‹ Traité des affections de la peau symptomatiques de la syphilisChapitre 16 sur 63 · OU ACCOMPAGNÉ LA SYPHILIDE PAPULEUSE, DANS UN CERTAIN NOMBRE DE CAS · texte numérisé non relu

OU ACCOMPAGNÉ LA SYPHILIDE PAPULEUSE, DANS UN CERTAIN NOMBRE DE CAS

L’éruption papuleuse parut 16 fois sur 50, sans avoir été précédée d'aucun autre symptôme de syphilis constitutionnelle. Divers symptômes d’infection générale se manifestèrent, au contraire, dans 32 cas, avant l’apparition de la syphilide papuleuse, et lui servirent comme de prodromes.

Deux fois ces symptômes débutèrent en môme temps que la syphilide. Enfin, dans trois des cas où l’éruption syphilitique se manifesta, sans avoir été précédée d’aucuns phénomènes généraux, ces symptômes se développèrent dans le cours des deux premiers septénaires de la syphilide.

Lesdivers symptômes d’infection généralequi précédèrent, dans 32 cas, la syphilide papuleuse, devancèrent ordinairement son apparition d’un à deux septénaires.

Quant à l’époque d’apparition de ces symptômes, par rapport à lacontagion, elle varia beaucoup. Dans les cas où ils se montrèrent très-précoces, ils se manifestèrent quinze à vingt jours après le coït contagieux, et trois à quatre mois après, dans les cas les plus tardifs. Mais ce retard si long coïncida toujours

avec un traitement mercuriel administré pendant la durée des accidents primitifs; traitement qui pouvait être rationnellement considéré comme la cause du retard des premiers symptômes d’infection générale.

Les symptômes dont nous parlons disparurent, dans un petit nombre de cas, immédiatement après l’apparition de la syphilide papuleuse. Le plus souvent ils persistèrent après l’évolution des papules, perdant pour l'ordinaire de leur intensité, mais s’aggravant aussi, dans quelques cas exceptionnels, pendant la durée de l’affection papuleuse. Ces symptômes étaient à peu près les mêmes que dans 1 érythème syphilitique. C’est pourquoi je me bornerai à les énumérer, en renvoyant toutefois le lecteur aux réflexions que j’ai faites à leur sujet, dans un des paragraphes du chapitre précédent.

Altération des traits, pâleur, yeux cernés, malaise général, faiblesse, inaptitude au travail, tendance au sommeil, vertiges, éblouissements, quelquefois dyspnée, palpitations, accès de fièvre périodique, céphalalgie générale ou partielle, diurne ou nocturne, douleurs analogues au lombago, au torticolis, à la pleurodynie, au rhumatisme chronique, douleurs ostéocopes diurnes ou nocturnes dans les pièces du sternum, dans le corps des os, notamment dans les crêtes des tibias, sur le bord postérieur du cubitus ; douleursdansla plupart des grandes articulations, qui étaient souvent rigides, au point d’empêcher la mar-

che et de causer l’insomnie: tels sont les symptômes qui précédèrent la syphilide papuleuse, ou vinrentse joindre à elle dans la plupart des cas. L’iritis compliqua aussi trois fois l’éruption de papules. Enfin l’appétit, rarement diminué au début de la syphilide, avait augmenté d’une manière notable, dans onze cas, dès que les premiers symptômes d’infection générale commencèrent à se manifester.

Jamais les symptômes que je viens d’énumérer n'existaient tous réunis chez un seul malade. Ils n’avaient pas tous le même degré de fréquence. Les douleurs articulaires, la céphalalgie, le malaise général, les accès fébriles, se sont rencontrés bien plus souvent que les douleurs dans la continuité des os, que la dyspnée et que les vertiges.

Enfin, de tous ces symptômes, les plus remarquables et en même temps les plus caractéristiques , étaient encore les douleurs ostéocopes nocturnes, occupant les articulations et môme la continuité des os.

S VUl. — Époque du développement de la syphilide papuleuse

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