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RAPPORT A LA CONTAGION ET A LA CICATRISATION DES CHANCRES

Lorsqu'il s'agit de déterminer l'époque où la syphilide pustuleuse se développe après la contagion, je dois insister de nouveau sur la nécessité de bien distinguer les cas où les pustules syphilitiques se sont développées avant tout traitement général, des cas où ces pustules ont paru chez des sujets qui avaient été soumis, après la contagion, à divers traitements généraux destinés à prévenir la diffusion des symptômes syphilitiques dans l'économie. Si l'on néglige de faire cette importante distinction, la syphilis apparaît comme une maladie bizarre dans sa marche, tantôt se généralisant avec rapidité dans l'économie, après la contagion, tantôt restant pour ainsi dire assoupie après la guérison des accidents

contagieux, mais éclatant ensuite, dix, vingt et trente

ans même après ces premiers accidents, sous les formes quelquefois les plus graves. Il est bien vrai que l'on rencontre fréquemment des cas de syphilis dans lesquels les accidents primitifs ou contagieux ont été séparés, par un laps de temps considérable, des accidents consécutifs; mais il faut savoir que cette interruption prolongée, dans la marche de la maladie, cette lacune entre deux ordres de symptômes, est l'œuvre de l'art, le résultat des traitements, et que la syphilis, abandonnée à sa marche naturelle et chronique, commence par des accidents contagieux auxquels en succèdent d'autres plus généralisés, pouvant se faire attendre quelques mois, mais jamais des années entières.

Les relevés qui suivent, donnent les époques comparatives de l'apparition de la syphilide pustuleuse, chez les sujets qui n'avaient fait aucun traitement général, et chez ceux qui avaient été soumis à un traitement général, pendant la durée des chancres, dans le but d'empêcher l'apparition des symptômes constitutionnels.

Relevé des cas où la syphilide pustuleuse s'est développée avant tout traitement général.

Puslules parues du 1er au 2e mois qui a suivi la

conlagion 8 cas.

Du 2e au 5e mois iô

Du 5e au 4e mois G

Du 4° au Se mois 2

Du 5e au 6e mois S

52 cas.

Relevé des cas où les pustules syphilitiques ont paru après divers traitements généraux.

Pustules parues du l6r au 2e mois après la contagion „ i eus.

Du 2e au 5e mois 3

Du 5e au 4e mois 8

Du 4e au 5e mois 3

Du 5e au 6e mois : 4

Du 6e au 7e mois 5

Du 8e au 9e mois. 3

Du 9e au 10e mois 2

A i an de la contagion 4

De 1 an à 2 ans 4

De 2 ans à 5 an s . 5

A 4 ans i

39 cas.

Le premier de ces relevés montre que la syphilide pustuleuse ne diffère pas notablement des syphilides érythémateuse et papuleuse, quant à Fépoque où elle peut se développer après la contagion, si aucun raitement ne vient retarder l'apparition des symptômes de la syphilis généralisée.

Le second relevé, destiné à donner la mesure du retard que peuvent apporter au développement de la syphilide pustuleuse, les traitements généraux administrés pendant la durée des symptômes primitifs, montre que ce retard a été plus considérable pour la syphilide pustuleuse que pour les syphilides érythémateuse et papuleuse, puisqu'il a été de quatre ans dans un cas de syphilide pustuleuse, et que, dans

les syphilides précédemment décrites, le retard le plus long n'a été que de dix-huit mois.

La plupart des syphilides pustuleuses se développèrent à une époque plus ou moins éloignée de la cicatrisation des chancres; les autres parurent, soit pendant la durée des chancres , soit au moment de leur cicatrisation.

Syphilides parues pendant la durée des chancres. 18

Au moment de leur cicatrisation iO

Après la cicatrisation 44

g IX. — Recherches des causes qui ont pu déterminer le développement DE LA SYPHILIDE PUSTULEUSE , C'EST-A-DIRE LA DIFFUSION DES SYMPTÔMES SYPHILITIQUES DANS L'ÉCONOMIE.

Je n'ai trouvé, chez les malades atteints de syphilide pustuleuse, pour expliquer la diffusion des symptômes syphilitiques dans l'économie, d'autre cause que la nature même des chancres par lesquels avait commencé leur syphilis. Or, c'est en confrontant les malades atteints de syphilide pustuleuse, avec les femmes qui leur avaient communiqué la contagion, que je suis arrivé, comme dans les autres syphilides, à établir la nature particulière de ces chancres.

La confrontation dont je parle, a pu avoir lieu dixsept fois, et dans ces 17 cas, sans exception , nous avons constaté que les malades atteints de syphilide pustuleuse, avaient contracté des chancres avec des femmes atteintes de chancres qui avaient également déterminé chez ces femmes des syphilides d'espèce

diverse. Ainsi, trois des malades atteints de syphilide pustuleuse, avaient été infectés par la même femme qui présenta à mon examen, la cicatrice récente d'un chancre sur une des grandes lèvres, un bubon dur et indolent dans l'aine, et une éruption papuleuse disséminée sur la peau. De plus, un des trois malades infectés par la même femme, avait communiqués syphilis à une jeune fille sur laquelle je constatai la présence d'un chancre et de plusieurs papules humides de la vulve et des amygdales. Cette jeune fille me mit à son tour sur la trace d'un homme à qui elle avait communiqué sa maladie, et que je trouvai atteint lui-même de chancres, de plaques opalines de l'isthme du gosier, et de douleurs ostéocopes nocturnes. De sorte que le chancre de ce dernier malade, était le résultat de l'inoculation naturelle et successive de quatre individus les uns par les autres , individus que nous pouvions confronter entre eux, et que nous trouvions tous atteints de chancre et de syphilis constitutionnelle.

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