‹ Traité des arts céramiquesChapitre 99 sur 295 · C. Calibrage · texte numérisé non relu

C. Calibrage

Il y a dans le Façonnage sur le tour de certaines pièces et notamment des assiettes , une particularité qui ne tient pas au tour en lui-même, mais à la manière dont on donne plus promptement, plus sûrement et plus également la forme ronde avec les contours qui appartiennent à la pièce, aux plats, même aux plats ovales, aux assiettes, aux soucoupes et à toutes les autres pièces plates qui , en raison de leur usage , sont fabriquées en grand nombre.

Cette particularité consiste à abaisser sur l’ébauche de la pièce faite soit à la housse, soit à la croûte, un calibre (Chablon en Allemagne) qui présente à son bord interne le profd découpé dans une lame d’acier coupante, exact ou au moins très-net, de la forme soit du dedans, soit du dehors de la pièce, en lui donnant en même temps exactement l’épaisseur et les contours qu’elle doit avoir.

C’est un mode de Façonnage très-généralement répandu et appliqué à toutes les Poteries qui doivent présenter des formes constantes et précises 5 mais il présente des différences assez notables suivant la nature de la Poterie à laquelle on l’applique.

Je dois me contenter d’en faire connaître ici le principe commun, me réservant de le développer lors de son application aux

CALIBRAGE.

différentes classes de Poteries où il est employé et surtout à la porcelaine où il trouve dans son application, principalement à la porcelaine de Sèvres, de grandes difficultés. Aussi est-ce à cet article que je donnerai les détails de ce Façonnage particulier.

Il faut que la lame dont le bord donne le profil de la pièce, soit perpendiculaire à sa surface, et simplement atténuée s’il ne s’agit que d’ébaucher la pièce au plus près, ou légèrement inclinée en avant et coupant quand il faut tournasser ou finir cette pièce. La pression doit être égale du centre à la circonférence de la pièce. Il faut par conséquent, que les extrémités du calibre soient fixées, l’une par une charnière du côté du bord extérieur de la pièce et l’autre appuyée sur un support placé à l’extrémité opposée, de manière qu’aucune pression ne puisse diminuer l’espace qu’il y a entre le tranchant du calibre et le moule en plâtre qui porte l’ébauche ni par conséquent faire varier l’épaisseur de la pièce.

Ces conditions paraissent au premier coup d’œil très-faciles à remplir 5 cependant, nous verrons en parlant du calibrage des assiettes en porcelaine dure de Sèvres combien il est difficile d‘y satisfaire complètement.

En jetant un coup d’œil sur la figure 1 1 de la planche lv et sur celles qui sont répandues dans le texte, au façonnage des faïences fines et des porcelaines, on prendra une idée'deceque c’est qu'un Calibre et des différentes manières de l’employer suivant les espèces de Poteries et les différents pays. O11 apprendra à l’histoire de ces Poteries quelles sont celles qui se prêtent le mieux à cette sorte de Façonnage comme la faïence fine, ou le plus difficilement comme les porcelaines dures.

Article II. — DU MOULAGE.

Cette opération est une des plus compliquées , des plus difficiles et des plus importantes de l’art céramique. Elle s'exerce sur toutes sortes de pâtes et sur toutes sortes de pièces , depuis les briques jusqu’aux statues.

O11 va remarquer que malgré ces différences énormes des pâtes et des produits, les principes généraux sont à peu près les mêmes.

MOULAGE

Le Moulage diffère de l’ébauchage , en ce qu’il suppose un moule ou appui sur lequel la pâte céramique doit être appliquée pour en prendre la forme.

Le moule suppose ordinairement un modèle sur lequel il a été fait. L’appui est la condition essentielle du Moulage, il n’en est pas de même du modèle; ainsi dans un des Moulages le plus difficile, celui des tables, plaques, carreaux, etc., à la croûte, celui des vases, tasses, etc., à la housse, le moule ne se fait pas sur le modèle, et souvent il n’y en a aucun.

Le Moulage n’est peut-être pas aussi ancien que le tournage , cependant on peut présumer que la pratique grossière de cette opération céramique a suivi de très-près celle du tournage -, mais que les premiers Potiers étant des ouvriers trop peu habiles pour faire des modèles, les ont pris directement dans la nature, et que ne sachant souvent comment retirer le modèle de son moule, ils avaient choisi pour modèle des corps naturels susceptibles de se détruire facilement, tels que des fruits. Ainsi, après avoir couvert d’argile ces sortes de modèles , ils pratiquaient ce que l’on fait maintenant avec beaucoup plus de perfection dans le Moulage que l’on appelle à creux perdu, où le modèle en argile est sacrifié; ici de même le fruit sur lequel le moule avait été fait pouvait être enlevé facilement. On attribue à la facilité de se procurer ces sortes de modèles et de moules, la forme de fruit que présentent plusieurs vases de la plus haute antiquité (*).

L’opération complète du Moulage nous présente trois considérations ou actes principaux qui doivent être étudiés successivement :

1° Le modèle;

2° Le moule ;

3° Le Moulage proprement dit , dans lequel se succèdent :

a. La préparation des pâtes;

b. L’action du Moulage ;

c. Le démoulage.

(*) J’ai dit, page 10, que je ne connaissais aucun exemple authentique à i’appu. de cette opinion, qui n’est pas invraisemblable, mais que je ne pouvais établir sur aucun fait positif.

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