ÉGYPTE, MATTES ET LUSTRÉES. 5H
Le façonnage se fait sur le tour à Potier décrit d’une manière générale livre Ier, p. 119; mais celui des Potiers égyptiens présente une forme ou plutôt une position différente de celle de nos tours européens 5 il est figuré PI. xxi\,/ig. 1, A et B. On voit que le plateau est dans une position oblique à l’horizon, cependant peu incliné; on prétend que la roue motrice et la girelle avec les pièces qu’elle porte, se présentent d’une manière plus favorable l’une au pied du tourneur , l’autre à sa main pour exécuter son travail. L’axe passe dans une pièce de bois perpendiculaire à sa direction , une autre pièce de bois , dirigée dans le même sens , est jointe à la première par une traverse sur laquelle s’accote l’ouvrier. Le tourneur travaille au Caire debout; mais à Edfou il travaille assis , position si ordinaire aux peuples du Midi , qu’il est étonnant que le tourneur du Caire l’ait abandonnée , tandis qu’elle est constante en Europe. La figure 2 , partie inférieure de la planche , montre comment le tourneur peut travailler debout en s’accotant , mais seulement pour avoir libre le pied avec lequel il fait tourner la roue. On voit combien ce tour et le procédé de tournage des Égyptiens modernes diffèrent de ceux des anciens. Nous allons remarquer une différence encore bien plus grande dans le four.
Le four est représenté PL xxiv, fig. 2. A est le plan «qui fait voir que ce four est elliptique , la fig. B , le montre en élévation , et la fig. C, en coupe longitudinale. C’est un four très-compliqué pour une fabrication aussi simple qu’est celle d’une Poterie
Ipeu cuite et sans glaçure. La planche s’explique presque d’ellemême. On voit qu’il a deux étages. Au premier, celui du niveau du sol, est le foyer et sa bouche en b F. Il a aussi deux laboratoires.
L’espace paraît immense pour le volume et le nombre des pièces qu’on y met, et on ne voit pas très-bien la place du combustible; la chaleur passe par les carneaux / à c' pour aller cuire les Poteries sur le sol du laboratoire du second étage. Il est probable que ce sont celles qui doivent être moins cuites, î car le grand ouvrage de la description d’Égypte 11e donne au-
POTERIES TENDRES, FINES
cune description claire de ce four , ni de sa marche , ni de ce qu’on y cuit, ni du combustible qu’on y emploie, etc.
C’est dans la haute Égypte , et particulièrement à Meylaouy et à Manfalout, que se font les grandes jarres et terrines à indigo , avec une argile jaune nommée taf , bien différente certainement de l’argile limoneuse du Nil. On ne donne d’autres notions sur leur fabrication que de dire qu’elles sont tenues très-épaisses, faites en plusieurs pièces, et qu’elles reçoivent une forte cuisson. Les jarres pour l’eau, à l’usage des grandes maisons, sont de deux sortes, les Zelah Belady , qui sont rouges et faites avec l’argile nommée zyr.
Les Zelah Moghraby sont blanches et viennent de Barbarie. Elles diffèrent beaucoup par la forme des jarres vulgaires qu’on nomme aussi zyr (1).
D’autres vases également très-cuits , et par conséquent peu perméables , ne se fabriquent que dans le village de Belady- B allas , du nom qu’on donne à ces vases.
Les hydrocérames ou Bardaques se font à Qené. J’y reviendrai en traitant de cette Poterie.
Aucun des vases fabriqués en 1800, au Vieux-Caire, à Gyseh, à Rosette, n’était vernissé.
Mais on faisait alors dans quelques ateliers du Caire, des Poteries vernissées au plomb et même à l’étain , par conséquent des faïences ; telles sont les tasses à café blanches et à fleurs bleues et rouges nommées fingân belady, et des carreaux |
également vernissés nommés Gey Chany.
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Algérie et Tunis. — Les Poteries fabriquées dans cette partie de l’Afrique septentrionale par les Arabes indigènes sont en général grossières, à pâte jaunâtre sale, rougeâtre, blanchâtre : il y en a même de presque blanche. Quelques pièces à pâte rouge, comme celle de Tunis, qui est figurée PI. xv,/%. 9, sont minces et bien tournées. La pâte est fine , dense, dure, au point de se laisser difficilement rayer. Les ornements , d’un caractère particuber, sont bruns, noirs, sur un engobe blanc en dehors, et
(') Boudet, Descript. de l'Egypte , état moderne , petit in-folio, t. II PI. xxij.