LIVRE SECOND, CHAPITRE V
est faible et les expose à des avaries considérables.
Si on tient compte de ce fait que plus de cent mille navires sillonnent les mers on aura une idée exacte des difficultés qu'auraient rencontrées les compagnies d'assurance, quelle que soit leur puissance, si elles avaient été livrées à leurs propres ressources.
Il s'établit à Londres, vers le milieu du 18"" siècle, pour parer aux difficultés qui viennent d'être signalées, une société composée de négociants, d'armateurs et d'assureurs, sous le nom de LLoyd's Registry of shipping. Cette société a créé pour les navires une sorte d'état civil. Elle les divise suivant leur valeur, qu'elle fixe au moyen d'un langage de convention que lui fournissent les lettres A E 1 0, pour la coque du navire, et les chiffres 1, 2, 3, pour son gréement.
La première classe, représentée par les lettres A I, comprend les navires construits depuis moins de huit ans. — La seconde, représentée par les lettres E I, comprend ceux qui sont construits depuis plus de 8 ans et depuis moins de 12. — La troisième, représentée par les lettres 1 1, comprend ceux qui sont construits depuis plus de douze ans, mais que l'on considère comme propres au service, à la condition de ne pas transporter des marchandises sujettes à avaries. — Enfin, la quatrième, représentée par la lettre 0, comprend les navires impropres au service.
Ce mode de classification suppose à tort que la connaissance de l'âge d'un navire suffit pour en fixer la valeur. L'expérience démontra bientôt Terreur dans laquelle on était tombé (1). En 1824, une enquête fut
(1) y. sar ce point, Revue Britanniqtte de février 1836, un article relatif à ift cauM des naufirages.
ouverte sur ce point ; elle était dirigée par une réunion de capitalistes et de capitaines. Elle fut suivie en 1826 d'un rapport qui proposait l'abandon du mode de classification adopté par le LLoyd anglais.
Une nouvelle société s'établit à Anvers, en 1828, pour le réformer. Elle fut transférée à Paris, en 1831, sous le nom de Bureau-Veritas.
Disons, pour abréger, que cette société a recensé, autant qu'elle l'a pu du moins, les navires français et étrangers ; qu'elle les a enregistrés par ordre alphabétique avec mention de la date de leur construction, de leur tonnage et des réparations qu'ils ont reçues. De plus, ils sont classés individuellement après qu'ils ont été soumis à la visite d'experts capables, qui doivent tenir compte, non seulement de l'âge du navire, mais encore de son état, surtout si par vice de construction, ou par suite d'avaries antérieures, il est très-défectueux.
Des signes particuliers indiquent le degré de confiance que mérite chaque navire. Ainsi :
3 T (3/3) signifie une première confiance.
5 S (5/6) une confiance moindre.
3 Q (3/4) moins de confiance encore.
0 confiance nulle.
A côté des navires qui n'ont pas été visités par suite du refus des propriétaires, figure la mention : visite refusée.