‹ Traité des applications de l'électricitéChapitre 9 sur 61 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

E^iuploi de l'électricité accusnmlée à l'état statique et fournie par les macbiiies ordinaires à frottement.

On peut administrer l'électricité statique de trois manières :

1° Par l'étincelle des machines électriques ordinaires ;

2" A l'aide de l'électrisation par isolement;

3° Au moyen de l'électrisation par la décharge d'un condensateur.

§ I". Étincelles de la machine électrique.

Pour électriser au moyen des étincelles, on dispose le patient comme il suit : on lui fait successivement approcher les parties malades des conducteurs métalliques de la machine électrique en action, et en les plaçant à une dislance convenable pour que ces étincelles agissent d'une manière suffisamment énergique sur ces dernières. On peut se demander si, dans cette opération, on n'a pas fait passer momentanément, à l'état de courant, une partie de l'électricité ré-

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paiîdue à l'état statique sur la surface du corps du malade, et, si, par conséquent, on ne produirait pas ici, à un moindre degré, il est vrai, des effets analogues à ceux que donne l'électricité dynamique.

Les effets que l'on produit à l'aide des étincelles sont d'autant plus énergiques, que la machine avec laquelle le patient est en communication est elle-même plus forte et plus chargée, et que les étincelles ont été plus nombreuses et répétées avec plus de fréquence. Malgré cela, les effets que l'on produit avec les étincelles de faible longueur ne sont jamais bien intenses, car les courants instantanés qu'elles font naître sont faibles, et ne traversent que les parties superficielles du corps.

Cependant avec des machines électriques puissantes, et en mettant le patient en communication avec une chaîne qui vient toucher à la terre humide, on donne des commotions dont les effets se font sentir avec plus ou moins de force dans les parties intérieures, comme le fait la décharge d'une bouteille de Leyde. Avec de semblables machines, l'effet n'est superficiel qu'en prenant pour excitateurs des pointes ou des brosses.

Dans l'électdsation il est donc indispensable de prendre en considération la forme des excitateurs, qui influe sur les effets produits : on emploie des brosses quand les fonctions de la peau ne se font pas normalement.

La sensation déterminée par les étincelles, sans être douloureuse, est presque toujours désagréable lorsqu'elles ont une certaine intensité ; elles peuvent tout au plus produire des contractions fibrillaires et légères des muscles superficiels. Si on les prolonge, elles augmentent un peu la sensibilité cutanée, font rougir la peau, et y produisent quelquefois un léger érythème. En résumé, l'action qui résulte de l'application des étincelles est une électrisation cutanée légère, analogue à celle que l'on obtient au moyen de pinceaux ou de

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