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PROPRIÉTÉS PHYSIQUES

qu’on emploie pour peser les substances hygrométriques. La quantité pesée dans une balance de précision avant de passer au grand feu était de 20sr,180m. Placée dans la même balance immédiatement après sa cuisson , elle n’avait pas éprouvé la moindre diminution. II est bien évident ici que la retraite dont je parlerai dans l’article suivant ne peut être attribuée à l’expulsion de l’eau.

Je n’examinerai pas si l’eau est plus adhérente dans certaines matières naturelles 5 cet examen serait étranger à mon objet, et même je ne conduirai pas plus loin cette considération , un grand nombre de circonstances et d’analyses viendront à leur rang en faire connaître les détails.

§ 2. — De la Retraite des pâtes céramiques.

Ce mot technique (*) désigne les diminutions de volume que prennent les pâtes céramiques d’abord en séchant, ensuite en cuisant.

C’est une des considérations les plus importantes de l’art par les précautions qu’elle requiert et les difficultés d’exécution qu’elle entraîne.

L’étendue de Retraite ordinaire des pâtes céramiques, mesurée depuis la dimension du modèle ou du dessin qui donne celle de la pièce telle qu’on la veut terminée, jusqu’à la parfaite cuisson, varie, suivant les pâtes, de 2 pour cent jusqu’à 20 pour cent , et quelquefois plus, en dimension linéaire.

La Retraite peut se diviser en deux temps. Le premier s’étend depuis le tournassage terminé ou le moulage, la pâte étant encore molle et humide jusqu’à la dessiccation complète à l’air ; le second, depuis cet état de dessiccation jusqu’à la cuisson parfaite de la pièce. C’est ordinairement de ce second point de départ qu’on mesure la Retraite. C’est cependant du moulage ou du tour-

(*) Le mot de Re t ra i t e ou de R et rai t ne se trouve ni dans le dictionnaire de Napoléon Landais , ni dans celui de l’Académie , sous l’acception matérielle qu’on lui donne dans l’art céramique ; c'est donc une acception technique que nous sommes maîtres de mettre au masculin comme au féminin ; il 111’a semblé qu’il était beaucoup plus fréquemment usité dans ce dernier genre que dans le premier.

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nage que doit partir le Potier pour que sa pièce ait après la cuisson les dimensions qu’on lui a demandées.

La Retraite n’est pas la même sur toutes les dimensions. Elle est, en général , plus grande dans le sens vertical que dans le sens horizontal, surtout pour les pièces tournées. Nous allons voir que cette différence tient beaucoup plus au mode de façonnage qu’à l’affaissement produit par la pesanteur.

La Retraite et ses différences sont donc dues à deux causes principales que je vais examiner successivement :

1° A la nature des pâtes ;

2° Au mode de façonnage.

A. Influence de la nature des pâtes sur la Retraite.

Les pâtes très-plastiques et les pâtes fusibles sont, en général, celles qui prennent le plus de Retraite , sauf les exceptions que je ferai connaître.

Les pâtes arides ou maigres, et en même temps infusibles, sont celles qui en prennent le moins.

Les pâtes très-plastiques , dans la composition desquelles il entre beaucoup d’hydrates terreux , telles que les grès-cérames, les terres cuites et les pâtes à base de magnésie, doivent leur grande Retraite au dégagement de l’eau. C’est à cette cause que ces dernières, qui sont peu plastiques, doivent la grande Retraite qu’elles éprouvent. Ce sont celles qui , après les pâtes faites directement avec des hydrates d’alumine, offrent le maximum de retraite a5 pour cent et au delà 5 elles ne le doivent pas à la fusibilité, car elles sont, au contraire , des plus réfractaires.

Les pâtes fusibles, telles que la porcelaine dure, la porcelaine tendre, qui sont , en général , peu plastiques, et dont la Retraite varie de 10 pour cent à i5 pour cent, ne doivent pas ce changement au dégagement de l’eau, car elles en étaient déjà absolument privées, qu’elles n’avaient pas encore pris de Retraite, mais au rapprochement des molécules par le commencement de fusion qu’elles éprouvent.

L’inverse est exactement vrai. Ainsi , les pâtes dans la composition desquelles on fait entrer beaucoup de sable ou de ciment ,

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tels que les rondeaux propres à supporter* les porcelaines, les cazettes , le lut , quelques espèces de briques , ne prennent pas ordinairement plus d’un dixième de retraite, et si l’on augmente la dose de sable au point de rendre cette pâte très-aride , on rend la Retraite presque nulle.

Les expériences que je vais faire connaître et qui sont réunies dans les tableaux n° VII (voyez ces tableaux à l’Atlas) montreront les faits et observations qui ont conduit à ces lois, et expliqueront les exceptions qu’elles semblent quelquefois éprouver.

On remarquera d’abord en étudiant ces tableaux que certaines pâtes qui prennent beaucoup de Retraite, la prennent presque entièrement à la température du dégourdi que nous avons évaluée à 4o degrés du pyromètre de Wedgwood. Ce sont les pâtes à base d’argile plastique , argile renfermant toujours beaucoup d’eau qui y adhère fortement , et qui sont infusibles.

Une température qui doit être très-élevée chasse l’eau qui semble y être bien plus intimement liée que par une simple imbibition mécanique, et cette eau qui ne paraît être complètement chassée qu’à une température incandescente (voyez l’art, précédent de l’Adhérence de l’eau dans les pâtes céramiques et de son expulsion), laisse des vacuoles qui permettent aux molécules de l’argile de céder à leur attraction mutuelle et de se rapprocher. Mais ce rapprochement presque mécanique étant à peu près complet avant 4o (Wedg.) ne va guère au delà par une plus haute température. Or, si on consulte le n° 8, du tableau VII A, les nos 1 9, 2 1 , 23 à 28 du tableau VII R, on verra que toutes ces pâtes ont pris leur Retraite, qui est quelquefois considérable, à la température du dégourdi.

On remarquera, par les expériences n° 9 du tableau A, qu’une pâte faite, non sans difficulté, avec une poudre d’argile cuite, par conséquent n’ayant plus d’eau que la petite quantité ajoutée pour la mouler et celle qui se trouve dans le peu d’argile crue également indispensable pour ce moulage, n’a pris que trèspeu de Retraite lorsque ce moulage a pu être opéré sous une forte pression , tandis qu’avec de la chaux à haute température sa Retraite a été beaucoup plus considérable (exp. n° 10).

La magnésite (silicate de magnésie infusible) et la giobertite

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(carbonate silicaté de magnésie ), toutes deux complètement infusibles, mais renfermant l’une 20 pour cent d’eau et l’autre 1 5 pour cent, dans leur état de sécheresse le plus complet , prennent 4o et 42 pour cent de retraite (‘) (exp. 5, 6 et 7).

L’expulsion complète de l’eau et le rapprochement des parties écartées par la présence du liquide et rendues à toute leur attraction par l’absence de cet obstacle, est une des causes principales de la Retraite, mais elle n’est pas l’unique 5 car la Retraite a lieu encore, et très-puissamment, ou dans des pâtes qui n’ayant aucune plasticité et ne pouvant retenir l’eau au delà de 3oo degrés centigrades, ne peuvent être regardées comme hydrates ; ou dans des pâtes qu’on peut appeler hydratées, et dont on a cependant expulsé toute l’eau par une chaleur incandescente longtemps continuée, comme on va le montrer parles observations et les expériences suivantes.

On remarquera que toutes les pâtes très-plastiques et qui peuvent supporter un très-haut degré de chaleur sans se fondre, prennent presque toute leur Retraite à une chaleur incandescente d’environ /jo deg. (WEDG.),ce qu’on appelle, dans l’art de la porcelaine, chaleur de dégourdi, et que si on les soumet ensuite à une chaleur beaucoup plus forte , telle que celle de la cuisson de la porcelaine, évaluée à i35 deg. (Wedg.), elles ne prennent presque plus de Retraite.

Tels sont les vrais Grès-cérames et toutes les pâtes qui leur sont analogues, celles dans lesquelles l’argile plastique, cette argile qui a une si forte attraction pour l’eau, est l’élément dominant. Le tableau VII B fait voir une ressemblance presque entière entre les colonnes de Retraite du dégourdi et celles du grand feu. Ainsi, dans les pâtes de faïence fine plus siliceuses (même tableau), la différence entre la Retraite à ces deux températures est de 5 à g pour cent (nos 19 et 20), dans les grès du même tableau (nos 21 à 28), les différences sont nulles ou de 5 pour cent au plus, dans un seul cas sur huit , et encore est-ce dans une pâte (n°23) ramollissable au grand feu et d’une composition trèshétérogène.

(i) La porcelaine de Vineuf, à base de magnésie, ne prend que 33 ; mais il y a d’autres éléments qui ne sont pas des hydrates.

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B. Influence d’un commencement de fusion sur la Retraite.

La seconde cause de Retraite, entièrement différente de la première, mais qui la suit quelquefois, cause qui me paraît entièrement chimique parce qu’elle est liée à un changement dans la structure moléculaire , résulte d’une véritable combinaison , c’est la fusion ou partielle, ou commencée , ou complète. *

Toutes les pâtes ne sont pas susceptibles de montrer cette seconde sorte de Retraite ; il n’y a que celles qui présentent la fusion partielle ou la fusion commencée, c’est-à-dire celles qui peuvent résister à une très-haute température sans se fondre entièrement, ou dont on peut arrêter la fusion avant qu’elle soit complète et qu’elle les ait déformées.

Telles sont les porcelaines dures et surtout les porcelaines tendres des tableaux VII D. F.

On verra, en consultant le tableau VII C , que les porcelaines dures présentent ce phénomène dans tout son développement. Le kaolin, base de leur pâte, est, comme on le sait, un silicate d’alumine hydraté; mais il l’est moins que l’argile plastique, et il n’entre que pour environ les 0,60 dans la pâte de porcelaine dure. Cette eau est entièrement chassée par la chaleur incandescente du dégourdi , et la porcelaine qui est déjà presque cuite en Grès, n’a pris que 3 pour cent de Retraite. C’est au grand feu, lorsqu’elle éprouve un commencement de fusion , qu’elle se réduit des 7 à 9 pour cent qui complètent sa Retraite.

La preuve que c’est ici le rapprochement des molécules par fusion et non par expulsion de l’eau, qui est la cause de la Retraite, c’est qu’en faisant une pâte presque entièrement composée dépoussiéré de porcelaine (tableau VII D. nos 56 et 57), c’està-dire de matières qui ne renferment d’autre eau que la trèspetite quantité qu’on a mise pour la mouler à la presse, elle prend encore jusqu’à 1 1 et 16 pour cent de Retraite uniquement due au rapprochement des parties par une nouvelle fusion. Le felspath, qui ne prend aucune retraite, produit à peu près le même effet en rendant la porcelaine plus fusible.

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L’ancienne porcelaine tendre de Sèvres est une pâte où il n’entre presque point d’argile, par conséquent aucun hydrate proprement dit. Mais c’est une pâte très-fusible et très-vitreuse, la Retraite qu’elle prenait presque entièrement dans le feu de la cuisson était de i4 pour cent (voir le tableau VII E, et le numéro 58).

Si on prend une pâte infusible qui a été cuite, qui a pris toute sa Retraite au dégourdi, et qui, par conséquent ne renferme plus d’eau, qu’on la rende fusible ou au moins qu’on l’approche de l’état de fusibilité par une addition de chaux-, elle prend alors une Retraite au grand feu qui a été de 9 pour 1 00 dans l’expérience n° 10 du tableau VII A-, en faisant 1 imei se, c’est-à-dire en rendant moins fusible une pâte fusible, on diminue sa Retraite (tabl. VII E. n° 5g).

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