‹ Traite des assurances et des contrats a la grosse d'Emerigon (volume 3)Chapitre 190 sur 215 · SUR L'ÉTAT DU COMMERCE DES NOUVEAUX GOUTERNEHENS DE L'AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

SUR L'ÉTAT DU COMMERCE DES NOUVEAUX GOUTERNEHENS DE L'AMÉRIQUE

Bûekos-Atbbs , ci-devant proTÎnee et vice-royauté d'Espagne , dans l'Amérique méridionale , bornée , au nord , par des déserts qu'habitent des sauvages » à l'est , par le Brésil et l'Océan atlantique , au sud , par la Patagonie > et à l'ouest , par le Pérou et le Chili , et qui s'étend , du sud au nord , l'espace de cinq cent soixante-dix Heues , c'està-dire d^pub le cap Lobos ( Monte-Yideo ) ^ jusqu'à ses établissemens les plus éloignés sur le Paraguay , et l'espace de trois cent soixante lieues , depuis le cap Saint- Antoine » situé à l'embouchure de la Plata , jusqu'à la chaîne de montagnes qui la sépare du Chili , Buenos-Ayres est la première vice-royauté qui secoua, en 1808» lé joug de l'Espagne. Ses nobles efforts eurent les plus heureux succès. Elle conquit son indépendance , et adopta une forme de gouvernement qui ne parait pas diffi&rer de celui des États-Unis. Elle s'est constituée depuis sous le nom de République argentine.

Cette république » divisée autrefois en cinq provinces , et dont les habitans ont si puissamment contribué à l'indépendance des autres états qui l'avoisinent , ne possède qu'une population d'environ un million six cent mille fimes; mais on s'accorde à dire que cette population est susceptible d'un rapide accroissement , aussitôt que ses troubles intérieurs et la guerre avec le Brésil n'arrêteront plus l'essor des relations commerciales. Tout annonce que ces relations suivent une marche progressive*

Le territoire de Buenos-Ayres étant également propre à la culture des denrées du Tropique et de celles que produisent les départemens de la France , on peut se faire une idée de la prospérité agricole à laquelle peut atteindre un jour cette contrée. Déjà son gouvernement s'est occupé d'y encourager la production des céréales , en défendant ^importation des farines étrangères. Mais il est douteux que les récoltes intérieures puissent suffire 9 pour le moment , à b consommation du pays.

Les importations de Buenos-Ayres , qui, pendant l'année iSsa, se sontélevées, d'après les estimations de la douane ^ à plus de 11,000,000 de piastres» se sont augmentées dans TOM. n. 79

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une proportion fort considérable. Quant aux exportations , elles se composaient , d'après le relevé des douanes» en i8d4, de valeurs présumées d'environ 8,118,700 piastres. Indépendamment des motifs naturels qui donnent lieu de croire à raccroissement ultérieur de ce mouvement commercial, de nouvelles probabilités, à cet égard, se trouvent dans les vues de bien public dont paraît animée l'autorité locale*

L'Angleterre est la nation dont l'influence commerciale a prévalu jusqu'à ce jour dans cette république, et cette supériorité lui est acquise, de même que dans toutes les autres contrées de l'Amérique du sud , par l'immensité de ses capitaux et par l'activité de ses commerçans. Cependant leur suprématie, et c'est un fait remarquable, n'a pa^ suivi le mouvement de progression du commerce en général. En 1822 , ils entraient pour moitié dans la masse des importations, que l'on a vues s'élre élevées à 11,000,000 de piastres. Aujourd'hui que cette masse a reçu de l'accroissement , il semblerait que leur part fût restée à peu près la même, et qu'ainsi, les progrès du commerce eussent profité aux autres peuples , c'est-à-dire aux Français , aux Allemands et aux Américains du nord.

En effet , les Français troiîvent de grands élémcna de succès à Buenos-Ayres , dans la disposition naturelle des esprits. Cette ville , qui approche de la civilisation des capitales européennes , donne sur beaucoup de points la préférence à nos goûts et à nos usages. Tous ceux qui l'ont visitée n'élèvent qu'une voix sur les bons traitemens avec lesquels ils y ont été reçus, et sur la faveur avec laquelle des établissemcns français j seraient accueillis. Tout porte à croire que oes établissemcns commerciaux ne pourraient que prospérer sous la double influencé de la prédilection des habitans, et des avantages de la position centrale de Buenos-Ayres dans cette partie de l'Amérique, dont elle semble destinée à devenir l'entrepôt , lorsque les excursions des Indiens seront réprimées, que la guerre du Brésil sera terminée, et que les communications Iniérleures seront devenues parfaitement libres. Si le pays qui l'entoure est loin encore d'offrir à l'industrie étrangère les mômes ressources que la ville même , on doit tout atteiidre de Tînfluence de l'exemple , secondée par les progrès de la civilisation , qui fait naître les besoins en même tems que la faculté de les satisfaire.

Au surplus, l'autorité locale annonce par tous ses actes l'intention d'entretenir avec toutes les nations de l'Europe des relations également amicales. Elles participent toutes» sur le pied d'une parfaite égalité, aux prérogatives comme aux charges du commerce étranger.

Tout semble donc se réunir pour appeler vers celte contrée l'attention des spéculateurs européens. Cependant , il ne fendrait pas se faire une idée trop exagérée de sa consommation actuelle, en produits manufacturés; il fendrait procéder avec une certaine réserve , quant au nombre et à l'importance des chargemens.

D'un autre côté, des personnes instruites ont pensé que les voyages à Buenos-Ayres devaient être indépendans de ceux que l'on entreprend à la côte sud-est , attendu que toute la rivière de Rio de la Plata est sujette à des flux continuels et à des coups de

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?ent qui rendent ia navigation dangereuse « ou du moins fort lente , tant pour l'aller que pour le retour.

Enfin » toutes les saisons ne sont pas également favorables pour les expéditions à Monte-Video. C'est pendant Tété que les retours offrent le plus d'avantages , attendu que c'est l'époque à laquelle les grands approvisionnemens de peaux brutes arrivent de l'intérieur des terres.

Ififormations sur le choix des cargaisons.

Les principaux articles d'importation sont ,

i**. Les draps très-fins ou très-ordinaires (les qualités moyennes ne sont pas demandées); les grandes largeurs sont préférées; les ballots doivent se composer, neuf de couleur bleue , et trois en noire.

2"*. Les draps de casimirs de couleurs variées , qui doivent être expédiés en ballots de vingt pièces.

S**. Les toiles blanches , les toiles bleues , les toiles à voiles.

4*. Le linge confectionné , c'est-à-dire les chemises et les culottes larges.

S\ Les gilets de coton .tricotés , et les bretelles de coton.

6*^. Les souliers , mais ceux de qualité inférieure et pour l'usage des ouvriers.

7°. La verrerie de première qualité, les grandes carafes pour l'eau, les verres à vin et à bière, sont les principaux articles à envoyer; les verres à vin sont préférés en forme de cloche. On peut aussi envoyer des verres dorés, des vases à fleurs, tant en porcelaine qu'en albâtre , du goût le plus nouveau. Quant aux verres à vitre , ils doivent être expédiés en petite quantité, et avoir les dimensions de dix-huit, dix- sept, seize, quinze, quatorze pouces de longueur, sur vingt, dix-huit, dix-sept, quatorze, treize, douze de largeur.

S*". Les armes, c'ést-à-dire les pistolets et les sabrée. Les armes & feu doivent être légères, avec de bonnes batteries; les sabres doivent être à la hussarde , avec des fourreaux en fer.

9''. Même l'eau de Cologne en petite caisse.

lo*". Les soieries de France, qui sont en général très-recherchées, et qui doivent être, autant que possible, en paquets d'un faible volume.

Les armateurs auront soin de disposer dans un côté particulier les échantillons de tous les articles de la cargaison , afin qu'on puisse les débarquer aussitôt après l'arrivée.

Mais indépendanunent de ces principaux articles d'importation , tous autres articles de marchandises sont susceptibles d'être envoyés à Buenos -Ayres, vif- argent, bois de charpente y instrumens pour l'agriculture, les arts et les sciences, gravures, tableaux, statues, mêlasse pour distiller, chaux, briques, charbon, bijouterie 'd'or et d!argent, armes, pierres à fusil , poudre à tirer, poix, goudron, cordages, sucre, café, thé, meu-

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blés , glaces » Toitures » selkrie , habillemens , bottes , Tins , bière » cidre , liqueurs » tabac / etc. etc. Les marcbandises importées peuTent être mises en entrepôt pendant six mois, terme après lequel elles doivent acquitter les droits ou être réexportées.

Marchandises de retour.

Quant aux marchandises de retour , ce sont les cuirs de bœuf, vache et cheval, la viande salée , les peaux de chincilla , de tigre et de loup , les crins , les cornes et les plumes d*autruche , les laines de vigogne et de gunacos.

Naçigation.

Lb droit de tonnage , pour les bfitimens chargés , est de deux réaux par tonneau à rentrée, et autant à la sortie, y compris les droits de jaugeage, balin, et tous autres, excepté ceux de déclarations à la douane, qui sont très -faibles. Les bâtimens sur lest ne paient que moitié.

Au reste, nous ne donnons point le tarif de tous les droits perçus sur chaque articte de marchandises à Tentrée et à la sortie, parce que ces droits peuvent changer, suivant les circonstances et les besoins du Gouvernement, et d*après les traités de commerce passés avec les puissances étrangères.

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