‹ Traité des bandages, des pansemens et de leurs appareils (volume 2)Chapitre 56 sur 111 · LA · texte numérisé non relu

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commencent à prendre une teinte brune, puis dés croules se forment de la même manière que aan la variole ou dans la vaccine , ét pour rendre l’analogie plus frappante, les cicatrices qui en résultent sont souvent indéiébiles. L'action est beaucoup plus rapide et blus puissante, si, comme le veulent plusieurs pratigens, on a fait déchirer la peau par des morsures de sangsues, des searifi-ations, ou si l'on a dénudé le derme par l application d'un vésicatoire. Tels sont-les effets des préparations stibiées employées à l'extérieur : vantées par les uns, dénigrées et rejetées par les autres, il convient d'examiner le degré ‘de confiance qu’on doit leur accorder en héripetti est On a surtout reproché : à ce procédé révulsif le danger des ulcé. rations, et voici, en effct, quelques exemples bien propres à effrayer les praticiens : 1° une jeune fille fut reçue à l'hôpital Necker, dans le service de M. Bricheteau, pour être traitée de vomissemens nerveux opiniâtres. Un emplâtre saupoudré de trente‘six grains d’émétique fut appliqué à la région épigastrique, sur des morsures récéntes de sangsues. Des douleurs très vives se manifestèrent: en deux jours , il s'était formé une escarre qui intéressait la peau, le tissu cellulaire sous-cutané, et laissait ainsi à nu les muscles antérieurs. de l’abdomen. Une fièvre ardente s’alluma, la bouche se remplit d’aphthes fort douloureuses; les

parotides se gonflèrent , et la malade mourut ( Bullet. de

thérapeutique, 1. IV, p. 34). .

2° Une petite fille était en traitement à l Hôpital des en-

fans , pour une coqueluche qui coïncidait avec la disparition d’une teigne faveuse ; des frictions avec la pommade sübiée furent faites sur la région épigastrique ét sur le cuir chevelu. Il en résulta une énorme ulcération dans cette première partie , les cartilages des dernières côtes sternales étaient à découvert et en partie résorbés. L'appendice xy-

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phoïde avait disparu, et le foyer purulent s'étendait jusque dans le médiastin antérieur. À la tête, le cuir chevelu était détruit en plusieurs points. ét au niveau de ces ulcérations, la table externe de l'os était érodée. Il n’eSt pes besoin de dire que l'enfant mourut bientôt dans.le marasme (WMéme recueil, t. VIL, p. 342 ). On a cité aussi des exemples de vomissemens violens ,.par suite de l'absorption de ces mé- dicamens employés sur le tégument externe ; d’ aphthes dans la bouche et même dans les autres mess des voies digestives, de salivation abondante , etc. Ces exemples $ fussent-ils rares, devraient toujours mettre en garde, contre l'emploi d’un moyen qui peut avoir de pareils dangers : ajoutons qu'il est excessivement douloureux, que lorsqu'on ‘a fait suppurer les boutons, les cicâtrices qui en résultent sont souvent indélébiles. Dès lors , Si l’on doit se borner à faire naître une fubéfaction , pourquoi ne pas se servir des rubéfians dont il nous reste à parler ? Si l’on veut pousser l'irritation jusqu'au point de produire une sécrétion purulente, les vésicans proprement dits valent mieux. D'un autre côté, el quoi qu'on en ait dit, l’'émétique , employé extérieurement, n'a pas de vertus spécifiques ; il peut donc être remplacé avec avantage. Enfin. si l’on s’obslinait à vouloir le mettre en usage, il faudrait surveiller attentivement son aclion , l'arrêter quand les douleurs seraient trop vives, les calmer avec des lotions etdes topiques émolliens. LE ulcération serait eombattue aussi par des appiicatits adouwcissantes de cérat froid.

s° Huile de croton-tiglium. Entre le tartrate antimonié de potasse et les Pen propreméntedits, nous pouvons ranger l'huile de croton- tiglium, dont il sera parlé plus loin, parmi les médicamens spéciaux et qui exercent sur la peau une irritation fort vive. Des frictions avec cette subslançe ont été recommandées par les Anglais contre le rhu-

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matisme chronique, certaines hydropisies , et on l’emploie seul à la dose de quinze, vingt, trente gouttes et même davantage en légères frictions sur les parties malades , répétées une ou’ deux fois par jour. Les onctions ‘avec l'huile de croton-tiglium déterminent d’abord une rubéfaction assez vive, puis une éruption miliaire ou vésieulaire, et enfin des pustules semblables à celles de l'ecthyma. Le Journal des Connaissarices médicales pratiques räpporte , d’après le Journal de Méd. et de Chir. d'Édimbourg ; lobseryation d’un enfant affecté d’hydrocéphale aiguë, contre laquelle avaient échoué les purgatifs, les sangsues, les vésicatoires ; la maladie “était au dix:huitième jour, on fit des frictions à la nuque et à locciput . trois fois par jour avec l'huile de croton et l’'ammoniaque , : à parties égales. Une once de ce mélange donna lieu à une éruption pustuleuse abondante, qui fut sûivie d’un amendement marqué dans les symptômes. Huit jours après , l'enfant était hors de danger ; mais on fut obligé de diminuer l’irritâtion causée par léruption ; au moyen de cataplasmes émolliens. Cette‘observation , donnée comme très. concluante en faveur du moyen dont nous parlons, n'est ‘pas telle à nos yeux : d’abord la période avancée de la maladie à laquelle le médicament a été administré, l'énergie des rémèdes employés jusque-là, enfin l'association de Væmmoniaque avec l'huile de croton-tiglium sont autant de circonstances qui enlèvent à ce “fait l'importance qu on a voulu lui donner. Nous pensons donc qu’une foule d’autres irritans, les vésicatoires, par exemple , ont au moins ‘autant d'action qued’huile de croton-tiglium, et ne présentent pas les accidens de la superpurgation qui pourraient résulter de son absorption. C'est donc un médicament à réléguer dans sa spécialité PERREe |

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Rubéfians proprement dits.

De la Hédièrée et des sinapismes. Le nom de sinapismes , que l’on donne aux cataptasmes faits avec la farine de graine de moutarde noire, vient du nom latin de cette plante, sinapis. L'usage de ces topiques révulsifs remonte a la plus haute antiquité , et l'expérience de tous les temps et de chaque jour n'a fait que confirmer les avantages qu'on en retire. Mr .

Les sinapismes sont des révulsifs fort actifs et très fréquemment employés. Ils sont d'une grande utilité dans les congestions cérébrales. Dans les cas de goutte ou de rhumatismes rétrocédés vers les viscères de la poitrine ou du ventre, on parvient souvent à rappeler la maladie à l’ex-

“érieur, en appliquant des &inapismes sur la partie qu'elle occupait naguère. Lorsqu'un exanthème fébrile, tel que la , rougtole ou la scarlatine vient à se supprimer brusquement, ou lorsque l’éruption se fait difficilement , une irritation vive à la peau , déterminée par le topique dont nous parlons , que l’on applique sur les membres ou successivement sur plusieurs points des-membres et sur le’tronc, offre au médecin une ressource prégieuse ; d’autres fois , cest pour rappeler une hémorrhagie habituelle, la menstruation, par exemple. Dans ces différentes circonstances , le topique est appliqué à une certaine distance du foyer de l'irritaÿon que l’on veut révulser; mais quelquefois on se trouve très bien de faire agir le semède loco dolenti ; cest, par exemple, dans les cas de ces douleurs rhumatismales légères et non fébriles qui, chez certaines personnes , se développent à la moindre impression du froid. J'ai aussi fait usage avec: succès de sinapismes répétés sur

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les articulations affectées de tumeurs blanches et au creux de l’épigastre dans le choléra-morbus.

Il n'est pas de parties, le visage excepté, ‘sur lesquelles les cataplasmes de farine de moutardene puissent être appliqués ; mais le siége habituel ‘de la révulsion est aux membres inférieurs , depuis les malléoles. jusqu’à la parûe supérieure des cuisses. Lorsque dans le cours d’une maladie , d’une fièvre cérébrale, par exemple, on présume devoir recourir plusieurs fois à ce moyen, beaucoup d'xuieursconseillent de ne pas soumettre Le pied à son action, parce que la phlogose assez vive et mêre les excoriations qu'il laisse quelquefois à sa suite, priverait de la ressource des pédiluves ; or, ceux-ci agissant sur-le-champ et n'occasionnant pas une irritation aussi vive, peuvent être réclamés à tout instant (Parent-Duchatelet et Martinet, {rachintis, p. 124). Quand les sinapismes produisent une vésication , c'est qu'ils ont été appliqués trop long-temps. Lorsqu'on les”

relire à propos, on peut toujours les appliquer plusieurs fois à la même partie, surtout lorsqu’après les avoir mis aux pieds, on les applique aux jambes etaux cuisses avant de les remetire aux pieds. Habituellement on les applique aux mollets, autour des genoux età la face interne des cuisses; cette dernière partie est même le lieu d'élection, quand on veut rappeler , comme je le fais tous les jours avec succès dans mon service d'accouchement à l’hôpital Saint-Louis , les lochies supprimées: | Préparation des sinapismes. La farine de moutarde que l'on emploie doit être récemment préparée, et an préfère généralement celle du sinapis nigra; cette grain conserve ses qualités, très long-temps, quelque sèche qu'elle soit ( Mérat et Delens, oper. cit., 1. VI, p. 352 ). Autrefois, on délayait la farjne de moutarde récente avec du vinaigre froid ou chaud ; de manière à lui donner la

RUBÉFIANS. 209 consistance de cataplasme ; mais, depuis quelques années, on à constaté que l'eau leur donnait bien plus d'énergie et qu'il valait mieux les préparer à froid. En effet, la mou tarde doit ses propriétés irritantes à une huile essentielle qui, suivant les uns, existe dans la graine; suivant d’autres, se forme par son contact avec l’eau. Quoi qu'il en soit, il résulte d'expériences diverses que les acides tels que le vinaigre , s'opposent au dégagement ou à la production de cette huile, et que l'eau, au contraire, entraine rapidement sa MA Tio Le Plusieurs personnes, entre autres MI. Mérat et Delens (Dict., t. VI, p. 357), disent d’employer l'eau bouillante ; mais, dans un travail de M. Fauré, inséré dans le js de Médecine pratique de Bordeaux ,.et reproduit dans le Journal des Connaissances médicales (septemb. 1835, p. 44), ilest démontré que l’eau froide doit être préférée. L'auteur en donne pour raison que l’albumine étant un des élémens constitutifs de l'huile essentielle de moutarde, toutes les fois que cette albumine sera rendue insoluble par la coagulation ou dénaturée par une cause quelconque , le résultat attendu n’aura pas lieu. Or, la coagulation est produite par la chaleur au-dessus de 7.9, et par les acides concentrés, les alcalis caustiques, etc... L'eau employée pour faire un sinapisme ne doit donc pas être chaude à plus de trente ou trente-cinq degrés ( Joy. aussi Bouchardat, Élém. de Mat. med. et de pharm.., p. 484; Paris, 1838 ).

Les sinapismes devant être appliqués à nu, il faut leur donner une certaine consistance. comme nous l'avons dit en parlant des calaplasmes d’une manière générale, et les disposer sur, un linge, en suivant le procédé que nous avons indiqué (p. 103). Nous ne répéterons pas non plus les instructions que nous avons déjà données sur l'application en elle-même, nous insisterons seulement ici sur la

duréé de cette même application et les modifications que certaines circonstances peuvent exiger.

Généralement on conseille de laisser les sinapismes en place pendant trois quarts d’heure, une heure, au plus. Ce temps est beaucoup trop considérable : un quart d'heure où vingt minutes, c’est le plus que les malades puissent supporter. Il y aurait même danger de les laisser aussi long-temps : si la poudre de moutarde est bonne, des ampoules et une vésication plus ou moins vive en pourraient être la suite. Je parle là d’ après des expériences faites sur mes malades et sur moi-même. |

MM. Trousseau et Blanc établissent , d'après leur expérience , les mêmes principes , et ils ont raison. Que si l'on voulait prolonger l'application et obtenir un effet moins prompt et moins énergique , il faudrait, comme on le faisait autrefois , se servir de vinaigre (Ærchiv. génerales de med., t. XXIV, p. 74). Maïs, comme le vinaigre est assez coûteux, je pense que dans ces cas il vaut beaucoup mieux employer des cataplasmes sinapisés, ‘c’est-à-dire des cataplasmes de farine de froment , saupoudrés d’une couche plus ou moins épaisse de poudre de moutarde. Ces iopiques doivent êtré exclusivement employés chez les très jeunes enfans, chez les femmes nerveuses etirritables. Nous avons dit que dans certains cas on promenait des sinapismes sur les membres. Il convient alors de les laisser huit à dix minutes seulement à chaque station ; cet espace de temps est suffisant pour produire une rubéfaction, et c'est là tout ce que l’on veut obtenir.

Effets, propriétés et soins consécutifs. L'effet des sinapismes suit de très près leur application ; quelques minutes Sont à peine écoulées que le malade ressent une douleur cuisante avec chaleur vive et brülante; la peau devient rouge , tendue et d’une extrême sensibilité. Il faut avoir

RUBÉFIANS. ET bien soin de surveiller cette action , dans la crainte qu’elle ne vienne à dépasser le but. Lorsque lé malade , au bout d’un quart d’heure ; souffre très vivement, on sotete le topique , et si l’on trouve le tégument suffisamment rouge et tuméfié, on le retire. Ilest en effet à craindre qu'il ne se forme des ampoules ou même des escarres. Le sinapisme enlevé, il est bon de couvrir la partie avec un linge fin pour éviter les frottemens du drap ou des vêtemens; si lirritation avait été très violente, on ferait des ons émollientes, et on appliquerait une feuille de papier brouillard , enduite de cérat simple ou saturné; cette’ pratique serait indispensable , S'il s'était formé des phlyctènes. Au bout de quelques jours, il survient dans la partie qui a été 1rritée le même phénomène qui s’observe à la suite des phlegmasies ordinaires de la peau, l'érysipèle, la rougeole, etc., c'est-à-dire qu'il y a desqüamation de l’épiderme.

Les sinapismes, surtout préparés à l’eau, sont un médicament peu coûteux, qui se rencontre facilement, et dont l'effet manque rarement son but. Ils ont en outre sur les cantharides le grand avantage d'agir localement et sans exercer d'action spéciale: autre que:-linflammation: du point précis avec lequel ils sont en rapport.

De quelques autres cataplasmes irritans. On emploie quelquefois, soit séparément , soit :mélés à la farine de moutarde ; de la racine de raifort râpée, de l'ail écrasé, du vieux levain, de la fiente de pigeon, ete. Mais ;'sauf la racine de mn qui, à défaut de moutarde , pourrait étre.employée., tout le reste doit être relégué He les vieilles pharmacopées, avec toutes les autres, Lie drogues dont on était s1 avide autrefois. L'ail réduit en pulpe, dont vcertaines ; personnes, se servent encore aujourd'hui, exhale par lui-même une odeur désagréable, et.ses particules

absorbées donnent à l’haleine une fétidité qui persiste quelquefois pendant plus de vingt-quatre-heures, comme M..Barbier en cite ua exemple (Traité de Mat. med, , t..Il,,p. 66 ). DIU De lalcool sinapique. M. Faure , Sont nous avons dé parlé, à propos des sinapismes, a Sabre unenotesur l'usage de l'alcool sinapique (Bullet. de Thérap. , 1. N,p. 223), qui avait été employé avec succès, par plusieurs médecins de Bordeaux, dans le traitement du choléra. « L'avantage de,.ce révulsif sur les autres stimulans énergiques, dit. M. Faure, consiste en ce qu'on peut arrêter in$tantanément son effet, lorsque l’on juge la réaction suffisante. Voici la composition : Huile volatile de moutarde, 12 grammes ; alcool à 25° de Baumé , 250 grammes. Mélezet Le HE dans un flacon: bphidbé, Ceite liqueur produit sur Ja peau une grande chaleur et une vive irritation ; il suffit d'appliquer sur la partié un morceau de flanelle-ou de linge qui en soit imbibé, et qu’on humectera de nouveau deux ou trois minutes après, s’il en était besoin ; les picotemens que cette application produit sont d’autant/plus sensibles qu'ils ont lieu plus promptement. La rougeur dé la peau en est la suite; elle:amène même des ampoules et des phlyctènes.» | 1€ Pour faire cesser presque immédiatement, ajoute M. Faure ; la douleur occasionnée par l'effet de ce révulsif, äl suffit dé verser, à deux ou trois reprises, quelques gouttes d'éther sulfurique sur létendue dela surface irritée. » Ce rubéfant peut, dans certains cas urgens, être employé; mais le sinapisme ordinaire jouit des mêmes avantages et se trouve bien plus facilement.

Des acides étendus. Si l'on ajoute une suffisante quantité d'eau aux acides minéraux'et végétaux concentrés ; on obtient des liqueurs dont on peut faire usage extempora-

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nément, soit en pédiluves , soit au moyen de compresses ou en lotions, sur une partie, pour y détérminer la fluxion sanguine qui constitue la rubéfaction.

L’ammoniaque et quelques autres solutions alcalines jouissent des mêmes propriétés. RARES

L'essence de térébenthine à été récemment émployée par le docteur Little, comme dérivatif dans quelques affections de la poitrine , surtout chez les enfans ( Journal des Conn. méd. chir., t. IL, p. 116). Ce médetin , ayant remarqué les inconvéniens attachés à lusagé du tartre stibié , et quelquefois des vésicatoires chez des sujets très jeunes ou très irritables , a eu l’idée de substituer la térébenthine, employée sur la poitrine, aux autres moyens plus actifs dont nous venons de parler.

La coqueluche, les bronchites chroniques, l'asthme, sont les affections’ qui réclament l'usage de la térébenthine.

Dans la coqueluche, on enduit d’essence la partie antérieure de la poitrine et du cou , et on recouvre ces parües d'un large morceau de flanelle pour éviter le contact de l'air et une irritation trop. vire. Ces applications peuvent être répétées deux ou trois fois au plus par jour. Quand une révulsion très prompte doit être obtenue dans un accès d'asthme, par exemple, on emploie la térébenthine très chaude. |

Le médicament dont nous parlons rougit assez promptement la peau, en occasionnant une douleur très peu marquée; et, dès-lors, non suivie d’un mouvement fébrile. Son äpplication peut étre renouvelée fréquemment sans produire cette irritation qui accompagne l’action du sinapisme. Mais, d’un autre côté, son action est très faible, et, dans des cas graves et pressans, il ne faudrait pas compter sur son secours. On a essayé ce moyen à l'Hôpital des-En-

fans, et on en a retiré quelques bons effets dans la coqueluche, dont elle a plusieurs fois, sinon entravé, du moins modéré les accès; dans d’autres maladies de la poitrine, elle: n’a pas paru produire d'effets bien sensibles, et son administration offre de plus l'inconvénient d’une odeur pénétrante , insupportable à beaucoup de personnes.

De l'urtication. Tout lé monde sait qu’il est une espèce d'ortie, urtica urens , dont toutes les parties sont armées de poils canaliculés , à la base desquels se trouve un glandule contenant un liquide caustique. Au moindre contact de cette plante avec la peau nue, les aiguillons s’enfoncent dans cette membrane et y versent le liquide que renfermait la glandule. Il en résulte une douleur assez vive et la formation d’ampoules. C’est à ce phénomène que lon a donné le nom d'urtication. Remarquons, au reste, que la plante fraiche jouit seule de cette propriété; desséchée , elle a perdu son action.

Usages. Cette stimulation, si vive que soit le contact des orties , a trouvé depuis iong-temps son application en médecine ; on la fait servir à la révulsion, faute d’autres rubéfians, à la campagne, par exemple. Ainsi, on l’a employée sur les membres et le tronc pour rappeler un exanthème supprimé; pour réveiller les propriétés vitales engourdies dans un membre paralysé, et qui avait perdu sa sensibilité ; dans certains cas de rhumatisme, d’asphyxie, on la aussi mise en usage sur les membres inférieurs, les cuisses, spécialement chez les femmes dont on voulait rappeler les règles. Enfin , dans la fameuse épidémie de choléra, en 1832, on en a fait un fréquent usage pour déterminer la réaction.

Application. Voici la manière d'employer lurtication: on a soin de se couvrir les mains de gants de peau bien épais, et on cueille, au moment d’agir, les orties qui doivent servir à Fopération. On les enveloppe de papier dans

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une partie de leur étendue, de manière à ce que la partie la plus élevée porte seule sur la peau; alors on fouette doucement la région désignée, jusqu’à ce qu’il se soit formé des ampoules rapprochées et que la peau ait pris une teinte fortement rosée dans les intervalles. On peut renouveler ces manœuvres à plusieurs reprises et sur une étendue assez considérable, lorsque l’éruption artificielle est dissipée.

La douleur qui suit la flagellation est vive, et mélée d’ardeur et de démangeaison qui lui donnent un caractére tout particulier et fort pénible. En même temos il se forme des élevures irrégulières , arrondies , assez dures , plates , rosées à la circonférence , blanches au centre. Entre ces élevures la peau est rouge, tendue, douloureuse. Nous ne pensons pas, avec certains auteurs, que l'articulation puisse avoir des vertus spéciales qu'elle tiendrait du liquide caustique versé par les glandules, c’est là une hypothèse que rien ne justifie. Nous remarquerons seulement que porté trop loin, ce mode de révulsion peut avoir de graves inconvéniens. M. Martin Solon a rapporté , d'après Gardanne, qu’un goutteux, qui s'était mis entre les mains d'un charlatan , fut soumis à l’urtication avec tant de violence, qu'il se déclara un érysipèle phlegmoneux fort grave (Dict. en 15 v. t. XV, p. 503). Si la douleur et la cuisson étaient fort vives, on les calmerait par des lotions réfrigérantes d’eau vinaïgrée, ou par des onctions d'huile d’ RE

Des flérrdns. Nous avons vu, en parlant de la méthod» iatraleptique, que les frictions étaient fréquemment employées pour faire pénétrer des médicamens dans l'économie : mais dans d’autres circonstances, on $e borne à frotter la peau pour l’exciter, l'irriter seulement, soit avec des substances médicamenteuses (frictions humides} } soit avec la main ou des corps secs (frictions sèches).

Usages. Cette stimulation, exercée sur la peau, à dit

quefois des avantages, dans certaines affections organi- ‘ques anciennes, que les anciens appelaient des obstructions viscérales ; dans certains engorgemens blancs; dans des névroses des organes viscéraux , surtout de l'estomac; dans’æertains cas de douleurs rhumatismales ; enfin, par ce moyen , on est parveñu à rappeler des exhib ue primés.

Application. On peut exercer les frictions sur toute la surface du corps ou sur une partie seulement de son étendue.

Divers moyens sont mis en usage pour les pratiquer, quelquefois c’est seulement avec la paume de la main, que l’on fait aller et venir rapidement, eten pressant un peu.sur le tégument ; mais il est plus avantageux de les faire avec des brosses plus ou moins rudes, disposées à cet effet,et que l’on nomme brosses de santé. H est clair que le degré de mollesse ou de dureté de ces instrumens doit être subordonné à l’âge, au sexe et à la délicatesse du sujetsur lequel elles doivent porter leur action. On frictionne , à l’aide de la brosse, jusqu’à ce que la peau ait pris une nuance rosée et que le patient éprouve de la chaleur et,an très léger sentiment de cuisson. D’autres personnes se servent de flanelle ; cette étoffe de laine hérissée de petites aspérités est, en effet, très avantageuse pour remplir le but que l’on se propose: vi ea plus d'activité à ces frictions, on expose quelquefois ces flanelles à la vapeur de plantes aromatiques que l'on fait brüler.sur des charbons ardens.

Des \frictions humides. Elles se font sRrLQRL avec, des liquides onctueux nommés linimens. |

Une liqueur très stimulante et qui s ajoute. très pihien aux frictions. pour amener larubéfaction , est l'alcool..de cantharides. Une flanelle, imbibée de ce Too et promenéé vivement sur les tissus, ne tarde pas à faire rougir la peau.

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Ce médicament est surtout indiqué dans les rhumatismes chroniques. Les traités de matière médicale et de puzologie abondent.en formules de linimens ammoniacaux, dans lesquels les rapports de l'ammoniaque à l'huile qui sert de véhicule, varient dans la proportion de 1 :8ou de r':4.On en emploie d'ordinaire la valeur d’une cuillerée à bouche par chaque friction.

Nous avons dit que Le froid, employé temporairement , déterminait une réaction fort vive, avec rougeur de la partie, etc.Les frictions avec l’eau glacée, la neige, produisent cet effet , et sont fréquement mises en usage dans les cas d’asphyxie par congélation.

Des pédiluves et des manuluves irritans. Rien de plus vulgaire que l'administration des bains de pied irritans , comme révulsifs ; on les emploie avec avantage dans les céphalalgies, les phlegmasies et les congestions cérébrales , oculaires , buccale, pharyngiènes; les hémorrhagies nasales ou bronchiques; dans la suppression des règles, pour les rappeler, etc. Les manuluves sont jlus rarement mis en usage dans un but de révülsion ; ils né sont guère indiqués que dans les hémoptysies abondantes ou des accès d’asthme ou de suffocation.

On compose ces bains de différentes manières : quelque- {fois on se:borne à faire agir l’eau par sa température que lon maintient très élevée; mais le plus souvent on y ajoute des substances irritantes ; ainsi, on y met généralement “ne ou deux poignées de sel de cuisine (hydrochlorate de soude), ou de cendres (carbonates alcalins); d’autres, fois c'est de la farine de moutarde , à la dose de trois à quatre onces , de l'acide. hydrochlorique (3 ij à jy) ou du souscarbonate de potasse (3 v] à viij). Mais, que l'eau soit seule ou chargée de l’un des médicamens, que nous venons. d'énumérer, elle doit être employée au moins en

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quantité telle, que les pieds reposant au fond du vase qui les renferme , elle ne s'élève pas au dessus des malléoles. On a généralement une habitude fort mauvaise d’administrer les pédiluves. On les fait prendre presque bouillans: et quelquefois la douleur trop vive et trop brusque qu'ils déterminent fait une réaction vers le cerveau; le sang se porte à la tête, et l'effet désiré se trouve perdu. Il vaut: mieux les administrer, d’abord tièdes; on augmente graduellement la température, en ajoutant peu à peu de l’eau bouillante; et la durée qui généralement n'excède pas dix minutes, doit être prolongée pendant plus d’une demi-heure: Ce que nous venons de dire est surtout applicable aux pédiluves sinapisés , car nous avons vu que l’eau, à une température un peu élevée, déterminait le développement le plus complet du principe actif de la moutarde. Les pieds retirés de l'eau et bien essuyés doivent étre entourés de flanelle ou de laine bien chaude, afin que l'effet ne soit pas perdu en peu d’instans. On peut même, si l’état du malade le permet, le maintenir assis sur le bord de son lit. Les jambes alors pendantes, le sang ÿ séjourne plus long-temps. Administrés comme nous venons de le dire , les bains de pieds ne sont pas très douloureux ; malgré l’irritation produite , ils peuvent être renouvelés à plusieurs reprises.

De la rubéfaction par le feu. La chaleur peut être emplayée de différente manière pour produire l'irritation de la peau. Toutefois, ce moyen n’est guère indiqué que dans les affections chroniques , telles que les engorgemens articulaires ou ganglionnaires , les douleurs rhumatismales légeres, etc.

On peut exposer la partie malade aux rayons d’un soleil ardent ou à la flamme d’un foyer : certaines personnes l’enveloppent ou la recouvrent de sachets remplis de sable chaud. J'en ai retiré d'excellens effets en les employant

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contre des douleurs de rhumatismes.La température de ces

‘sachets se conserve fort long-temps. Suétone rapporte que

l'empereur Auguste fut délivré par cemoyen d'une sciatique fort opiniatre. Des briques chaudes, des bouteilles chaudes enveloppées de linge et maintenues contre une partie rhumatisante m'ont également réussi dans bien des cas. On a proposé de concentrer avec un verre lenticulaire les rayons du soleil, et de promener le verre à une distance telle des tégumens, que ceux-ci se trouvent au foyer de la lentille. On obtient par ce moyen une chaleur fort vive, qui même peut être portée au point de produire une escarre superficielle {cautérisation objective); maisle grand obstacle à son usage, c’est que dans nos climats, surtout, on ne peut s'en servir en tout temps, ni en tout lieu, et que ce moyen bizarre, est inférieur à une foule d’autres. On pourrait très bien le remplacer en présentant à quelque distance des tégumens un charbon enflammé que l’on tiendrait embrassé avec des pinces. Faure, dans son mémoire sur la chaleur actuelle , veut qu’on l'approche et qu’on le recule alternativement (Mém. sur la chaleur actuelle, mém. de l'Acad. r. de chir., t. XV, p. 399in-12). On a dit quela chaleur du charbon était promptement éteinte, qu’il n'était pas commode d'interrompre l'opération pour prendre un second charbon , et ainsi de suite ; qu'on était obligé alors d'entretenir l’'incandescence , à laide d’un soufflet, Ces inconvéniens ont engagé Percy à modifier le procédé de Faure , et à conseiller l'usage d’une large plaque rougie à blanc; mais tous ces moyens ont un inconvénient plus grave qui fait qu'on les emploie toujours très rarement; c'est qu'ils ont peu de valeur par eux-mêmes, et qu'on peut très aisément les remplacer par des moyens plus commodes, moins recherchés et moins extraordinaires.

Ventouse. Les phénomènes de la pression atmosphérique

découverte et étudiée par Galilée, Toricelli, B. Pascal, etc., ont donné l'explication complète des effets que pouvait produire le vide , tant sur les substances inertes liquides ou gazeuses que sur les corps organisés. On sait aujourd’hui que la colonne d’air qui nous comprime de toutes paris s'oppose au mouvement d'expansion qui tend à changer les liquides en gaz , et concourt puissamment à l'état des humeurs qui parcourent notre économie. Si, de l'air dans lequel nous vivons habituellement, nous passons dans un milieu plus raréfié, tel qu’on le rencontre sur les hautes montagnes ou dans les ascensions aérostatiques, le mouvement d'expansion dont nous parlions se révèlera par l'exsudation du sang hors de ses vaisseaux , au niveau des membranes minces et molles dans lesquelles ils se ramifient, et les muqueuses, privées d’épithélium , seront le siége d’hémorrhagies: ce fait est aujourd’hui bien constaté. Mais si, au lieu d’une simple raréfaction, on vient à faire le vide sur un point donné de la peau , on devra y observer tous les phénomènes de l'ascension du liquide dans les pompes ; c'est-à-dire que dans la partie soustraite à la pression atmosphérique , on verra les humeurs affluer avec force , et la partie se gonfler et se tuméfier : dés lors , cette même partie sera le siége d’une véritable fluxion qui détournera de la masse du sang des organes circulatoires une certaine quantité de ce liquide. Il y aura donc révulsion dans toute l’acception du mot. |

Telle est la théorie générale de ce qui se passe quand on vient à faire le vide sur une portion circonscrite du tégument. Les instrumens dont on se sert pour cette opération, et qui portent le nom de ventouses, étaient connus et employés dès la plus haute antiquité, maïs sans que l'on put: se rendre compte de leur mode d'action autrément que pa l'horreur du vide. Le vide une fois obtenu par le

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Moyen dont nous parlerons plus bas, on profite souvent de lafflux du sang dans la partie où les ventouses;ont été appliquées pour y pratiquer des mouchetures et des scarifications que l’on fait saigner en réappliquant la. ventouse. On pratique ainsi des émissions sanguines. locales , assez abondantes. Cette opération est généralement désignée sous le nom de ventouse humide ou scarifiée. Quand'on se borne à faire le vide , c’est la ventouse sèche. Le, nom ded'opération estici emprunté à celui de l'instrument qui sert à les pratiquer. {n’est question ici que des ventouses sèches. has | Lots y as!

Usages. Les ventouses sèches sont employées comme révulsifs dans une foule de circonstances analogues à celles dont il a été tant de fois question au commencement de cètarticle, les rhumatiëmes chroniques très circonserits. MM. Parent-Duchatelet et Martinet { Traité des Arachnitis, pe 119) les regardent comme un excellent révulsif ‘dans les cas d’affections cérébrales chez des sujets faibles, irritables, nerveux, qui ne sauraient supporter la saignée, ni l'emploi de médicaméns irrtians trop actifs. Laennec (Tr. de l'Auscult., t. 1, p. 392) dit, en propres iermes, que « les ventouses sèches, appliquées en très grand nombre sur toute la surface du tronc et des membres , sont un des meilleurs moyens dérivatifs que. l'oû puisse employer » pour combattre l’apoplexie pulmonaire. Elles sont assez souvent: employées par quelques chirürgiens contre les affections articulaires ; celle de la hanche principalement (Dehaën, ratio medendi, 1. I, de:Cox. Morbo., p.317). J'avoue que, pour moi, j'en fais peu de cas. ti

..: Instrumens. Les ventouses dont.on se sert aujourd'hui sont des tloches ou cucurbites de verre, de forme à peu près sphérique, de trois pouces à trois pouces et demi de

diamètre, présentant une embouchure ou goulot cylindrique très court, d’un diamètre, variable d’un à ‘trois pouces. | eee à Æpplication. 11 ÿ'a plusieurs moyens de faire le vide dans les ventouses : les uns raréfient l’air en chauffant la cloche, à l’aide de divers movens ; les autres adaptent à celle-ci un corps de pompe, garni d’un piston, qui joue le même rôle que les pièces correspondantes dans une machine pneumatique : c'est lebdellomètre. M. Lafargutsa proposé, dans le Bulletin de Thérapeutique (t. X, p. 195), des ventouses à succion, dont il se loue beaucoup. Ilse sért d’un entonnoir de verré ordinaire, dont le rebord évasé est usé sur le carreau, afin qu’il soit bien égal partout. A l’au: tre extrémité tubulée, il place une petite soupape formée de deux rondelles, l'une de parchemin, l’autre en cuir de veau, qui doivent dépasser un peu le diamètre du tube ; cette soupape est fixée au moyen d’un double fil passé en croix dans son épaisseur, et dont les bouts sont fixés le long du tube par un peu de colle et un taffetas de soie. On embrasse le tube avec les lèvres et on fait le vide en opérant la succion ; alors la soupape se lève'et rétombe aussitôt que l'on cesse d’aspirer. Cet appareil, bieu que moins compliqué que le précédent, ne remplit pas mieux le but que la simple raréfaction par la chaleur : aussi c'est à ce moyen que s'arrêtent presque tous les praticiens. On peut encore plonger la ventouse dans de l’eau bouillante; et la porter sur le point où elle doit être appliquée ; mais cé procédé est trop défectueux : l’eau bouillante qui réste ‘après la cueurbite brûle le malade , et, le vase eût-il été'essuyé ; il est lui-même à une température trop élevée pour ne pas agir sur la peau: Dans les hôpitaux , on emploie de petits fragmens de papier: que lon fait brüler dans là éloche , tenue le goulot en l'air , et quand celle-ci est bien échaut-

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fée, on la renverse brusquement et on lapplique sur Ja peau. Par ce moyen, on réussit assez bien ; mais souvent la vapeur épaisse qui s’exhale du papier remplit la cloche, et se met à la place de l'air qui a été chassé; la ventouse ne prend donc pas ou prend mal. En outre, le papier qui flamboie sur la peau y cause très fréquemment des brülures. C'est avec plus d'avantage que l’on se sert de coton bien effilé et imprégné d’une liqueur alcoolique.Il faut en mettre très peu dans la ventouse; la combustion a lieu en quelques secondes, avec une flamme vive; il en résulte un grand vide, etls cloche s'applique avec succès: Je place quelquefois sur la peau une petite mèche de veilleuse allumée et je la recouvre avecune cucurbite:la combustion absorbe l'oxygène contenu dans la cloche, etl’air $e trouve raréfié; mais il reste toujours une forte proportion d’azote ; l'effet produit n’est done pas bien puissant. J’ai vu à l'hôpital Saint-Louis un ventouseur envoyé par l'administration, qui présentait un instant l'orifice de petites cloches à la flamme d’une lampe à esprit de vin, et les appliquait aussitôt : le vide était considérable, et la manœuvre s’exécutait avec une incroyable célérité. En un instant , une dixaine de ventouses étaient placées sur un membre. Cette manière d’ agir est certainement la meilleure et la plus expéditive. A défaut de lampe à esprit de vin, la flamme d’une bougie pourrait très bien ysuppléer. Les ventouses doivent rester huit à dix minutes en place, autrement l'effet est fugace et passager (Sabatier, Bulletin de Thérap., t IX, p. 337). Lorsque le temps voulu s’est écoulé ; on retire l'instrument de la manière suivante : On l'incline de côté, et'en même temps on comprime assez fortement la peau avec un doigt, du côté où le bord du goulot sélève, et tend à se détacher du tégument. De ce double effort en sens inverse, il résulte que la peau s'isole dans un point de la circonférence dé l'em-

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bouchure; l'air s'y précipite en sifllant , et la ventouse est détachée. # | Effets. Aussitôt que la cloche est appliquée sur la peau, celle-ci se boursoufle, se gonfle et monte dans la ventouse. à une hauteur d'autant plus considérable que le vide est plus parfait, en même temps Ja, peau se fronce sous les: bords de la ventouse qui la pressent plus ou moins violemment. Elle rougit, et le malade éprouve un sentiment ‘de tension qui. est en rapport, direct avec le degré.de. bour-: soufllement , quelquefois méme.ilen résulte de:la douleur sous les bords de la ventouse ; c’est souvent ce. qui arrive quand on place une ventouse sur le sein d’une femme ou sur une partie enflammée ou irritée. Ce procédé de rubéfaction est beaucoup plus doux que la plupart de ceux que nous avons mentionnés jusqu'à présent, aussi est-il à peu près inutile. Il faut en appliquer de grandes et beaucoup, 124, 15, 20 et.plus, si l'on veut obtenir quelque. résultat ; il, faut les laisser en place 1o)ou 15 minutes, et, les réappliquer souvent. | RÉ Ho rt Grandes ventouses de M. Junod..M. Junod!a lu le 25 août 1831, à l'Académie des sciences, un mémoire. dans lequel, il exposait les effets de k compression,et-de la, raréfaction de Pair, tant sur le corps que sur les :membres isolés. Ses appareils à raréfaction constituent de véritables ventouses qui peuvent embrasser les membres. |

Ces ventouses peuvent être employées dansles-câs de congestion cérébrale ou pulmonaire , dans cértains:eas. de maladies du cœur, la céphalalgie, la dyspnée,, etc., enun “mot, toutes les fois qu'une révulsion énergique est commandée. |

L'appareil à: raréfaction sur les membres consiste: en uatre gros tubes, de. cuivre ou de cristal fermés à l’une q sr »

de. leurs extrémités et ouverts par l’autre. Ces tubes. doi-

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vent être assez grands pour recevoir le bras sou la jambe, que l’on y introduit par le côté ouvert; des pièces de:rechange s'adaptent exactement à cette ouverture et la ferment aussi hermétiquement que possible en se moulant autour du membre ; des tuyaux élastiques adaptés à ces tubes, viennent se ont) au récipient d’un corps de pompe, où ils s'unissent à des robinets, et servent ainsi de moyen de communication entre les tubes et le corps de pompe muni d'un piston à soupape, comme celui des machines pneumatiques ; au réservoir, est fixé un manomètre ou un baromètre qui donne le degré de tension de l'air contenu dans l'appareil. La raréfaction se fait par un mouvement de va et vient imprimé au piston.

Les effets de ces ventouses sont en quelque sorte instantanés, les tissus renfermés dans l'appareil rougissent et se gonflent en peu d'instans, on éprouve bientôt une tension et des picotements insupportables, et il en résulte une dérivauon des plus puissantes, qui dégorge les viscères intérieurs. Parmi les observations citées par M. Junod , à l'appui de sa méthode, il en est une dans laquelle un malade, affecté de tétanos na durant depuis cinq semaines , et revenant par accès vers cinq heures, fut guéri par la raréfaction faite sur les membres, au commencement de l'accès, de manière à abaisser jusqu'à 10 centimètres la colonne ‘barométrique qui s'élève ordinairement à 76 (Revue médicale , septembre 1834).

HISTORIQUE DES RUBÉFIANS.

Les divers médicamens rubéfians dont il a été question dans le cours de cetarticle , sont employés dans la médecine depuis les siècles les plus reculés et dans les circonstances que nous ayons mentionnées. Mais c’est. sur-

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