‹ Traité des applications de l'électricitéChapitre 12 sur 61 · ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUE · texte numérisé non relu

ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUE

convenable, permettent de localiser les courants et pourraient rendre d'utiles services à la médecine.

Quant à leur emploi en ceinture sur des parties malades, atteintes soit de rhumatismes, soit de névralgies, lès effets produits doivent être bien légers, et aucun fait à ma connaissance n'est venu constater leur efficacité ; on doit donc en douter.

Les physiciens révoquent en doute les effets, qu'on ne pourrait attribuer, s'ils existaient, qu'à des courants d'induction ; or, comme ces courants n'existent qu'à l'instant où l'on ferme et où l'on ouvre le circuit, et que ce n'est pas le cas des chaînes de Pulvermacher, il s' ensuit que leur efficacité est nulle dans cette circonstance.

§ III. Ceinture et mixture électiiques de MM. Breton.

M. Bouvier, dans l'excellent rapport qu'il a fait récemment à l'Académie de médecine sur plusieurs applications récentes de l'électricité, ayant accordé une large part à ces deux modes d'application de l'électricité, je ne puis mieux faire que de le suivre et de lui emprunter quelques-unes des observations qu'il fait à leur égard.

A. Ceinture électrique. ■ — Cette ceinture est une véritable pile voltaïque à un seul élément. Cet élément est constitué par deux lamelles de zinc appliquées sur une semelle double de cuivre, mais séparées de celle-ci par un mastic humide. Cinq boutons, fixés sur ces métaux ou à l'extrémité des fils métalliques soudés à leur surface, forment autant de pôles positifs ou négatifs dont le contact avec la peau donne lieu à plusieurs courants dérivés qui la parcourent en tous sens.

L'électricité développée ainsi est faible et elle devient encore plus faible par la dessiccation du mastic. Ces courants dévient bien l'aiguille du galvanomètre de 30 à hO degrés; mais les travaux de M. Becquerel ont démontré que la

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moindre action chimique peut créer des courants capables de produire une déviation semblable, quoique trop faibles pour agir sur nos organes. La peau, du reste, à laquelle cet appareil est destiné , n'en ressent l'action que lorsqu'elle est dépouillée d'épiderme sur quelque point. La chaîne étant fermée ne saurait produire des réactions chimiques en dehors des éléments. Quelle que soit leur force, les effets physiques produits sur l'organisation sont nuls tant que les chaînes restent fermées.

Ces effets peuvent-ils produire à la longue quelque effet thérapeutique? M. Bouvier n'ose pas le nier d'une manière trop absolue , mais on voit qu'il n'est pas beaucoup disposé à y croire. Je suis tout à fait de son avis. Peut-être, du reste, pourrait-on augmenter la force de ces appareils et leur don' ner ainsi une utilité moins contestable.

B. Mixture galvanique. — Cette mixture se compose de deux pâtes contenant, l'une de la poudre de zinc, l'autre de la poudre de cuivre, mêlées à de la poudre inerte de bois et aune solution de chlorure de calcium destinées à conserver leur humidité. On renferme ces deux mixtures dans deux sachets de toile qu'on place dans un linge mouillé; puisa travers de petites ouvertures pratiquées dans ces enveloppes, on enfonce et l'on fixe au milieu de chaque mixture la tige d'un bouton de métal. Ces boutons appliqués sur la peau, lui transmettent comme ceux de la ceinture galvanique , l'électricité produite par les réactions chimiques qui ont lieu dans les sachets. Cette électricité est plus prononcée, si, au lieu de boutons ordinaires, on se sert déboutons vissésdans de petites plaques métalliques placées au milieu de chaque mixture. On peut dire que, dans ce cas, il se produit un couple simple comme lorsqu'on place d'un côté de la langue une petite lame de zinc et de l'autre côté une lame d'argent, de platine, d'or ou môme de cuivre; en faisant toucher les deux lames on éprouve une légère sensation due à l'action du courant sur

APPARIAIS d'induction. 55

les papilles nerveuses ou bien à celles de l'acide et de l'alcali séparées par le même courant.'

M. Bouvier, à qui nous avons emprunté celte description, pense que dans l'état actuel cette mixture ne pourrait offrir d'avantage marqué que si elle agissait sur des membranes très sensibles, sur des parties dénudées ou à l'aide de conducteurs implantés dans l'épaisseur des tissus.

M. Bouvier espère que la mixture de MM. Breton pourra peut-être un jour être mise à profit pour servir de pile à courant constant d'une manœuvre facile. Le projet d'utiliser cette mixture pour former un couple constant me paraît illusoire, car ce couple participe aux inconvénients de tous les couples voltaïques simples ; en outre, le mélange de zinc doit donner lieu à l'oxydation des particules séparées sans que l'électricité produite puisse être recueillie. Si l'on veut avoir un couple nécessaire pour les appareils d'induction , rien ne peut remplacer actuellement un ou plusieurs couples à courant constant, soit à sulfate de cuivre, soit à acide nitrique,

§ lY. Appareils d'induction.

Les appareils d'induction sont destinés à fournir dans des circuits conducteurs, de l'électricité qui se produit sous forme de courants développés par induction. Ces courants ne sont pas seulement déterminés par l'induction directe d'autres courants placés à distance de ces circuits, mais bien aussi par l'induction d'aimants. Ces derniers exercent du reste une influence bien supérieure à celle des courants proprement dits.

Il existe des différences essentielles dans la manière dont les aimants sont formés, ou bien dont ils sont disposés dans les appareils de ce genre qui ont été proposés jusqu'ici.

Pour que les courants par induction se produisent, on sait qu'il est nécessaire que l'intensité magnétique des aimants,

56 APPLICATIONS DE l'ÉLIîCTRIGITÉ.

par rapport au circuit conducteur, change à des intervalles très courts, et ce n'est que par ces changements que ces courants induits se manifestent. On peut obtenir ces changements de plusieurs manières : tantôt on fait varier l'aimantation de pièces de fer doux supposées fixes à l'aide de courants électriques provenant des couples ordinaires; d'autres fois on emploie des aimants permanents, et l'on fait varier les positions relatives de ces aimants et des circuits conducteurs en faisant agir à proximité des pièces de fer doux. Suivant qu'on emploie tel ou tel de ces moyens , on a des appareils nommés électro-magnétiques (volta -électriques de quelques auteurs) ou des appareils magnéto-électriques.

Tous ces instruments donnent naissance à des courants induits provenant de variations d'intensité magnétique de pièces de fer doux ou d'électro-aimants, et c'est à là longueur du circuit, à son isolement plus ou moins grand et à la rapidité plus ou moins grande avec laquelle on produit les courants, que l'on doit rapporter leur plus ou moins grande énergie et la différence des effets obtenus. En général, quand on fait fonctionner ces appareils, il se manifeste une succession rapide de courants induits, les uns en sens inverse des courants qui produisaient le même effet magnétique que l'influence de l'aimant fait naître, les autres dans le même sens. Lorsqu'on emploie les appareils électro-magnétiques, ce sont les seconds dont l'action prédomine , c'est-à-dire les effets produits à l'instant de la rupture du circuit, et les effets des premiers disparaissent : nous en verrons plus loin les motifs ; avec les appareils magnéto-électriques au contraire , l'un et l'autre ont la même intensité : mais comme ils se produisent successivement, ils exercent l'un et l'autre leur action sur l'économie animale , quoiqu'ils ne puissent exercer aucune influence sur un galvanomètre. On explique très bien ces résultats d'après la manière dont ces appareils fonctionnent.

Nous ferons enfin une dernière observation. C'est que l'effet

APPAREILS d'induction. 57

énergique de ces instruments tient à la manière plus ou moins rapide avec laquelle la transmission de l'électricité s'effectue ; une certaine quantité d'électricité qui se meut très vite (comme cela a lieu dans l'induction ou bien avec la bouteille de Leyde) donne une commotion vive et une contraction, tandis que si elle se meut lentement, elle ne produit aucun effet appréciable.

En résumé, les appareils d'induction qui sont aujourd'hui généralement employés ne différent que par la manière dont on produit l'aimantation dans le fer doux central agissant par influence sur le circuit dont les extrémités servent à transmettre les commotions.

Nous parlerons d'abord des appareils électro -magnétiques, c'est-à-dire des appareils dans lesquels un courant électrique est nécessaire pour mettre en jeu l'instrument ; ensuite il sera question des appareils magnéto-électriques. Dans l'un comme dans l'autre cas, nous ne nous astreindrons pas àl'ordre historique de leur construction. Car souvent ils ne diffèrent que par la disposition de l'une de leurs parties, et nous avons seulement pour but de faire connaître les appareils les plus répandus parmi les médecins et ceux dont ils ont l'habitude de faire usage.

1° Appareils électro -magnétiques.

Ces appareils ont en général comme élément commun ; 1° une bobine garnie d'abord d'un circuit de gros fil dans lequel on fait passer le courant électrique inducteur; 2° autour de ce premier circuit sont enroulés un ou plusieurs circuits secondaires de fil fin et long dans lequel les courants induits se manifestent; S" un noyau central de fer doux, nécessaire pour exercer l'induction dans le circuit de fil fin, car celle qui serait produite par le courant inducteur isolé serait trop faible pour donner des effets de quelque impor-

58 APPLICATIONS DE l/ÉLECTRICITÉ.

tance. En général , on emploie une réunion de fils de fer au lieu d'un seul barreau de fer central, car les changements magnétiques. que l'on fait naître dans ces fils sont plus rapides et dès lors l'action physiologique des courants induits plus énergique qu'en faisant usage d'un seul barreau de fer. Les instruments très divers qui ont été construits d'après ces données ne diffèrent que par la manière dont le courant inducteur est interrompu et rétabli , et par la forme et la disposition des différentes parties. On verra en elïet que de la longueur et de l'isolement des fils dépendent la tension de l'électricité et l'intensité des effets physiologiques obtenus. Nous devons dire cependant que dans quelques-uns, comme dans celui de M. Masson , les deux circuits inducteurs et induits ne font qu'un, c'est-à-dire qu'on fait usage du courant induit dans le fil même par lequel passe le courant inducteur ; on a donné à ce courant le nom d' extra-courant.

Nous parlerons successivement des appareils suivants qui sont employés en France :

Appareil de M. Masson ;

Appareil de M. Ruhmkorff ;

Appareil de M. Duchenne, de Boulogne;

Appareil de M. Éric Bernard;

Appareil de MM. Legendre et Morin ;

Appareil de M. Déchargé;

Appareil de M. Bianchi.

Appareil de M. Masson.

M. Masson a imaginé un appareil dans lequel il peut, par les interruptions successives d'un courant, multiplier les secousses dans un circuit secondaire, de manière à produire une forte commotion. 11 emploie à cet effet une roue dentée d'un rayon assez gran4., et il la fait tourner à l'aide de la corde d'un rouet sans fin. L'un des coussinets communique

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avec l'un des pôles de la pile, l'autre avec une main do la personne sounaise à l'expérience. De l'autre main on saisit fortement l'un des bouts d'une hélice enroulée sur un cylindre de fer doux et en communication par l'autre bout avec le second pôle de l'appareil voltaïque.

Dans cet appareil, le circuit est formé tout à la fois par l'appareil voltaïque, par l'hélice, par la corps de l'expérimentateur et l'axe de la roue dentée. Le courant ne peut s'y manifester que quand l'hélice est constituée par h ou 500 mètres de fil. 11 n'en est pas ainsi, lorsque le corps humain ne fait plus partie du circuit et lorsque ce circuit est tout à fait métallique. On remplit cette dernière condition quand le premier bout de l'hélice que l'expérimentateur tient à pleines mains est terminé par une lame de ressort aplatie qui, maintenue à la naissance par un appui fixe, va presser par son extrémité libre une dent de la roue métallique.

Lorsqu'on fait tourner la roue, le circuit métallique se trouve interrompu à l'instant où la dent pressée échappe au ressort qui la touche ; alors le premier circuit, celui dont l'opérateur fait partie, subsiste seul, et ce dernier reçoit une vive secousse (production de l'extra-courant direct). La roue continuant à tourner, une nouvelle dent rencontre le ressort, une nouvelle interruption a lieu et une nouvelle secouse se produit. On conçoit que la roue tournant d'une manière uniforme, le môme phénomène se reproduit au passage de chaque dent.

On voit que dans l'appareil de M. Massonles commotions sont dues principalement à l'extra-courant direct qui se produit par la rupture du circuit, et qu'il n'y a qu'un seul circuit métallique dans lequel passent les courants inducteurs el induits. Ce physicien est le premier qui, il y a une vingtaine d'années, ait étudié les effets de l'extra-courant et ait fait usage de ce procédé pour mieux connaître les effets physiologiques de l'électricité. 11 avait constaté dès cette

60 APPLICATIO^S DE L'ÉLECTRICITÉ.

époque, ainsi qu'on l'a dit page 22, la propriété que possède rélectricilé de n'affecter que les points du corps qui étaient touchés par les conducteurs, et il avait proposé d'utiliser ce fait dans la thérapeutique. C'était V électrisation localisée^ comme on l'a appelée depuis. C'est donc à M. Masson que doit revenir la priorité des applications de l'électrisation localisée [Annales de physique et de chimie, 1837, tome LXVI, page 26}.

Un appareil d'induction composé d'une bobine ou d'un électro-aimant à un seul fil, dans lequel on fait passer périodiquement le courant d'un couple voltaïque, permet donc d'utiliser l'extra-courant induit. C'est là l'appareil employé par M. Masson, Je pense néanmoins que, malgré la simplicité de cette machine, les appareils magnéto-électriques, qui sont toujours prêts à entrer en fonction, sont d'un usage plus commode ; du reste, les effets obtenus sont les mêmes.

Appareil de M. Ruhmkorff (J\g. 1).

L'appareil auquel on a donné le nom à' appareil d'induction de M. Ruhmkorff, est un instrument qui a attiré à l'habile constructeur auquel il est dû les éloges les plus justes et les distinctions les plus méritées.

Quoique le constructeur ait réuni pour former cet appareil les indications données séparément par plusieurs physiciens, on peut dire cependant que l'on n'avait pas obtenu des effets aussi remarquables; du reste, la puissance d'action de cet instrument tient à l'isolement du circuit et à la manière dont il est construit, et on peut le considérer comme le plus énergique de tous ceux qui ont été construits jusqu'à présent.

Nous allons d'abord démontrer quelle est la disposition de l'appareil construit par M. Ruhmkorff depuis une dizaine d'années, et nous indiquerons plus loin quelles sont les mo-

APPAREILS d'induction. 61

difications qu'il y a introduites pour en faire un appareil médical.

Cet appareil consiste en une longue bobine en carton mince, avec rebord en verre ou en bois, recouverte d'un premier circuit formé par un fil de cuivre isolé gros et court,

Fig. 1.

lequel doit donner passage au courant électrique inducteur destiné à provoquer l'aimantation de la masse centrale en fer doux. Les extrémités de ce gros fil viennent s'attacher aux colonnes de cuivre I et 0, fixées sur la tablette de l'appareil.

Sur ce premier circuit se trouve enroulé un fil de cuivre entouré de soie, mais d'un très petit diamètre (n» 16 du commerce), et dont la longueur varie entre 8 et lO kilomètres, car la longueur du fil, par la résistance qu'il oppose au mouvement de l'électricité, est la première condition pour que celui-ci acquière une grande tension. Ce second fil est en outre isolé avec le plus grand soin au moyen d'un vernis à la gomme laque , et ses extrémités aboutissent à deux colonnes isolantes de verre C et B.

Dans l'axe de la bobine se trouve un faisceau de fils de fer M, dont la surface oxydée ne permet pas de communication de l'un à l'autre, de manière à éviter, ainsi qu'on le

62 APPLICATIONS DM l'ÉLECTUICITÉ.

verra dans la suite de ce chapitre, que des courants d'induction circulant autour de. la masse de fer ne diminuent la rapidité de transmission des courants induits dans le circuit extérieur.

Le principe de l'appareil consiste en ce que l'on fait passer, à des intervalles très rapprochés, une sucession de courants électriques dans le gros fil 01 ; le faisceau central en fer doux, en s'aimantant et en se désaimantant, réagit par induction sur le circuit de fil fin, et produit une série de courants induits, donnant lieu aux étincelles ou aux effets dont on a déjà parlé, et sur lesquels il est nécessaire de revenir.

Pour établir la communication entre les fils de la pile et les extrémités du gros fil conducteur, les premiers sont attachés en A et A' des deux côtés du commutateur K.L ; ils communiquent à des ressorts qui, en rencontrant les plaques conductrices du couimutateur, font passer le courant dans le gros fil, dans un sens ou dans l'autre.

Quant à la succession rapide des courants dans le gros fil inducteur, elle est obtenue au moyen du système d'interrupteur utilisé par MM. Neef et Delarive, et connu quelquefois sous le nom de tremhleur. Cet interrupteur est absolument disposé comme celui figuré dans le condensateur électro-chimique de M. Delarive, pour être mis en jeu par le courant lui-même ; à cet effet, le faisceau de fer doux central est terminé par une rondelle de fer qui fait saillie hors de la bobine, et qui est destinée à attirer une petite masse de fer doux D, toutes les fois que l'aimantation a lieu. Cette petite masse de fer doux, attachée à un bras de levier DE, très mobile à l'extrémité de la colonne I, est terminée à sa partie inférieure par une lame de platine, qui repose, dans les condi-* tiens ordinaires, sur un morceau de cuivre, également cou-' vert de platine. Or, comme la masse de fer doux D communique par la colonne I à une des extrémités du gros fil inducteur, et que le morceau de cuivre touche par Tinter-

64 APPLICATIONS DE L'ÉLECTRICirÉ.

médiaire du conducteur de cuivre partant de H à l'un des deux pôles du couple ou de la pile produisant le courant, le second pôle communiquant à l'autre extrémité 0 du fil, il en résulte que le circuit sera fermé toutes les fois que les masses métalliques seront en contact; mais, quand cela aura lieu, les fils de fer s'aimanteront, le morceau de fer doux sera attiré, et le circuit se trouvera rompu. Aussitôt, le courant de passer, le fer doux retombera, touchera de nouveau le cuivre, d'où résultera un nouveau passage de l'électricité ; de là, nouvelle attraction, nouvelle rupture du circuit, et ainsi de suite. On comprend dès lors qu'il se produira une succession très rapide de passages du courant attestés par des étincelles éclatant entre le marteau de fer et le morceau de cuivre ; mais, comme ces masses métalliques sont recouvertes de platine, il ne se produit pas d'oxyde entre les surfaces en contact, et l'action peut se continuer ainsi pendant plusieurs heures.

M. Ruhmkorff a modifié cet appareil pour l'usage médical et il a réduit ses dimensions de manière aie rendre très portatif : sous cette seconde forme on peut faire varier son intensité d^is des limites très étendues.

Cet appareil est représenté dans la figure 2 , il se divise en trois compartiments : le premier, F, contient les deux couples qui mettent l'appareil en action. Ces couples sont formés de zinc amalgamé et de charbon, le liquide actif est un peu d'eau dans laquelle on fait dissoudre du sulfate de mercure contenu dans la bouteille L. Ces couples, dont la disposition est due à M. Marié, sont suffisamment forts, et il n'y a aucune émanation acide pendant l'opération. Le second compartiment G renferme l'appareil proprement dit : ce sont deux bobines rectilignes fixées du côté G par une armature de fer doux et semblables, quoique sous une dimension moindre, à la bobine droite qui est pi us haut. Les deux faisceaux centraux de fer doux sont terminés en a et 6 et

APPARIiJLS d'uNDUCTION. 65

peuvent agir par attraction sur une armature nioi^iie /", maintenue par un ressort r. Les bobines sont recouvertes de deux fils : un gros fil par où passe le courant des deux couples et un fil plus fin isolé. Le premier fil se termine en c et en r de sorte que la petite armature f se met à osciller comme le trembleur ordinaire. Si le second bouton c' touche à r\ en c et c' on peut recevoir l'extra-courant. Les deux extrémités du fil fin sont terminées en D et en D', et là on reçoit les courants induits. Pour modérer la force des courants induits un double cylindre de cuivre argenté enveloppe les deux bobines Qt à l'aide du bouton Bon découvre plus ou moins les deux bobines. Enfin le troisième compartiment H contient les accessoires de l'appareil, savoir les cylindres métalliques, le flacon contenant le sulfate de mercure et les conducteurs.

Sur le côté en M on a fixé une petite roue dentée que Ton peut faire mouvoir à volonté plus ou moins rapidement et qui permet de modérer à la main les intermittences des courants induits, comme on le fait avec la roue employée par M. Masson (voy. p. 59).

Cet appareil est le plus portatif, le plus commode, le plus simple, et en même temps le plus énergique de tous les appareils électro-magnétiques dont on puisse faire usage; joignons à cela qu'il divise les deux courants, le courant inducteur, le courant induit, ce qui est fort commode pour ceux qui persistent à croire, malgré l'évidence des faits, que ces deux courants exercent une action physiologique différente; en même temps son bas prix le fera répandre promptement dans la pratique. Je ne connais aucun appareil électro-magnétique plus facile à manier, moins sujet à se déranger et plus portatif. En fait d'appareil électro-magnétique et quand on passe par dessus l'inconvénient de la pile, c'est celui qu'il faut préférer.

Je joins à cette description rapide l'instruction rédigée par M. Ruhmkorff, instruction nécessaire pour le maniement de l'appareil.

66 APPLICATIONS DE l'ÉLDCTIUCITÉ.

Instruction. — Pour faire fonclionner l'appareil, prenez les zincs par lemilieu de la tige, enlevez-les perpendiculairement, poussez dehors lesgodets parles trous pratiqués au fond de la boîte, versezde l'eau, à peine un tiers de leur hauteur, ajoutez dans chacun deux fois plein la cuiller de verre qui se trouve dans la boîte, du protos.ulfate de mercure contenu dans le flacon, agitez un peu. Remettez les choses en place en observant que les parois extérieures des vases ne soient pas mouillées. Si l'appareil ne fonctionne pas, avancez le bouton A. avec lequel on règle la vitesse des vibrations, La force de l'appareil se règle en tirant plus ou moins les tubes, par le bouton B. Les boutons CG appartiennent à l'extra-courant, qui va dans la même direction, et DD, au courant d'induction , qui change le sens du courant, alternativement. Pour avoir des interruptions successives , que l'on peut régler à la main, on se sert de la roue fixée à l'appareil : à ce sujet, on tire le verrou qui la tient fixe, et après avoir terminé l'expérience, on le repousse à sa place; ensuite, il faut détacher le morceau de fer qui se tient collé aux faisceaux pendant que l'on s'est servi de la roue. Il est indispensable, après s'être servi de l'appareil, de bien vider les godets , de jeter le proto-sulfate, de bien laver et essuyer le tout. Si l'appareil ne fonctionnait pas, pour remédier à cet inconvénient, les réparations à faire sont les suivantes : 1° ce' qui arrive le plus souvent, c'est que sur le platine qui est sur le ressort et sur le morceau de fer, il s'est formé de l'oxyde, et pour l'enlever, on frotte légèrement sur chaque surface la lime contenue dans la boîte ; 2° la même chose peut arriver aux conducteurs qui touchent aux godets ; on les nettoie de la même manière; 3° il est nécessaire de nettoyer aussi les bouts des tiges de zinc, et les trous dans lesquels on les fixe; pour cela, on prend de la ponce pilée avec le bout d'une allumette et à sec, on frotte dans les trous, et par le même procédé on nettoie aussi les tiges ; k" on gratte les surfaces

APPAr.Eii.s d'induction. 67

des zincs avec un couteau lorsqu'elles sont trop chargées de mercure ; 5° si l'on a oublié à chaque fois do bien nettoyer les godets de charbon, le sel se trouve incrusté aux parois, et pour l'enlever, on prend du grès et de l'eau ; avec un chiffon on frotte jusqu'à ce que l'intérieur revienne noir. Si accidentellement, par l'agitation, l'intérieur de la boîte se trouvait mouillé, il faudrait bien l'essuyer et sécher pour empêcher les communications. Si par has.^.rd les tiges des zincs .venaient à se courber, il faudrait les redresser pour que les zincs ne touchent au charbon, sans quoi l'appareil ne marcherait pas. Si les ressorts qui appuient sur les godets cessaient de toucher; il faudrait les tendre de nouveau.

A l'aide de ces détails, l'appareil ne cessera pas de fonctionner ; en outre, chacun sera à même de réparer son instrument.

Appareil de M. Duchenne [de Boulogne).

L'appareil de M. Duchenne est ingénieux, il remplit, suivant son inventeur, les qualités qu'e doit posséder tout appareil médical d'électricité, et qu'il a résumé dans les quatre propositions suivantes :

1° Le courant inducteur et le courant induit exercent une action élective, le premier sur la contractilité musculaire^ le second sur la sensibilité cutanée. En conséquence, tout appareil qui ne possède pas ces deux courants est un appareil incomplet»

2° Les intermittences lentes ou rapides des appareils d'induction donnent naissance à des phénomènes spéciaux qui ne peuvent se suppléer mutuellement dans la pratique. Les intermittences rapides sont souvent inapplicables ou dangereuses. Un appareil d'induction doit toujours être muni d'un système moteur qui permette d'appliquer la galvanisation avec un courant lent ou rapide, suivant les indications particulières. ' ?>" Dans un grand nombre de cas les appareils d'induction ne -peuvent être trop puissants.

08 AITLICATIONS DE L'iiLliCTrilCri l'.

li° L'intensité des courants doit être proportionnée à ce degré d'excitabilité des organes. Il en résulte que tout appareil d'induction doit posséder un mode de gradation qui permette de mesurer les doses électriques ; cette gradation doit se faire avec une grande précision et sur une échelle d'une assez grande étendue.

M. Duchenne pense avoir réuni toutes ces conditions dans son appareil. Pour le discuter, nous allons en donner d'abord unedescription aussi complète et aussi impartiale que possible.

A cet effet, nous ne pouvons mieux faire que de transcrire la description aussi complète donnée par M. Duchenne luimême dans son Traité créledrisation localisée, 1855, 1 vol. in-8, fig., p. 127 à 133. Deux raisons nous ont engagé à faire cette transcription pure et simple. D'abord, elle est complète, très développée et bien claire. Ensuite, faite par celui qui a imaginé l'appareil, elle forme une base impartiale à lu discussion que je veux établir ensuite à ce sujet.

Description de l'appareil de M. Duchenne.

A. Le premier modèle de l'appareil volta-électrique (fig. o) se composait : d'une pile plate 0, de deux bobines superposées ; d'un graduateur formé par la bobine externe mobile, et que l'on faisait marcher sur la bobine interne au moyen de la petite planche renfermée dans le tiroir U, qui, lorsqu'on voulait s'en servir, pouvait être relevée comme dans la fig. 3, d'un trembleur A.

Le dernier modèle (fig. k) diffère du premier par le changement de la roue dentée D, qui, au lieu d'être enfermée dans le tiroir U, se trouve placée à l'extérieur, sur la base de l'appareil (voy. fig. 4), ce qui a permis de supprimer les contacts trop multipliés (B, C, E, F, G, H, fig. 3) et de simplifier la fabrication de l'appareil, par l'addition de deux petites vis L, N, qui assurent toujours le contact parfait des pôles delà pile avec les extrémités du premier fil d'induction;

APPAREILS d'induction. ' G'J

par la graduation opérée au moyen d'un cylindre de cuivre rouffpB, recouvrant plus ou moins les deux fils de cuivre qui

Fig. 3.

constituent la double induction ; enfin par l'emploi d'un tube F rempli d'eau, que j'appelle modérateur, et qui, combiné avec le cylindre graduateur, permet de mesurer les doses électriques plus, ou moins petites, comme les doses les plus élevées.

B. Yoici la description de l'appareil qui a subi les dernières modifications; je me servirai de l'une ou de l'autre des figiires oel/i pour décrire chaque partie constituante de l'appareil.

1" La pile contenue dans le tiroir inférieur est formée, comme la pile de Bunsen, d'un ciiarbon et d'un zinc.

Le charbon 0 (fig. 3) est plat, creusé au centre et rempli de poussière de coke.

Le zinc Z (fig. oj, a la forme d'un petit bac, dans lequel est placé le charbon sans diaphragme. Le zinc est contenu dans le premier tiroir, qui est garni d'un mastic et de lames de verre, de telle sorte que l'humidité ne puisse atteindre le bois. Le fond du tiroir, qui se tiouve au-dessusde la pile, estaussi couvert d'un mastic qui le garantit des vapeurs dégagées par la pile. Deux lames de cuivre L, N (fig. 3), en contact, l'une avec le zinc, l'autre avec le charbon, communiquent avec les plaques de

70 APPLICATIONS DE l'ÉLECTUIOITÉ.

platine E, G (fig. k), au moyen de boutons à vis J^, N (tige k]- ■ 2" La bobine composant !e système d'induction est formée de deux fils de cuivre rouge de diamètre inégal, recouverts de fil de soie et superposés.

Le fil de cuivre le plus gros (d'un demi-millimètre de diamètre) est enroulé en hélice sur une botte de fer doux. Les extrémités de ce fil, qui produit le courant de premier ordre, communiquent avec les plaques E et G (fig. /t), et les boutons réophores.

Le fil le plus fin (d'un millimètre de diamètre) est enroulé sur le fil précédent. Il donne naissance au courant du premier ordre ; ses extrémités sont soudées avec les boutons réophores P, Q (fig. li).

o° Le graduateu,rB(fig. h), est un cylindre de cuivre rouge qui enveloppe la bobine, et à la partie supérieure duquel

existe une échelle de graduation. Le bouton B', fixé â son extrémité, est destiné à l'attirer ou à le repousser sur cette bobine. k" J>e modérateur se compose d'un tube de verre F (fig. k)-,

APPAREILS d'jNDUCTION. 71

terminé à son extrémité inférieure par un fond de métal au* quel est soudé un bouton I, et à son extrémité supérieure par une virole de laquelle part un petit crochet qui sert à mettre le modérateur en rapport avec un des boutons P ou X descourants. Dans la virole supérieure est placé un petit bouchon traversé par la tige J du modérateur. Le tube est rempli d'eau.

5° Le réomètre magnétique mesure l'intensité du courant initial ou le degré d'aimantation du fer doux de la bobine. C'est une boussole V (fig. 3), placée dans le tiroir supérieur U. Le plateau de la boussole est divisé en quatre parties dont chacune est divisée à son tour en 90 degrés.

6° Le trembleur se compose d'un fer doux mobile A, et d'une vis platinée S, contre laquelle le fer doux est repoussé par un petit ressort.

7" La roue dentée D (fig,' /t), est fixée en dehors de la boîte sur la base de l'appareil, au-dessus du premier tiroir U.EUe tourne à l'aide d'une manivelle, et présente à sa circonférence quatre dentelures sur lesquelles s'appuie une lame de cuivre D', qui fait ressort. Le courant de la pile passe du ressort dans la roue avant d'arriver à la bobine.

Manière de mettre en action l'appareil de M, Duchenne,

Quand le charbon est neuf, on le charge d'acide azotique (30 à/iO grammes), que l'on verse lentement par l'ouverture rectangulaire creusée au centre du charbon. L'acide, rapidement absorbé par la poudre de coke contenue dans l'intérieur, est porté par la capillarité dans tous les pores ducharbon. Pour entretenir la puissance de la pile, il n'est besoin que de verser de temps à autre sur le charbon quelques gouttes d'acide azotique.

Ainsi préparé, le charbon est placé au milieu du bac de zinc, dans lequel on verse préalablement une ou deux cuillerées d'eau saturée de sol marin qui doit avoir humecté toute la surface du ^inc»

7'2 APPLICATIONS Dlî L'ÉLECTRICITÉ.

La lame de cuivre placée sur le charbon est fixée sur le tiroir au moyen de deux petites pointes, puis on ferme le tiroir. Sr l'on veut alors connaître la puissance du courant initial de la pile, on ouvre le tiroir U jusqu'à la ligne verticale noire tracée sur les parois latérales; on place l'appareil de manière que l'aiguille du réomètre V se dirige transversalement au long diamètre de l'appareil.

On fixe le fer doux du trembleur A en imprimant au bouton de la vis C (fig. o), un demi-tour de droite à gauche, et l'on ferme le courant en tournant lesdeux boutons à visLetN, jusqu'à ce qu'ils soient en contact avec les plaques E et G par lesquelles le courant de la pile est transmis aux extrémités de la bobine d'induction ; alors l'aiguille du réomètre V est déviée de la direction du méridien magnétique, en raison directe de la puissance de la pile. "

Veut-on ensuite obtenir des intermittences à l'aide de la roue dentée D, on ferme le tiroir U, puis on tourne la manivelle de la roue D plus ou moins vite, selon les indications à remplir. Si les intermittences doivent être faites parle trembleur A, on relâche le ressort qui retient fixée la plaque mobile du trembleur, en détournant de droite à gauche la vis C, et à l'instant cette plaque s'agite entre la vis et l'aimant temporaire de la bobine; plus le courant initial est intense, plus le jeu du commutateur est vif et bruyant.

Lorsque le graduateur B est entièrement enfoncé dans l'appareil, les courants sont à leur maximum d'intensité ; il suffit donc, pour les augmenter, de faire sortir ce graduateur ou par millimètres ou par centimètres.

L'appareil étant mis en action, on fixe les conducteurs (les réophores) sur les boutons P etO du courant de la seconde bobine ou sur ceux de la première, selon les indications à remplir. Aux extrémités libres des conducteurs sont fixées les extrémités libres des excitateurs, cylindres, balais métalliques, etc. Doit-on éleclriser des organes très excitables ou mesurer

APPAREILS d'induction. 73

des doses infiniment faibles, la partie supérieure R du modérateur F est mise en rapport avec an des boutons du deuxième ou du premier ordre, et l'un des réophores est fixé à son extrémité inférieure 1. Alors, plus on élève la tige J du modérateur, plus l'épaisseur de la couche d'eau que le courant doit traverser est grande, et plus l'intensité de l'appareil est affaiblie. Dans cet état d'affaiblissement, les courants de l'appareil peuvent êlre divisés et mesurés par le cylindre graduateur B.

Dans l'intervalle des électrisations, on interrompt le courant en desserrant une des vis L ou N, afin de conserver la puissance de la pile. L'appareil peut marcher douze heures avec la même solution. Après la séance, on nettoie le zinc et le charbon que l'on enlève avec beaucouj) de soin ; on place entre eux un morceau de toile cirée, et l'on remet la pile dans son tiroir U. Cette petite opération est courte et facile.

Si l'on ne se servait que rarement de l'appareil, il serait bien de ne pas laisser le zinc en contact avec le charbon.

Théorie de l'appareil de M. Duchenne.

Si, la pile étant enfoncée dans l'appareil, aucune interruption n'a lieu, soit par le trembleur, soit par la roue dentée, le courant qui est transmis par les boutons L, N au fil de la bobine centrale est continu et ne donne lieu à aucun phénomène d'induction, mais il produit l'aimantation du fer doux de la bobine. C'est sur l'action exercée par cette aimantation sur l'aiguille aimantée qu'est fondé le réomètre que j'ai appelé magnétique. En effet, le fer doux est aimanté différemment à ses extrémités, suivant la direction du courant. Supposons qu'à l'extrémité du fer doux, qui est la plus rapprochée du réomètre, se trouve le pôle boréal, l'aiguille disposée comme je l'ai indiqué plus haut, sera déviée du méridien magnétique par la force attractive de l'aimant sur son extrémité australe ; et, comme la force de l'aimantation du fer doux est en raison directe de l'intensité du courant initial, le degré de

Ik APFLICATIOINS DE l/ÉLECTIllClTÉ.

déviation de l'aiguille indiquera à la fois la force de l'aimantation de l'appareil et l'intensité du courant de la pile.

Dans cet état de choses, laisse- t-on la liberté à la plaque A du trembleur en desserrant la vis C, cette plaque est attirée par l'aimant delà bobine. A l'instant même le courant étant interrompu, l'aimantation cesse ; le ferdouxidu trembleur est repoussé par un ressort contre la pointe platinée de la vis S et ferme de nouveau le courant, qui produit une nouvelle aimantation. Ces aimantations temporaires et ces solutions de continuité du courant se succèdent avec une extrême rapidité, Quoique la théorie du trembleur soit connue, j'ai dû la rappeler pour expliquer le mécanisme de ses différentespièces.

La théorie de la roue dentée est la même que celle du trembleur, seulement ses intermittences peuvent être accélérées ou rapprochées au gré de l'opérateur.

A l'instant où le courant de premier ordre est interrompu, on observe des phénomènes physiques et physiologiques qui se produisent en vertu des deux forces combinées, savoir : l'action inductrice du courant sur lui-même par l'influence matérielle de ses spires, et l'influence mutuelle de ce courant et du fer doux aimanté de la bobine.

Si les extrémités du fil fm qui recouvre la bobine centrale sont mises en rapport avec un corps conducteur, un courant de deuxième ordre a lieu et se manifeste par les effets physiques et physiologiques qu'il développe dans les corps placés dans son circuit.

Tel est l'appareil électro-magnétique de M. Duchenne, Nous allons en examiner la valeur.

M. Duchenne a appliqué aux principales dispositions de son appareil des principes découverts à différentes époques par divers physiciens, et il a su les mettre à profit en lescombinant ensemble. C'est ce qu'il est facile "de voir en examinant les principes qui l'ont guidé dans la disposition des diverses pièces de' son appareiU

APPAREILS d'l\DUCT[ON. 75

Le courant que M. Duchenne nomme courant de premier ordre n'est autre que l'extra courant qui avait déjà été mis à profit, avec beaucoup de sagacité, par M. Masson.

Les cylindres de cuivre destinés à modérer l'action des courants et à la graduer, sont les cylindres de Dove, auxquels ce physicien reconnut ces propriétés en 18/i2.

Les courants de plusieurs ordres ont été découverts et étudiés par Henry de Princeton.

Le trembleur ou interrupteur employé par Neef et Delarive a été appliqué par M. Duchenne dans son appareil.

Enfin, dans une modification récente de son appareil, la petite roue dentée que ce médecin a ajoutée, est une imitation delà roue dentée employée par M. Masson. De l'application de ces divers principes, est résulté l'appareil électromagnétique que nous venons de décrire et qui, entre les mains de son inventeur, lui a donné d'excellents résultats, et lui a permis de signaler des faits nouveaux et intéressants.

Mais je crains bien que cet instrument, qui a fourni à M. Duchenne toutes les données scientifiques qu'il a mises à profit, ne soit entre ses mains ce qu'est un excellent bistouri manié par un habile chirurgien : il- permet à ce dernier de faire de belles opérations, mais entre les mains d'un autre opérateur, il serait loin de donner les mêmes résultats.

Examinonsd'abord s'il remplit toutes les conditions posées par M, Duchenne lui-même et s'il est le seul qui les produise. Nous allons reprendre ses quatre propositions.

1" Le courant inducteur et le courant induit exercent une action élective, le premier, sur la contraction musculaire, le second, sur la sensibilité cutanée ; ainsi, tout appareil qui ne possède pas ces deux courants est un appareil incomplet.

Je ne veux pas anticiper ici sur la discussion étendue à laquelle je me livrerai plusloin sur les propriétés différentes des deux courants; jeferaiseulementicilesobservationssuivantes :

Les courants appelés par M. Duchenne courants du pre^

76 APPLICATIONS DE l'ÉLI-CTRICITÉ.

mier ordre sont de ces extra-courants produits dans le fil le plus gros et le plus court par les interruptions et les rétablissements successifs du courant inducteur qui traverse ce fil, et quand M. Duchenne fait usage du courant inducteur, l'appareil fonctionne comme l'appareil de M. Masson, et c'est à l'extra-courant que sont dues principalement les commotions.

On trouve du reste cet extra-courant dans l'appareil nouveaudeM. Ruhmkorff qui sagement luia restitué son véritable nom à.' extra- courant, au lieu de courant du premier ordre.

Les courants appelés par lui courants du deuxième ordre sont, d'après les conventions ordinaires et le langage usuel actuel, des courants induits du premier ordre qui se produisent sous l'influence du courant inducteur et principalement de l'aimantation et de la désaimantation du fer dans le fil le plus long et le plus fin. Ces deux courants n'ont pas de propriétés électives sur telle ou telle fonction, mais ils ont une action plus ou moins énergique en raison de leur tension et de leur rapidité de production ; ils doivent cette tension aux ' dimensions du circuit inducteur et à l'isolement du fil qu'ils traversent. Aussi le courant induit, produit dans un fil beaucoup plus long et d'un diamètre beaucoup plus fin que le premier, a une tension plus grande que celle de l'extra-courant produit dans le fil le plus gros et le plus court; de là une énergie et des propriétés en apparence différentes, résultant d'une tension plus grande du courant qui les produit.

Du reste. qu'on appelle qqs, com^iiiii extra-courants et courants du premier ordre, ou bien courants du premier et du second ordre, peu importe pour l'effet produit; ce qu'il faut remarquer, c'est que dans les mêmes conditions les actions doivent être les mêmes.

Il y a une autre remarque que nous ferons encore ici : M. Duchenne, en mettant une seconde hélice autour delà première hélice induite, a cru avoir exclusivement un courant d'ordre supérieur à celui de la première hélice ; or,

Ari'AULii,s u'lnduction. 77

d'après celle disposition, l'elFet est très compliqué, car dans la deuxième hélice l'actio^n qui prédomine est celle qui est due à l'influence de l'aimant central comme dans la première hélice. Pour avoir des courants d'ordre supérieur isolés, il faudrait, en dehors de l'hélice inductrice, placer d'autres hélices parcourues dans un de leurs fils par des courants induits et ayant chacune un second fil dans lequel se produiraient des courants d'induction des deuxième, troisième et quatrième ordres, etc. Mais, ainsi que l'ont prouvé MM. Henry, Abria, etc., les effets de ces courants sont les mêmes à l'intensité près.

11 résulte de là qu'il est parfaitement inutile d'avoir des courants des deux ordres; si on en fait produire un seul dans un fil 1res long et très fin, et qu'on puisse le graduer à volonté, on aura suivant la graduation, les effets attribués à l'un ou à l'autre. C'est précisément ce qui a lieu dans l'appareil de M.Ruhmkorff, qui, pouvant être gradué d'une manière convenable, est devenu un'bon instrument préférable en raison de sa simplicité aux autres appareils électro-magnétiques.

SI" Les intermittences lentes ou rapides des appareils d'induction donnent naissance à des phénomènes qui ne peuvent se suppléer mutuellement dans la pratique. Les intermittences rapides sont souvent inapplicables ou dangereuses. Un appareil d'induction doit toujours être muni d'un système moteur qui permet d'appliquer le galvanisme à l'aide d'un courant lent ou rapide suivant les indications particulières.

Nous verrons plus loin que, dans tous les appareils magnéto-électriques avec lesquels on procède par la rotation plus ou moins rapide d'une chaîne sans fin produisant les intermittences, les intermittences lentes ou rapides peuvent se graduer sur une échelle beaucoup plus grande, étant produites par la main intelligente de celui qui opère la rotation,

o° Dans un grand nombre de cas, les appareils d'induction ne peuvent être trop puissants.

78 APPLICATIONS DE L ELliCTlllClTli.

Ceci est vrai, mais l'appareil de M. Duchemic n'est pas des plus énergiques; beaucoup d'instruments électro-magnétiques ou magnéto-électriques le sont davantage, tels sont le grand appareil de M. Ruhmkorff et celui de M. Bianchi.

[i° L'intermittence des courants doit êlre proportionnée au degré d'excitabilité des organes. Il en résulte que tout appareil d'induction doit posséder un mode de graduation qui permette de mesurer les doses électriques.

Cette graduation doit se faire avec une grande précision et suivant une échelle d'une grande^étendue.

Tout ceci est vrai, mais tout appareil électro- magnétique ou magnéto-électrique est grsîdué, et cette graduation .est même une des premières conditions de la construction d'un bon instrument : celui-ci n*a donc sous ce rapport aucune supériorité sur les autres.

En résumé, tout en croyant que l'appareil de M. Duchenne remplit toutes les conditions qu'il s'est posées, je ne crois pas à son avenir pour les raisons suivantes :

D'abord, il est très dispendieux; ensuite c'est un instrument assez compliqué, qui se dérange avec une grande facilité et que l'on trouve presque toujours ne marchant plus, c[Uand on est resté un certain temps sans en faire usage ; et lorsque cela arrive loin du constructeur, le propriétaire est obligé de ne point s'en servir avant de l'avoir fait réparer. J'ai vu plusieurs médecins habitant la province qui ont été obligés d'y renoncer,

La pile contenue dans l'appareil lui-même est l'une des causes principales de son altération rapide et des fréquentes réparations qui sont nécessaires»

M. Duchenne a fait dernièrement différentes modifications à son appareil électro-magnétique, mais dont les principales portent sur l'emploi d'une pédale pour interrompre avec le pied les courants induits, au lieu d'avoir recours à la roue mue à la main, quand on veut avoir des interruptions lentes,

Ai'i'Ar.EiLs d'iinductioiv. 79

etsur lasubstilLiLioii d'une pile simple formée parle chéirboii, le zinc, le drap humide et l'acide sulfurique, autour d'une pile dont l'électrode positive du charbon est imprégnée d'acide azotique.

L'emploi d'une pédale ne paraît pas une modification im.portante; quant à la pile simple, si elle a l'avantage de ne pas donner de vapeurs nitreuses, elle montre un pas rétrograde fait dans la production de l'électricité, car le courant électrique ne peut être constant en intégrité. Si M. Duchenne eût fait usage de la pile à sulfate de mercure comme dans l'appareil de M. Ruhmkorff, il eût gagné en évitant les éma • nations, et en conservant l'activité constante au courant. En somme, ces modifications ne nous paraissent en aucune manière importantes, et rendent l'appa reil plus compliqué.

Appareil de M. Eric Bernard.

M. Bouvier, dans le rapport cité plus haut, a donné une description détaillée d'un petit appareil dû à M. Eric Bernard.

Cet appareil est peu volumineux. Le courant initial est fourni par une pile à un seul élément de Grove.

La bobine du fil d'induction est fixée verticalem.ent dans une boîte de petite dimension, qui reçoit également la pile dont on réunit les pôles avec la partie correspondante de l'appareil au moyen de deux petites pierres ou de deux petites pinces de cuivre.

A l'intérieur de la bobine se trouve un faisceau de fil de fer doux qui devient, par l'action du courant de la pile, un électro-aimant, qui, ainsi qu'on l'a dit plus haut, est la cause prédominante de la production du courant d'induction.

Le premier fil, ou fil inducteur, a 50 mètres de long et 1 millimètre de diamètre. Le second, entouré de soie comme le précédent, a 250 mètres de long et un demi-millimètre de diamètre.

Nous n'entrerons pas dans une description détaillée de cet appareil, dans lequel M. Bernard a emprunté le rhéotome

80 Ari'LIGATlOiNS Dlô l'ÉLEGTRIC lïÉ.

aux appareils allemands, imilés eux-mêmes de l'appareil cleclro-médical que l'on doit à M. iVlasson, et les courants des deux hélices à l'appareil de M. Duchenne. L'appareil de M. Bernard est porlatif, facile à manier, peu coûteux ; il peut rendre des services aux médecins.

Il partage avec les autres appareils électro-magnétiques, dit M. Bouvier, les inconvénients attachés à l'emploi des piles. C'est aussi mon opinion.

Appareil de MM . Legemire et Moriii ( fig. 5 }.

Le bas prix auquel se vend aujourd'hui l'appareil de MM . Legendre et Morin l'a tellement répandu dans la pratique médicale, que nous nous sommes cru obligé de reproduire textuellement l'excellente description qu'en a donnée la Gazette des hôpitaux ( n° 19, 15 février 1859).

Fig. 5.

L'appareil de îviM. Legendre et Morin se compose de trois parties principales, savoir : l" une pile de Bunsen modifiée ; 2° un mécanisme d'induction; 3° une série de réophores ou instruments d'application de l'électricité.

APPAREILS d'induction. 81

1" Pile de Bunsen modifiée (fig. 6). — AA, vase extérieur de cuivre auquel est fixé, par une soudure à l'étain en un endroit quelconque, le cylindre de zinc EE ; c'est le pôle négatif de la pile. CG, vase intérieur en porcelaine poreuse, au fond duquel est fixé, par une petite quantité d'un mélange de résine et de cire, le charbon H.

Ce charbon est surmonté d'une tige de platine î, destinée

Fis. 7.

à servir de pôle positif. B, couvercle en gutta-percha destiné à empêcher l'accès de l'air sur les parties poreuses de porcelaine et de charbon imprégnées d'acide nitrique.

Le couvercle est percé au centre d'un trou destiné à laisser passer la tige de platine.

2° Mécanisme d'induction (fig. 7) . — La lame métallique mobile est destinée à mettre l'appareil en communication avec la tige de platine 1, pôle positif de la pile.

8*2 APPLICATIONS DE l'ëLIîCTRIGITÉ.

M, ressort en plaline placé à la partie inférieure et devant supporter le vase en cuivre x\A, pôle négatif de la pile(fig. 6).

R, fil qui fait passer l'électricité de la pièce L au support e.

S, fil qui conduit l'électricité du pôle négatif à l'extrémité intérieure du fil inducteur, que l'on voit entrer dans la bobine par une ligne ponctuée.

e, pièce qui met en communication la pièce d mobile en fer doux avec le pôle positif L.

V, extrémité extérieure du fil inducteur transmettant l'électricité au petit ressort Z, au fer fixe a de llitorupteur et' à la borne P.

Y est l'extrémité centrale du fil induit se rendant à la borne Q^ l'autre extrémité du fil induit, celle extérieure, est en communication dans l'intérieur de la bobine avec le fil S, elle communique avec son représentant extérieur Q par le ressort M, la pile entière, la pièce L et le fil X.

De Ifèlle sorte que, si on met les réophores, aux: bornes PetQ, on a le courant du gros fil, le com di.ii[ indueteuv ; si on les met aux bornes Q et Q', on a le courant du fil fin (fil induit). Enfin, si on les place aux bornes P et Q', on a le courant le plus intense possible, puisqu'on se sert de toute la longueur des deux fils.

G, bouton de cuivre plae-é derrière la borne Q, et servant à manoeuvrer le gradiiateur.

/i, petit bouton de cuivre pouvant se mouvoir à vis, dans l'épaisseur du bois, et dont le prolongement sert à contenir le ressort placé sur le support e, qui, lorsqu'il est libre, s'oppose aux vibrations de la lame d en soulevant celle-ci et l'appliquant contre la bobine.

3" Coupe prise suivant la ligne médiane dé V appareil et destinée à faire voir la construction de l' électro- aimant (fig. 8).

G, bobine en cuivre montée sur le graduateur et servant à le mouvoir verticalement dans la cavité centrale nn du noyau de la bobine.

APPAREILS d'induction. 83

D, électro-aimant central formé d'un tube de fer doux, fendu dans sa longueur ; il repose sur le talon c,

c, pièce de fer fixée au fond de la cavité de la bobine, et qui transmet extérieurement l'action magnétique du tube D.

d, lame en fer doux, placée au-dessous de c et dans sa sphère d'attraction.

a, pièce en fer doux, fixée sur la bobine et à l'extrémité de laquelle s'articule et peut se mouvoir librement la lame^/; elle est en communication avec le fil V, extrémité extérieure du gros fil.

e, pièce conductrice qui transmet l'électricité à la lame en fer d par l'intermédiaire d'un petit ressort et d'une vis en platine, placés sur les faces correspondantes de la pièce et de la lame.

Cette vis et ce ressort ont pour objet de défendre les surfaces sur lesquelles ils sont placés contre le pouvoir oxydant |des courants électriques.

Le fonctionnement de l'appareil s'établit de la manière suivante :

Le courant partant du pôle positif I (fig. 6) passe par L, R, e, d^ en, V (fig. 7), entre dans la bobine, où il fait un grand nombre de circonvolutions, puis sort au point S et retourne à la pile par l'intermédiaire delà lame M, communiquant au

Fis. 8.

84 APPLICATIOISS DU L'ÉLliGTRIClTÉ.

pôle négatif A. Le courant circulant dans la bobine aimanîe le tube en fer doux D, celui-ci transmet son magnétisme à l'extérieur par l'intermédiaire de la pièce également en fer doux c, et la lame cl est soulevée ; il résulte de cette action une solution de continuité entre d ete. Le tube D, soustrait à l'influence du courant dont l'action est suspendue, cesse d'être aimanté ; la lame d, n'étant plus soutenue par la force de l'attraction magnétique, retombe par son propre poids, et d et e sont de nouveau en communication. Le courant se rétablit, I) s'aimante et soulève la lame d, dont le mouvement produit une nouvelle solution de continuité qui intercepte le passage du courant, etc. Les mêmes effets se reproduisent pendant toute la durée d'action de la pile.

A chacune de ces interruptions correspond un courant d'induction dans chacun des fils; on le recueille en plaçant les conducteurs aux bornes situées à l'extérieur.

Si on divise le bouton h (fig. 8), dont le prolongement fait équilibre à un ressort soulevant la lame d, celle-ci s'applique contre le talon c de la bobine, et par suite le contact cesse entre la face inférieure du platine et la vis qui lui est opposée, il n'y a plus de circuit. Mais, en même temps, le courant est rétabli dans un autre point, au moyen de la communication du boulon avec le pôle positif I de la pile par l'intermédiaire de e, Pi, L, et par le mouvement d'une petite goupille de platine fixée sur cette tige et amenée, par la rotation même qu'on lui imprime, au contact du ressort Z, communiquant au pôle négatif A par V, tout le gros fil de la bobine, S et M. Pour peu que l'on ramène la tige à vis vers sa première situation, la goupille abandonne son contactavecZ, le circuit estinlerrompu, et un courant d'induction se produit dans chaque fil. En tournant ainsi le bouton h alternativement en sens inverse, on obtient les intermittences aussi lentes qu'on ledésire. Ainsi trois sortes de courants sont fournies par cet appareil, celui du gros fil (courant inducteur, extra-courant de

APPAiiEii.s d'induction. 85

Faraday, courant de premier ordre de M. Duchenne), puis le courant du fil fin (courant induit, courant de deuxième ordre de M. Duchenne); enfin on peut recueillir les courants reunis des deux fils.

^° Réop/iores. — On donne ce nom aux instruments nombreux et variés qui servent à l'application de l'électricité aux organes malades. Tous les réophores compris dans l'appareil peuvent être ajustés aux extrémités des électrodes. Comme ces derniers, ils sont très bons conducteurs de l'électricité; ils suffisent aux besoins ordinaires de la pratique.

On ne peut séparer la description des réophores de l'indication de leur mode d'action et des règles de leur emploi.

L'électricité peut être appliquée à la peau seulement ou portée sur les organes profonds, soit par l'intermédiaire du tissu cutané, soit au moyen d'aiguilles qui le traversent.

Manches communs jNN' en bois (fig. 9) garnis d'une virole en cuivre, terminée elle-même par une vis. Un anneau faisant corps avec la virole reçoit l'extrémité libre de l'électrode. A ces manches peuvent être ajustés, au moyen de la vis, la plupart des réophores.

tt', godefeen cuivre vissés sur les manches, qui sont euxmêmes en rapport avec les électrodes.

Ces godets peuvent être employés de plusieurs manières :

1° Placés dans les deux mains du malade, mouillées préalablement avec de l'eau acidulée ou salée, ils excitent dans les muscles des membres supérieurs des secousses plus ou moins énergiques.

2° Si on maintient l'un d'eux, garni d'une éponge mouillée, en contact fixe avec un point plus ou moins rapproché de la région malade, et qu'on promène l'autre sur la peau sèche de cette région, on y détermine une sensation de chaleur et de rougeur.

Lorsque la région sur laquelle on opère est très irritable, comme la face par exemple, au lieu de mettre le godet en

8Ô APPLICATIOISS DE I.'ÉLEGTRICITÉ.

contact immédiat avec la peau, le médecin tient le godet dans une de ses mains préalablement humectée, dont il promène

le dos sur la partie malade; c'est ce que M. Duchenne appelle la main électrique.

3° Si l'on place dans chaque godetune éponge imbibée d'eau salée ou acidulée, et si l'on applique ces éponges sur la peau préalablement mouillée qui correspond aux organes qu'on veut impressionner, l'électricité surmontera la résistance de l'épiderme, et arrivera h ces organes sans lancer d'étincelles et sans léser la peau. C'est le moyen le plus généralement employé pour l'électrisation du système musculaire.

* "Pine©au^ électrique formé d'un faisceau de fil de cuivre (fig. 10) déliés et rigides, sortant d'un.cylindre de même

Fig. 10.

métal, dans lequel on peut le refouler, et susceptible d'être vissé sur un des manches N ou N'.

Pour l'emploi de ce pinceau , exclusivement destiné à l'électrisation de la peau, cette membrane doit être sèche, et, pour plus de sûreté, desséchée au moyen de poudre d'amidon ou de riz. Le pinceau électrique s'applique de trois ma-

APPARi'irs d'induction. 87

nières : 1» en frappant la peau de coups légers et rapides ; 2' en promenant ses pointes contre la surface cutanée ; 3° en laissant pendant quelque temps les extrémités des fils en contact avec un point de la peau. Ce dernier procédé est fort douloureux : c'est le moxa électrique de M. Duchenne.

Dans ces trois cas, un des godets, garni d'une éponge imbibée d'eau salée ou acidulée, est tenu en contact avec un point du corps correspondant à celui sur lequel on agit.

Bouton électrique. C'est une tige de cuivre (fig. il), légèreiîient recourbée, recouverte d'une couche isolante, pouvant se monter par une de ses extrémités sur la vis d'un des manches NN', et terminée à son extrémité opposée par un renflement globulaire en laiton. Cet instrument a pour objet de porter l'éleclricité sur des parties profondes, telles que le pharynx, l'origine de l'œsophage, le rectum, etc. Le circuit est fermé dans ce cas par l'application d'un des godets, garni d'une éponge mouillée, appliqué sur les parties correspondantes de la surface du corps.

Il serait facile de donner au bouton électrique une disposition qui permettrait de faire arriver directement l'électricité au col de la vessie ou sur les parois vésicales, ce qui a été fait d'ailleurs.

Plaques en cuivre, au nombre de deux, percées de deux trous pour recevoir un cordonnet, et surmontées d'un crochet auquel s'attache l'extrémité de l'électrode.

Ces plaques sont maintenues sur deux parties préalablement recouvertes de deux morceaux do flanelle mouillés, ordinairement placés aux deux extrémités du diamètre d'une région du corps. Elles ont pour objet de diriger le courant électrique à travers les organes compris entre elles.

Des aiguilles complètent cette série de réophores ; elles ne

diffèrent des aiguilles à acu-puncture que parce qu'elles sont en platine, afin de mieux résister à l'oxydation.

l.'électrO'puncture consiste à introduire ces aiguilles jusque dans l'épaisseur des tissus qu'on veut stimuler, et à diriger les courants à travers deux ou un plus grand nombre d'entre elles, placées à distance les unes des autres.

Ce procédé est incontestablement le plus énergique de l'électro-thérapie. On lui reproche que l'introduction des aiguilles n'est pas exempte de douleur ; que quelques veinules ou d'autres vaisseaux sanguins peuvent être traversés pai; elles; que leur emploi peut donner lieu à de petites eschares, suivies de cicatrices indélébiles ; enfin, que la pénétration directe de l'électricité qu'elles conduisent s'accompagne d'une sensation de brûlure très pénible, et pour certains sujets insupportable. On les remplace donc généralement par des moyens plus doux, et particulièrement par les godets garnis d'une éponge mouillée dont il a été précédemment question.

Mais à raison de sa puissance, l'électro-puncture, sans être indiquée dans les circonstances ordinaires, sans même devoir être absolument employée au début dans les cas graves, a droit cependant d'être conservée dans la pratique comme une ressource très utile contre certaines maladies qui ont résisté aux autres procédés d'électrisation ; mais alors les courants doivent être continus et modérés.

On peut considérer encore comme des réophores, ou moyens de faire pénétrer le courant électrique dans l'organisation, des vases contenant de l'eau, dans lesquels on plonge les extrémités soit des deux membres supérieurs, soit des deux membres inférieurs, soit des deux membres d'un même côté du corps, et dont on établit la communication avec les deux pôles de la pile.

Enfin, on administre des bains électriques entiers en plaçant le sujet dans une grande baignoire en boiS; et disposant

APPAREILS d'induction. 89

un vase plus petit dans lequel un des bras du malade va plonger. On introduit alors un des électrodes dans la grande baignoire, et l'on plonge l'autre dans le vase où est placé le membre. L'action des courants intermittents se communique à tout le corps, dont les muscles sont agités de contractions fibrillaires.

Ces bains électriques entiers n'ont été jusqu'à présent que peu employés, et les cas où ils paraissent convenir, aussi bien que leurs effets, sont encore à l'étude.

Deux règles générales doivent en outre fixer l'attention des praticiens dans l'emploi médical de l'électricité. Elles sont relatives à la manœuvre des réophores et au choix à faire des parties sur lesquelles il convient de les placer.

Sous le premier rapport, dans l'électricité localisée des muscles, les réophores doivent être le plus rapprochés possible. Il sera bon que le médecin s'exerce à les tenir tous deux de la même main, en les inclinant alternativement l'un sur l'autre et les promenant sur la région à électriser. Dans l'électrisation des membres, il pourra confier à un aide l'électrode appliqué le plus près du centre, et se réservera de faire agir l'autre sur les branches nerveuses qu'il est besoin d'exciter. 11 importe, dans tous les cas, qu'une de ses mains soit libre et appliquée sur le bouton du régulateur, afin de le mouvoir instantanément, selon que le courant doit être augmenté ou affaibli.

Sous le second rapport, il est constaté par l'expérience que les tendons sont absolument insensibles à l'action électrique, laquelle, dans l'électrisation musculaire, ne produit d'effet que sur les corps charnus. On a observé aussi que l'application des réophores sur les saillies osseuses détermine dans ces organes des douleurs sourdes, profondes et parfois persévérantes, sans utilité d'ailleurs pour la guérison. Le médecin devra donc éloigner de ces parties les conducteurs des courants électriques.

90 APPL1C/\T10^S DE L'iiLIîCTr.lClTÉ.

L'électrisatioii locale des différents muscles superficiels csl toujours facile, puisqu'il suffît pour l'opérer de se rappeler la situation de ces organes et leur direction. Pour atteindre les muscles profonds, on doit se rappeler les interstices de ceux qui les recouvrent, et qui permettent d'arriver jusqu'à eux .

Mais les nerfs, dans leurs trajets tantôt profonds et tantôt superficiels, présentent pour l'application des réophores des lieux d'élection qu'il n'est pas inutile de rappeler.

Voici, d'après M. Duchenne (de Boulogne), les principales indications. Ce sont :

A. Pour les membres supérieurs : le nerf médian, au bras, le long du côté interne du muscle biceps ; — le cubital, audessus de la gouttière qui sépare l'olécrâne de l'épitrochlée ; — le radial, au-dessus du tiers inférieur externe du bras, point où il se dégage du muscle triceps; — lemusculo-cutané, dans le creux de l'aisselle ; ™ le plexus brachial, au-dessus de la clavicule.

B. Pour le membre inférieur : le nerf crural, au pli de l'aine ; — le sciatique, dans le bassin, à travers la paroi du rectum ; — le nerf péronier, au-dessous de la tête du péroné.

C. Pour la face : le nerf facial, à travers le cartilage de la paroi inférieure du conduit auditif externe; — les rameaux de ce nerf, à leur point d'émergence de la parotide ; — la cinquième paire, au sourcil, au-dessous du trou sous-orbitaire, au trou mentonnier, à la surface de la langue ou des parois buccales.

D. Pour le cou : la branche externe du nerf spinal, au sommet du triangle sus-claviculaire ; — le nerf phrénique, au niveau du muscle scalène antérieur ; — le grand hypoglosse, au niveau de la grande corne de l'os hyoïde ; — le glosso-pharyngien et le pneumogastrique, dans le sillon carolidien; — le nerf récurrent, le long du côté externe de la trachée-arlère.

APPAREILS d'jNDUCTION. 91

11 nous reste à parler du fonclionnement de l'appareil et des soins à prendre pour sa conservation.

Nous avons décrit comme le plus usuel et le mieux approprié aux conditions les plus communes de la pratique, l'appareil de MM. Legendre et Morin. Il nous reste, pour compléter le résumé de cette instruction, à faire connaître le mode de fonctionnement de cet appareil, les soins à prendre pour sa conservation et les règles à suivre dans son emploi.

Fonctionnement de raj)pareil^ soins à prendre pour sa conservation. — Pour monter la pile, il suffit de verser dans le vase poreux de l'acide nitrique ordinaire jusqu'à environ i centimètre du bord ; on met ensuite dans le vase cuivre-zinc de l'eau ordinaire, à laquelle on ajoute quelques gouttes d'acide nitrique, si l'appareil n'a pas servi depuis quelque temps. Les liquides doivent être sensiblement au même niveau. On met le 'couvercle ; on pose ensuite la pile sur le petit ressort de platine placé au fond de la boîte, puis on amène la lame mobile L sur le pôle positif pour compléter le circuit. Il est essentiel de veiller à ce que, par quelque épanchement accidentel de liquide, le dessous du vase de cuivre ne soit pas couvert d'une couche résistante d'oxyde qui s'opposerait au passage intégral du courant. On remédie à cet inconvénient en raclant cette partie au moyen d'un outil tant soit peu tranchant. Des frictions au moyen de papier à l'émeri rempliraient le même but.

Il est bon, après avoir mis la pile dans la boîte, de lui imprimer un petit mouvement rotatoire pour mieux assurer le contact inférieur.

La pile ainsi montée peut fonctionner avec une force sensiblement constante pendant six heures; la durée de son action est plus considérable lorsqu'elle n'a pas été constamment employée. Après une telle durée d'action, l'acide nitrique est absolument impropre à servir de nouveau ; il est plus avantageux de le sacrifier.

92 APri.lCATIOîN'S DE l'éleçtricité.

SI l'application n'a pas duré plus d'une demi-heure, on peut remettre l'acide nitrique dans un flacon spécial pour servir à des séances ultérieures.

On essuie le vase poreux avec soin, ainsi que le vase cuivre zinc, et on remet le tout dans la boîte avec les excitateurs.

Il est cependant préférable de ne considérer cette position relative de l'appareil et de la pile que comme un moyen commode et sûr d'établir les communications. Il vaut par conséquent mieux mettre la pile en dehors de l'appareil toutes les fois que les circonstances le permettent; on évite ainsi l'altération superficielle, du reste, des surfaces métalliques des excitateurs et de l'appareil.

Règles à suivre dans l'emploi de P appareil. — Deux conditions permettent au médecin de graduer la puissance de l'action électrique dirigée sur les organes malades : la première consiste dans le choix du courant; la seconde, dans la manœuvre du graduateur.

La règle étant qu'il convient, dans la très grande majorité des cas, de commencer les séances par des courants faibles, on obtient cet effet en disposant l'appareil de la manière suivante : les fils conducteurs seront placés dans les bornes P et Q et le régulateur restera enfoncé dans la bobine ; l'opération étant commencée, on pourra tirer graduellement le régulateur à mesure que le malade s'habituera à l'action du courant du gros fil [courant inducteur). Lorsque la limite de cette action est atteinte, et si l'on veut obtenir une énergie électrique plus puissante, il faut repousser entièrement le régulateur, transporter le fil conducteur de la borne P à la borne Q' et, dans cette position, tirer derechef et graduellement le graduateur. Ces bornes Q et Q' fournissent le courant développé par le fil fin (courant induit). Enfin, si l'on veut obtenir le maximum d'action de l'appareil, on place les fils aux bornes P et Q', on obtient alors les courants développés dans les deux fils.

APPAKEILS d'induction. 93

L'appareil de MM. Legendre et Morin est certainement bon, mais il n'est pas préférable aux autres. Son bas prix a été cause de sa vogue, mais actuellement que l'appareil de M. Ruhmkorff ne coûte pas plus cher, la difficulté principale est levée et à notre avis la perfection de ce dernier doit le faire préférer.

Appareil de M. Déchargé.

Dans une des séances du mois de mai 1856 de la Société médicale des hôpitaux de Paris, M. le docteur Aran a présenté, au nom de M. Déchargé, constructeur d'instruments de physique, un appareil électro-magnétique à deux bobines avec solution de continuité de vitesses différentes.

Cet appareil se compose : 1" d'une bobine de verre, sur laquelle est enroulé un gros fil de cuivre recouvert et verni, destiné à recevoir le courant de la pile; dans cette bobine est un faisceau de fil de fer doux sUr lequel se meut un tube de cuivre divisé, servant à graduer ce courant du premier ordre ; 2" d'une bobine mobile, c'est-à-dire couvrant plus ou moins la première, et sur laquelle on enroule une grande longueur de fil de cuivre fin recouvert et verni qui, recevant un courant par induction , constitue le courant du second ordre. Un tube de tirage et divisé permet de couvrir plus ou moins le courant inducteur et d'en graduer la tension ; 3° pour donner les vibrations vives il est un électro-aimant double , sur lequel bat un ressort donnant des vitesses différentes, quoique vives ; l\.° pour donner des commotions plus ou moins répétées, dont le minimum est de deux par seconde, il est établi un grand ressort plat, horizontal et à levier, portant à son extrémité une lame de fer doux attirée successivement par un électro-aimant vertical.

L'appareil porte deux commutateurs pour distribuer le courant de la pile à l'un ou à l'autre de ces systèmes. Le

9/1 APPLICATIONS UE j/ÉLECTRIClTiî.

grand ressort donne à volonté, et de vitesse différente, des commotions de l'une ou l'autre bobine , plus des commotions de vibrations.

Cet appareil est réglé par un couple de Bunsen ; il est très élégamment construit, marche bien , est d'une assez grande énergie, et n'est pas d'un prix très élevé. Nous comprenons ({u'il puisse être utile aux médecins qui ne reculent pas devant l'emploi de la pile.

Appareil de M. Bianchi (fig. 12),

L'appareil de M. Bianchi est un des plus ingénieux. Cet appareil est divisé en trois parties :

1" La première est constituée par une pile à un seul couple de Bunsen.

2" La deuxième est formée par une bobine munie de deux

Fig. 12.

fils. Le premier est un fil plus gros et moins long; c'est celui par lequel passe lé courant inducteur. Le deuxième , dans lequel se développe le courant induit, est plus long et plus fin. — A l'intérieur de cette bobine, on place des tiges de fer dont l'aimantation et la désaimantation , dues au courant inducteur, donnent lieu 'au courant induit dans le fil le plus fin.

3" La troisième partie est un interrupteur semblable au

APPARlilLS D'iNDliCliON. 95

petit tourniquet électro-magnétique de Ritchie, et dans lequel les interruptions se font au moyen du mouvement d'un petit électro-aimant rectiligne, mobile entre les armatures d'un aimant permanent fixe en fer à cheval; ce petit électroaimant entraîne deux fils de platine qui plongent alternativement dans deux petites cuves isolées , pleines de mercure et placées dans le circuit du courant inducteur.

Aussitôt que le courant passe dans le gros fil de la bobine et dans le bain de mercure , le petit morceau de fer doux placé en croix sur la tige de support prend un mouvement de rotation très rapide , et il paraît dans chaque petite cuvette de mercure une succession d'étincelles à l'extrémité des aiguilles de platine.

On gradue le courant à l'aide de petites tiges de fer doux, que l'on introduit en nombre plus ou moins considérable dans l'intérieur de la bobine. Cette graduation peut donc avoir lieu sur une échelle très étendue.

Cet appareil offre de très grands avantages. Il est d'une grande simplicité, très facile à manœuvrer et d'un prix fort peu élevé. II peut donner avec un courant initial très faible, un courant d'induction d'une intensité telle et fournir une telle quantité d'électricité, qu'il serait difficile de la supporter. Son seul inconvénient est la nécessité de faire usage d'une pile pour le mettre en action.

Tels sont les seuls appareils électro-magnétiques dont je donnerai la description ; je crois être entré dans des détails assez circonstanciés pour e» avoir fait comprendre le mécanisme ; il reste maintenant à formuler mon opinion à l'égard de tous ces appareils.

M. Bouvier, dans le rapport dont j'ai eu déjà plusieurs fois occasion de parler, a nettement dit ce qu'il pensait à cet égard. A son avis, la nécessité de faire usage d'une pile pour mettre un appareil électro-magnétique en action ôte à ces appareils la plus grande partie de leurs avantages : elle les

complique immédiatement et est un obstacle à leur emploi. J'ai exprimé maintes fois la même opinion dans mes leçons. Je suis profondément convaincu , en en exceptant toutefois l'appareil de Ruhmkorff , qui est véritablement excellent, que tous les appareils électro- magnétiques sont destinés sans exception à disparaître de la pratique médicale, et à être remplacés complètement par les appareils magnétoélectriques. Je suis loin de penser cependant que quelquesuns ne présentent de grandes qualités et qu'ils ne puissent suffire à tous les cas de la pratique médicale. Cela est possible , cela est même vrai ; mais les avantages qu'ils présentent sont atténués par un inconvénient bien sérieux consistant dans l'usage d'une pile qui complique l'appareil et le rend moins portatif; il' faut la charger dès qu'on veut s'en servir, la nettoyer ensuite. Ces petites opérations exigent du soin ; si on veut laisser la pile chargée, ou si elle est contenue dans l'appareil, il s'en dégage constamment des vapeurs acides qui ne tardent pas à l'altérer. Enfin, l'usage d'acides dans la pratique civile expose à salir, à altérer les meubles; et dans les hôpitaux elle réclame des élèves auxquels est dévolue cette opération, des soins et des nettoyages qu'il ne leur est pas toujours facile de pratiquer. Ces raisons me paraissent suffisantes pour engager les médecins praticiens à faire usage d'un des appareils magnéto-électriques que je vais maintenant décrire.

Appareils inagnéto-électriqnes.

Sans parler des appareils imaginés par Faraday à l'époque où l'illustre physicien anglais fit ses premières recherches sur l'induction , le premier instrument qui ait donné des effets de quelque puissance est l'appareil qui a été construit par M. Pixii fils. J/aimant permanent était mobile et l'électroaimant, dans le circuit duquel les courants induits inverses

APPAREILS d'induction. 97

et directs se manifestent, était fixe. On substitua à cet instrument, un peu trop volumineux, l'appareil de Saxton, dont les dimensions étaient moindres, quoique donnant des efTets aussi énergiques et dans lequel l'aimant était fixe et l'électro-aimant mobile. Cet appareil fut suivi de l'appareil de Clarke, qui n'est qu'une modification de celui-ci et dont on fit usage pendant plusieurs années pour les applications électro-médicales. Dans cet appareil comme dans les précédents, les positions relatives de l'aimant et de l'électro-aimant changeant à chaque instant, les variations d'intensité magnétique qui ont lieu dans celui-ci, donnent naissance aux courants induits alternativement inverses dans le lil conducteur donton fait usage à l'aide d'un commutateur placé sur l'axe. Il est facile de diriger les courants induits dans le même sens ou de les laisser dirigés successivement en sens contraire .

Des appareils construits sur de petites dimensions et moins sujets à se déranger, ont été préférés. Nous citerons entre autres, les appareils de MM. Breton frères, celui de M. Duchenne et celui de M. Gaifîe.

Appareil de MM. Breton frères (ûg. là);

Le principe dej'appareil construit par MM. Breton frères est dû à M. Page, qui a produit les courants par induction dans des hélices placées autour des branches d'un aimant permanent en fera chevalet fixe; en effet, en faisant tourner rapidement une armature en fer doux devant, les faces polaires de cet aimant, il se manifeste des changements dans l'intensité magnétique des différents points de l'aimant, d'où résultent des courants induits dans le fil conducteur.

M. Dujardin a construit un appareil de ce genre : il en a été de même de MM. Breton, qui ont mis également ce principe à profit dans la construction de l'appareil représenté qu'ils

ont répandu dans la pratique médicale. MM. Breton graduèrent l'instrument sans changer la disposition des parties. A l'aide d'une vis de rappel V, ils éloigiient ou rapprochent à volonté l'aimant A du fer doux P qui tourne devant son extrémité, et cet éloignement et ce rapprochement amènent Taffaiblissement ou l'augmentation du courant par induction.

L'armature en fer doux P est mise en rotation au moyen

d'une chaîne sans fin F, communiquant avec un moulinet que l'on fait jouer à l'extérieur à l'aide d'une manivelle M.

L'appareil de MM. Breton est excellent, et il répond à tous les besoins de la pratique médicale. D'abord il ne se dérange jamais, il est toujours prêt à fonctionner et marche des heures entières sans que sa puissance s'affaiblisse; il ne faut pour faire tourner la manivelle qu'un manœuvre même inintelligent.

J'ai dit que ces appareils remplissaient toutes les conditions; en effet, ils sont très énergiques, ce qui est incontestable ; cette énergie dépend do la longueur et de la finesse

APPAREILS D'jNDUGTIOl^f. 99

du fil enroulé ; ils peuvent donner des intermittences lentes ou rapides, selon la rapidité du mouvement de rotation du moulinet ; ils se graduent avec une très grande facilité et sur une échelle extrêmement étendue. Dans cet appareil, comme dans la plupart des instruments de ce genre, on perçoit successivement deux courants induits de sens contraires, développés par les aimantations et les désaimantations successives; mais comme la plupart du temps on ne se préoccupe pas du sens des courants, on n'a pas recours à un commutateur. Dans le cas où il serait nécessaire d'opérer avec une succession de courants de même sens, il faudrait adapter à l'appareil un commutateur tournant en même temps que l'armature, ainsi que cela est fait dans l'appareil de Clarke,

MM. Breton ont complété leur appareil par l'aduilion, autour de leur premier fil, d'un deuxième fil plus fin et plus long avec lequel ils font communiquer les deux extrémités des conducteurs, quand ils veulent faire usage d'un courant à plus haute tension. Voilà ce qui arrive lorsqu'on fait usage d'un appareil à deux bobines. Lorsque l'armature do fer doux est en mouvement, les variations d'intensité de l'aimant qui se produisent sous l'influence de son mouvement, déterminent dans le fil enroulé autour de l'anneau fixe des courants induits comme à l'ordinaire. MM. Breton ont alors supposé, d'après M. Duchenne, que ces courants induits du premier ordre déterminaient des courants du deuxième ordre dans le deuxième fil enroulé excentriquement autour de lui. Mais les choses ne se passent pas ainsi ; l'action de l'aimant influence les deux fils à la fois, le deuxième aussi bien que le premier, et elle détermine dans les deux des courants de même sens, c'est-à-dire des courants induits du même ordre, car l'action du premier fil sur le deuxième est dominée par l'action de l'aimant. Cependant ces courants difî'èrent en tension et en intensité, car les fils n'ont ni la même longueur ni le même diamètre* Le courant qui se développe dans le premier

100 APi'LiciTiONS Dii l'Électricité.

fil, si ce premier fil esl plus gros oa moins long, aura les propriélés attribuées par M. Duchenne au courant dû premier ordre, c'est-à-dire une action plus spéciale sur la contractilité musculaire. Le courant, au contraire, qui se développera dans le deuxième fil, si le deuxième fil est plus long et plus fin, sera un courant à tension beaucoup plus grande et qui lui permettra d'agir plus spécialement sur la sensibilité cutanée. Si enfin les deux fils ont la même grosseur et la même longueur, leurs propriétés seront les mêmes; seulement le courant du deuxième fil serait un peu moins énergique que celui du premier, car il est un peu plus éloigné de l'aimant. C'est ^n effet de celte manière que l'appareil agit.

L'appareil de MM. Breton présente un petit inconvénient, c'est qu'il perd de sa force avec le temps; cela tient à ce que l'aimant fixe en fer à cheval se désaimante peu à peu; il faut alors le réaimanter. On obvie en partie à cet inconvénient en plaçant contre les faces de l'aimant A une tige en fer doux T qui sert d'armature et qui reste dans l'appareil pendant tout le temps que l'on ne fait pas usage de ce dernier; aussitôt que l'on veut opérer on retire la tige T de fer doux et l'on met en mouvement la manivelle M. On pourrait, du reste, lorsque l'aimant permanent perd de sa force, l'aimanter de nouveau, en faisant passer un courant électrique dans l'hélice du gros.fil entourant l'aimant; mais quand les instruments sont bien faits, l'appareil peut servir pendant plusieurs années.

En résumé, l'appareil de MM. Breton, malgré ces légers inconvénients, est un excellent instrument et dont toutes les personnes qui en font usage n'auront certes qu'à se louer.

Appareil magnéto -électrique de M. Duchenne.

L'appareil de M. Duchenne réunit les dispositions indiquées par M. Page, par M. Dujardin, le cylindre de M. Dove

APPAREILS d'induction. 101

et l'enroulement des deux fils superposés; c'est ainsi qu'il a formé l'appareil que construit M. Deleuil.

Cet appareil se compose des parties suivantes :

1" Un aimant fixe disposé en fer à cheval ;

2° Deux bobines enroulées autour de cet aimant fixe : la première, constituée par un fil plus ou moins long ; la deuxième, par un fil d'un diamètre plus petit et d'une longueur beaucoup plus grande ;

â" Une armature de cuivre et un régulateur de cette arma^ ture : ils sont destinés à graduer l'appareil ;

4" Un commutateur ;

5° Un régulateur des intermittences ;

6° Une armature de fer doux pouvant être mise en mouvement à l'aide d'une roue dentée à engrenages, susceptible de tourner avec une grande rapidité.

L'appareil magnéto-électrique de M. Duchenne est un bon instrument qui se gradue avec facilité et peut donner des courants d'une assez grande énergie. Il présente, suivant lui, comme principal avantage, les courants du premier et du deuxième ordre. Nous n'avons pas besoin de renouveler ce que nous avons dit plus haut à propos du nouvel appareil de MM. Breton. Dans le fil du diamètre le plus fort et de la longueur la moindre, circulent des courants induits du premier ordre, produits sous l'influence de l'aimant et des variations d'intensité qu'il subit sous l'influence de la rotation du fer doux, dans le second fil enroulé autour du premier, et qui est d'un diamètre plus fin et d'une longueur plus grande ; il se développe également des courants Induits du premier ordre, mais d'une tension beaucoup plus forte que celle du premier ; il se produit simultanément des courants du deuxième ordre sous l'influence des premiers, mais qui sont dominés par ceux que l'aimant fait naître directement, car l'action de l'aimant central l'emporte sur celle exercée de la part du premier fil sur l'autre.

Les courants induits dans la seconde bobine doivent leurs propriétés un peu différentes, c'est-à-dire leur action plus ^énergique sur la sensibilité cutanée, si toutefois cette action plus énergique est biendéraontrée, car elle n'a pas lieu dans les deux bobines de l'appareil de MM. Breton, à leur tension plus forte, résultant de la longueur du circuit et de son diamètre.

Il est avantageux de réunir dans un même appareil des circuits différents en raison du diamètre et de la longueur des fils dans lesquels les courants circulent. Cela donne plus de facilité à l'expérimentation et lui permet de remplir plus facilement telle ou telle indication.

En résumé, l'appareil magnéto-électrique de M. Duchenns est bon, et il doit êtredebeaucoup préféré, malgré son propre avis, à son appareil électro- magnétique.

Jppareil de M. Gaijfe (fig, 14).

L'appareil de M. Gaiffe est fondé sur le même principe que celui de MM. Breton frères et celui de M. Duchenne.

Fig. \h.

La figure \l\ en donne une idée suffisante.

APPAREILS d'induction. 103

Son volume est peu considérable. Il comprend les pièces suivantes :

1° Un aimant en fer à cheval, autour duquel sont enroulées deux bobines d'une longueur déterminée.

2° Une armature en fer doux mise en mouvement par une chaîne sans fin ou un engrenage en tournant devant les pôles de l'aimant. C'est sur cette armature que porte la modification qui rend cet appareil aussi intéressant et aussi utile.

Cette armature, en effet, au lieu d'être simplement formée par une armature de fer douxj est entourée de deux bobines capables de constituer un électro-aimant. Il se manifeste dans cet électro-aimant des courants par induction qui viennent se réunir aux courants induits développés autour de l'aimant en fer achevai.

3" Un commutateur placé sur l'axe de Tarmature relie les deux séries de bobines et redresse les courants qui sortent de l'appareil toujours dans le même sens.

4° Un second commutateur produit les intermittences et élimine les courants inverses produits au moment où l'armature dans son mouvement de rotation s'approche de l'aimant.

Si, pour se rendre compte de ces phénomènes, on suit avec attention les effets qui ont lieu, on remarque que lors du mou vement de l'armature en fer doux, par chaque révolution de cette armature il se développe dans le circuit qui l'environne quatre courants induits successivement en sens contraire.; dans le circuit qui environne l'aimant il ne s'en manifeste quedeuxdans la même période de temps. Afin que les courants induits qui développent dans l'un et l'autre électro-aimant passent toujours dans le même sens dans le circuit total formé de ces deux électro- aimants et du corps du patient, Taxe mû par la manivelle porte un commutateur qui permet de réaliser cette disposition. M. Gaitïe, en remarquant que l'intensité des courants induits est surtout grande au moment oii l'armature est en face de l'aimant, n'a utilisé les contacts du

104 A.PPLTC.\TIONS DE L'ÉLECTRICTTR.

commutateur que pendant une petite fraction de la circonférence et à l'instant où les courants ont toute leur énergie ; il a obtenu ainsi une action physique presque aussi puissante qu'avec une autre disposition de commutateur,

M. Gaiffe a gradué son appareil en rendant l'aimant mobile à l'aide d'une visraicrométrique et en le faisant pénétrer plus ou moins dans les bobines destinées à l'entourer et qui sont fixes au milieu de l'appareil ; d'après cela, l'armature mobile, qui tourne toujours dans la même position, se trouve plus ou moins éloignée des faces polaires de l'aimant, et l'énergie de l'appareil varie depuis les plus faibles sensations jusqu'aux commotions les plus énergiques.

On pourrait également, en ajoutant une enveloppe cylindrique de cuivre rouge à l'ensemble des bobines de l'aimant fixes, retarder la rapidité de production des. courants induits, et par conséquent, l'énergie de la secousse.

Gomme on utilise beaucoup mieux avec cet appareil les etïels de l'induction magnétique, puisque l'intensité des aimants est proportionnellement plus grande dans les aimants de petite dimension, on peut donc réduire la grandeur de ces derniers et avoir des appareils qui ont une énergie proportionnellement plus grande qu'avec les autres dispositions.

En somme, l'appareil de M. Gaifïeest excellent, bien construit et d'un prix peu élevé; on peut donc y avoir recours en toute confiance.

].a construction des derniers appareils de M. Gaiffe a acquis une telle perfection, que j'ai désiré les employer pour décider la question sur la prétendue différence de l'action physique et physiologique des courants d'induction des divers ordres, cette différence d'action étant une des pierres angulaires de l'édifice électrique de M. Duchenne.

Ainsi que je l'ai dit et que j'aurai encore occasion de le répéter, les courants électriques de divers ordres ont une action physiologique exactement la même et qui ne dépend

APPAREILS d'iNDUGTTON. 105

que (le l'intensité et de la tension desdits courants. Il n'y en a pas qui aient une action spéciale sur la peau, tandis que d'autres pénètrent plus facilement dans les nauscles. L'intensité et la tension des courants expliquent la production de tel effet plutôt que de tel autre. Le premier fil, celui qui est le siège de l'extra-courant appelé par M. Duchenne courant du premier ordre , est moins long et plus gros; le deuxième fil, siège du véritable courant du premier ordre que M. Duchenne appelle courant du deuxième ordre, est plus long et plus fin ; de là un courant d'une tension plus grande.

Eh bien , je prétends que ces deux courants ont une action entièrement analogue, et que c'est à des appareils magnéto-électriques qu'il faut demander la solution de la question ; celui de M. Gaiffe dont nous nous occupons maintenant nous a permis de le faire.

Voici le résumé de nos expériences, et nous sommes arrivé au résultat auquel on devait bien s'attendre.

Première série d'expériences. — Autour de l'aimant en fer à cheval un premier fil de 110 mètres de long et de 5/10 de millimètre de diamètre fut enroulé.

Autour de ce premier fil , on en roula un deuxième de 595 mètres de long et de l/k de millimètre de diamètre.

C'est dans le premier fil que devait se produire un courant du premier ordre véritable, et dans le deuxième un courant du deuxième ordre. Ces courants devaient être bien différents l'un de l'autre en direction et en intensité, d'après les idées de M. Duchenne. Or, voici ce qui arriva.

Relativement aux déviations :

La déviation estimée^en degrés à la boussole des sinus, a donné comme moyenne de quatre expériences :

Courant du premier fil, 9", 11. — Sinus de 9-11 1596.

Courant du deuxième fil, 2°, 5. — Sinus de 2-5 363.

Le fil qui entourait la boussole avait 13 mètres de Ion-

gueur et 1 millimètre de diamètre ; si l'on cherche d'après la résistance de chaque fil et celui de la boussole, ainsi que d'après l'intensité du courant, quelle est la quantité d'électricité mise en jeu, on trouve le rapport de 7î23 à 346 pour le premier et le second circuit. Aussi il y a plus de deux fois plus d'électricité produite dans le fil le plus gros, mais la tension est moins forte et son action physiologique est par conséquent moindre que celle donnée par le second circuit. ,

La différence entre ces rapports ne devrait pas exister si les deux fils étaient placés tous deux à la même distance de Taimant et de l'armature et avaient même longueur et même diamètre. Mais le premier fil étant enroulé directement sur ces pièces, son courant doit être plus énergique proportionnellement que celui du deuxième fil qui est superposé au premier.

Voyons maintenant pour les effets physiologiques que nous avons étudiés avec soin.

A la moitié de la force de la machine, le premier fil a donné des contractions musculaires sans douleurs et médiocrement fortes ; au maximum de sa force, des contractions musculaires beaucoup plus fortes, mais également sans douleurs. Le deuxième fil ou plutôt le courant a donné les résultats suivants : à la moitié de la force de la machine, contractions musculaires énergiques, sans aucunes douleurs, beaucoup plus fortes que celles du premier fil correspondant au même degré et sans aucune action spéciale sur la peau.

Avec le maximum de la force de la machine, les contractions sont d'une très grande énergie , légèrement douloureuses, et aussi sans aucune action spéciale sur la peau. En remplaçant une des éponges par le pinceau métallique, les résultats ont été les mêmes, et l'on n'a jamais eu que des contractions légèrement douloureuses.

Le pinceau métallique en elïet a donné des résultats ana-

APPAREILS d'induction. 107

logues ; dans les deux cas, on n'a jamais pu obtenir isolément la douleur, elle accompagnait toujours des contractions et elle était en rapport avec leur énergie.

L'observation nous a démontré que dans les deux cas, la douleur cutanée toujours légère se montrait aussi bien avec le deuxième courant qu'avec le premier.

Laquestion était bien jugée; le courant du deuxième fil agissait plus énergiquement sur les muscles, parce qu'il provenait d'un fil plus long et plus fin et qu'il avait une tension plus grande. Leur mode d'action a, du reste, été constamment I-e même.

Deuxième série d'expériences. — On a appliqué successivement autour de l'aimant en fera cheval deux fils. Ces deux fils ont tous deux /|.90 mètres de longueur et le même diamètre, c'est-à-dire l/li de millimètre.

La déviation en degrés a été prise à la boussole des sinus dans une moyenne de quatre expériences.

Le courant du premier fil a donné : 1,5/i, sinus 33'i.

Celui du deuxième fil, 1,50, sinus 320.

Le courant est donc un peu plus fort dans le premier fil que dans le deuxième , mais la différence est à peine sensible.

Les expériences physiologiques ont donné des résultats qui sont venus confirmer les expériences précédentes.

Avec le premier fil et moitié de la force, contractions musculaires d'une certaine énergie, mais sans douleurs.

Avec le deuxième fil et avec moitié de la force de la machine, contractions musculaires analogues, peut-être un peu moins fortes, et sans aucunes douleurs.

Avec le premier fil et la force total de la machine, contractions musculaires très énergiques et légèrement douloureuses.

Mêmes résultats avec le deuxième fil, mais un peu moins énergiques peut-être, la différence toutefois est peu sensible.

Le pinceau métallique a donné des résultats absolument semblables,

La construction si parfaite de l'appareil de M. Gaiffe, et les expériences nombreuses, auxquelles je me suis livré avec lui, démontrent que dans l'appareil magnéto-électrique , il n'y a pas deux expèces de courants. En se servant de deux fils superposés égaux en longueur et en diamètre, on a dans ces hélices un courant dans le même sens, ce qui démontre que ces courants sont produits tous deux par la même cause, c'est-à-dire par l'aimant.

. Ce qui a fait croire à M. Duchenne que le courant du premier fil produisait celui du deuxième, c'est qu'une seule interruption suffit pour produire des secouses dans les deux fils. Or, voici l'explication de ce phénomène : avant l'interruption, le premier circuit étant fermé métalliquement, joue le rôle du tube qu'on interpose entre l'électro-aimant et les fils dans les appareils électro-magnétiques. 11 retarde la production du courant; mais aussitôt l'interruption faite, le premier circuit étant coupé, le courant se produit librement dans Je deuxième fil. Ainsi le premier fil, au lieu, d'être un fil conducteur, sert, au contraire, à retarder la production du courant dans le deuxième fil, tant que le circuit est fermé métalliquement et ne joue -plus aucun rôle aussitôt le circuit coupé. Il résulte surtout de ces expériences et de cette discussion, l'inutilité absolue des deux fils superposés dans les machines magnétoélectriques. Cette superposition donne des courants du même ordre dans les deux fils, et l'on n'a que l'inconvénient d'avoir un courant un peu plus faible dans le deuxième que dans le premier.

D'après ce que j'ai dit plus haut, les appareils magnétoélectriques sont ceux que les médecins doivent préférer ; ils sont bien simples, toujours prêts à marcher, ne se dérangent jamais et peuvent être manœuvres par une personne qui n'a qu'à tourner la manivelle de la chaîne sans fin.

APPAUEILS d'induction. 109

Ces instruments ont toute l'énergie désirable ; ils se graduent avec la plus grande facilité ; on produit à volonté des intermittences lentes ou rapides; enfin, pour les médecins qui persistent à croire à l'action différente des deux courants, ils obtiennent à l'aide d.e bobines superposées des courants de tension différente, de même sens ou en sens inverse, en faisant usage de commutateurs.

Quant à choisir entre les trois appareils magnéto- électriques qui viennent d'être décrits, je déclare que je les liens aussi bons les uns que les autres et que je m'en sers indifféremment. La seule raison de préférence qui puisse guider le tnédecin est donc tout simplement une question de prix, question dans laquelle je ne dois pas entrer.

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