‹ Traite des affections de la peauChapitre 37 sur 59 · AFFECTIONS PROVOQUEES INDIRECTES OU PATHOGÉNÉTIQUES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS PROVOQUEES INDIRECTES OU PATHOGÉNÉTIQUES

Définition. — M. Bazin désigne sous le nom d'affection luitho- (jénélique toute éruption produite par l'introduction d'une substance dans l'organisme, par voie d'absorption.

Tantôt les affections patliogénéticpies sont caractérisées par une seule lésion élémentaire ; tantôt elles sont caraiîtérisées par des lésions élémentaires multiples.

(a) Affections caractérisées par une seule lésion élémentaire.

AFFECTIONS ÉRYTHÉMATEUSES.

\° Érylhème helladoné. — Les préparations belladonées déterminent, surtout chez les enfants, des éruptions cutanées érytliémateuses. L'éruption rappelle assez bien l'exanthème scarlatineux et consiste en une rougeur diffuse d'une teinte quelquefois très-animée, mais non suivie d'exfoliation. Quelquefois générale, Téruption est le plus souvent partielle et souvent localisée à la face ; elle est très-fugitive, apparaît quelques heures après l'ingestion de la l^elladone, et disparaît quelques heures après.

Souvent existent simultanément avec les phénomènes cutanés, des symptômes congestifs de la gorge, c'est-à-dire de la rougeur, de la tuméfaction et de la douleur.

L'absence de fièvre, la dilatation des pupilles, la prompte disparition des accidents feront toujours facilement différencier l'érythôme helladoné de la scarlatine.

La jusquiame, la stramoine, ;i dose toxique, déterminent aussi de l'crytlièmc et do l'angine.

2" Érylhèmc. proiluit par les résineux {E. copahiqw;). — Quelquefois l'éruption apparaît quelques jours seulement après l'administration des résineux ; tantôt elle est lente dans son développement et occupe alors des sièges de prédilection : les poignets, les malléoles, les genoux, les mains, les pieds ; tan- ' tôt elle se développe rapidement, envahit d'emblée la totalité de la surface tégumentaire et s'accompagne de quelques phénomènes fébriles. ;

Elle est caractérisée par des taches rosées ou rouges, congé stives, c'est-à-dire dont la coloration disparait sous la près- , sion du doigt, arrondies ou dont les bords sont déchiquetés, ne . faisant aucune saillie au-dessus des parties environnantes, séparées les unes des autres par des intervalles de peau saine, ou se réunissant ensemble et formant de larges plaques rouges accompagnées de démangeaisons d'abord légères, mais ensuite . plus -sàves, M

Si l'on cesse la médication, l'éruption disparaît rapidement ; si, au contraire, on la continue, elle se généraUse, et quelquefois les taches se transforment en véritables papules ; enfin , dans des cas plus rares, toute la région devient tuméfiée, douloureuse, gênée dans ses mouvements.

Seul, Rayer a cité un cas où l'administration des résineux avait été suivie de l'apparition de vésicules semblables à celles de l'eczéma. ^

Souvent on observe simultanément avec l'éruption cutanée { des symptômes congestifs du côté des muqueuses des yeux, de j la bouche, de la gorge.

Etiologie. — Cet érythème est dû à l'absorption du copahu ou d'autres résineux ; mais il ne survient pas fatalement chez tous les individus qui ingèrent ces substances, et il faut expliquer la susceptibilité de certains individus par une idiosyncrasie spéciale.

L'éruption- est due à l'éhmination du médicament par la peau, et à l'irritation qu'il détermine en traversant cette membrane.

Diagnoslic. — La ros(;ole Ijalsamique no peut être confon-

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duc avec Ui rougeole et la scarlatine, maladies fébriles dont l'éruption est précédée de prodromes spéciaux, a une marche lixe, etc.

La roséole syphilitique a une marche lente, est accompagnée de l'engorgement des ganglions lymphatiques, ne détermine jamais de démangeaisons, ni de picotements, débute par la poitrine, les flancs, le ventre, les cuisses et non par les poignets, les malléoles, les mains, les pieds...

L'urticaire se différencie de la roséole par l'existence de papules rouges à la circonférence, décolorées au centre, déterminant de vives démangeaisons, et disparaissant après quelques heures de durée.

Traitement. — 11 faut faire suspendre l'usage du médicament et conseiller des bains émoUicnts pour calmer le prurit.

Quelques médecins ont signalé l'existence d'une roséole quinique. c'est-à-dire consécutive à l'administration du sulfate de quinine.

3" De Vérijthèmo pellagmix. — Définition. L'érythéme pellagreux est une affection cutanée, due à l'absorption du maïs altéré par un cnjiUogame (vcrdet) .

Symptomatologie . — L'érythéme survient après une ou plusieurs expositions aux rayons du soleil; il occupe les parties découvertes, le dos des mains, le cou-de-pied, le nez, le front, les joues, les oreilles, les parties latérales du cou, la partie antérieure de la poitrine.

Il est quelquefois précédé de picotements, d'une sensation de chaleur; bientôt les téguments prennent une teinte rosée, occupant le centre de la partie qui a reçu les rayons du soleil; cette tache rosée s'agrandit chaque jour un peu et finit par occuper toute la surface découverte ; la teinte devient plus intense, lîlus foncée, et la peau est lisse et tendue.

A ce niveau, le malade éprouve une chaleur plus vive, plus mordante. On peut, à cette période, voir apparaître des vésicules et des bulles, indices de l'intensité de la congestion dermique .

2;{H AF]''KC'rioNs spéciales.

Après un laps de temps, variable suivant la persistance ou la cessation de rirritati(ni, survient une desquamation sous forme de larges lamelles, au-dessous desquelles la peau est rouge, lisse et devient bientôt Ijrunàtre. Un nouvel épiderme se reproduit et se sépare de nouveau du derme et la desquamation se continue ainsi pendant un temps assez long.

Le derme prend alors une couleur pelure d'oignon, s'amincit, perd sa souplesse et son élasticité ; plus rarement, il subit une sorte d'induration chronique. Quelquefois, enfin, l'exfoliation n'a pas lieu, et l'épiderme s'accumule à la surface du derme et forme des plaques noirâtres.

Enfin, la peau devenant moins extensible, les plis cutanés deviennent le siège de crevasses plus ou moins profondes et très-douloureuses.

Cet érythème présente un caractère de périodicité des plus remarquables : il commence à se manifester à l'équinoxe du printemps et disparaît en août et septembre. Ces alternatives peuvent se produire pendant quatre, cinq années, mais chaque récidive laisse une trace plus profonde, et la lésion, à un moment donné, est persistante et ne subit plus l'influence des saisons.

Bimliltanément avec l'érythème pellagreux existent ordinairement des accidents digestifs et nerveux sur lesquels je ne puis insister.

Etiologie. — La cause de la pellagre est une altération du maïs produite par le développement d'un parasite du genre sporisorium : le verdet ou verderame. Ce parasite se manifeste après la récolte et apparaît dans le sillon oblong du grain, sous forme d'un amas de poussière verdàtre.Il réagit sur l'économie à la manière de l'ergot de seigle.

Mais est-ce là la seule cause de la pellagre? Landouzy a soutenu qu'il avait souvent observé la pellagre chez des personnes qui ne font pas usage de maïs ; que le maïs n'est donc pas la cause intime ou spécifique de la pellagre, et n'agit que comme cause prédisposante et au môme titre que la misère, les privations,

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l'usago d'une alimentation malsaine; qu'en délinitive, la cause nous est complètement inconnue.

La ({uestion est encore aujourd'hui pendante : y aurait-il (les différences entre la pellagre des Pyrénées et celle de la Marne ? N'y aurait-il pas quelque altération des substances alimentaires dont se nourrissent les habitants de la Marne? Questions que l'on peut se poser, mais que l'on ne peut résoudre.

Diagnostic. — L'érythème acrodyniquc se sépare de l'érythème pellagreux par son siège : il occupe, en effet, les faces palmaire et plantaire et non les faces dorsales des mains et des pieds.

L'herpès tonsurant de la face dorsale des mains est caractérisé par des cercles rouges, recouverts de squames minces et sèches, s'étendant d'une manière excentrique par la production de poussées vésiculeuses à la circonférence, occupant le plus ordinairement la face dorsale de la main du côté droit, et est accompagné d'autres cercles siégeant sur le poignet, la face dorsale des avant-bras, le cou et le menton, de pityriasis alba trichophytique, etc.

L'érythème solaire est une lésion fugace qui disparait dans l'espace de huit à quinze jours.

Pronostic, — L'érythème, considéré en lui-même, ne constitue pas une affection sérieuse ; mais, si l'on envisage la cause de l'érythème, le pronostic est très-grave, la pellagre conduisant ordinairement à la mort.

Traitement. — Le traitement de la pellagre est préservatif ou curatif.

Le traitement prophylactique a pour ])ut de soustraire les individus à l'influence pernicieuse qui provoque la maladie. Or, pour empêcher le développement du verdet, il faut passer le maïs au four au moment de la récolte.

Contre les accidents cutanés, il faut ordonner des bains alcalins ou sulfureux, des douches froides, etc., et surtout recommander au malade d'éviter le contact des rayons du soleil.

Simultanément on traitera les troubles digestifs et nerveux.

AFFECTIONS Sl'ÉCIALBS.

/(." Enjlhème acrodyalquc. — Ma 1820 à 1833 régna à Paris une épidémie caractérisée parties douleurs des memln-es et des articulations, des fourmillements, des engoui-dissements, etc., et par un éry thème qui, au lieu de siéger à la face dorsale des mains et des pieds, comme l'érythème pellagreux, occupait l(is faces palmaire et plantaire des mains et des pieds, les bourses, les aisselles, quelquefois même la totalité du corps ; était caractérisé par une rougeur plus ou moins intense, congestivc, disparaissant sous la pression du doigt.

Cette affection fut attribuée à une altération particulière de la farine du froment. On a aussi signalé un érytbcme consécutif à l'ingestion du seigle ergoté.

,5" Urticaire paihogéniquc. — L'ingestion d'un certain nomJjrc de poissons, tels que la carangue, la dorade, le liai-eng aux gros yeux des Antilles, le poisson armé, la vieille, l'anguille commune, les craljes, les écrevisses, le homard, les crevettes, les moules, etc., déterminent des phénomènes géuéx^aux consistant en un malaise général, de la douleur et de l'anxiété épigastrique, des nausées et des vomissements, l'accélération et la petitesse du pouls, etc., et une éruption simulant quelquefois l'éruption scarlatineuse, mais revêtant le plus ordinairement la forme de l'urticaire généralisée, et accompagnée de vives démangeaisons; parfois survient même du délire et la mort.

Tantôt ces phénomènes surviennent accidentellement et à l'occasion d'un repas de poissons que le malade avait toujours pris impunément ; tantôt, au contraire, le malade présente une idiosyncrasie en vertu de laquelle il ne peut jamais manger certaines substances sans que l'urticahe apparaisse.

Les moules, après l'ingestion desquelles s'observe surtout l'urticaire pathogénétique, sont principalement nuisililes pendant la saison chaude. On a attribué leur action délétère, soit à une altération particulière des Quides de l'animal, soit à l'ingestion du frai des étoiles de mer, de plantes marines narcotiques, de vert-de gris provenant des vaisseaux doublés de cuivre.

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L'tuilcaria où i)if/estis s'observe encore après l'usage de fraises, de concombres, d'amandes, de viande de porc et tle quelques médicaments tels que la valériane, la jusquiame, le l)aume de copaliu, etc.

TraUcmenl. — Contre l'urticaire déterminée par des moules, on ordonne un vomitif, des boissons mucilagineuscs et acidulées, 10 à 30 gouttes d'éther; s'il existe des phénomènes nerveux, des grands bains, etc.

AFFECTIONS VÉSICULEUSESJ.

Eczéma mercurkl pathogéniilique. — On a donné le nom d'/ij/drargijrie aux éruptions produites par le mercure, qu'elhis résultent de son application directe ou de son administration interne; comme nous avons étudié les premières dans le groupe des affections provoquées directes, il ne sera question ici que des affections pathogénétiqucs.

Ilijdrargyrla. — Elle est très-rare en France; mais fréquente en Angleterre. AUey en admet trois variétés : J" l'hydrargyria mitis; 2° l'hydrargyria febrilis; 3° l'hydrargyria maligna.

1° Hi/drargyria mitis. — Elle est caractérisée par une légère efflorescence de la peau localisée à certaines régions, telles que la face interne des cuisses, le scrotum, les aines, la partie inférieure de l'abdomen ; sur ces rougeurs apparaissent Itientot une multitude de petites vésicules remplies de sérosité transparente. Cette éruption n'est pas félirile, est accompagnée de démangeaisons très-vives, d'un sentiment de chaleur et de cuisson et s'éteint spontanément dès que l'on cesse l'usage du mercure.

2° Hydmrgyria febrilis. — Cette forme peut apparaître d'emblée ou succéder à la forme précédente ; c'est là le cas le plus fréquent. Elle est caractérisée par urne rougeur, occupant toute la surface de la peau, intense et comme scariatineuse, sur laquelle apparaissent aussi Ijientot des vésicules volumineuses, entourées d'une auréole rouge, rempli(\s d'un liquide louche et purulent ipii, après li rupture des vésicules, se cou-

crùtc lit Ibrmij des croûtes humides et jaunâtres, analogues à

celles de l'eczéma.

Simultanément existe un prurit intense, de la fièvre, un état saburral des voies digestives, de la rougeur de la gorge et de la muqueuse Iniccale.

3° llydvargyria maligna. — Les phénomènes sont les mêmes que dans la forme précédente, mais présentent une intensité plus grande; la peau, d'un rouge foncé, est couverte de vésicules confluentes ou même de véritables bulles rempUes d'un liquide séro-purulent. L'angine devient parfois gangreneuse et le malade faible, abattu, sans sommeil, éprouve les douleurs les plus vives ; la mort peut survenir dans le marasme, par le seul fait de l'administration du mercure. La desquamation a lieu du quatrième au huitième jour, et s'opère par larges plaques, comme dans la scarlatine.

Les circonstances au milieu desquelles appai'ait l'éruption, sa forme vésiculeuse, sa marche aiguë, sa courte durée, etc., ne permettront pas de la confondre, soit avec l'eczéma rubrum, soit avec des lésions de nature syphihtique.

Le traitement consiste dans la suppression de l'emploi du mercure, la conspersion des surfaces malades avec de la poudre d'amidon, l'usage de gargarismes et de potions de chlorate de potasse. Si l'éruption s'accompagne d'une fièvre vive, et s'il n'y a pas de contre-indication dans l'état du malade, on pourra pratiquer une saignée générale. Enfin on calmera la douleur par l'administration interne des préparations opiacées. On prescrira un traitement approprié contre chacune des complications.

[h) Éruptions pathogénétiques caractérisées par des lésions élémentaires multiples.

r Couperose alcoolique. — Définition. - La couperose est une affection érythémateuse à marche chroni([ue, essentiellement caractérisée par la dilatation des vaisseaux capillaires de la peau, et se compli(|uant, dans un grand nombi-e de l'as; de pustules d'acué rosacea et d'indurations circonscriles;

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Symptomalûlogic. — L'afFection sicgc à la lace et particulièrement au nez, aux joues, au front; elle est à peu près symétriquement distribuée des deux côtés du visage, et est caractérisée au début par des taches rosées ou roug-es, disparaissant sous la pression du doigt, et dues à l'injection des capillaires sanguins, — ces taches se dessinent surtout au moment de l'excitation produite par l'ingestion des liqueurs alcooliques et reA'iennent à leur état normal quand l'excitation tombe et s'éteint; — mais chacune de ces excitations laisse sur la face une empreinte de plus en plus profonde et bientôt on constate que les taches congestives sont parcourues par des capillaires dilatés, des veines variqueuses et noirâtres dont la couleur tranche sur celle des plaques.

Quelques incUvidus accusent des picotements, une ardeur incommode; mais c'est là l'exception, et le plus ordinairement ces sensations appartiennent à la couperose arthritique.

Bientôt la peau s'indure et s'hypertropliie ; les follicules sébacés s'enflamment et de là résultent des pustules rouges, acumiuées, purulentes au sommet, dont la durée est épliémère, mais qui sont bientôt remplacées par de nouvelles pustules.

A son degré extrême la couperose produit des intumescences sur divers points de la face : le nez, rouge violacé, est hérissé de bosselures, de tubercules durs et rugueux, et acquiert ainsi un développement énorme ; la peau des joues, du front, présente des engorgements partiels, et de là résultent la destruction de l'harmonie des traits, l'aspect difforme et repoussant du visage.

Nous devons dire toutefois c[Ue M. Bazin regarde ces derniers phénomènes comme aussi rares dans la couperose alcoolique qu'ils sont fréquents dans les formes constitutionnelles, et engage à rechercher alors si, en dehors de l'agent pathogénétique, ime cause plus puissante n'aurait point participé à leur développement.

h'étiolorjîe de la couperose àlcooliqiic résulte de sa définition même; mais selon M. Bazin, il est pour cette affection, comme pour tant d'autres, des prédispositions, que rien n'explique; cer-

244 AFFECTIONS Sl'KClALES.

tains individus en sont atteints dès leur jeunesse, tandis que d'auti-cs conservent, au milieu de leurs excès, un visage qui ne trahit en rien le honteux penchant qui les domine.

Diagnostic . — 11 est souvent diflicile de distinguer la couperose alcoolique de la couperose constitutionnelle. Nous indiquerons les caractères différentiels lorsque nous ferons l'histoire de la couperose constitutionnelle.

Traitement. — La couperose alcoolique ne guérit presque jamais, l'ivrogne renonçant difficilement à ses mauvaises hal)itudes. On prescrit toutefois contre l'éruption cutanée quelques modificateurs locaux, toiles que l'huUe de cade, les pommades mercurielles, la teinture d'iode, etc.

Eruptions produites par l'iode et les îodures alcalins. — L'iodé ou les iodures déterminent des éruptions érythémateuses, papuleuses, et pustuleuses. Fischer, de Vienne, a en outre ohservé de l'eczéma.

(a) Erijthème iodique. — L'érythème contitue l'éruption la plus simple que détermine l'iode; l'éruption est ordinairement caractérisée par des taches isolées, irrégulières, disséminées sur la partie antérieure du thorax et sur les memhres. Quelquefois, mais exceptionnellement, l'éruption est généralisée et occupe toute la surface du tégument externe.

Il n'existe aucun prurit et l'érythème disparait dès que le malade n'ingère plus d'iode ou d'iodure.

(b) Eruption populeuse iodique. — Les papules peuvent apparaître d'emblée ou succéder à l'érythème ; elles coïncident souvent aussi avec des pustules. Sur toute la surface du corps, dit Fischer, mais principalement sur les extrémités et sur le liasventre, apparaissent des papules très-peu élevées au-dessus de la surface de la peau, réguhèrement arrondies, d'un rouge intense, mesurant d'une demi à deux lignes de diamètre, et tout à fait semblables à une violente éruption d'urticaire, dont elles ne se distinguent qun par leur rougeur considérable. Les papules les plus larges sont entourées d'une aréole éteudue, également colorée en rouge. Ces papule;', entourées d'une

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iUU'éolc, se roncoiitroiit ({ueliinerois isoh'es sur la Piiiiaco du corps, ce qui, toutefois, est le cas le plus rare, ou bien elles forment de grands groupes dans lesquels les auréoles se confondent les unes avec les autres et ne laissent voir la peau normale qu'en quelques endroits.

Fischer pense (fue la forme papuleuse est la plus fréquente ; au contraire, M. Bazin ])rofessc que l'on observe le plus souvent la forme pustuleuse.

(c) Forme pustuleuse. — Elle est i^eprésentée essentiellement par la pustule d'acné, ou bouton iodiquc.

L'éruption est disséminée sur la face, les épaules, la poitrine, les fesses et les membres, et caractérisée quelquefois par des pustules petites, comme arrêtées dans leur évolution, et dont il serait difficile de déterminer la nature, n'était leur apparition rapide après l'administration de l'iode.

Mais le plus ordinairement les pustules iodiques consistent en des émincnces acuminées ou arrondies, assez vobimineuses, rouges à la base, entourées d'une auréole vive, suppurant au sommet seulement dans quelques circonstances, et d'autres fois dans toute ia totalité de la pustule; elles offrent alors une certaine analogie avec les pustules varioliques. Les pustules peuvent acquérir un volume assez considérable ; à un certain moment, elles s'ouvrent et le liquide qu'elles contenaient se concrète en une croûte jaunâtre qui persiste jusqu'à leur disparition.

Quelquefois elles se transforment en indurations papulo tuberculeuses d'un rouge intense, sensibles à lapression et profondément implantées dans le tissu de la peau. Fischer a bien décrit ces nodosités : souvent, dit-il, il se développe à leur partie la plus élevée, une vésicule purulente, qui tantôt s'ouvre et laisse écouler son pus, et tantôt se dessèche et forme une croûte qui tombe Ijientôl, de sorte qu'il ne reste plus que la nodosité formée par l'exsudation. Cette nodosité se distingue à sa coloration produite par un pigment d'un rouge Ijrun et à la lenteur de sa disparition; enfin, rappelons que Fischer a observé des éruptions oezi-mateuses à la suite de l'administra-

lion l'iodo et ({ue des i'arcjncles, des abcès dermiques peuvent aussi apparaître dans ces circonstances.

Marche, durée, terminaison. — La durée dos. éruptions acnéiques est sul^ordonnée à celle de la médication : mais tandis que l'érythème disparaît rapidement après la cessation de l'ingestion de l'iode, lés papules et les pustules ne s'effacent que lentement et laissent à leur suite de petites maculatures cicatricielles.

Pronostic. — Ces éruptions disparaissant dès- que le malade cesse la médication iodique, le pronostic ne présente aucune gravité. La forme pustuleuse est la plus sérieuse parce qu'elle a une durée plus longue que les autres et laisse souvent dos cicatrices.

Traitement. — Il suffit de suspendre l'ingestion de l'iode pour voir l'éruption disparaître.

3" Éruption produite par le bromure de potassium. — A côté de l'acné iodique nous devons placer l'acné produite par l'administration du bromure de potassium. Chez une jeune fille épileptique à laquelle nous avons fait prendre jusqu'à 10 gr. de bromure de potassium, nous avons observé une éruption occupant principalement la face et le thorax et caractérisée par des pustules d'acné indurata et d'acné simplex.

Eruptions produites par les arsenicaux. — M. Devergie a signalé au déclin des affections squameuses traitées par les préparations arsenicales, et notamment au déclin du psoriasis, une teinte brune de la peau, qui ne disparaît qu'après plusieurs mois et qui serait l'indice certaine d'une guérison prochaine. En outre et sous l'influence de la même médication, il se manifesterait sur les taches ai'senicales une éruption secondaire, consistant en quelques boutons rouges, isolés, papuleuï^ se multipliant lentement, mais d'une manière continue, si l'on insiste sur les arsenicaux.

M. Bazm a observé les mêmes faits. Dans quelques cas beaucoup plus rares, on peut constater, à la suite de l'administration interne de l'arsenic, des éruptions pustuleuses, ecthymatiques furonculaires et ulcéreuses.

AFl'^ECTIOXS rSRUnO -KXAN'TIIÉMATK.U.-F.S.

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