‹ Traite des affections de la peauChapitre 39 sur 59 · PEMPHIGUS PSEUDO-EXANTHÉJIATIQUE OU ESSENTIEL · texte numérisé non relu

PEMPHIGUS PSEUDO-EXANTHÉJIATIQUE OU ESSENTIEL

Le pemphiguspseudo-exanthémaiique est une maladie aiguë, f(!brile, caractérisée par une éniption de bulles phis ou moins volumineuses, se développantsimultanément ou successivement

sur diverses parties île la peau, mais rarement sur toute sa surlacc.

L'éruption est précédée des phénomènes généraux prodromiques des pseudo-exanthèmes idiopathiques, pendant vinyt-quatre à quarante-huit lieures ; après ce laps de temps apparaissent des taches ronges, arrondies ou ovalaires, séparées les unes des autres ou réunies, taches d'une durée éphémère, et au niveau desquelles le derme enflammé exhale un liquide transparent qui soulève l'épiderme ; alors on observe des bulles arrondies, tantôt d'égal volume sur tous les points du corps, tantôt de volume inégal, au contraire, et à contours irréguliers, remplies d'un liquide transparent, entourées d'une auréole plus au moins vive, isolées les unes des autres ou réunies sur une tache érysipélateuse plus ou moins large.

Cette éruption est accompagnée de tension, de prurit, d'élancements et quelquefois d'une sensation de chaleur brûlante ; tantôt elle est simultanée et se développe sur tous les points du corps à la fois, tantôt elle est successive et se fait par poussées séparées les unes des autres par des intervalles variables.

Au cinquième et sixième jour de l'éruption, les bulles perdent leur transparence et se flétrissent ; à leiu" place, on observe de petites croûtes foliacées et brunâtres qui tombent après un certain temps et laissent seulement des maculatures rougeâtres qui disparaissent lentement.

L'éruption peut être généralisée ou n'occuper que certaines régions, telles que la face, les membres, les épaules, les parties sexuelles ; elle s'étend quelquefois aux membranes muqueuses, et s'observe alors sur la conjonctive, la bouche, le pharynx.

Lorsque toutes les bulles se développent à la fois et en une seule poussée^ l'éruption dure sept à dix jours; au contraù-e, si elle est successive, elle peut se prolonger pendant un mois ou six semaines.

Etwlogie. — Trcs-rare dans l'enfance, la fièvre pemphigoïde se développe principalement dans l'adolescence et l'âge adulte, et s'observe à peu près également dans les deux sexes. Les chaleurs de l'été, par l'excitation qu'elles produisent à la peau,

AFFECTIONS I'SEUUO-EXANTHÉiMATK.iUES. '25o

ont aussi uiil; iuUuoncc; incoutcsta])lc sur leur (lùvcloppcraciit ; il eu est de même des émotions morales^ de la suppression de la sueur, etc. Elle a paru quelquefois régner d'une manière épidémique.

Pronostic. Il ne présente aucune gravité dans les cas ordinaires; quelquefois, la lièvre pempliigoïde se compli(|ue à son déclin de la mortilication des surfaces dénudées, et alors le pronostic emprunte à cette complication un cachet de gravité plus grand.

Traitement. — On ordonnera un ou plusieurs purgatifs salins s'il existe de l'embarras gastrique ; la diète, des tisanes rafraîchissantes ou diaphorétiques, la saignée chez les individus pléthoriques ; on piquera les bulles pour donner issue au liquide, et on saupoudrera toutes les surfaces malades avec de la poudre d'amidon ou avec des poudres légèrement astringentes.

(D) Affection pseudo-exanthématique squameuse.

PITYRIASIS IlUBRA AIGU.

Définition. — Le pityriasis rubra aigu pseudo-exanthématique est une maladie aiguë, fél^rile, non contagieuse, caracté risée par des taches rouges, disséminées sur toute la surface du corps , séparées les unes des autres par des intervalles de peau saine , mais se réunissant souvent et formant alors des plaques plus ou moins larges, taches recouvertes de foholes épidermiques.

Symptomatologie. — • Le pityriasis rul^ra aigu est ordinairement précédé de fièvre, de malaise général, de phénomènes d'embarras gastrique, et de démangeaisons assez vives.

Il est constitué par des taches congestives, d'un rouge vif, ne faisant aucune sailUe au-dessus des parties environnantes, présentant une forme arrondie et des liOrds sinueux, offrant des thmensions variables de celle d'une pièce de 20 centimes à celle d'une pièce de 2 francs, et accompagnées d'une ex-

56 Al-KKCTIONS SPÉCIALES.

Ibliatioli épiderinuiiK! (constituée au début par des lamcllus assez larges et Ijlancliâtres, plus tard par de petites squames.

La rougeur vive; des taches s'éteint peu à pou et le pityriasis ruljra passe à l'état de pityriasis simple.

Cette alicction disparait cpielqueibis après une durée de dix à quinze jours, mais persiste dans d'autres cas pendant six semaines ou de^ix mois. Jamais elle ne passe à l'état clironi(iue.

Etiologie. — Le pityriasis rubra aigu s'observe en général dans la première moitié de la vie, à l'époque du pi-intemps et plus spécialement chez les sujets lymphatiques.

Diagnostic. — Le pityriasis rubra aigu se distinguera facilement : de Vuriicaire caractérisée par des plaques saillantes, décolorées au centre, ne présentant pas de desquamation à leur surface, apparaissant et disparaissant subitement;

De la roséole, constituée par des taches petites, d'un rouge moins foncé, et ne présentant pas une desquamation aussi abondante ;

De V herpès circiné parasitaire, constituée par son siège spécial à la face, au dos des mains, l'existence de larges cercles à extension périphérique et à marche chronique ;

Du pityriasis versicolor, constitué par des taches offrant la couleur du café au lait, recouvertes de squames fines et furfuracées, présentant une marche chronique, etc. Si, d'aillem's, on conservait quelques doutes, l'examen microscopique démontrerait l'existence du microspcron furfur dans le pityriasis versicolor, et son absence dans la squame du pityriasis rubra.

Pronostic. — Il n'a aucune gravité puisque l'affection disparait spontanément dans l'espace de quelques semaines.

Traitement. — On conseillera une diète légère, des tisanes rafraîchissantes, un purgatif salin, s'il existe des symptômes d'embarras gastriques et quelques bains simples et amidonnés.

Eruptions phkfjmasitjues et hémorrhagiqucs.

L'érysipèlc, malacUe i)hlegmasique, el le purpura, maladie hémorrhagiipie, étant ])ieii décrits dans les traités de patlioiogie interne, nous ne leur consacrerons aucun chapitre.

DES ARTHRIDIDES.

Toi

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