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Lb Chtti, grand pays fertile et jaqile à cultiver, situé le long de la mer 4lu Sud, ayant près de trois c^its lieues de longueur .sur quinze à vingt de laigeur ; le CbiU , découvert en i525, est resté colonie espagnole jusqu'en i8j8. Depuis, il forme im état indépendant divisé en treise provincus*;!! comprend, en outre» rArchipel de Chiloë, sur la côte sud. Santiago en est la capitale.
Si on en jugeait par ce seul fait que la consommation du pays, réunie il celle du Pérou, ne s'élève pas au-dessus de jingt ou vingt-quatre cjiargemens de produits européens , il paraîtrait que 1^ commerce extérieur n'eût pris jusqu'à ce jour qu'une extension médiocre dans le Chili. Les cargaisons de retoi^r.se forment avec lenteur et difficulté, «t souvent les navires reviennent sur lest. Cependant , cet état de choses est trop incompatible avec la fertilité du sol de cette contrée , ainsi qu'avec les avantages de ^ position géographique, pour qu'on puisse lui assigner une longue durée. Aussi, les Anglais n'<mt-ils pas négligé d^y former plusieurs établissemens.
' On nous donne pour certain qu'on compte au Chili dou;te maisons de commerce appartenant à cette naition* Dès lors on doit peu s'étonner de la supériorité que les Anglais ont acquise pour la vente de leurs produits. On estime qu'ils font à eux seuls , de même qu'au Pérou, les trois quarts des afiaires commerciales du. pays; le reste est exploité par les Français , dont les maisons de cppunerjce , fort peu nombreuses , honorent toutefois leur patrie par leur amour du travail et leur p^bité.
Le Chili ne semble pa0 moins o0rir d'élémens de sij||çcès h la Franoe , pour son com merce , que les autres parties de l'Amérique du Sud , «avec le recours du tems et de la persévérance; et en se contentant de bénéfices modérés, elle n'y aura plus à craindre aucune rivalité. Mais on déconsidérerait le commerce français parmi oette nation , si l'on tisait envers ses habitans de fraude et de supercherie.
On doit faire remarquer que le commerce extérieur du Chili est principalement arrêté dans son essor par l'établissement d'une compagnie qui s'est chargée de fournir annuellement au Gouvernement une somnu^ de 565.,ooo piastres, formant l'intérêt d'un empruot contracté ;en Angleterre , moyennant la concession qui lui a été faite de la vente
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exclusive des vins , liqueurs , tabac ,* thé et café. Alors , il n'y a plus de concurrenee de la part des étrangers pour Tachât des denrées dont nous venons de parler. D'ailleurs , les privilèges de la compagnie réagissent sur les marchandises qui ne sont pas comprises dans son monopole » en raison du droit qui lui a été concédé de ne permettre qu'une station de quinze jours aux navires qui refusent de lui vendre leurs cargaisons.
Mais on fait espérer que ces abus touchent à leur terihe , parce que , dii-on , la compagnie ne jouissant d'aucun crédit, ses capitaux étant iSadbles, ses charges envers le Gouvernement deviennent supérieures, à ses bénéfices.
Informations sur le choix des cargaisons.
Lbs soieries , à l'exception des bas , les toilfes de France , les draps , et préférablement ceux dont le tissu est léger , les armes de parade , la chapellerie , les câbles et cordages bien goudronnés , le beurre en double futaille , sont des articles ordinairement d'un dëhit sur et facile. Nous ne parlons pas des vins et liqueurs , puisqu'ils ont été mis en monopole. Il faut envoyer peu de marchandises à la fois-, et'^s lors employer des navires d'un faible tonnage. '■''
Le commerce de l'horlogerie et des meubles est h peu près nul , parce que l'horlogerie est fabriquée sur les lieux mêmes par des ouvriers habiles que la maison Bosttel , de Bristol , a établis dans toutes les villes de l'Amérique , et parce que les- meubles étant frappés d'un droit de 4o pour ^loo , ils ne peuvent soutenir la concurrence de ceux que fabriquent les ébénistes français venus au Chili.
Toutes les marchandises sans exception sont admises au Chili , et sont exempts de droits , le mercure , les livres , plans et cartes géographiques , les sabres , épées , pistolets, fusils, canons, poudre, balles et autres munitions de guerre, les presses a imprimerie , les instrumens de physique , de mathématiques et de inusique , les ustensiles et machines pour les manufactures. Les autres marchandises paient les droits portés aux tarifs de la douane.
Les ^crédits pour l'acquittement des droits d'etitrée sont de six mois pour les nationaux et de quatre mois seulement pour les étrangers. Le paiement pour les premiers s'effectue par tiers, payables les troisième, cinquième et sixième mois; pour les seconds , par moitié , payable , l'une le troisième , l'autre le quatrième mois. Les négocians sont tenus» à cet effet, de souscrire des billets payables à vue.
Les navires arrivant avec un chargement h destination du Chili , doivent des droits de port fixés à un réal par tonneau pour les étrangers , et à un demi-réal pour les nationaux.
Exportations.
Les exportations du Chili n'offrent, ainsi qu'on l'a vu, que peu d'avantages. On pourrait bien y charger des cuirs et du cuivre; mais les cuirs sont d'une qualité médiocre» en même tems que le prix en est trop élevé. D'un autre côté , le cuivre y est cher et
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frappé de forts droîu-à la sortie; de sorte que rendu en Europe, il ne peut soutenir la concurrence avec les cuivres dû Suède et d'Angleterre, auxquels d'ailleurs il est inférieur en qualité.
Toutes les marchandises, sans exception, peuvent sortir du Chili. Sont exempts des droits de sortie les cordages et agrès, le chanvre, le lin non filé, les vins, la bière, les liqueurs 'et le charbon de terre. Les capitaines peuvent même, après avoir débarqué leurs marchandises , les remBàrquer pour l'exportation. Alors les droits d'entrée leur sont remboursés , déduction faite de ceux de réexportation.
Les bâtimens étrangers peuvent faire le cabotage,- moyennant un droit de 6 pour loo pour toutes les marchandises qu'ils ont à bord.
Le Mexique, pays d'une vaste étendue, situé en grande partie dans la zone torride, et baigné, d'un côté, par la mer du Nord, et de Tautre par la mér Pacifique ou la mer du Sud; le Mexique, comme tous les pays des tropiques, est plus abondant en fruits qu'en grains. Cependant son sol , très-varié , serait propre h toute espèce de grains , si l'industrie des habitans correspondait à leurs avantages naturels.
Huit ports principaux sont aujourd'hui fréquentés par les navigateurs étrangers sur les côtes du Mexique , la Vera-Cruz , Alvarado , Tampico , Gampèohe , Tabasco , San-Blas et Âcapulco.
Parmi ces ports, la Vera-Cruz estle seul qui puisse recevoir de grands bâtimens, mais le mouillage en est mauvais; de sorte que depuis la fin de septembre iSsS, les bâtimens n'abordent plus à la Vera-Cruz , et vont mouiller à l'iIe des Sacrifices, lorsque leur tirant d'eau ne leur permet pas d'entrer à Alvarado.
Alvarado prend chaque jour une nouvelle importance , en raison de la sécurité complète qu'il offre aux navires qui ont dépassé la barre; mais ce passage n'est pas sans difficulté , et il ne faut pas s'y présenter sans pilote.
Tampico , qui est en possession d'approvisionner une grande partie de l'intérieur , est sur-tout fréquenté par les Américains de la Louisiane. C'est aussi l'un des points les plus importans pour le commerce de France , en raison du débouché qu'il peut offrir aux eaux-de-vie , et sur-tout aux toileries , ainsi qu'aux cotonnades. D'ailleurs , le mouillage eu dehors est beaucoup moins dangereux qu'à la Vera-Cruz et à Alvarado.
Quant à Soto-la-Marina , il n'est fréquenté que par de très-petits bâtimens , la plupart contrebandiers , partis de la Nouvelle-Orléans et de la Navarre.
Campèche et Tabasco sont les ports qui approvisionnent non seulement tout le Yacatan, mais encore une grande partie de Guatimala , qui,' en 1822 , faisait partie intégrante du Mexique , et par lesquels s'effectue en même tems l'écoulement des productions de la même contrée.
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Acapuko, sur la mer du Sud, a une rade irèi-cooiiBode » et qoî peut cootenir juM{u*à cent Yakseaus.
Il est à observer que toutes les époques de Tannée ne sont pas égaleoieat £ivorabiea pour la veaXe des produits étrangers sur la côte du Mexique. Si Ton veut ae dé£iire promptement et avec arantage des marchandises européennes » il faut y aborder de la &n d'octobre au comm^Dcement d'avril , saison pendant laquelle les habitans de l'intérieur ne craignent plus U vanUto , auqoel ils sont plus exposés que les étrangers , se déterminant à descendre sur le littoral pour y former leurs approviaionnemens* Il est vrai que c'««t aussi la saison des ouragans du nord-ouest; mais cet obstacle peut se braver avec moins de danger qu*on ne le pense communément.
Le commerce du Mexique fut d'abord exploité exclusivement par les Américains du Nord» dont cependant les relations ne pft>fitaîent pas k eux seuls, puisqu'il entrait habituellement dans leurs cargaisons de la quincaillerie anglaise , des toileries d'Allemagne , des vins et des eaux-de-vie de France. Après eux, les agens de la Compagnie Rhénane se présentèrent avec des assortimeas dont on goûta le choix, et qui furent d'abord recherchés.
Cette Compagnie essaie seule encore aujourd'hui de soutenir la concurrence britan* nique; mais l'influence de l'Angleterre prévaut au Mexique comme dans les autres parties de l'Amérique espagnole.
Quant au commerce français , des observateurs instruits assignent trois causes princi pales qui se sont jusqu'ici opposées à ses progrès : i"*. l'absence de tout comptoir français sur les lieux, dont les soins continuels auraient été d'étudier les goûts des habitans , et d'écarter la concurrence des Européens; 2**. le faible développement qu'a pris chez nous l'esprit d'association de capitaux consacrés aux spéculations d'outre-mer; 5*. la défiiveur que les premiers envois ont jetée sur nos produits, quelques expéditeurs n'ayant pas craint de courir après des bénéfices exagérés , en trompant sur les qualités des cargaisons.
Sous ces divers points de vue, le commercé anglais a suivi une direction diamétralement opposée , et le succès n'a pas trempé son attente. Cependant les Anglais ne sont pas aimés au Mexique; ils n'y sont qu'utiles. D'un autre côté, la Compagnie Rhénane ne doit l'heureuse issue de ses tentatives qu'à rimitsrtion introduite par l'Allemagne de plusieurs branches de notre industrie.
Mais la France, au contraire, pour laquelle les dispositions des Meucains sont si favorables , n'a besoin que de sa propre volonté pour reprendre tous ses avantages. La con* vention commerciale que vient de passer noire fiouvememeat avec celui du Mexique, est un présage heureux et certam que nos relations occuperont bientôt le preaûer rang dans eette contrée. ( Ployez ei-après oette convention )•
On peut se faire , jusqu'à un certain point , une idée de Timportanee du eommerce extérieur au Mexique, par le relevé formé pour le port de la Vera-Crux, par le eoDsulado ou tribunal de commerce de celte ville, dans les années 1820, 1821 et i8««.