DIFFORMITÉS DE LA PEAU
les individus qui en sont affectés sont appelés : hommes porcsépics.
Telle est l'ichtliyose tj^pe ; mais entre cet état et la peau saine existent des états intermédiaires, parmi lesquels nous de vons principalement signaler celui que les Anglais désignent sous le nom de dry skin ou xérodennie et sur lequel M. Lailler a attiré l'attention des médecins français {Nature et traitement de l'ichtliyose, dans les Annales de dermatolof/ie 1809).
La xérodermie est caractérisée par une sécheresse de la peau avec épaississement de l'épidermc ; sur les surlaces malades, les orifices pileux sont fermés par un opercule conique assez adhérent qui gène souvent la sortie des poils et les maintient au-dessous de lui, enroulés en spirales ; cette lésion siège surtout aux coudes, à la face externe des bras, aux genoux, audessus des malléoles.
A un degré plus avancé, la peau est peut-être plus lisse, mais les stries épidermiques sont moins marquées, et il semble qu'une couche de collodion soit étendue sur elle ; alors l'épaississement épidermique porte non plus seulement sur les orifices des glandes, mais sur toute la surface du derme, dans un espace plus ou moins étendu. Cet épaississement donne à la peau une coloration d'un gris sale que ne font pas disparaître les ablutions.
Dans les mouvements brusques, l'épiderme peut se fendiller et donner lieu à de petites fissures douloureuses; les avantbras, la face antérieure des bras, les côtés du ti-onc, quelquefois aussi le tronc et les joues sont les sièges habituels de cette dernière lésion.
Que l'ichthyose se présente sous l'une ou l'autre de ces formes, elle est toujours caractérisée par l'absence de prurit, l'intégrité complète de la peau au dessous de l'épiderme et de toutes les fonctions générales. Elle consiste uniquement dans ime déviation de la sécrétion épidermique ; elle dépend, dit Niemeyer, d'un développement anormal du corps papillaire, matrice de l'i'piderme.
Etiolof/ie. — L'ichthyose est héréditaire, le plus ordinaire-
ff.\0 niFFORMI'J'K.S Î)F, LA PEAU.
mont congénitale, et s'nbservo, d'après la plupart des dermatologistes, plus souvent chez riiomme que chez la femme..
Diagnostic. — Je ne pense pas qu'un médecin exerc(; puisse confondre l'ichthj^ose, affection congénitale, occupant presque toute la surface du corps, ne déterminant aucun prurit, etc., avec le pityriasis, l'eczéma à sa troisième période, le lichen, l'acné sébacée, le psoriasis, etc.
Pronostic. — L'iclithyose, considérée en elle-même, n'est pas une affection grave puisqu'elle ne trouble aucune fonction; mais elle constitue une infirmité sérieuse en raison de l'ennui quelle détermine, principalement aux jeunes filles ou aux jeunes femmes qui veulent fréquenter le monde, et à cause de sa transmissibilité par voie d'hérédité. Quand elle est peu intense, elle disparaît presque complètement pendant les chaleurs de l'été, pour reparaître pendant la saison froide.
Traitement. — Tl est exclusivement palliatif : on conseillera l'usage des bains alcalins, des frictions avec l'huile de cade ou avec la pommade au goudron, etc.
M. Lailler préconise le traitement suivant : un bain savonneux avec frictions, trois fois par semaine, pour enlever les squames épidermiques ; matin et soir, onctions prolongées et léger massage sur toutes les parties malades avec le glycérat d'amidon additionné de iO p. 100 d'eau distillée de lauriercerise pour masquer l'odeur un peu fade de la glycérine et calmer les démangeaisons (amidon pulvérisé, 10 gr.; glycérine, 150 gr.).
Après quelque temps, on ne fait qu'une onction par jour, et, quand la peau à repris son état normal, un bain savonneux par semaine, suivi immédiatement d'une onction avec le glycérat d'amidon ou la glycérine, suffiraient pour maintenir à la peau sa souplesse normale.
Tous ces agents restituent pour un moment à la peau sa souplesse normale, mais la difformité reparaîtra dès qu'on cessera les bains et les frictions.