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DES MÉDICAMENS RUBÉFIANS ET DE LA RUBÉFACTION

Nous avons vu que les substances vésicantes détermi-

naient une inflammatione la peau, portée au point d’a-

mener une sécrétion sous-épidermique , eomie il arrive dans certaines phlegmasies spontanées, telle que l’érysipèle:

RUBÉF ACTION. 19ÿ mais il est d’autres médicamens qui produisent un effet moins intense, qui se bornent à irriter la peawau point de Ja‘faire rougir seulement. On comprend, du reste, que des F substances vésicantes dont on mitige l’action, soit en les faisant agir pendant un temps très court, soit en les affaiblissant par leur mélange avec un véhicule approprié, peuvent produire cet appel du sang dans une partie, en un mot, entrainer la rubéfaction. Ainsi, telle substance qui, à l’état de concentration, est un caustique énergique, peut, à volonté , devenir simplement vésicante ou rubéfiante. Les ‘conéidérations pathologiques dans lesquelles nous sommes entrés sur les usages et les effets des vésicatoires sont en grande partie applicables ici. Aussi, nous n’en dirons que quelques mots. ue .

Les rubéfians s’emploient spécialement comme révulsifs, ou pour dériver le, sang ou une irritation sur la partie où on les applique. Ils offrent cet avantage, que déterminant une action révulsive assez prononcée , ôn peut les répéter fréquemment , les faire agir sur une très large surface , sur une pertion ou méme sur la presque totalité du corps. Mais ici encore, il faut avoir soin de surveiller leur action; car la douleur qu’ils occasionnent peut, dans la période fébrile des maladies aiguës , amener une réaction qui augmente le mal au lieu de le diminuer. Il est bien entendu aussi. que-lofsque lon fait agir les rubéfians sur une large surface, leur action doit être très affaiblie. Mais je le répète, ce que nous avons dit des vésicatoires s'applique, moins rigoureusement , il est vrai, aux médicamens rubéfians. Nous allons exposer la manière d'employer les principaux d’entreeux ; et de l'usage de quelques-uns, on pourra conelure de celui des autres, car ces médicamens n'ont pas d'action spéciale ou particulière. En tête des moyens géné-

ralement décrits comme rubéfians , nous placerons l'emé-

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tique, bien qu'il produise des pustules, Il nous semble que faute de pouvoir le ranger parmi les vésicans proprement dits, nous ne pouvions mieux faire que d'en parler à propos des irritans les plus actifs du système cutané. J'en dirai autant de l'huile de croton tiglium;, dont il sera ensuite ARE |

1° Du tartre stibié employé extérieurement® Tout le monde sait que le tartrate antimonié de potasse, mis en. contact avec la peau , détermine son inflammation , et la formation de pustules semblables à celles qu’on désigne en pathologie cutanée sous le nom de phlysacia. On tire parti de cette propriété principalement dans les affections chroniques ou aiguës des voies aériennes , tant du larynx que des bragches, telles que l'enrouement, la phthisie laryngée, ati sec-de Laennec, la coqueluche , etc.; on l’a aussi mise à profit dans ets cas de phlegmasies anciennes ; des différens viscères, mais plus rarement. L'émétique. s'emploie extérieurement sous deux formes principales, l'emplätre et la pommade stibiée. ,

L'emplâtre stibié se prépare de deux manières différentes. Suivant la méthode ancienne, qui est la plus géné- ralement adoptée, on se sert d’un emplâtre de poix de Bourgogne étendu sur un morceau de peau ou de linge, fort et résistant; sa grandeur ne saurait être déterminée d’une manière absolue ; mais chez un aduite, il ne peut avoir moins de quatre pouces de côté ; ; quant à la forme, elle ést le plus souvent arrondie éréurent aux, quatre angles du carré qu elle représente, Sur une surface de poix de Bourgogne ainsi préparée, on saupoudré, en la répartissant aussi également que possible, de 12 à 48 grains, ou même un gros de tartrate antimonié de potasse pulvérisée. Laënnec ayant remarqué que les boutons développés PALM l'effet de ce sel, an niveau desapophyses épineuses, quand

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omapplique l'emplätre derrière le dos, étaient fort douloureux, conseille de laisser alors à la partie moyenne de l'emplâtre un espace longitadinal sur lequel on ne mettrait pas d'émétique. Cet espace doit nécessairement répondre à la ligne des apophyses épineuse de la colonne vertébrale (Traité de l'ausculk., t.T, p. 180).

La seconde méthode est plus récente ; elle a été publiée par. M. Poiydore Boullay, dans le tome VI du Bulletin de thérapeutique (p. 379). Déjà les praticiens avaient remarqué que le procédé dont nous verions de parler avait plusieurs inconvéniens ; par exemple, que l’inégale réparlition du tarire stibié sur l'emplâtre entrainait une fâcheuse inégalité d'action ; qu’alors, dans certains points, la peau était trop fortement emflammée , tandis que dans d’autres, elle était restée intacte ; que la présence d’une poudre à la surface de l'emplâtre agglutinatif s’opposait à l’adhérence, et qu'une partie de cette poudre se répandait au moment de l'application. Enfin, M. P. Boullay avait lui-même noté que l'emploi de l’émétique en-nature produisait quelquefois des accidens d’empoisonnement. C'est pour remédier à ces accidens que cet habile pharmacien a emprunté au journal du collége de pharmacie de Philadelphie ( janvier 1834), un procédé qui diffère de l’ancien , et qu'au lieu d'étendre le tartre stibié à la surface de l'emplâtre, on l'incorpore à la masse emplastique à la dose de trois gros par once. Les avantages de cetie méthode sont d’offrir-un emplâtre adhérent, sans qu’il cesse d’être efficace, à cause de la forte proportion de sel qu'il renfer e, et ne pas exposer aux dangers de l'absorption , puisque le sel est combiné avec la masse emplastique. Pour obtenir un effet plus énergique, corlaines personnes emploient l’'émétique sur une substance vésicante, ou bien ils en saupoudrent la surface d’un vésicatoire.

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Au reste, quel que soit le procédé qu'on mette en usage, il faut appliquer l'emplâtre bien exactement, soit entre les deux épaules , soit à la poitrine, à l’'épigastre ; en un mot, dans l'endroit indiqué ; et l'y maintenir un instant appuyé avec la paume des mains, afin de déterminer son adhésion. Si l’emplâtre était saupoudré , peut-être. vaudrait-il mieux le placer sur le lit du malade et faire coucher celui-ci sur l'emplâtre ; la pression du corps du malade, et les mains du chirurgien le feraient adhérer, et la foudre ne serait pas répandue. La durée du contact ne . pas excédèr cinq ou.six Jours. j

La pommade stibiée ou d’Autenrieth offre levantigé de pouvoir être employée sur les différens points de la surface cutanée : on s’en sert en friction , dans les cas que nous avons indiqués d’une manière générale , en commencant cet article. »

On la compose de différentes manières , et les pharmaciens ne sont pas d'accord sur la composition de cette pommade , et les proportions varient d’un à deux gros et demi de sel par once d’axonge. Aussi M. Chevalier (Dict. des drogues, t.IV,p. ) donne la composition suivante : émétique 2 gros ; axonge 6 gros ; M. Cottereau (7raïté élémentaire de pharmacologie) : émétique 5 gros; axonge 2 onces ; M. Ratier, dans son Formulaire des hôpitäti (p. 241): émétique 2 gros; axonge 2 onces (p. bo7).

En général, la manière d'employer cette pommade est la suivante : on en prend gros comme une petite noisette , que l'on met dans le creux de la maiñ , et on frictionne : pendant quelques minutes la partie voulue.; il faut répéter cette opération deux ou trois fois par jour, et après sepLou huit frictions, c’est-à-dire au bout de deux ou trois Jours, on voit apparaitre de petites pustules sur lesquelles on continue l'emploi du remède, à moins que lon veuille se

RUBÉFACTION . 203 borner à leur apparition ; si l’on cesse. l'usage de la pommade, elles avortent, et la suppuration n'a pas lieu.

On trouve dans le Journal des connaissances médicales pratiques (T, Il,'p. 95) une nouvelle formule tirée &'un journal allémand, et dont l’auteur, M. Hanay, vante l'efhcacité. Cette pommade est ainsi composée : tartre stibié 2 gros ; sublimé carrosif 6 grains ; axonge une once et demie. On fait des frictions avec cet onguent, ad moyen d’une flanelle chaude, et on les continue jusqu’à ce que la peau devienne rouge. L'exanthème qui en résulte dure jusqu’au second jour. Cet organe peut, dans certain cas , être préférable à celui qui ne renferme que de l'émétique, à cause de la rapidité de son action : mais on sait que la présence du gublimé, même en petite proportion, nest pas sans inconvénient sur l’économie. Enfin, quelques personnes font des lotions ou des frictions avec une solunon aqueuse de celte même substance , et dans la proportion de deux à trois gros de sel par once de véhicule : il fâut se servir d’eau pure, car beaucoup de solutions végétales que l'on voudrait peut-être employer simultanément renfer-

ment du tannin qui décompose sur-le-champ l’émétique.

Ces préparations liquides sont peu employées.

Effets et propriétés. Si l'emplâtre ou les frictions agissent sur la peau saine, celle-ci ne tarde pas à devenir rouge et tuméfiée, puis au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures, il se forme des pustules rouges , dures , entourées d’une large auréole inflammatoire, dans l’étendue de laquelle le tissu cutané est très sensible et très douloureux. Si l’oh continue l'application de l’emplâtre oules frictions, les béutons entrent en suppuration ; ils sont alors larges, arrondis , presque demi-sphériques , ontbiliqués au centre comme ceux de la vaccine, dont ils n’ont pas d’ailleurs l'aspect nacré. Vers le cinquième jour de l’éruption , ils

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