‹ Traité des bandages, des pansemens et de leurs appareils (volume 2)Chapitre 53 sur 111 · MÉDICAMENS VÉSICANS · texte numérisé non relu

MÉDICAMENS VÉSICANS

et nous avons eu souvent à nous louer du résultat qu'il nous a fourni. Cependant nous l'avons vu , dans le courant de 1833, manquer souvent son effet, quelles que précautions que nous primes pour éviter l'irritation des voies urinaires. Ÿ aurait-il donc des époques ou des états de l'individu favorables à l’action des cantharides sur les voies urinaires ? Boyer trouve plus avantageux de revêtir les cantharides d'une couche de cérat, en même temps qu'on administre aux malades des boissons dilayantes et légèrement diurétiques , telles que l'eau de lin émulsionnée. Il faut ici faire une réserve pour les cas dans lesquels ces boissons seraient contre indiquées par l'état du malade. D’autres, parmi lesquels je citerai MM. Bretonneau , Mérat et Martin Solon ( Dict. de méd. en 15 v. art. Vésicatoire) conseillent d’interposer entre la peau et la surface vésicante une feuille de papier huilé. Les corps gras étant de très bons dissolvans des principes actifs de la cantharide, on comprend très bien comment ces principes agissent à travers le papier; et, en outre, s’il est vrai que les accidens soient surtout la conséquence de l'emploi des cantharides en nature, ce procédé doit certainement les prévenir. Ces précautions sont bonnes à connaitre pour la circonstance, très facile à rencontrer, où l’on n’a à sa disposition que de la poudre de cantharides.

Du pansement des wesicatoires.

| Il varie suivant que l’on se propose de faire sécher immédiatement la surface irritée de la peau, ou d'en entretenir la suppuration pendant un temps plus ou moins considérable. | 1° Des vésicatoires volans. On désigne ainsi ceux qu'on laisse sécher aussitôt que la vésication est produite.

VESICATOIRES. * 18)

Lorsque le vésicatoire ne doit pas suppurer, après avoir retiré lemplâtre qui était soulevé par l'accumulation de la sérosité sous l’épiderme , tantôt on incise celui-ci avec une lancette ou plus simplement avec des ciseaux, et on laisse écouler tout le liquide qu’il renferme ; tantôt, lorsqu'il y ainfiltration gélatiniforme du tissu sous-épidermique on perce chaque vésicule; tantôt dans l'un et l'autre cas on enlève l'épiderme pour produire une irritation locale un peu plus vive que par les deux précédens modes de pansement.

Cette dernière opération peut causer des douleurs cruelles et provoquer, par suite du contact de l'air sur la surface dénudée de la peau, des convulsions terribles chez une personne nerveuse.

Pour obtenir une prompte dessication, et en même temps la sédation des douleurs qu’entraine laction des substances vésicantes. on enduit de cérat bien frais une lame de linge doux, une feuille de papier sans colle fin et doux, plutôt qu’une feuille de pairée dont on a, même, sotgneusement écrasé et aplati les nervures en faisant rouler dessus un corps cylindrique, tel qu'un verre de table ordinaire, up gros étui, etc. Cette feuille ainsi préparée et graissée. est placée sur la surface du vésicatoire qui est restée recouverte de son épiderme affaissé et flétri. Du reste, le topique adoucissant que lon emploie ainsi doit toujours dépasser un peu les limites du vésicatoire. Quelques compresses et un bandage approprié à la partie complètent l'appareil. Ge pansement doit être renouvelé tous les jours jusqu’à ce qu’un nouvel épiderme se soit reproduit sous celui qui avait été décollé. L'été, il serait bon de changer l'appareil deux fois dans les vingt-quatre heures, surtout si l’on fait usage de beurre, qui a l'inconvénient de rancir très promptement, et d’exhaler alors une odeur dé-

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sagréable. Il est rare que la formation du nouvel épiderme dépasse cinq ou six jours. À cette epoque, on peut cesser le pansément avec du cérat, et se contenter pendant quelques jours encore d’'envelopper d’un linge fin la partie qui a été le siége du vésicatoire ; on empéche ainsi des frottemens qui pourraient être douloureux. En général, le beurre entretient plus long-temps la suppuration que le cérat. | 20 Des vésicatoires permanens. Lorsque l'on veut faire suppurer un vésicatoire, il faut enlever l’épiderme en totalité ou en grande partie. Pour cela, on saisit largement avec des pinces à pansement la partie la plus saillante de l’'ampoule, et avec des ciseaux droits , ou mieux courbes sur leur plat, on coupe circulairement l’épiderme au niveau de ses aahérences avec la partie restée saine : on l'emporte ainsi d’un seul coup, s'il est possible. Ce procédé est préférable à l’arrachement : aussi quelques personnes regardent cette manière d'agir comme avantageuse dans les cas où il s’agit de faire sortir le malade d’un état comateux, parce qu’alors, l’action brusque de l'air sur le derme à vif, cause une douleur très vive et un ébranlement général qui agit favorablement pour réveiller les facultés engourdies du cerveau ; mais, sauf peut-être cette seule circonstance, il faut se comporter comme nous l'avons indiqué; on doit toujours , autant que possible ; éviter des douleurs inutiles aux malades. Ïl arrive quelquefois que l’action de la substance vésicante n’a pas été égale et uniforme, et qu'il s'est formé , non pas une seule grande ampoule, mais plusieurs bulles séparées par des intervalles sur lesquels l'épiderme a conservé ses adhérences. On se comporte à l'égard de chacune de ces ampoules ou de ces bulles comme s’il n'y en avait qu’une; et l’action des épispastiques ne tarde pas à détacher l’'épiderme des points quiséparent encore les portions

dénudées du tégument. Le premier jour et ‘après le décollement de l'épiderme, on met en usage leméme pansement au cérat ou au beurre frais que nous avons indiqué et décrit pour les vésicatoires volans. Cette pratique est nécessaire pour ne pas ajouter à la douleur fort vive qu'éprouve le patient, et l'inflammation causée par l'action vésicante et par le contact de l'air ; mais, à dater du second jour, il faut employer des substances irritantes propres à déterminer la suppuration. Il y en a deux sortes : les pommades ou onguens épispastiques , qu'il faut étendre sur de la poirée ou du papier brouillard ou du taffetas ét des papiers tous préparés. Nous allons successivement examiner ces divers moyens.

1° Des pommades etonguens épispastiques. Le remède en vogue, en Angleterre , au rapport de S. Cooper ( Dict. de Chir., t. IL, p. 602), pour entretenir les vésicatoires , c’est la poudre de sabine, sur laquelle M. Crowther a appelé le premier l’attention ; ce praticien, après plusieurs tâtonnemens , s’est arrêté à la formule suivante : Sabine récente, en morceaux, deux livres; cire jaune, une livre ; axonge, quatre livres. La cire et l'axonge étant liquefiés , faites bouillir la sabine et filtrez. «Il faut bien remarquer, relativement à l'usage de l’onguent de sabine immédiatement employé après que l'on a enlevé la pellicule du vésicatoire, dit M. Crowther, que lexpérience a prouvé les avantages de l'emploi de ce topique, toutes les fois que l'on en à diminué l'action par l'addition de moitié ou d'un tiers de cérat. En suivant ce conseil, on obtiendra une suppuration plus abondante que si on employait l'onguent de sabine seul. » (Cooper, loc. cit.) M. Crowther a aussi fait des expériences sur des onguens , dans lesquelles entraient les fleurs de la clématite droite, du capsicum { piment }, et les feuilles de la digitaie pourprée, Les deux

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premières préparations n’ont produit aucun effet, mais la dernière a été très stimulante , et ce praticien se propose de reprendre ses recherches à ce sujet. Rte

En France, on emploie généralement des onguens aux cantharides ou au garou, dont voici les principales formules que j’emprunte à l'excellent article Pommade de M. A. Chevalier (Dict. des Drogues, t. IV, p. 250).

19 Pommade épispastique jaune. «Prenez : poudre très » fine decantharides, 120 grammes (3 onces 7 gros); axonge » de porc, 1660 grammes (3 livres 5 onces); eau, 250. gram- » mes(8 onces); on fait fondre la graisse, on y mêle les » cantharides, on ajoute l’eau, puis on expose ce mélange » à l'action d’une douce chaleur, en ayant soin de remuer » de temps en temps et d'ajouter de l’eau pour remplacer » celle qui s'évapore. On passe avec expression à travers » un linge, on fait fondre au bain-Marie, on ajoute la » poudre de curcuma, 8 grammes ( 2 gros ), on laisse en » contact jusqu à ce que la pommade soit colorée conve- » nablement, on filtre à travers du papier gris, on laisse » refroidir la colature, on sépare l’eau de la matière grasse » qui s’est figée, on fait fondre celle-ci, puis on y ajoute : » cire jaune, 250 grammes (8 onces } ; on aromatise en- » suite si l'on veut, en ajoutant : huile essentielle de ci » iron, 8 grammes ( 2 gros ). La pommade ainsi préparée » contient environ 10 centigrammes ( 2 grains ) d'extrait » huileux de cantharides par once de pommade. » Ce qui revient à un deux cent quatre-vingt-huitième.

2° Pommade épispastique verte. « Prenez: onguent po- » puléum, 1680 grammes (3 livres 5 onces 5 gros ); cire » blanche , 256 grammes (8 onces 1 gros 18 grains); vert-de- » gris, 24 grammes (6 gros); extrait d'opium, 24 grammes » (6 gros); poudre très ténue de cantharides, 6f grammes » à onces). On fait fondre ensemble l'onguent populéum » et la cire; lorsque la fusion est complète, on ajoule au

VÉSICATOIRES. 189 » mélange l'oxide de cuivre , l'extrait d'opium, ‘après les » avoir réduits en poudre très fine et les avoir porphy- » risés avec un peu d'huile pour les mélanger complète- » ment; lorsque le mélange est bien homogène, on le » place dans des pots. Cette pommade contient un trente- » deuxième de poudre de cantharides. » Cette pommade est beaucoup plus active que la précédente, et: même, suivant la remarque de MM. Mérat et Delens, elle peut servir de vésicant chez les très jeunes enfans ; il convient donc de la mitiger avec un peu de beurre ou de cérat. Généralement on préfère aujourd'hui la pommade jaune à celle-ci; cependant on peut y avoir recours avec avantage pour. activer des vésicatoires qui ne suppurent pas. : 3° Pommade au sarou. «Prenez: axonge de porc, 320 » grammes (10 onces); cire, 32 grammes (1 once); écorce » de garou, 128 grammes (4 onces). On fait fondre la graisse ».et la cire, on ajoute au mélange résultant de la fusion l’é- » corce de garou divisée et humectée, on fait bouillir jusqu'à ».ce que toute l'humidité soit évaporée; ou: passe alors la li- » queur, on la laisse reposer, lorsqu’elle.est refroidie on la ». râcle,, on la triture, ou bien on la fond à une très douce ».chaleur , et on la coule dans des pots. »

‘Quelle que soit la préparation dont on fasse usage , on

DA

enétendune couche mince sur une feuille de poirée, de pa-

pier brouillard, ou sur un linge fin , eton l’applique sur la surface dénudée. Ordinairement on prend une feuille plus grande que le vésicatoire ; on étale la pommade dans l’étendue seulement de celui-ci, et on graisse. le pourtour de beurre frais où de cérat; par ce moyen on évite l’agrandissement du vésicatoire ; nous y «reviendrons d’ailleurs plus loin. ÿ

4°. T'affetas et papiers épispastiques. Depuis quelques années on s'est beaucoup occupé de simplifier: le mode de

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pansement des vésicatoires, et: c'était certainement une chose fort avantageuse que de trouver un papier ou un taffetas tout préparé et doué de: propriétés épispastiques. Les auteurs de ces diverses compositions se sont surtout étudiés à graduer l’activité de cés topiques, dé telle sorte que l'on püt adapter leur degré de puissance irritante à l'état d'irritation du vésicatoire. Ils ont doné établi trois ou quatre numéros d'ordre qui -répondent à peu près aux diverses nusrices d'inflammation que l’on veut produire. Dans une note insérée dans le Journal des Connaissances médicales pratiques {avril 1837, p. 216), M, Véé donne les formules des trois gradations d'une composition qui lui a, dit-i}, très bien réussi : dans la première , les cantha: rides y entrent dans la proportion de un ét demisur huit d’axonge, et quatre de ‘cire blanche; dans la seconde’, qui est plus forte, il y a deux de cantharides sur huit d’on: guent de morelle {pour colorer en vert}, et quatre de cire blanche; enfin ; dans la troisième, nous trouvons trois de cantharides , huit d'axonge colorée par l'orcanette, et quatre de cire blanche. « Nous avons, dit M. Vée , préféré comme excipient coloré , dans la formulén°: | l’onguëént de morelle ou celui de toute autre plante vérte narcotique , pour modifier par elle l'action irritante de la préparation ; : ilaurait été à désirer de pouvoir disposer du même moyen pour lé n°3, peut-être pourrait-on y suppléer par Fhuile opiacée ; mais, au surplus, ce numéro très actif est beaucoup plus rarement employé. » Effectivement , les proportions de éantharides nous paraissent un peu fortes; et, de l'aveu même de M. Vée, son n° tr produit ste des phlyctènes quand ikest appliqué sur le dermé sain. Toutefois l'expérience et l'usage sont ici les seuls juges que l'on puisse invoquer. M. Albespeyre avait déjà publié dans le Journal de Pharmacie (février 1825) la formule d’un pa-.

VÉSICATOIRES: 191 pier épispastique qui doit ses propriétés actives au garou et à la cantharidine : ce papier a été expérimenté avec succès dans ie service de M. Manry, à Fhôpital St-Eouis. Son inventeur à aussi établi trois degrés successifs d’activité. D’autres compositions ont encore été indiquées par divers pharmaciens, mais elles sont moins généralement répandues que les précédentes. Les taffetas consistent dans des préparations analogues qui, au lieu d’être étendues sur du papier , ce qui est beaucoup plus économique, ont pour support une étoffe de soie convenablement apprêtée. Les papiers sont ordinairement tout taillés en morceaux de trois pouces et demi de long sur deux pouces et demi de large ; les taffetas sont en rouleaux et doivent être coupés au moment de s'en servir.

Ces procédés sont beaucoup plus expédilifs que ceux qui consistent à étaler des pommades sur des feuilles dé poirée où dépapier , aussi en fait-on aujourd’hui un grand usage. Is ont, en outre, l'avantage de ne pas laisser sur la surface dénudée ou à lentour des dépôts, des matières graisseuses qui rendent plus difficiles les soms de propreté. Du reste , quelleque soit la méthode que l’on emploie, il faut recouvrir le vésicatoire de compresses pliées en plusieurs doubles, et le’ fixer avec un bandage approprié à la forme de la partie. L'épaisseur des compresses et la fréquence des pansemens sont subordonnés à l'abondance de la suppuration. Pendan: les grandes chaleurs de l'été, il sera convenable de renouveler l'appareil le matin et le soir.

Effets et soins consécutifs. Dans le pansement des vésicatoires , 1l peut survenir plusieurs accidens dont le praticien doit être bien averti : quelquefois la surface dénudée s'enflamme, devient rouge, grenue , saignant au moindre contact; en même temps la suppuration se tarit ou du moins est sanieuse et en petite quantité. Il faut suspendre

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alors les épispastiques, faire des lotions émollientés de guimauve, appliquer des cataplasmes de fécule de pommes de terre (7. les médicamens émolliens ), afin de faire disparaitre la phlogose et l’irritation. Les choses ramenées à leur ancien état, on reprend le pansement ordinaire. Les: mêmes moyens conviennent quand une rougeur érysipélateuse se manifeste autour du vésicatoire , qu’il survient des vésicules ou des petites pustules à base rouge et enflammée. Il est bon aussi, dans ce cas , quand le vésicatoire n'est pas

lui-même trop irrité, de continuer l'usage des épispastiques, mais de placer par-dessus l'emplâtre suppuratif que l'on emploie, une grande feuille de papier brouillard , erduite de cérat simple ou saturné , et qui recouvre toute la partie du tégument frappée de phlegmasie. Il se forme souvent sur le derme mis à nu des pellicules ou fausses membranes qui peuvent acquérir l'épaisseur de plusieuts lignes. Ces fausses membranes sont d’un gris verdätre ou même noirâtre, et simulent au premier abord. des escarres gangreneuses ; mais l'examen le plus léger suffit pour faire voir qu'elles sont dues au dépôt d’une matière coagulable et non à une destruction du derme, qui reste au-dessous dans son intégrité. Il est des personnes chez lesquelles il est impossible d'établir des vésicatoires à demeure , parce qu'ils se recouvrent presqu'immédiatement de ces matières concrescibles, et ne suppurent qu'avec une extrême difficulté. Dans ces cas, il faut modifier la nature vicieuse de lirritation, faire d’abord tomber ces pseudo-membranes au moyen de cataplasmes émollients; puis on appliquera des suppuratifs, tels que un mélange pr cérat et de pommade verte de cantharides ou de Do jaune de garou en proportion convenable, ou bien encore, ceux qui revétent les papiers dont nous avons parlé. Lorsque les pseudomembranes sont peu larges et peu énaisses, on les soulève

VÉSICATOÏRES, 103 facilement avec l'extrémité arrondie d’un couteau mince et flexible, et s’il s'écoule alors un peu de sang, il n’en résulte qu'un dégorgement avantageux pour la surface ulcérée. D’autres fois ce sont des fongosités Saignantes ou molles et décolorées qui recouvrent tout le vésicâtoire ; il faut les réprimer avec le nitrate d'argent fondu , Ou en les saupoudrant de substances cathérétiques pulvérisées , telles.que l’alün. |

Chez quelques personnes nerveuses, les vésicatoires soût très douloureux, surtout dans les changemens de temps ; quelques lotions avec de la décoction de tête de pavot ou d'eau de guimauve additionnée de laudanum de Sydenham sufisent ordinairement pour les calmer; si elles étaient vontinuelles, on ferait incorporer à la pommade épispasüque, avec laquelle on panse le vésicatoire, quelques grains d'extrait aqueux d’opium. Si la surface, au lieu d’être rouge et enflammée comme nous l'avons supposé d’abord , était pâle, il faudrait l’'exciter par: des lotions vineuses, ou du quinquina en poudre, L'usage du charbon pulvérisé, des acides végétaux, tels que -le citron (Foyez pansement de la gangrène), conviendrait, si des escarres se manifestaient sur lé vésicatoire, eomme cela $e voit dans les-fièvres graves. |

Un inconvénient qüi se présente chez quelques personnes, c'est une tendance de l'exutoire à prendre des dimensions de plus en plus considérables : on peut alors‘entourer sa circonférence de bandelettes de linge, enduites de cérat, ou bien appliquer sur la partie malade un morceau de linge ou de papier brouillard aussi revêtu d’une couche de cérat, el présentaht à son centre une ouverture égale à l'étendue que l’on veut laisser au vésicaloire ; sur cette ouverture est appliqué l'emplâtre suppuratif, A l'aide de ce procédé et en diminuant peu à peu les dimensions de la

perforation , on arrive à rétrécir PR ARE et enfin à sécher complétement lexutoire. | IFRS Ona remarqué que les vésicatoires avaient quelquefois 6 de la tendance à descendre : on peut obvier à cet inconvénient en plaçant l'emplâtre suppuratif de manière que son bord supérieur dépasse un peu celui de la surface dénudée , et en le fixant dans cette situation à l'aide d’une bändelette agelutinative. Je ne traiterai pas ici des précautions à prendre quand on ‘sèche un exutoire établi depuis longtemps; je dirai seulement qu’il faut bien surveiller la c1catrisation pour éviter qu'il ne reste des fongosités exubérantes qui forment des reliefs et quelquefois de petites tumeurs pédiculées. On les brülera, avec la pierre infernale, ou, plus simplement, on les réséquera avec des ciseaux PART Ces fongosités sont des produits de nouvelle formation qu’il faut quelquefois tondre souvent sur les vieux vésicatoires, parce qu’elles pullulent si vite que le nitrate d’argent est insufhisant pour les détruire.

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