‹ Traite des affections de la peauChapitre 36 sur 59 · B. AFFECTIONS CUTANÉES PRODUITES PAR LES PARASITES ANIWAUX · texte numérisé non relu

B. AFFECTIONS CUTANÉES PRODUITES PAR LES PARASITES ANIWAUX

Les animaux qui vivent sur la peau de l'homme appartiennent à deux catégories distinctes : les uns occupent toujours la surface extérieure du corps et la parcourent en toute lilicrté ; les autres sont situés dans l'épaisseur même de l'épiderme.

Dans la première catégor/e se trouvent les poux et la puce

commune ; dans la seconde, la chique ou puce pénétrunte, et le sarcope.

1" Affections produites par les animaux parasites qui vivent à la surface de la peau.

(a) AFFECTIONS PRODUITES PAR LE POU,

On distingue trois espèces de pou : 1° le pou de la tète; 2° le pou du corps; 3° enfin, le pou du pubis. Chaque espèce a son siège de prédilection qu'elle n'abandonne qu'accidentellement. Aussi les poux de la tête, si nombreux qu'ils soient, ne se répandent-ils pas à la surface du corps pour s'y développer en lil3erté en déterminant les mêmes accidents que ceux de la seconde espèce ; et les poux du pubis envahissent-ils les aisselles, les favoris, les sourcils, et respectent-ils la chevelure.

Pou de tête {i) . — Le pou de tète s'observe sur les enfants malpropres, mal soignés, enfants chez lesquels il complique souvent l'eczéma, l'impétigo, la teigne et surtout le favus. D'après Natalis Guillot, les enfants à la mamelle ne présenteraient jamais ce parasite.

L'existence de cet insecte se ti'aduit par des démangeaisons plus ou moins vives, d'où résultent des grattages immodérés qui déterminent l'irritation du cuir chevelu, et par des éruptions symptomatiques impétigineuses en général ; l'alTection désignée sous le nom d'impétigo granulata, de teigne granulée d'Alibert est l'effet habituel de la présence du pou sur le cuir chevelu. Cet impétigo est caractérisé par la présence au iniheu des cheveux, de peties croûtes éparses, grisâtres, d'une forme très-irrégulière et très-inégale. Ces croûtes succèdent à de petites pustules nées à la base des poils; elles ressemblent assez exactement à de petits grains de sable ou de mortier. Une partie de ces grains reste en contact avec les téguments du crâne; l'autre en est séparée par les ongles du

(I) Jo renvoie au Traité de zoologie de Moquin-Taiidon pour les caractères znolog-i([ues des poux, de la puce, de lu chique ; j'indiquerai seulement ceux de l'acarus scabiei.

malailt; et glisse sur les cheveux, qui en sont tout hérissés. Cotte affection siège de préférence à la partie postérieure de la tète; elle s'accompagne presque toujours d'une odeur infecte, et dans ce cas des poux pullulent en grand nombre au milieu des croûtes. (Bazin.)

Pour M. Bazin l'impétigo granulata est tantôt une affection provoquée par des parasites animaux; tantôt et le jjlus souvent une manifestation scrofuleusc modifiée par la présence de parasites.

Les poux, comme les autres parasites animaux ou végétaux, peuvent, d'ailleurs, provoquer l'apparition de manifestations constitutionnelles et principalement d'éruptions scrofuleuses.

Un e?4amen un peu attentif permettra d'apercevoir les poux au milieu des croûtes qu'ils soulèvent et sous lesquelles ils s'abritent; enfin sur les cheveux sont fixés un nombre plus ou moins considérable de lentes, ou œufs de ces insectes, remarquables par leur forme oblongue, leur couleur blanche et la gaine qui les attache aux cheveux.

En aucun cas on ne doit respecter ces parasites ; il faut les détruire àlaide d'onctions avec l'onguent napolitain, de lotions avec la staphisaigre, etc.

Fou du corps. — Il se rencontre habituellement chez les vieillards de la classe pauvre, et détermine des éruptions papuleuses, accompagnées de démangeaisons vives {prurigo pédiculaire).

Le diagnostic en est facile, dit M. Bazin : un prurit parfois aussi violent que dans le prurigo formicans, quelques papules, des sfrics noires et allongées produites par l'action des ongles et situées en diflerents points de la surface cutanée, principalement à la nuque, sur les épaules ou le dos; — tels sont les signes qui devront faire soupçonner chez un homme d'un âge avancé l'existence des animaux parasites. Le plus souvent le prurigo senilis n'est qu'un prurigo pédiculaire : en outre, on verra quelquefois les poux courir sur la surface du corps. Le pronostic est simple dans le plus grand nombre des cas, et un traitement insecticide amène rapidement la guérison. Quel-

22'i- AFFECTIONS SPÉCIALES,

quclbis copeadMiit lu i-eau présente une couleur bronzée di; mauvais aspect, exliale une sueur fétide, et les poux se propagent avec une efl'rayantc rapiditi';, renaissant à mesure qu'on les détruit. Ces faits ont amen(! des médecins de l'antiquité et même des temps modernes à penser qu'il y avait génération spontanée d'un très-grand nomln'e de poux. Cette idée doit être complètement rejetée, et toujours à l'aide de bains sulfureux ou cinalji'és ou, dans les cas rebelles, de lotions et de bains de sul^limé, on obtiendra une rapide guérison.

Pou du pubis (iiediculus pubis, pédicules morpion). — Ces parasites occupent non-seulement les parties sexuelles, mais encore toutes les régions velues à l'exception de la tète ; ils déterminent des démangeaison ti'ès-vives, et la peau.est parsemée d'un grand nombre de granulations rouges, formées gar des gouttelettes de sang concrété. Le pediculus pubis est difficile à trouver à cause de son adhésion aux poils et de son petit volume.

Quelques frictions avec l'onguent napolitain siiffisont pour détruire le parasite.

{b) AFFECTIONS PRODUITES PAR LA PUCE COMMUNE.

Après une piqûre de puce, la peau est soulevée, il existe une saillie congestive, arrondie, dure, au centre de laquelle existe un petit point plus rouge, indice du lieu où la piqîu-e a été faite; la saillie s'efface graduellement et le point rouge revêt les caractères d'une petite ecchymose occupant le centre d'un cercle rose dont la teinte diminue progressivement et s'éteint hientôt, tandis que la tache ecchymotique persiste plusieurs jours après la tlisparition du cercle rose qui l'entoure.

Ces caractères distinguent suffisamment l'éruption produite parla puce des pétéchics.

2" Affections cutanées produites par les animaux parasites qui ont leur siège dans l'épaisseur de la peau.

(ff) AFFECTIONS PRODUITES PAU LA CHIQUE.

M. Bazin décrit en ces termes les phénomènes prodnits par

AFFECTIOiNS PROVOQUEES PARASITAIRES. 225

la chique, parasite ([ui liabile les contrées tropicales et ({ue nous n'avons jamais l'occasion d'o])server ici. Cet animal atta- (jue particulièrement les pieds et se loge de préférence sous les ongles et dans la peau épaisse du talon ; la démangeaison qu'il provoque, d'abord légère, devient bientôt insupportable et ne tarde pas à être remplacée par une véritable douleur ; à ce moment le corps de l'insecte est à moitié enfoncé dans la peau et ce n'est pas sans diflicultés ni précautions qu'on parvient à l'extraire; si l'on tire trop fort, les parties engagées se rompent et demeurent dans les tissus où quelquefois elles occasionnent le développement d'une inflammation de mauvaise nature. Il est plus petit que la puce commune, mais son corps peut acquérir le volume considérable d'un pois ou d'une fève i[uaud il est gorgé de sang.

{b) AFFECTIONS PROVOQUÉES PAR l'aCARUS SCABIEI, GALE, PSORE.

Définition. — La gale est une aftection de la peau, transmissible d'un individa à un autre, due à l'existence de Vacarus scabiei ou sarcopte, caractérisée par une lésion spécifique — éminence acarienne et sillon — et par des éruptions inflammatoires symptomatiques, variables suivant l'âge de la maladie, celui du sujet et les prédispositions individuelles.

Sijmptomatologie . — M. Bazin admet trois périodes dans la marche de la gale.

La première période, ou d'incubation, a une durée variable de deux à trois jours à un mois ou six semaines. Pendant ce laps de temps, le malade éprouve seulement quelques démangeaisons plus ou moins vives au niveau des parties que le parasite occupe, et présente uniquement des éruptions fugaces telles que des traînées érytliémateuses.

La seconde période, ou d'état, est caractérisée par quatre ordres de symptômes : 1 " symptômes fournis par les parasites (sarcoptes) ; 2" symptômes résultant des modifications que les parasites impriment directement à la peau et à ses annexes

220 AI'-FECTIONS SPÉCIALES.

(sillons); 3" éruptions symptomatiques; 4» phénomènes sympathiques (troubles de l'innervation cutanée).

■p Symptômes fournis par le parasite. — M. Bazin donne du sarcopte la description suivante que nous rapportons textuellement :

Le sarcopte doit être considéré non comme un insecte, mais comme une arachnide trachéenne dégradée (xMoquin-Tandon); il est pro]3able qu'il respire sur la surface cutanée et non par la bouche, comme le pense M. Bourguignon. Borel, le premier, vers le miheu du xvii^ siècle, signala la ressemblance du ciron de la gale avec la tortue. Cet animalcule est mou, blanchâtre, transparent, luisant; sa forme est arrondie; il a 0'"'",33 de long sur (3'"'",23 de large. Le dos, plus bombé que le ventre, porte un certain nombre de tubercules cornés (aiguillons), les uns pleins (ce sont les plus petits), les auti-es creusés d'un canal ; l'abdomen présente des rides transversales, irrégulières généralement curvihgnes; les bords sont un. peu sinueux; en arrière, sur la ligne médiane, on observe une échancrure au niveau de laquelle, sur le dos, se trouve l'anus avec deux paires de longues soies.

Les pattes, au nombre de huit, forment quatre paires, deux antérieures, et deux postérieures fort éloignées des premières. Les pattes antériem^es se terminent par une partie très-déliée, raide , tubuleuse , 'portant à son extrémité une ventouse (ambulacre), disposition remarquable qui facilite singuhèrement la progression de l'animal. Les pattes postérieures sont abdominales et terminées par une longue soie arquée, sans ventouse.

On donne le nom d'apodcmes aux parties dures qui constituent le squelette. Un apodème médian représente le sternum; les apodèmes latéraux occupent le bas des pattes et représentent les épimères des insectes.

Le rostre du sarcopte, petit, étroit, obtus, de forme ovoïde, offre deux soies à son origine et se compose de deux mandibules, de deux mâchoires et de deux palpes maxillaires énormes formés de trois articles et portant trois poils, le tout entouré

d'un reliord mince, mem])raneiix, représentant des joues. Les mandiliulcs, à leur extrémité, sont disposées en crochet et forment une pince avec le prolongement du rostre qui les reçoit. Je mentionne enfin le menton situé sur la convexité des mâchoires, et la lèvre inférieure qui forme le plan le plus inférieur et sur laquelle on distingue une languette lancéolée.

La bouche se continue avec l'œsophage et celui-ci avec l'estomac (Wicger) ; l'intestin est court ; le rectum, à peu près droit (Bourguignon), se dilate avant de s'ouvrir au dehors.

Le système nerveux est représenté par un renflement transversal, situé près de l'œsophage, et d'où partent en avant et en arrière des filaments très-déliés. — Nous avons déjà dit que le sai'cope n'avait pas d'yeux.

L'appareil génital de la femelle est constitué par une fente transversale (vulve) située eu arrière de l'apodème sternal et communiquant avec un corps glanduleux (ovaire).

L'appareil mâle, très-bien décrit par M. Lanquetin, est situi; à la partie postérieure et médiane de l'abdomen ; soutenu et protégé par une pièce cornée qui s'articule avec les apodèmes des pattes postérieures, il se compose de deux testicules, de deux prostates, et d'un pénis avec son fourreau.

Ce n'est pas seulement l'appareil génital qi;i distingue les deux sexes. — Le sarcopte mîilc est plus petit (de près de moitié) ; chez lui, les saillies cutanées du dos sont moins nombreuses, les pattes postérieures moins écartées et leurs apodèmes unis sur la ligne médiane ; la troisième paire a des poils plus longs ; enfin, et c'est là le principal caractère distinctif, la dernière paire plus courte porte, comme les paires antérieures, des ambulacres terminés par une ventouse.

Les mâles, beaucoup plus rares que les femelles, ne creusent pas de sillons; mais, doués d'une certaine agilité, ils parcourent sans cesse la surface du corps et cherchent habituellement un abri sous les croûtes, sous les saillies épidermiques (pii avoisincnt les sillons. Au point de vue du diagnostic ils n'ont vraiment pas d'importance.

Après la fécondation, les œufs grossissent dans le corps des

228 AKKECTIONS SPECIALES,

femelles et peuvent acquérir un volume considérable avant d'avoir été déposés dans le sillon ; ils sont ovoïdes, lisses et comme nacrés, resscmljlant parfaitement aux perles de VUnio margaritifer. Chaque femelle peut, dans un mois, et après une seule fécondation, en pondre une vingtaine.

Il faut une dizaine de jours aux œufs pour se transformer en larves ; celles-ci sont petites (un sixième de millimètre de long), n'ont que six pattes et sont néanmoins fort agiles. Au bout de quelques jours, elles s'engourdissent, perdent leur peau; les organes sexuels apparaissent avec les dernières pattes et l'animal arrive à l'état parfait.

Au point de vue pathologique, la femelle seule a une grande importance. Après avoir choisi un endroit à sa convenance, elle y creuse, dans l'épaisseur de l'épiderme, une sorte de galerie (sillon) dont elle occupe toujours l'extrémité, sous la forme d'un petit point blanc, brillant, assez saillant pour mériter le nom d'éminence acarienne que M. Bazin lui a donné. Il est facile, avec un peu d'habitude, de mettre l'animacule à découvert et de le faire sortir de son gite. On se sert à cet effet d'une aiguille ou d'une épingle ; on déchire l'épiderme à un millimètre environ du point blanc vers lequel on se dirige avec précaution, et l'on passe l'instrument sous l'animalcule qui s'y cramponne en se tenant immobile pendant quelques instants, il ressemble alors à un grain de fécule. Mais bientôt il exécute des mouvements visibles à l'œil nu. Si l'on place ce point blanc sous le champ du microscope, on constate tous les détails ci-dessus indiqués.

A. Acarus femelle. B. Acarus mùlc.

2' Modifications imprimées directement par le parasite à la peau et à ses annexes. — Les sihons constituent un symptôme pathognomoniqiie delà gale et indiquent le point où ou doit trouver

AFFECTIONS PROVOQUÉKS PARASITAIRES. 229

le sarcopte. Leur existence suffit pour permettre de dingnostiquer la gale. Ils sont uniquement déterminés par la femelle ([ui seule creuse avec son rostre des galeries dans l'épaisseur de l'épiderme. Ils ressemblent aux traînées blanchâtres que l'on produit en promenant une épingle sur la peau, sont d'un blanc grisâtre, si les sujets ont la peau fine et propre ; noirâtre, au contraire, si la peau est dure, épaisse et malpropre, enfin présentent une teinte variable suivant les professions exercées par les malades (Lanquetin).

La longueur des sillons varie de quelques millimètres à 1 ou 2 centimètres et leur direction est droite, courbe ou anguleuse. A l'aide d'une loupe, on peut reconnaître que l'aspect grisâtre est dù à une succession de points foncés correspondant à de petites solutions de continuité qui donnent accès à l'air et par lesquelles les larves sortiraient.

La galerie épidermique contient des fèces d'acares, des œufs à diverses périodes de développement, des larves et quelquefois des débris de peau flétrie provenant de la métamorphose de ces dernières.

Chaque sillon présente deux extrémités, l'une par laquelle l'acare a pénétré dans la peau, l'autre fermée, arrondie, où il demeure .

L'une des extrémités du sillon correspond-elle à une vésicule et l'autre à une éminence acarienne? MM. Bazin et Piogey pensent que la vésicule peut se trouver sur quelque point que ce soit du sillon, quelquefois près de l'acarus, et qu'alors il est difficile de ne pas l'ouvrir quand on veut extraire l'animal ; que même le sillon peut passer sur la vésicule qu'il semble traverser ; que l'extraction du sarcopte est alors encore plus difficile ; que dans ce cas le moindre frottement amène la rupture de la vésicule dans le sillon et la mort du parasite ; qu'enfin il peut arriver que le sillon entoure plus ou moins complètement la vésicule.

On observe surtout les sillons dans les intervalles des doigts, à la face antérieure du poignet, ù la verge chez l'homme, aux seins chez la femme. I^cuv nombre est très-

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variable: tantôt on en découvre uii grand nombre, tantôt il on existe très peu. D'après M. Bazin, ces variations ne sont pas en rapport avec l'aljondance des pliénomènes éruptifs, mais avec des conditions de terrain qui favorisent le développement des acares. Certains malades, couverts de sillons, ne présentent aucune éruption; alors ils sont atteints de gale, mais n'ont pas la psore qui exige une prédisposition spéciale.

Nous devons ajouter que les sillons sont rares dans la forme pustuleuse de la gale, et fréquents dans la forme papuleuse.

Eruptions sijmptomatiques. ~ Pour certains auteurs l'acare n'agirait que comme irritant dans la production des éruptions symptomatiques; pour d'autres, il inoculerait un virus dont l'absorption déterminerait des éruptions cutanées (Moquin- Tandon). Quoi qu'il en soit, on voit en général apparaître d'abord des vésicules ou des papulo-vésiculesacuminées, transparentes au sommet, roses à la base, s'observant principalement dans les intervalles des doigts, et si communes qu'elles étaient considérées, avant la découverte du parasite et du sillon, comme pathognomoniques de la gale. EUes sont dues au parasite et à l'action des ongles. Tantôt elles se dessèchent et disparaissent rapidement, laissant à leur place une petite croûte jaunâtre et mince ; tantôt, irritées par le frottement ou par des applications topiques, elles se transforment en pustules et ont une durée pliis longue. Mais on peut aussi observer d'emblée des pustules d'impétigo et plus souvent d'ecthyma, quelquefois des bulles, des furoncles et des adénites sympathiques.

Les papules, suivant M. Hardy, ne manquent qu'une fois sur cent dans la gale, tandis que les vésicules manquent une fois sur dix, et les pustules une fois sur sept.

Phénomènes sympathiques. — Le prurit est intense à la première période, s'accroit à la seconde et devient alors un des symptômes les plus pénibles pour les malades qui ne peuvent quelquefois goûter un seul instant de repos. 11 augmente pendant la nuit, et cette exncerbation est due peut-être à l'activité del'acarus pendant la nuit, mais beaucoup plus sans

doute il la clinlcur du lit; sous rinfluenco du pruint, les malades se grattent, se déchirent la peau, et alors apparaissent des traînées noirâtres produites par du sang desséché et tout à fait serahlahlcs à celles qu'on ol)Scrve dans le prurigo. Outre ces lésions mécaniques immédiates, dit M. Bazin, l'action des ongles produit presque inévitablement une irritation plus ou moins vive de la peau, et, sous cette inûucnce, de nouvelles éruptions se montrent et se confondent avec celles que produit le sarcopte.

Lorsqu'à l'aide d'un traitement convenable on détruit les parasites, ou s'ils meurent spontanément, chose rare, les éruptions s'éteignent graduellement, l'épiderme se détache au niveau des sillons dont il ne reste bientôt plus aucune trace; mais les démangeaisons moins vives qu'à la période d'état persistent cependant quelquefois très-longtemps après les autres symptômes.

Sous l'influence des maladies aiguës, les éruptions disparaissent et la peau reprend son état normal, mais au retour de la santé l'acare reparaît et de nouvelles éruptions surviennent. D'après M. Bourguignon, l'acarus sommeillerait pendant le cours des maladies aiguës et redeviendrait vivacc au début de la convalescence. D'après M. Lanquetin, il abandonnerait la surface du corps où il ne trouverait plus les éléments de sa nutrition et ce seraient les œufs qui produiraient une nouvelle génération de sarcoptes au retour de la santé.

Complications. — La gale peut être compliquée par une autre affection parasitaire, par des éruptions artificielles développées, en général, par des traitements intempestifs ou enfin par des affections constitutionnelles de nature scrofuleuse ou dartreuse.

Variétés de forme et de siéf/e. — M. Bazin admet une forme papuleusc, caractérisée par l'existence de nombreuses papules, d'un grand nombre de sillons et de parasites ; une forme pustulo-vésiculeuse, dans laquelle on ne trouve que peu de sarcoptes et de sillons, caractérisée par la prédominance des pustules et des vésicules, et qui s'oliservo principalement chez les

sujfits lymphatiques, tandis que la forme papuleuse existe do préférence chez les sujets nerveux; eniin une forme cachectique dans laquelle, par suite de grattages ou de ti'aitements intempestifs, les éruptions sont conlluentes et tenaces; ou qui est compliquée d'affections scrofuleuses et dartrcuses, éveillées par la présence du parasite-

M. Lanquetin a décrit une forme particulière dans laquelle la peau se transforme en une croûte épaisse, dure, presque entièrement composée de sarcoptes, de leurs œufs et de leurs excréments {gale de Norvège bien décrite par le projessetir Boek).

Si on envisage le siège, on constate que tantôt l'afïection est générale, tantôt elle est partielle.

La gale générale est la plus commune ; elle débute par les mains, les poignets et s'étend bientôt aux autres parties du corps, le malade transportant lui-même l'acarus dans les diverses régions, et principalement aux parties génitales chez l'homme, obUgé par le besoin d'uriner, de porter souvent ses mains à la verge. La gale de la verge s'observe huit fois sur dix, d'après Piogey, et est caractérisée par de grosses papules qui deviennent quelquefois purulentes au sommet, et sur lesquelles on distingue ordinairement le sillon sous la forme d'une petite traînée obscure; à l'extrémité de ce sillon, se trouve le point blanc caractéristique, l'éminence acarienne.

Quelquefois la gale est limitée à la verge ou aux seins, et il est probable que dans ces cas l'acarus a été porté sur le pénis ouïes seins par une main étrangère. Le début de la gale par les fesses, le ventre a sans doute heu de la même manière.

On peut dire, avec M. Bazin, que la gale se développe primitivement sur les points où le contact a eu lieu ; que les nourrices transmetttent le plus souvent la maladie aux cuisses ou aux fesses des enfants qui leur sont confiés ; qu'après des rapports sexuels avec une femme galeuse, la gale se développe au pénis, et que le plus souvent c'est aux seins que le galeux communique la maladie à la femme.

Étiologie. — Les causes prédisposantes n'ont qu'une médiocre importance ; M. Bazin pense que le sexe, le tempérament,

l'i'ig'O, etc., n'ont p;is d'inllunnco sur le (Lheloppomont dn parasite, mais scalcment sur les éruptions que le parasite produit; que les entants, les sujets lymphatiques ont plutôt des gales pustuleuses ; les galeux robustes, sanguins, des éruptions papuleuses ou furonculaires.

La misère, la malpropreté favorisent singulièrement la contagion ; aussi observe-t-on la gale principalement pendant l'hiver et chez les pauvres, parce qu'à cette époque de l'année, les ouvriers couchent souvent plusieurs dans le même ht à cause du froid.

Les sarcoptes mâles, les nymphes, les femelles non fécondées, ne jouent qu'un rôle secondaire; ils peuvent déterminer quelque irritation, mais leur nombre ne pouvant augmenter, il n'y a pas de véritable psore. Au contraire une seule femelle fécondée peut à elle seule produire la gale, puisqu'elle donne naissance à un grand nombre d'œufs, qui éclosent, et produisent de nouveaux acares, origines d'autres générations, etc.

La contagion s'opère, en général, par le contact immédiat, plus rarement par le contact médiat.

D'après les recherches de MM. Bourguignon et Delafond, certains animaux pourraient transmettre à l'homme des sarcoptes, qui, creusant des sillons, produiraient une maladie analogue à celle que nous étudions ici.

Diagnostic. — L'existence d'un ou de plusieurs sillons, et à plus forte raison, la constatation delà présence du sarcopte dans la peau, c'est-à-dire son extraction, permettent d'établir le diagnostic d'une façon positive. Mais quelquefois il n'existe pas de sillons et il est difficile d'extraire l'acarus ; alors il faut s'appuyer sur les caractères spéciaux de la gale que M. Bazin a bien résumés en ces termes :

Les éruptions qui couvrent les mains, les poignets, les bras, les pieds ou la partie inférieure des jambes, les mains surtout, sont diverses ;

Il existe des papulo -vésicules coniques, peu nombreuses à la face interne des doigts ; de grosses papules rouges sur laA^erge; Il y a une al)ondance extrême des phénomènes éruptifs dans

certaines régions, telles que les aisselles, les fesses, où le pa- \ rasite établit son siège si volontiers ; l

On ne constate pas d'éruption sur la face ;

Le malade éprouve de vives démangeaisons plus marquées la nuit que le jour. 1

Pronostic. — La gale ne constitue plus aujourd'hui une af • I fection sérieuse ; on obtient une guérison complète en quelques heures à l'aide de l'emploi des insecticides. j

Toutefois on voit quelquefois l'ecthyma persister après la disparition des acares, chez les enfants et les ^'ieillards, et ré- j sister longtemps au traitement le mieux institué. 1 ■

Traitement. — Le médecin doit s'attacher à détruire les para- : sites, à com])attre les éruptions symptomatiques, à modifier, si i besoin est, la constitution des galeux. !

M. Bazin a, le premier, démontré d'une manière évidente î que pour guérir la gale il fallait que le parasite fût mis partout en contact avec les parasiticides (dSoO), c'est-à-dire qu'il fallait faire une friction générale et une friction assez rude pour ou- j vrir les sillons et mettre les acares et leurs œufs en contact j avec la pommade insecticide. \

A dater de 1850, il instituait le traitement suivant, basé sur ; t les principes précédents : Il faisait frictionner un galeux avec : i la pommade d'Helmerich : Axonge, 200 gr. ; soufre sublimé, j i 50 gr., et sous-carbonate de potasse, 2S gr., renouvelait la ! ' friction six heures après, prescrivait un lîain le lendemain ou ; i le surlendemain, faisait mettre les vêtements dans une étuve ; i chauffée à 100 degrés, et renvoyait le malade complètement ' ; guéri deux jours après son entrée à l'hôpital. i

M. Hardy, acceptant les principes généraux: de M. Bazin, a réduit à deux heures le traitement de la gale : Il fait d'abord i frictionner avec du savon noir pendant une demi-heure, pour ] nettoyer la peau, fait ensuite prendre un bain d'une demiheure pour ramollir répidermc, et enfin fait faire une friction générale avec la pommade d'Helmerich modifiée. Pendant ce ] temps les vêtements du malade sont soumis dans une étuve à une température de 80 degrés, et le malade est guéri.

AFFECTIONS PATITOGÉNÉTIQUES. 235

C'est ce mode de traitement qui est suivi à l'iiôpital Saiut- Louis, et depuis plusieurs années les galeux ne sont plus admis à i'hùpital.

Après ce traitement, persistent souvent pendant un certain tomps du prurit et des éruptions secondaires, phénomènes cpii disparaissent sous rinflucnce de bains simples ou amidonnés.

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