Comprend-elle les animaux vivants
cialement désignées peuvent être remplacées par des marchandises analogues (1). Cette solution ne fait aucun doute lorsqu'elle est justifiée par l'interprétation de la police, mais en dehors de ce cas, elle est contraire au principe fondamental de l'assurance, d'après lequel le risque ne peut jamais être changé. En elTet, prenons le cas le plus simple, celui où à la place de lingots d'or on a embarqué des lingots d'argent. Si on suppose un échouement, le sauvetage des objets les plus précieux, et que ce qu'il a été possible d'enlever soit représenté par un volume d'argent d'un poids égal à celui qui aurait représenté les lingots d'or soumis à l'assurance, on aura l'exemple d'une aggravation de risques.
Lorsqu'on a embarqué à la place de l'objet assuré, ce même objet existant sous une forme différente, on doit appliquer encore la règle qui vient d'être posée.
Cependant Emerigon propose de suivre une règle différente. D'après lui, on doit examiner si. la chose embarquée peut revenir ou ne pas revenir à la forme spécifiée dans la police d'assurance. Ainsi on peut charger à la place de la vaisselle d'argent des lingots d'argent, car la vaisselle peut être transformée en lingpts, mais on ne peut charger du drap à la place de la laine, parce que le drap ne peut être converti en laine (2).
Cette distinction est empruntée aux lois romaines qui s'occupent de la question de savoir à qui appartient un objet fabriqué avec une matière appartenant à autrui. Il y eut sur ce point de longues discus-
(I) Klesecker, t. 7, p. 323.
(3) Emerigon, ch. X, sect. 3. — V. aussi Bernard, p. 446.