INTRODUCTION. XLV
rances est difficile, si même elle est absolument possible.
Mais comme la France possède 15,407 navires jaugeant 1,011 ,S85 tonneaux, sur lesquels 14,861 navires à voile jaugeant 793,836 tonneaux et 546 à vapeur qui en jaugent 218,449 (1), il est possible au moyen de cette donnée d'avoir une idée suffisante de l'importance des intérêts dont l'assurance garantit pour une large part la conservation.
Ce nombre de navires et la jauge qui y correspond nous laissent bien loin de l'Angleterre qui possède 25,090 navires, sur lesquels 20,538 à voile et 4,552 à yapeur, dont le tonnage dépasse le tiers de toutes les marines du monde réunies (2).
l'infériorité que révèle la comparaison qui résulte du rapprochement des forces des deux pays est d'autant plus alarmante, que tandis que l'Angleterre augmente toujours sa flotte commerciale, le nombre de nos navires subit une diminution, lente il est vrai, mais qui ne cesse pas (3).
Quelque intérêt qu'il y ait à connaître le fond sur lequel opèrent les principes qui régissent l'assurance,
(1) Annuaire statistique de la France, 1878, p. 450.
(3) Âunnal Stalement of tbe navigation and Shipping of tlie uniled Ringdom. — V. aussi Seennfall Statistik nach amtlichen Quellen, publié à Berlin, en 1879 par la société internationale de transport et d'assurance. — Tandis que le tonnage des navires à voile se porte en Angleterre à 5,366,327 t., celui des mêmes navires, aux états-Unis, ne se porte qu*à 3,272,120. — Quant aux navires à vapeur, il ne dépasse pas , dans ce dernier pays, le cinquième de ceux que possède l'Angleterre.
(3) Le nombre des navires était en 1873 de 15,574, en 1873 de 15,559^ en 1874 de 15,524, en 1875 de 15,441 ; le dernier recensement donne 15,407.
la recherche des causes qui semblent condamner notre marine à une décadence en quelque sorte chronique exigerait des développements incompatibles avec la spécialité d'une œuvre purement juridique. Un romain aurait conseillé d'en finir avec les digressions, de revenir sans plus tarder à l'édit du prêteur, c'est-à-dire à l'étude même de la loi. Celle qui régit les assurances offre un champ assez vaste pour qu'il soit permis de négliger ce conseil.