INTRODUCTION. XVIJ
probabilité de perte à ~. Cette fraction sert tout à-la-fois à mesurer la perte probable sur la totalité des valeurs exposées , et la part de chaque armateur dans le péril commun. L'étendue et la valeur du risque étant déterminées pour tous et pour chacun , on peut sur cette base régler le prix des assurances , en ajoutant à la somme indiquée par le calcul des probabilités, la somme nécessaire pour couvrir les dépenses d'administration de la compagnie d'assurance, et pour lui procurer en outre le bénéfice qu'elle a droit d'obtenir , si elle se charge de l'assurance par entreprise.
« Les incendies d'une grande ville sont encore t au nombre des évènemens les plus fortuits qu'on ft puisse concevoir, puisqu'ils n'ont pour cause « que des accidens ou des résultats d'imprudence « ou d'étourderie. Cependant pour une ville, dont « les maisons sont construites suivant un certain « système , sont chauffées suivant un certain mode « par des habitans ayant des habitudes générales « analogues, on remarque dans un temps sufïit samment long que la proportion des incendies , « avec le nombre des édifices , approche d'un rap- « port constant. On calcule la valeur de ce rapport t et l'on en fait la base pour connaître la part qui « doit être payée par chaque individu dans les « assurances mutuelles , ou dans les assurances par « entreprise contre les incendies (i). » (ï) Extrait d'un discours prononcé par M. le baron Charles
XVllj INTRODUCTION.
Les fléaux qui détruisent les récoltes , les ravages de la gelée et de la grêle , donnent encore lieu à des conventions de garantie fondées sur les mêmes bases. «Malgré la variété des années, dit M. Laplace, la somme des productions , pendant un nombre d'années considérable, est sensiblement la même; en sorte que l'homme, par une utile prévoyance , peut se mettre à l'abri de l'irrégularité des saisons , en répandant également sur tous les temps , les biens que la nature distribue d'une manière inégale » , Mais un seul particulier ne peut guère se ménager de semblables ressources : car les fléaux n'attendent point pour le frapper, qu'il se soit mis en état de réparer ses pertes. Une société d'assurances peut seule , en faisant concourir ensemble les risques de perte répandus sur divers temps et divers lieux , opérer la compensation des années productives et des années stériles , des bonnes et des mauvaises récoltes , rapprocher les pertes d'un terme moyen , et rendre près qu'insensible l'inégalité avec laquelle la nature dispense les fléaux.
Les chances de mortalité sont aussi l'objet de spéculations fondées sur des calculs d'autant plus exacts, que les élémens de ces calculs sont plus nombreux, e!^ les données fournies par l'expérience plus fidèlement recueillies. L'on a formé par le dépouillement des registres de l'état civil des tables
Dupîn, à IVcoIc spéciale du commerce et de rindustric , le i3 juillet 1827.