‹ Traité des bandages, des pansemens et de leurs appareils (volume 2)Chapitre 41 sur 111 · URINAL MÉTALLIQUE POUR FEMME · texte numérisé non relu

URINAL MÉTALLIQUE POUR FEMME

On emploie aussi pour les femmes un urinal métallique auquel on peut adapter une: poche de gomme élastique semblable à celle de l'urinal pour homme que nous avons décrit plüs haut; et voici comment je voudrais qu'il füt fait.

Cet instrument devrait être formé d’une gouttière de métal qui aurait la longueur de la vulve, serait courbée en bateau d’un bout à l’autre et transversalement, afin de s'adapter à la fois, avec une grande exactitude, et à la courbure antéro-postérieure de la vulve et à la convexité transversale des grandes lèvres. il faudrait en outre que cette gouttière fut criblée de trous dans son fond et à la partie qui devrait étre la plus déclive lorsque l'instrument serait appliqué. Ces trous devraient être petits, et aboutir obliquement à un conduit excréteur fort court, saillant en bas, au dehors, et garni d’une vis sur sa circonférence. Cette vis pourrait recevoir l'extrémité supérieure de la poche de. gomme élastique, garnie à cet effet d’une virole creusée d’une vis à l'intérieur. Il faudrait que cette poche euùt un ruban comme celle de l’urinal d'homme décrit plus haut, afin qu'elle put être fixée à la cuisse ; que d’ailleurs aux extrémités de la gouttière de l'instrument fussent attachées des courroies, ou mieux des bretelles élastiques, pour les fixer invariablement à une ceinture.

Un pareil urinal serait, je-crois, préférable au précédent.

S'il était bien fait, que le conduit excréteur en füt fort court, que la poche y füt adaptée par un col grêle pour se renfler ensuite en arrière comme celle de l’urinal de Féburier pour homme, il n'empécherait pas la femme de s'asseoir, et d’ailleurs ne dégagerait pas d’odeur ammoniacale sensible.

On pourrait encore, pour empêcher la fluctuation de l'urine, construire le col de la poche de manière à pouvoir le démonter, et placer une éponge dans la panse de cette dernière.

Historique des urinaux. Ces instrumens ne sont pas nouveaux. Le célèbre Paré en imagina un pour ceux qui jettent leur urine involontairement. C’est une sorte de vase de fer blanc ovalaire , comprimé latéralement et destiné à recevoir les bourses et la verge (1). Il se doit mettre en la

brayette du malade, dit Paré, et y être attaché avec une

aiguillette par un anneau qu'il présente. Fabrice de Hilden a décrit et fait représenter un petit appareil qu'il a mis en usage contre l’incontinence d'urine. C’est une vessie fixée à un tube de bois, destiné à recevoir la verge. Il la soutenait par un lien attaché au gilet (2). Dans le même cas, c'est-à-dire dans l’incontinence d'urine, les chirurgiens employèrent d’autres moyens analogues : quelques-uns attachèrent au pénis un petit sac de cuir enduit de poix, d’autres de petits pots de cuivre où de fer-blanc que l’on pouvait tenir commodément cachés dans la culotte et entre les cuisses. Heister en a figuré un de ce genre (3). D’autres, Nuck (4), Heister lui-même(5), Foubert{6), préférèrent des compresseurs de l'urètre. Nuck (7) Winslow (8), ont encore ima-

(1) L. XXIIT, ch. 19, p. 898. — (2) Cent. VI. obs. 85. — (3) Part. 2, sect. 5, ch. 136, t. 2, pl. 26, fig. 7.— (4) Expér. chir. ou Heïster, pl. 26, f. 8. — (5) PI. 26, (. 9. — (6) Mém. de l’ac. chir., t. 4, pl. 1, f. 4. — (7) Opér. chir., f. 2.—— (8) Dans Morand, traité du haut appar.

URINAUX. gt

giné une espèce de brayer pour comprimer l’urètre à sa

racine. L'urinal proposé par Juville est peu commode. Pour les femmss Heister conseille un pessaire ou un an-

neau d’une largeur suffisante pour comprimer l'urètre.

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