INTRODUCTION^ XXV
nom. En (3fret ces spéculations promettent aux souscripteurs des bénéfices qui doivent résulter du décès prématuré d'un grand nombre d'entr'eux ; et même dans les tontines ces bénéfices demeurent incertains dans leur quotité pour chaque actionnaire, jusqu'à l'événement du prédécès des autres actionnaires ; ensorte que l'on ne peut guères voir , au moins dans cette dernière espèce de conventions, que des spéculations de profits sur des évènemens funestes.
L'assurance , telle que la loi la reconnaît et la consacre , n'est point destinée à faire profiter l'assuré du malheur d'autrui , mais à réparer les malheurs qui l'atteignent personnellement , et à l'indemniser des torts de la fortune. Au lieu de fournir comme les spéculations de jeu de nouveaux alimens à l'influence du haard , l'assurance a pour but de combattre et d'atténuer autant que possible son influence sur les destinées humaines. Au lieu d'opérer de brusques déplacemens dans les fortunes, elle en garantit la stabilité. Au lieu de fomenter les passions nuisibles à la société par l'espoir d'un gain aléatoire obtenu sans travail , elle inspire à chaque assuré cette calme et ferme confiance que donne la certitude d'échapper aux coups du sort , et qui permet de se livrer sans crainte à toutes les entreprises utiles. La société n'en retire pas seulement des avantages moraux : en donnant aux propriétés un caractère de fixité , de certitude qu'elles n'avaient