.

o2 AF1'ECTH)NS CIKiNKKKiUES.

Traitement. — Le gnm-a herpès, envisagé en lui-même, ne donne lieu qu'à des indications thérapeutiques peu importantes : on conseillera des tisanes acidulés, on saupoudrera les parties malades de poudre d'amidon; on proscrira les lotions et les bains, qui, en déterminant la rupture prématurée des vésicules, laissent exposées au contact de l'air des ulcérations douloureuses, et on en réservera l'usat^c pour le moment où les croûtes seront prêtes à se détacher.

En outre de ce traitement local, il faut ordonner un traitement interne approprié, lorsque l'herpès est symptomatique de la syphilis, de la dartre, ou de l'arthritis.

DE l'eczéma.

' Définition. — L'eczéma est une aliection de la peau caractérisée, à sa période d'état, par l'existence de vésicules petites, acuminées, agglomérées sur une surface plus ou moins étendue, et contenant un liquide séretix et transparent, vésicules qui s'affaissent lorsque le liquide qu'elles contiennent est résorbé, mais qui le plus souvent se rompent après vingt-quatre ou quarante-huit heures d'existence, et auxquelles succèdent l'exhalation et la sécrétion d'un liquide séreux et transparent qui se concrète en lamelles plus ou moins épaisses, et ensuite une simple exfoliation épidermique.

Symptomatologie. — L'eczéma présente trois périodes : la période de vésiculation, la période d'exhalation et de la formation de squames, enhn la période de dessiccation .

Première i^ériode, de véslcalation.—Uév\\]}\ion cutanée est quelquefois précédée par un léger malaise, des phénomènes gastriques, un mouvement fébrile peu intense, un sentunent de prurit et de fourmillements au niveau des parties qui doivent être le siège de l'affection, et Ijientot par l'apparition d'une rougeur diffuse dont l'existence n'est cependant pas constante. Ces phénomènes pro(h'()mi(pies durent vingt-quatre à quaranteliiiil luniiTS et sont suivis rapparilion, ;'i l;i surface des tégu- UD'uls, (l'un grand nombre de vésicules transparentes, agglo-

ECZKMA. -J^

nicirées et telleniuiil tf'iiiu'.s qu'on [)oui'i ait plus jinliciciiscirKiiit, leur donner 1(! nom de firanuliitions vé.sifukuises, qu'il laut. souvent les examiner de prolil pour les apercevoir et qu'elles passent même quelquefois inaperçues. Ces vésicules sont remplies d'une sérosité transparente et limpide, et tantôt se crèvent api'ès vingt-quatre ou quarante-huit heures d'existence, et donnent issue à un liquide irritant, dont le contact détermine, à la surface des téguments, des excoriations et des ulcérations superlîciellcs; tantôt ne se rompent pas, mais se flétrissent et s'affaissent, à mesure que le liquide qu'elles contiennent est résorbé, et sont suivies d'iui travail d'exfoliation épidermique. C'est principalement à la plante des pieds et à la paume des mains, régions où l'épiderme est épais et résistant, qu'on observe cette résorption de la sérosité de l'eczéma.

C'est dans l'eczéma rubrum, pseudo-exanthème aigu, que l'on observe des prodromes et l'existence d'une rougeur diffuse avant l'apparition des vésicules.

Deuxième j)ériode, d'exhalation. — Après la rupture des vésicules et l'excoriation des parties environnantes, existe une vaste surface exuJcérée; à ce moment commence la deuxième période, caractérisée essentiellement par la sécrétion d'un hquide séreux, transparent, plastique, empesant le linge, alca- Un, et contenant des globules pyoïdes et des cellules cylindriques. Ce. Uquide se dessèche peu de temps après son exhalation et se concrète en lamelles molles, d'un blanc grisâtre, bleuâtre ou verdàtre, se détachant pour être remplacées par d'autres squames de nouvelle formation.

S'il s'agit d'un eczéma impetiginodes, c'est-à-dire dont les vésicules sont devenues rapidement purulentes, on observe de véritables croûtes jaunâtres ou verdâtres, humides, présentant des fissures à travers lesquelles s'écoule un, liquide séro-purulent ou purulent qui se concrète à son tour en croûtes jaunes ou verdâtres.

La durée de la deuxième période est très- variai de ; tantôt, en effet, l'exhalation du liquide ne se perpétue que pendant quelques semaines ou quelques mois; tantôt, au contraire, elle

persiste durant des années entières. Cependant survient un moment oii la sécrétion diminue de plus en plus et bientôt se tarit où les squames deviennent aussi sèches que celles du pityriasis, où, en un mot, la troisième période s'établit définitivement.

Troisième période. — Elle est caractérisée par l'existence de croutcUes ou de squames minces, foliacées, s'enleva nt facilement, mais se reproduisant avec une extrême facilité, et au-dessous desquelles la peau est i-ouge et luisante; ces squames fliminuent progressivement de largeur et d'épaisseur et ne constituent plus après un certain temps que de simples lamelles qui ne tardent pas à disparaître elles-mêmes.

A.lors n'existe plus, au niveau des surfaces malades, qu'une coloration d'un rouge plus ou moins foncé dont la teinte s'efface lentement, qu'un état luisant et vernissé des téguments, et l'eczéma eût-il duré dix, vingt ans, jamais il ne laisse à sa suite de cicatrice; cependant, si l'eczéma occupe des membres variqueux, on observe souvent une maculature des téguments.

L'eczéma occupe une étendue variable de la surface tégumentaire : tantôt il est généralisé, tantôt il est circonscrit à une partie limitée du corps, aux membres, à la paume des mains, la plante des pieds, au cuir chevelu, aux seins, au mamelon ; tantôt il se présente sous la forme de larges placards ; tantôt on observe de petites surfaces circulaires dont les dimensions ne dépassent pas celles d'une pièce de li francs et sont séparées les unes des autres par des intervalles de peau saine (E. nummulaire) .

Les surfaces eczémateuses sont le siège d'un suintement abondant ou présentent une sécheresse remarquable.

Marche et durée, terminaison. ■ — L'eczéma parcourt successivement ses trois périodes ; il présente successivement des vésicules, une surface exhalante et des squames; mais il n'est pas rare de voir les premières pc'riodes de l'éruption réapparaître quand l'eczéma est cependant parvenu à la période de dos([uamation et qu'il n'existe plus qu'une surface un peu rouge et couverte de s(piames. C'est alors (|ue l'on observe comme

ECZÉMA. 5o

indice du retour des premières périodes et de l'imminence d'une poussée vésiculeuse un aspect luisant vernissé et quelquefois granuleux des téguments.

La durée de l'eczéma est très-varialde : il a quelquefois une marche aiguë et se termine en deux à trois septénaires, d'autres fois il se perpétue pendant un temps très-long; enfin, la guérison n'est souvent que temporaire et les récidives sont fréquentes.

L'eczéma peut-il se convertir en une autre atfection? Si des auteurs ont avancé avoir vu des eczémas se transformer en lichens nu en pityriasis, c'est qu'ils ont regardé comme des lichens ou des pityriasis l'épaississement des téguments consécutif à l'eczéma, à l'état squameux qui constitue la troisième période de cette aflection et présente une si grande ressemblance avec le pityriasis. D'ailleurs, cette dernière aflection peut remplacer le pityriasis. Dans ce cas, la partie importante de la question consiste dans le diagnostic de l'espèce : il n'y aura, en effet, aucun avantage à traiter une espèce plutôt que l'autre, si elles sont toutes deux de même nature.

Des métastases s'observent souvent dans le cours de l'eczéma. Cependant toutes les espèces ne présentent pas cette transmutation de lieu d'une affection. Jamais les eczémas artificiels et arthritiques n'en ont offert d'exemple. Les eczémas scrofulcux dont on méconnaît la nature, et pour le traitement desquels on conseille les préparations arsenicales ou atitres, pourront sans doute disparaître et être remplacés par une affection grave, telle que la tul)erculisation du poumon. Mais est-ce là une véritable métastase, et ne doit-on pas considérer la tuberculisation comme une période plus avancée de la maladie qui a reçu pour ainsi dire un coup de fouet du traitement intempestif mis en usage ?

L'eczéma dartreux seul offre de nombreuses et fréquentes métastases : l'affection cutanée disparaît, mais survient un catarrhe bronchique ou intestinal, une hydropisic d'une des grandes séreuses de l'économie; ces affections métastatiques disparaissent dès le retour de l'affection cutaniîe. Poidant un

5G AFFECTIONS fiKNKRIQUES.

temps plus OU moins long, d'ailliMn-s , il fxistft nno sorte do ])alancement enti'e l'aflection cutanée ot les affoctions viscérales ; mais avec le temps et par les progrès de la maladie, celles-ci finissent par prendre droit de domicile dans l'économie, par coexister avec l'affection cutanée.

Les affections dartreuses, herpétiques, offrent des récidives fréquentes, je n'oserais dire nécessaires, récidives séparées d'ailleurs par des intervalles de temps variables , suivant les . conditions extérieures, et surtout l'âge du malade !

Toutes les causes capables de déterminer l'apparition de l'eczéma peuvent auspi être l'origine d'une récidive. Ainsi estil de l'âge critique, de la grossesse, de la lactation, du froid, des excès alcooliques, d'une nourriture trop excitante, des émotions morales, etc.

Anatomie pathologique . — Des solutions différentes ont été données au problème du siège anatomique de l'eczéma. Biet l'avait placé dans le réseau vasculaire d'Eicliorn, c'est-à-dire dans la couclie superficielle du derme.

M. Cazenave, élève de Biett, rejeta l'opinion de son maître, et se fondant sur l'impossibilité d'expliquer avec elle la sécrétion souvent si considérable de l'eczéma, professa que cette affection avait son siège à l'extrémité des conduits sudorifères.

M. Hardy place le siège de la maladie dans la couclie profonde de l'épiderme chargée, d'après lui, do la sécrétion de la couche superficielle èpidcrmique. Or, la couche profonde de l'épiderme ne constitue pas un organe sécréteur.

M. Bazin se rallie complètement à l'opinion de M. Cazenave, et admet que l'eczéma consiste, au début, dans l'infiammalion des orifices des glandes sudoripares, mais que cetteinflammation ne reste pas limitée dansées points, et se propage peu à peu à la surface de la peau, dont elle occupebientôt le réseau vasculaire superficiel (1).

(1) Ninmoyer ponsc qno l'ecz.'ma est dû îi une innammalion du dorme dilennmanl une exsudalion sctciiso qui soulf'vo IV-pidermo en dos points rap- ])rûcliés el détonnino ainsi des vésicules.

EC7.l':.MA.

Sé))imli(jiie. — Didf/noslir. — L'(^cz('ma peut rtre confondu avec deux affections vésiculcuses : l'herpès, la mUiaire. J'ai df'jù indique les caractères diagnostiques de l'herpès, de la mihaire et de l'eczéma; je ne les rappellerai pas.

L'eczéma peut être confondu avec une affection pustuleuse : l'impétigo. Cependant il existe entre ces deux affections des caractères suffisamment différentiels; tandis, en effet, que l'eczéma débute par des vésicules remphes de sérosité transparente , l'impétigo est caractérisé par l'existence de pustules ; tandis que le liquide de la pustule impétigincuse donne naissance à des croûtes épaisses, jaunâtres ou brunâtres, et irrégulièrement disposées, le liquide de la vésicule eczémateuse se concrète en petites coùtehes ou en squames minces et foliacés. On ne saurait donc confondre ces deux affections.

L'eczéma peut être confondu à sa période squameuse avec un pityriasis ou lui psoriasis.

Le pitj'riasis aigu disséminé, ou pityriasis rosé, ne pourrait être confondu avec l'eczéma que par des hommes étrangers à la dermatologie. Cette affection , en eft'et, ne présente jamais de suintement; quelle que soit l'époque de son évolution à laquelle on l'envisage, elle est caractérisée par des taches d'un rouge vif, à bords sinueux, et présentant une exfoliation lamelleuse au début, furfuracée au déclin ; enfin elle est disséminée à la surface de tout le corps, caractères suffisamment différentiels. Une si d'ailleurs des vésicules se produisaient à la surface , elles seraient accidentelles et occuperaient seulement quelques-unes des nombreuses plaques qui recouvrent tout le corps. A l'état chronique, l'eczéma nummulaire pourrait être confondu avec le pityriasis alba herpétique ; cependant l'eczéma arthritique n'offre pas des plaques aussi nombreuses et aussi multipliées que le pityriasis ; dans cette dernière affection les squames sont sèches et grisâtres; dans l'eczéma chronique, au contraire, elles sont jaunâtres et souvent un peu humides. Enfin, il faudra s'informer de l'existence antérieure ou de l'absence de suintement sur la partie affectée. Néanmoins, on ne saurait se dissimuler la difficulté que l'on éprouve quehjuefois

t)S AFFECTIONS GÉNÉRIQUES.

à étal)lir le <liagnostic. ilifférfîntiel entre le pityriasis simple et le pseudo-pityriasis du cuir clievclu (E. à sa 3" période).

Psoriasis. — En i;énéral le diagnostic est facile à établir. Cependant il est d(!s psoriasis localisés à la paume des mains et au cuir chevelu, arthritiques en un mot, qui peuvent d'autant mieux être le sujet de (juelqiies hésitations de la part du praticien qu'ils sont s(3uvcnt le sicg'C d'une sécrétion séreuse ; mais, tandis que l'eczéma occupe toute la paume de la main, le psoriasis est caractérisé par des plaques arrondies circonscrites, séparées les unes des autres par des intervalles de peau saine. Enfui, les squames du psoriasis sont adhérentes, blanches, nacrées et argentées. D'ailleurs, le psoriasis nummulairc de la main est souvent caractérisé par l'association des lésions de l'eczéma et du psoriasis, et dès lors il n'y a plus de diagnostic différentiel à faire ; la nature seule importe, or, elle est toujours arthritique.

On a confondu l'intertrigo avec l'eczéma : cependant, si l'on se reporte au début de l'affection, on apprendra qu'elle n'a jamais offert à, cette période de vésicules , mais uniquement une rougeur érythémateuse , et s'il existe des ampoules ou des bulles , on pourra reconnaître que leur existence est accidentelle; enfin, dans l'intertrigo, il existe des saillies inflammatoires des folUcules pileux que l'on n'observe pas dans l'eczéma.

Pronostic. — La question des récidives domine tout le pronostic de l'eczéma; or, j'ai dit que les récidives n'étaient pas nécessaires, infaillibles ; le pronostic n'est donc pas aussi grave que quelques auteurs l'ont avancé; il est d'ailleurs des caractères tirés du siège de l'aflection qui font varier le pronostic : un eczéma situé près des ouvertures natm-elles, ou sur les muqueuses, est plus difficile à guérir que celui qui siège sur la continuité des memlires; un eczéma du cou est plus rebelle à cause des mouvements de latéralité qui se produisent en cette région.

Tl faut aussi tenir compte des causes occasionnelles ou prédisposantes aux([uel]es est soumis 1(> malade, de son tempéra-

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