‹ Traité des anginesChapitre 4 sur 43 · INTRODUCTION. V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. V

je citerai celle de mon élève et ami le Dr Féron, des mémoires originaux insérés en petit nombre dans divers recueils périodiques, les articles composés pour les dictionnaires en voie de publication, contribuèrent également à l'avancement de nos connaissances.

A l'étranger, en dehors des indications contenues dans les traités généraux et surtout dans quelques-uns des livres sur la syphilis et des recherches importantes de Green sur la pharyngo-laryngite, on trouvera peu de travaux intéressants.

Le lecteur voudra bien s'expliquer ainsi la rareté des citations et l'absence d'un Index auctorum, qui n'eût pu servir qu'à rendre plus saisissante l'exiguïté des matériaux.

Malgré les progrès accomplis depuis un demi-siècle, je ne crois pas que la connaissance des affections angineuses soit, même chez nous où elle a relativement trouvé le plus d'accès, assez répandue pour suffire aux simples nécessités de la pratique. Je n'en veux pour exemples que les relations des épidémies récentes d'angines non croupales : peu ont été publiées, beaucoup sont soumises presque chaque année au jugement de l'Académie de médecine. Ceux qui Duiseront à cette source, qui devrait être si féconde, verront combien les observateurs sont encore loin de s'entendre, même sur les premiers éléments de la classification ou sur les rudiments de la nomenclature.

L'opinion publique aidant et prenant comme toujours les choses par leurs pires côtés, un certain nombre de médecins ont, sans doute à leur insu, continué les idées du xvnr siècle;

VI INTROnrCTION.

seulement au lieu de la gangrène c'est le croup qui est dovenu l'aboutissant possible et redouté de la plupart dos maux de gorge. Moins on est expérimenté, plus on incliné à devenir

miste. C'est au moins une façon de couvrir sa responsabilité.

Borsieri, dans le chapitre de Angina de ses institutions de médecine pratique, raconte malicieusement l'anecdote suivante: appelé dès les premiers jours de la maladie près de l'unique héritier d'une riche et ooble famille, un enfant de sept ans, atteint d'angine maligne, on homme éprouvé par une longue pratique, à la fois médecin et chirurgien illustre, ne put se défendre de recevoir avec un éclat de rire un jeune confrère qui avail jugé sainemenl de la nature et du danger de la maladie. Il repoussa dédaigneusement les scarifications proposées par le jeune médecin sur les amygdales où s'était développée une tache blanche, en même temps que s'éteignaienl la douleur et la gène de la déglutition. Deui jours plus tard, le mal avant amené i.( strangulation du larynx, el le vi-

étant devenu livide el cadavérique, il fut stupéfait de voir la mort s'acheminer sans laisser d'espérani e. A.lors foudroyé par la nouveauté >\y\ fait, il pria doucement et poliment

une homme, è l'insudetous les familiers, de lui indiquer

uteun qui avaient parlé d'une forme d'angine si pernici< m

P it ■' i rtvanl de nos jours, Borsieri eût-il jugé à nro- > renverser les termes et de retourner la murale de son apologue.

Pour mon compte, j'ai vu peu de croups méconnus, el e'esl

• justii ration médicale qu'elle se

urprendre. Par contre, c bien de fois ai-je

i un diagnostic menaçant doublé dea angoi!

INTRODUCTION. Vil

d'une famille, lorsqu'il s'agissait d'une angine diphthéroïde peu dangereuse ou d'une simple éruption avec fausse membrane exempte de tout péril.

Les angines dont j'ai esquissé de mon mieux les symptômes sont pour la plupart essentiellement curables. De notre temps, il n'est pas sans quelque hardiesse de concentrer sa prédilection sur des maladies dont l'histoire ne se complète pas par une autopsie. L'anatomie pathologique a accompli de telles merveilles, elle a dépassé de tant de coudées l'observation clinique toujours hésitante, que des descriptions sans contrôle semblent au-dessous des nécessités et même des obligations de la science.

Les praticiens, auxquels les ressources hospitalières sont interdites, me sauront peut-être quelque gré non-seulement de n'avoir pas reculé devant l'ingratitude de la tâche, mais d'avoir, clans ma pleine liberté, choisi un ordre d'études que je savais en défaveur.

Entre le savant et l'homme pratique, il y a et il y aura longtemps encore la même différence qu'entre le professeur d'organographie végétale et le chef des cultures d'un grand domaine. S'il plaisait à un médecin de reprendre l'histoire des tumeurs d'après les errements du dernier siècle, l'entreprise serait condamnable et condamnée d'avance, et pour emprunter la langue histologique, elle représenterait la plus impossible des régressions.'

Mais, en dehors des lésions qui se prêtent aux études du laboratoire, il en est. d'autres que nous avons le devoir d'apprendre et dont il n'appartient à personne de décliner l'étude.

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