‹ Traité des bandages, des pansemens et de leurs appareils (volume 2)Chapitre 61 sur 111 · DE L'ADMINISTRATION DES NARCOTIQUES SUIVANT LEUR CONSISTANCE · texte numérisé non relu

DE L'ADMINISTRATION DES NARCOTIQUES SUIVANT LEUR CONSISTANCE

1° À l’état solide.

Les seuls narcotiques qui soient administrés à l'état solide sont la morphine et ses composés salins, que l’on fait agir par la méthode endermique. Nous avons donné dans les généralités tous les détails. essentiels à ce mode d'emploi; nous n’y reviendrons pas ici. Nous dirons seulement, comme s'appliquant spécialement à l'usage de la morphine, que ce médicament, dont:on a retiré, dans certains cas , de grands avantages, dans le tétanos par exemple, est surtout destiné à combattre les névralgies et les rhumatismes chroniques; que le vésicatoire qui doit le recevoir doit, autant que possible, être établi sur le trajet. du nerf souffrant ; que la préparation la plus active est l’hydrochlorate de morphine , parce que ce sel est plus soluble que l’acétate de la même base et que son absorption se fait mieux ; mais aussi elle est beaucoup plus dangereuse, c'est pourquoi je préfère l’acétate que l’on peut administrer ayec plus de sécurité, Dès le. premier jour, ] ‘en emploie un grain , et Je € LHOrle successivement et graduellement à deux et même trois grains, quantité que l'on doit rarement dépasser. J'ai plusieurs fois débuté par deux grains d’acétate de morphine sans aucun accident, parce qu’un grain est souvent sans effet. Cependant il est plus prudent de débuter par un grain , pour tâter en quelque sorte leremède et la susceptibilité du malade. Les effeis de cette médication sont souvent très prompts. M. Gerhard, médecin à Philadelphie, qui emploie l'acétate ou le sulfate par la méthode endermique, a trouvé dans ce cas ces sels plus efficaces à la dose de demi-grain à 2 ou:3 grains,

qu'ingérés dans les premières voies (Mérat et Delens, Dict., t. 4, p.476). Une disphagie, accompagnée de convulsions, de hoquet, de perte de connaissance chaque fois que le malade voulait manger, et qui datait de quinze jours, a cédé, entre les mains de M. Omboni, à l'application de doi ain de sulfate de morphine, faite au-dessous du Me par la méthode endermique. Deux cas de strangurie guéris par le même procédé sont rapportés aussi par M, Gerhard. M. Bally a cependant vu dix-neuf fois sur vingt là morphine provoquer elle-même cet accident ( Mérat et Delens, loc. cit. ). L'usage de la morphine doit être surveillé avec beaucoup de soin ; aussi, comme nous l'avons dit, faut-il commencer par fé faible dose. M. Gendrin, avec un demi-grain d’acétate de morphine placé dans un cautère, produisit des accidens d’ empoisonnement (Transact. med,, t. V, p. 108). ÿ

2° Des narcotiques mous. ei

Ce sont spécialement des emplâtres , des pommades et des cataplasmes. Les circonstances dans lesquelles on peut employer ces préparations sont assez nombreuses : tantôt c’est pour calmer les douleurs d’un rhumatisme chronique ,; d’une plaie, d’un ulcère vénérien ou de mauvaise nature ; ailleurs, pour combattre les souffrances si vives qui Un les affections cancéreuses OU SYphilitiques invétérées; d’autres fois enfin,pour faire cesser les démangeaisons intolérables de certaines affections dartreuses. Nous allons passer en revue les principaux d'entre ces médicamens, et nous verrons la manière de les administrer.

Emplätres. 1° Emplâtre d'opium. Il n’est pas généralement usité en France; cependant il pourrait être d’une srande uulité dans les diverses circonstances que nous

avons mentionnées. Voici quelques formules de cette pré-. paration. En Angleterre, on la compose de la manière suivante : Opium , une partie ; résine, six; emplâtre simple ,: vingt-quatre. En Prusse, on se sert d’un emplâtre beaucoup plus compliqué : Opium, deux parties; élémi, mastie et oliban, de chaque, huit parties ; ben Join, quatre; térébenthine, douze ; baume du Pérou, une partie. De ces deux formules, la premiére serait de beaucoup préférable , dégagée qu’elle est d’une foule d’ingrédiens, au moins inutiles, qui masquent l’action de l'opium. Ce narcotique se trouvant en quantité peu considérable, on ne doit pas redouter son application, et l'emplâtre peut être laissé en place pendant plus de vingt-quatre heures.

Emplätre de ciguë. Cet emplâtre.est à la fois narcoti-

que et résolutif. Quelques auteurs ont attribué à la ciguë des propriétés spécifiques pour combattre les affections cancéreuses. Voici ce que l’on peut établir de plus positif à cet égard. La ciguë peut calmer les douleurs en même temps qu’elle détermine la résolution de l’engorgement qui environne la tumeur squirrheuse ; la sédation méme des douleurs contribue beaucoup à diminuer l’afflux sanguin vers le tissu anormal. Quant à la guérison , malgré les quelques exemples que l'on en a rapportés, Je ne pense pas que la ciguë puisse véritablement guérir les dégénérations morbides qui passent à l’état de cancer, tout au plus pourrait-elle les rendre stationnaires. On préparait ordinairement l’emplâtre de ciguë avec : Cire Jaune, 12 onces

(384 gr.) ; huile de ciguë, 3 onces (06) ; ciguë récemment

pulvérisée, 12 onces ( 384 ); ammoniac purifié , 9 onces’ (288); poix blanche purifiée et poix résine purifiée, de chaque, 12 onces (384); ce qui exigeait plusieurs maneuvres assez compliquées. M. Planche a imaginé un procédé beaucoup plus simple, que voici, et qui, suivant la remar-

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