PAR RAPPORT A LA CONTAGION ET A LA CICATRISATION DES CHANCRES
Nous séparerons ici, comme dans l’histoire de l’érythème, les cas où les malades n ont fait aucun traitement général avant le développement de la syphilide papuleuse, des cas où ils ont été soumis à
diverses médications générales qui ont pu modifier l’époque de l’apparition de cette syphilide.
Les malades n’ayant fait aucun traitement général avant l’apparition de la syphilide papuleuse, sont au nombre de trente. Cette éruption se montra :
Du 20e au 30e jour 3 fois.
Du 30' au 60'' jour • 16 id.
Du 60e au 90e jour 11 id.
Treize malades qui avaient fait un traitement général pendant la durée du symptôme primitif, furent atteints de la syphilide papuleuse :
Du 30e au 60e jour qui suivit la contagion 2 fois.
Du 60e au 90e jour 3 id.
Du 90e au 120e jour 2 id.
Dans le cours du 3e mois 3 id.
Dans le cours du 8e mois 2 id.
Dans le cours du 12e mois I... 1 id.
Les faits de la première série prouvent d’abord que l’époque à laquelle la syphilide papuleuse se développe après la contagion n’a rien de régulier; ensuite que cette éruption doit être rangée au nombre des plus précoces, puisque son apparition a eu lieu de vingt jours, à trois mois après la contagion.
Des excès de boissons alcooliques auxquels quelques malades s’adonnèrent jusqu’à l’ivresse, après le début du symptôme primitif, furent la seule cause à laquelle on pût attribuer la précocité de quelques-unes de ces syphilides.
Les faits de la seconde catégorie montrent les re-
affections syphilitiques de la peau.
tards plus ou moins longs qu’apporta à l'époque normale de l'évolution des papules, le traitement général qui consista en préparons mercurielles , dans les treize cas dont il s’agit. Ici, comme dans la syphilide érythémateuse, le retard apporté au développement de l'affection cutanée, est incontestable, puisqu’on ne trouve pas un seul cas d’apparition, de la syphilide papuleuse, dans le premier mois de la contagion, et que dans la moitié des cas, cette syphilide s’est montrée au delà du quatrième mois, c’est-à-dire au delà du terme le plus reculé, où se sont développées les syphilides papuleuses apparues avant tout traitement.
MM. Martins, Legendre et Cazenave, dans leurs travaux sur les syphilides, ont aussi fait des recherches sur l’espace do temps qui s’écoule entre la contagion et le début de la syphilide papuleuse. Mais ils ont omis, tous trois, de séparer les cas où cette forme de syphilide s’est développée sans être entravée par aucune médication, des cas où elles’ est montrée chez des malades soumis à un traitement général, pendant la durée des accidents primitifs; de sorte que les résultats qu'ils ont obtenus ne donnent pas exactement la solution de la question que je cherche à résoudre. Ainsi, M. Martins établissant sescalculs sur douze cas de syphilide papuleuse, trouve que cette éruption s’est montrée le plus tôt, au troisième jour, le plus tard, à la huitième année qui a suivi la contagion, ce qui donne une moyenne de vingt-un mois.
L’analyse de dix-neuf observations a fourni à M. Cazenave, pour périodes extrêmes du développement de la syphilide papuleuse après la contagion, un mois, et douze ans ; pour moyenne, par conséquent, un an et une fraction.
Enfin, M. Legendre, qui ne nous dit pas sur quel nombre de malades il base ses calculs, a fixé à six mois l’époque moyenne d’apparition de la syphilide papuleuse, sans indiquer les limites extrêmes qui lui ont fourni cette moyenne.
Si je groupais indistinctement les cas de syphilide papuleuse que j’ai observés, si j’opérais la fusion des deux tableaux dans lesquels sont inscrits séparément, les cas où cette syphilide s’est développée sans entrave, et les cas où son évolution a paru sensiblement retardée par les traitements, j’arriverais à une moyenne qui se rapprocherait beaucoup de celle de M. Legendre. Mais il est impossible de concilier mes résultats avec ceux de MM. Martins et Cazenave. Les moyennes qu’ils ont obtenues, dépassent non-seulement celle de M. Legendre, mais encore la période la plus reculée où j'aie vu se développer la syphilide papuleuse à la suite d’un traitement mercuriel administré dès le début du symptôme primitif.
A quelle cause attribuer une différence aussi grande, entre des résultats basés sur des observations
ayant pour objet la même syphilide? MM. Martins et Cazenave auraient-ils accueilli avec trop de facilité les récits des malades, au sujet de l’époque de lacon-
affections syphilitiques de la peau.
lagion? J’avoue que je le crains. Si la différence de nos résultats ne tient pas à cette cause, elle dépendrait de ce que la syphilide papuleuse, soit normalement, soit sous l’influence de traitements administrés pendant la durée du symptôme primitif, serait susceptible de se développer beaucoup plus tard après la contagion, que je n’ai eu l'occasion de le constater, fait douteux toutefois, qui aurait besoin d’être confirmé par de nouvelles observations, car à huit ans et douze ans delà contagion, ce ne sont plus dessyphilides aussi superficielles que les papules, qui se développent ordinairement sur la peau ; ce sont des tubercules et des ulcères qui, par les couches profondes du derme qu’ils envahissent, révèlent immédiatement à l’observateur expérimenté, l’ancienneté de l’infection syphilitique, de même que les papules lui révèlent l’existence d’une infection récente.
§ IX. — De la cause oui a produit la stphilide papuleuse,