INTRODUCTION. XXI
qui, au milieu des pourparlers d'un mariage, lut pris d'hémoptysies quotidiennes. La famille inquiète pour l'avenir demanda mon a\is.
En l'absence de tout signe physique du coté de la poitrine, je constatai, à l'examen de l'arrière -gorge, l'existence d'un lacis vasculaire très-marqué et de deux saillies variqueuses, dont une surtout atteignait la grosseur d'un pois, quand on prolongeait l'inspection en demandant aii malade de soulever par un effort de volonté le voile du palais.
Un jeune médecin, mon ancien élève, portait également, au point d'union des piliers antérieur et postérieur gauches, une varice très-volumineuse. Je n'ai jamais vu le sang sourdre du vaisseau, mais je l'ai vu descendre en nappe le long du pharynx, et d'ailleurs l'ensemble des symptômes excluait la possibilité d'une hémorrhagie pulmonaire.
Il est probable que la vascularisation exagérée ne s'arrêtait dans aucun des cas à la portion de la membrane muqueuse accessible à la vue. Les varices devaient siéger également sur la paroi antérieure, et peut-être sur la portion des fosses nasales qui confine au pharynx.
Dans tous les cas, aussi bien dans ceux que j'ai observés que dans ceux qui m'ont été communiqués, l'attention des malades avait été éveillée par la crainte d'une hémorrhagie pulmonaire. L'écoulement de sang, peu abondant d'ailleurs, s'arrêtait à la suite d'un traitement court et facile par l'emploi topique des hémostatiques et des astringents, et on était trop heureux d'avoir ainsi mis un terme à des appréhensions sans fondement.
J'avais vécu d'abord dans cette quiétude que vinrent rompre plus tard les événements. Les trois malades dont j'ai rappelé l'observation ont succombé tous les trois à la tuberculisation