AFFECTIONS CUTANÉES DE CAUSE INTERNE
s; I. ÉRUPTIONS DES PYREXIES.
Nous ne ferons que mentionner les éruptions de la rougeole, (le la scarlatine, de la variole, de la suette miliaire, éruptions bien décrites dans les traités de pathologie interne.
Ainsi sera-t-il des taches hleues cfuc l'on rencontre dans la lièvre synoque et la fièvre typhoïde, des taches rosées lenticulaires qui appartiennent en propre à cette dernière maladie, des sudaminaet des pctéchies.
S 2. ÉRUPTIONS PSEUDO-EXANTHÉWATIQUES.
Nous avons indiqué les caractères des pseudo-exanthèmes, page 9. Nous avons dit que M. Bazin décrivait comme éruptions pseudo-exanthématiques idiopathiques l'urticaire aigui-, l le zona, l'herpès phh'cténode aigu, le pemphigus aigu, le pity- ! riasis rubra aigu. Nous étudierons successivement les éruptions érythémateuses, vésiculeuscs, huileuses, squameuses. •
(A) Éruptions pseudo-exanthéma'iques érythémateuses.
DE l/URTICAJRE.
Définitions. — La fièvre ortiée est une maladie aiguë, fébrile ou non. et caractérisée par des papules rosées ou rouges, décolorées au centre, apparaissant et disparaissant brusquement, et accom]3agnées de vives démangeaisons.
Symplonialolo(/ie. — L'éruption est en général précédée de phénomènes prodromiques consistant en frissons, malaise général, douleurs de tète, troubles digestifs, fièvre, prurit intense, etc. •
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Bientôt apparaissent des ('mincnces papnleuses, rosées ou muges, décolorées au centre, discrètes ou confluentes, accompagnées de vives démangeaisons et de tumi'faction des parties où elles siègent, persistant un temps varial)le de quelques minutes à quelques heures, mais se reproduisant pour disparaître de nouveau.
Etiologie. — La fièvre ortiée naît au printemps et pendant les chaleurs de l'été, principalement chez les enfants, les femmes et les sujets nerveux.
Cette urticaire a une existence indépendante, constitue une entité morbide, et ne dépend pas d'une maladie constitutionnelle.
Diagnostic. — Nous avons établi le diagnostic différentiel du genre urticaire. Il est donc inutile de revenir sur ce sujet; mais comment reconnaître que l'urticaire constitue une entité morbide et ne dépend pas d'une maladie constitutionnelle, ou n'est pas de cause externe — urticaire due au contact des orties, etc., ou à l'ingestion de certains aliments, poissons, fraises, etc.?
La fièvre ortiée idiopathique a une marche régulière, n'est pas accompagnée ou précédée de symptômes propres à une maladie constitutionnelle , n'alterne pas avec des affections cutanées, sèches ou humides, des migraines, des névral-
gies, etc., n'est pas consécutive à l'ingestion de moides, de fraises, etc.
Pronostic. — L'urticaire ne présente aucune grawité, et disparait spontanément après une diu'ée de quelques joius.
Traitement. — On ordonnera un émétique ou un éméto-cathartique s'il existe des symptômes d'embarras gastrique bilieux; un purgatif, si le malade est constipé; des lotions de sublimé, des bains d'amidon ou légèrement alcaUns pour calmer le prurit.
Rarement il sera nécessaire de prescrire une émission sanguine, indiquée seulement quand la fièvre est intense et le sujet vigoureux.
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(lî) Affections pseuclo-exanthématiques vésiculeuses.
nu zoxA.
Le zona est ainsi appelé parce qu'il entoure le tronc ou les membres comme une demi-ceinture; il a successivement porté les noms d'ignis sacer, d'érysipelas zoster, d'herpès zostcr, etc.
Définition. — Le zona est une affection herpétique (variété fVherpès) caractérisée à sa période d'état par des plaques rouges, sur lesquelles sont groupées des vésicules plus ou moins nombreuses, plaques séparées les unes des autres par des intervalles de peau saine et dont l'ensendilc figure une demiceinture qui reste presque toujours limitée à une moitié du corps, que l'éruption occupe le tronc ou la face.
Le zona se développe ordinairement sur le tronc et particulièrement sur la base de la poitrine. Quelquefois, cependant, il commence sur le tronc pour se terminer sur les memijrcs. C'est ainsi qu'un zona peut partir de la ligne médiane de la région lombaire, contourner la fesse et se terminer à la partie interne de la cuisse.
Le zona peut occuper le front, les joues et même le cuir chevelu. M. Rayer cite le cas d'un zona de la face qui s'était propagé aux gencives et à la face interne des joues. Lorscju'il occupe le tronc, il est transversal ou ol^lique, tandis qu'il revêt ordinairement la direction verticale quand il siège au front, etc.
La plupart des dermatologistes s'accordent à considérer le zona du côté droit comme plus fréquent que le zona du côté opposé.
Après douze ou vingt-quatre heures de prodromes caractérisés par de la lassitude, de l'anorexie, de la fièvre, des douleurs lancinantes ou tensivcs et brûlantes sur les parties qui doivent être le siège de l'affection, on voit apparaître successivement ou simultanément des plaques rouges, irrégulièrement arrondies, offrant une étendue qui varie de 2 à 3 centimètres de longueur sur 1 à 2 centimètres de largeur, séparées les unes
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dos niiU'os par des intervalles de peau saine, disposées suivant une ligne oblique et dont l'ensemble représente une demiceinture, une zone qui ne dépasse la ligne médiane ni en
avant ni en arrière.
Sur ces plaques érythémateuses naissent des vésicules brillantes, transparentes, réunies les unes à côté des autres en nombre variable de cinq à (quinze ou vingt, dont lu grosseur ne dépasse pas celle d'un grain de millet, et que l'on a comparée, ù juste raison, à de petites perles. Mais la sérosité qu'elles contiennent ne tarde pas à devenir lactescente, opaque et souvent noirâtre ; leur volume atteint ])ientôt celui d'un petit pois, quelquefois même elles se fusionnent les unes avec les autres, de manière à constituer des bulles plus ou moins volumineuses; enfin, vers le quatrième ou cinquième jour de leur existence, elles s'affaissent et se recouvrent de légères croûtes brunâtres ou jaunâtres qui tombent en laissant des taches rouges et lentes à disparaître.
La marche des vésicules n'est pas toutefois toujours aussi simple, et si l'inflammation a été trop vive, on voit au niveau de la vésicule une petite eschare dont la chute donne heu à une plaie douloureuse. C'est surtout chez les vieillards, dont la constitution est détérioriée par de mauvaises conditions hj"giéniques, que ces eschares grisâtres se développent; elles laissent après leur chute une ulcération douloureuse {zo7ia gangreneux).
En général, la durée d'un groupe de vésicules est de huit à dix jours, mais comme les groupes naissent successivement, la durée totale de l'éruption est subordonnée à son étendue ; on peut dire néanmoins qu'elle varie entre deux ou trois septénaires; nous ne parlons pas du zona gangréneux dont les plaies exigent, pour se cicatriser, un ou doux mois.
Les phénomènes généraux cessent dès l'apparition de l'éruption, à moins que celle-ci ne soit lente et ne mette plusieurs jours à se faire; dans ce cas, ils persistent quelque temps; quelquefois même les douleurs névralgiques, ou le sentiment de brûlure se perpétuent pendant toute la durée du zona, persis-
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lent aprt''â sa disparition pondant plusieurs mois, ot résistent j la plupart des agents thérapeutiques mis en usage.
{Mhiéralomcnt, mais non toujours comme on l'a pi'étendu, le zona se développe sur le trajet des filets nerveux ; ainsi, au tliorax, il suit le trajet des nerfs intercostaux, au cou, celui des nerfs cei'vicaux, etc.
Etiologie. — Le zona apparaît dans la jeunesse et l'âge adulte, plus rarement dans la vieillesse ; chez les garçons plutôt que chez les filles, et principalement au commencement du printemps.
Nous avons dit que M. Bazin avait décrit, dans sa première édition, un zona idiopathique et un zona arthritique ou herpétique, mais que, dans la seconde édition, il décrivait seulement un zona idiopathique, non parce qu'il niait à cette affection toute relation avec l'arthritis ou l'herpétis, mais parce que souvent les caractères cUstinctifs sont difficiles à reconnaître, et que, d'ailleurs, le zona guérissant toujours spontanément, la distinction entre le zona idiopathique et le zona arthiitique ou herp(itique est inutile.
Le zona est-il consécutif à une; altération, ou à un trouille fonctionnel des nerfs? A l'appui de cette opinion, on a cité des faits de zona consécutifs à une lésion traumatique des nerfs correspondants, et on a prétendu que le zona était toujours consécutif à une névralgie des nerfs de la partie où il siégeait. Évidemment cette dernière proposition est fausse, et très-souvent le zona n'est précédé d'aucune douleur névralgique. D'ailleurs, on oljserve un grand nomhre de névralgies qui ne sont jamais accompagnées d'une éruption vésiculeuse.
Le diagnostic ne présente aucune difficulté, le pronostic aucune gravité, et le traitement consiste seulement à saupoudrer les parties malades de poudre d'amidon, à prendre des tisanes rafraîchissantes, quelquefois même un purgatif salin. Rarement la saignée est utile.
Si le malade est anémique, on ordonnera les toniques et les ferrugineux.
Lorsque des ulcérations existent, on prescrit les pansements
gfJO AFFECTIONS .SPKCIAI.RR.
avec fin ccrat sim[ile ou satiiriKi, oiiliii lorsqu'il existe des douleurs nih'ralsiques, on mot en usage tous les moyens recoinmandés contre les névralgies.
HERPÈS PIILYCTÉNODE PSEUDO-EXANTHÉMATIQUE.
Définition. — L'herpès plilycténode est une maladie aiguë, fébrile ou non, caractérisée par une éruption de vésicules globuleuses, reposant sur une surface plus ou moins rouge, et subissant leur évolution dans l'espace de huit à dix jours.
Symptoniaiologie. — Après douze ou vingt-quatre heures de malaise général, céphalalgie, lièvre, trouljles digestifs, etc., naissent une ou plusieurs taches rouges, irréguhères, légèrement saillantes, sièges de prurit, et sur lesquelles ne tardent pas à se montrer des vésicules d'a])ord petites , mais ne tardant pas à acquérir le volume d'un grain de chènevis et même celui d'un pois. Ces vésicules sont groupées en plus ou moins grand nombre sur chacune des surfaces enflammées, se confondent même quelquefois par leur base et donnent lieu à de véritables bulles ; elles contiennent, au début, \m liquide transparent qui leur donne un aspect perlé, mais, après un certain temps, ce liquide devient trouble et opaque, semble même diminuer de quantité , d'où la flétrissure et l'affaissement de la vésicule, et enfin se concrète en une croûte jaunâtre et irrégulière, débordant dans tous les sens la partie dénudée, persistant sept ou huit jours, et laissant après sa chute, ou une simple rougeur qui disparaît lentement, ou une légère ulcération qui ne tarde pas à ce cicatriser.
Rarement l'absorption du liquide a lieu, et est suivie d'exfoliation épidermique.
L'herpès phlycténode a une marche aiguë et ne se prolonge pas au delà de sept à quinze jours.
Etiologie. — L'herpès idiopathique apparaît surtout chez les femmes et les enfants, les individus lymphatiques, et naît le plus ordinairement sans que l'on puisse saisir la cause de son développement.
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L'cruplioii peut être généralisée, mais est le plus ordinairement localisée aux lèvres : herpès labialis; aux joues, aux bras ; aux organes génitaux : herpès vidvaris et prœpulinlis.
Diagnostic. — Nous avons établi le diagnostic différentiel du genre herpès, page 89 ; mais l'herpès phlycténode constitue nun-soulement une affection idiopathique, mais encore une affection critique, artificielle ou symptomatique de l'arthritis et de la syphilis. Comment différencier ces diverses espèces ? L'herpès artificiel existe ordinairement au prépuce ; il est dû au contact de la matière séliacée, si abondamment sécrétée (!n ce point, et dont on peut constater l'existence, disparait sous rinfiuence de soins de propreté. L'herpès critique apparaît au déclin des maladies aiguës; a pour siège ordinaire la région labiale, etc. Les herpès prajputialis, vulvaris et labialis successifs et chroniques, de nature arthritique, se différencient de l'herpès phlycténode idiopathique par leur marche chronique, l'existence de poussées successives, se renouvelant au moment où l'une d'elles vient de se terminer, ou empiétant même les unes sur les autres, l'aljsence de mouvement fèJjrile, etc. (Voyez Ârlhritides). L'herpès phlycténode syphilitique ne diffère de l'herpès phlycténode ordinaire (|uo par la coloration cuivrée du corps muqueux, mais est accompagné d'autres phénomènes de nature syphilitique.
Le pronostic est des plus légers, l'affection guérissant spontanément dans l'espace de quelques jours, et le traitement consiste à saupoudrer les parties malades de poudre d'amidon et à donner quelques bains simples ou émoUients, lorsque les croûtes sont formées.
(C) Affection pseudo-exauthématique bulleuse.