‹ Traité des arts céramiquesChapitre 90 sur 295 · PÉTRISSAGE. BATTAGE · texte numérisé non relu

PÉTRISSAGE. BATTAGE

consiste à étendre la pâte en un cercle plein sur une aire en pierre ou en bois et sous une épaisseur d’environ 3 décimètres. L’ouvrier marcheur, pieds nus, la pétrit en partant du centre et marchant vers la circonférence et revenant de même en spirale de la circonférence au centre.

Il la relève ensuite avec une pelle et la met en ellipsoïde d’environ a5 kilogrammes, qu’on nomme des ballons.

Tantôt la pâte est immédiatement employée après cette opération dans les fabriques de briques, tuiles, Poteries communes, faïences communes ; tantôt la pâte, après avoir éprouvé encore une opération préparatoire qu’on nomme ébauchage, est mise en réserve dans des fosses, bâches ou caves, pour y acquérir les qualités qui paraissent résulter de l’ancienneté. Je parlerai de chacune de ces préparations à l’article des fabrications auxquelles elles s’appliquent plus particulièrement.

Mais dans presque toutes les fabriques dont les produits s’élèvent au-dessus des Poteries grossières, l’homogénéité de la pâte est encore augmentée par le battage ou le coupage.

Battre la pâte céramique, c’est la comprimer à l’aide d’une percussion violente exercée par les forces seules de l’ouvrier ou quelquefois par des machines de diverses espèces.

Dans le premier cas, qui est le plus ordinaire et le plus usité dans les fabriques où l’on ne fait pas une grande consommation de pâte, l’ouvrier roule la pâte céramique avec ses mains et ses bras, la réunit en petites masses ou ballons qu’il jette fortement contre la table, et resserrant par ce moyen toutes les parties il en chasse l’air qui pourrait y être engagé -, il reconnaît que cette opération, qu’on appelle manier ou battre la pâte, a atteint son but, lorsqu’ en cassant les petites masses ou ballons il n’y voit plus aucune s o uf f 1 u r e 5 mais lorsque la quantité de pâte qu’on doit employer est considérable, on a recours pour la pétrir, la bien m al axer et même la comprimer, à divers procédés mécaniques.

Un des moyens mécaniques de Pétrissage les pluspropres à remplacer le marchage, un des plus généralement employés, est la T i n n e ou tonne conique en bois ou en fonte, dans laquelle la pâte est coupée et malaxée par des lames inclinées et coupantes qu’un arbre fait tourner. C’est le principe général de ces machines qui I. 8

MALAXAGE.

réunissent les actions du marcha ge, du coupage et du ma- 1 axage.

Elles servent également aux pâtes grossières avec lesquelles on fait des cazettes , des briques , des tuiles , et aux pâtes plus fines avec lesquelles on fabrique les diverses sortes de grès et de faïence. Mais je ne crois pas qu'on les ait encore employées à remplacer dans la porcelaine dure le battage et le maniage à la main, opération si importante pour la réussite des pièces et si délicate qu’il est peu probable que la mécanique puisse suppléer à l’adresse instinctive de la main de l’homme.

Je reviendrai sur ce sujet à l’article de la porcelaine dure , auquel il appartient particulièrement.

Je donne comme exemple de ces T inné s à malaxer celle qui a été établie en 1841 aux moulins de la manufacture royale de Sèvres 5 elle reçoit son mouvement de la roue hydraulique qui fait marcher la machine de broyage.

L’explication des figures suffira pour la faire comprendre ei connaître.

Dans quelques fabriques où la pâte à biscuit doit recevoir avant . d’être employée une compression plus forte que ne peut lui donner ni le maniement , ni le battage à la main, on fait passer cette pâte , immédiatement à sa sortie de la tinne à malaxer (fabrique de grès cérames de Wauxhall , près Londres), entre deux cylindres de fonte qui lui font éprouver l’effet du laminage et la mettent en plaquettes d’une moyenne épaisseur et très-propres à être travaillées , ou bien on l’étend sur une aire en pierre , et on l’v comprime au moyen de rouleaux pesants qu’on fait tourner sur elle.

On a quelquefois recours , pour lui donner une densité et une homogénéité plus complète que celle qui résulte d’une simple pression , au procédé du battage réel avec des battes de bois mues par un axe, ou même aux pilons d’un bocard qu’on fait tomber, non pas immédiatement sur la pâte placée dans les auges du bocard, mais sur le couvercle en métal qui la recouvre (*).

Enfin, il arrive quelquefois que pour donner encore plus de

(‘) L. P. Schumann die Kunst durchsicht. PorzellanundSteingut. fVtinnar, 1835, page 79.

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