XVI PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION
propriétés qui paraissent être les plus essentielles pour caractériser un groupe ; celle qui n’est fondée que sur un seul principe , quelque important qu’il paraisse , rompt nécessairement^!’ autres rapports dont l’ensemble présente des résultats bien plus importants. On ne peut pas , cependant, dans une classification d’objets artificiels qui sont variables à la volonté des hommes , conserver religieusement le principe établi; dans la nature cela est possible, quoique souvent difficile, parce que la variété des productions est limitée par l’état actuel de la nature ; mais si le Créateur continuait à faire perpétuellement des variétés , des espèces et des genres nouveaux qui seraient plus ou moins dissemblables des êtres qu’il a créés, les naturalistes trouveraient d’immenses difficultés, des difficultés insurmontables pour classer ces productions.
C’est le cas de toutes les classifications qu’on voudra établir dans les productions industrielles. On trouvera bien à former quelques groupes , mais quand on voudra y introduire toutes les productions, non-seulement les anciennes, mais encore les récentes, on rencontrera bien plus d’obstacles que dans la classification des productions naturelles.
Ainsi je crois avoir saisi un assez bon point de vue, lorsque, pour réunir toutes les poteries anciennes et modernes en plusieurs groupes, j’ai pris d’abord la nature de la pâte, et ensuite celle de la glaçure. Or, pour maintenir rigoureuseusement ce principe, il eût fallu, dans les poteries romaines et grecques , séparer en deux groupes trèséloignés l’un de l’autre , ces poteries d’ailleurs si semblables entre elles, et qui ne diffèrent souvent que par l’omission volontaire d’une opération de fabrication. J’ai dû alors être dirigé par l’importance numérique de la masse que présentait l’un des deux caractères. Ainsi dans le grand groupe des poteries romaines antiques, le nombre des poteries