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De la réticence

317. — Les anciennes législations voulaient que l'assuré supportât' une partie de la perte. — Analyse et historique des dispositions qu'elles contiennent sur ce point.

307. — Tantôt on confond les mots risque j intérêt, péril, et on les emploie indifféremment pour exprimer le risque (1); tantôt on les distingue pour assigner à chacun d'eux une signification précise et spéciale, et alors,

(t) Principale fuDdamentum assecurationis est risicum seu interesse, sine que non potest subsistere assecuratio. — Casaregis, Disc. 4, n. 1. — Periculum pecnnia sestiinatur. — Roccus, note 4. — Aversio pericvli ita dicta, quod aliquis a lleri us pericu/vm in mari seversam it,autin se recipit, — Locenius, lib. 2, cap. 5, n. 1.

P Le mot risque s'entend de la perte partielle ou totale d une chose qui enlève à celui qui avait sur cette chose un intérêt tout ou partie de sa valeur ;

2® Le mot péril exprime la cause qui a engendré la perte, telle que un naufrage, une prise etc.;

3** Le mot intérêt, la relation entre le risque et la personne à qui il incombe : persona expectans risicum.

Dans les chapitres II et III du premier livre, nous avons parlé de l'intérêt ; nous parlerons dans un autre livre du péril ; dans celui-ci il sera question du risque.

Le risque futur et incertain existe, en matière d'assurance, toutes les fois que l'assuré est exposé à une perte. En d'autres termes, ce n'est pas la perte en soi, mais le préjudice qu'elle cause à une personne déterminée qui constitue le risque.

« L'assuré, disait le juge anglais Lawrence, doit « être dans un tel rapport avec la chose assurée, et « son intérêt doit être tellement lié à la conservation « de cette chose, que les pertes, les déchets, les dimi- « nutions que celle-ci subit aient pour effet de léser cet « intérêt, et donnent à l'assurance, qui a pour but de « le protéger, sa raison d'être. » (1)

Le risque et l'intérêt sont deux termes corrélatifs sans lesquels l'assurance ne saurait exister. Ainsi il importe peu qu'une chose soit exposée à un risque, si l'assuré n'a sur elle aucun intérêt ; il importe peu qu'il ait sur elle un intérêt, si elle n'est exposée à aucun risque. Il est clair que dans cet ordre d'idées, le mot risque

(I) Lucena v. Granfurt, 2 Bos. et Pull. '269-310.

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