RAFFERMISSEMENT DES PATES
§ 2. — Mélange intime des matières.
Les matériaux des pâtes céramiques , réduits au même degré de ténuité par les deux dernières opérations de division : le broyage et le décantage, sont en état d’être mêlés.
Ce Mélange se fait à l’état liquide. Il ne faut pas cependant que la liquidité aqueuse de ces matériaux soit trop complète , parce qu’étant de pesanteurs spécifiques différentes , ils se sépareraient facilement. On doit les prendre à l’état d’une bouillie claire, et les mêler avec rapidité et facilité.
Ce Mélange s’opère, tantôt dans une grande cuve, où les deux bouillies sont agitées avec des râbles, tantôt dans une tonne ou cuve cylindrique , plus profonde que large , où les matières sont mêlées par des palettes attachées à un axe vertical et tournant, tantôt enfin dans une auge à patouillet, et par le procédé qui est employé pour le lavage des minerais de fer et que j’ai vu pratiquer autrefois à la manufacture du Val-sous-Meudon.
Cette opération a encore pour but l’Homogénéité des parties , les suivantes n’ont plus pour objet que l’Homogénéité des masses.
Article III. — RESSUAGE ET RAFFERMISSEMENT DES PATES.
La pâte ainsi composée est en consistance d’une bouillie plus ou moins épaisse , mais on ne peut pas la laisser longtemps dans cet état : premièrement , parce qu’on aurait â craindre que les parties d’inégales pesanteurs ne se séparassent ; en second lieu , parce qu’elle n’est pas maniable. Il faut donc lui faire acquérir la consistance qu’on nomn\e pâteuse.
C’est une opération dont l’importance est très-différente suivant le genre de fabrication céramique.
Lorsque eette fabrication emploie peu de pâte à la fois, les moyens d’absorption et d’aérage suffisent pour l'amener à la consistance nécessaire. Lorsqu’au contraire la fabrication consomme beaucoup de pâte , comme celle des faïences fines , on est obligé d’avoir recours à la chaleur artificielle pour opérer le Ressuage ou Raffermissement des pâtes.