‹ Traité des bandages, des pansemens et de leurs appareils (volume 2)Chapitre 62 sur 111 · EL · texte numérisé non relu

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que de M. Cottereau , est applicable aux extraits de toutes: les plantes yireuses. Pr. : Résine élémi purifiée , 2 gros (8 gr. ): ; cire blanche, 1 gros (4 gr.). Faites liquéfier à une douce chaleur, puis ajoutez : Extrait alcoolique de ciguë, 1 ONCE I gros (36 gr.). Mélez exactement.

Des onguens et pommades. Les narcotiques, sous cette forme, sont très fréquemment employés dans les différentes circonstances déjà mentionnées, soit en application locale permanente , soit en frictions.

Onguens et pommades opiacés. Ces préparations sont fort usitées en chirurgie , et sont préférables, pour calmer les douleurs , à toutes celles dans lesquelles entrent les autres narcotiques.

A l'hôpital des Vénériens , on réussit très bien à diminuer les souffrances que causent si souvent les ulcères syphilitiques, au moyen de la composition suivante, désignée sous le nom d? onguent digestit opiacé : Onguent digestif simple, 31v, et vin d opiam composé ( laudanum de Sydenham }), 3j; ou bien, opium brut, 81].

La pommade opiacee AA plus Lee dont on puisse faire usage dans les cas de plaie ou d’ulcères douloureux, de | FRA prurigineuses , etc., est la suivante : Axonge, Zij; opium , 3 J. Quand on l'emploie sur les solutions de continuité, il faut avoir bien soin de n’en étendre qu'une couche très mince sur du papier brouillard ou un linge fin. On peut encore, dans les mêmes cas, préparer un cérat renfermant des quantités variables d’opium, suivant le but que l’on se propose, la disposition du sujet, l'étendue du mal, ete.; mais rarement la proportion du narcotique au stat doit dépasser celle que nous avons indiquée pour la pommade. À l’opium, on substitue très souvent le laudanum de Sydenham ou de Rousseau , en se rappelant que le second renferme deux fois plus d’opium que le premier.

NARCOTIQUES. 307 Dans les cas de brulure, les cérats doivent être préférés ; ils sont d'une application beaucoup plus facile et d’une préparation plus rapide. M. le professeur Fouquier a donné la pommade suivante comme fort utile dans les névralgies faciales : Axonge, 3 $; opium, 5 j; céruse, Z j; baume tranquille , @. s. rés Onguent et pommade dé belladone. La belladone, outre ses propriétés narcotiques, jouit aussi de la faculié toute spéciale de produire le relâchement des muscles involontaires, et même, assure-t-on, de ceux soumis à l'empire de la volonté. Cette substance est très avantageuse pour dilater l'iris, aider au diagnostic des maladies intérieures de l’œilet pratiquer l'opération de la cataracte par extraction, et surtout pour l'opération connue sous le nom de kératonixis. Quelques médecins ont essayé de tirer partie de celle propriété pour diminuer la contraction des muscles d'une articulation, au moment de réduire une luxation. Dupuytren (Leçons orales) et M. Blandin ( Dict. en 15 vol., art. fissure) vantent beaucoup la pommade de belladone pour faire cesser le resserrement spasmodique du sphincter de l’anus dans les cas de fissure, Les accoucheurs l'ont aussi employée pour dilater le col de l'utérus lorsqu'il Offre trop de rigidité dans l'accouchement. L'emploi de la belladone a été aussi vanté dans les rétrécissemens spasmodiques et douloureux de l’urèthre. Des névralgies de la face paraissent, dans certains cas, avoir cédé à l'usage des préparations de la substance dont il est ici question. D’autres auteurs l’ont préconisée contre les rhumatismes , les tumeurs blanches , les tumeurs serofuleuses , quelques affections cutanées avec douleurs vives. Enfin. on a essayé son efhicacité contrele tétanos, mais ces tentatives ont ‘été infructueuses. | L'onguent de bélladone , préconisé par Will, Chevallier

(London med. and physic. journal, 1826), se prépare en mélangeant , à parties égales, l'extrait de beliadone avec du cérat simple. Quant à la pommade de belladone usitée en France et imaginée par Chaussier, on l'obtient en incorporant par irituration dans deux onces d’axonge, une solution de deux gros d'extrait de belladone dans deux onces d’eau distillée.Dupuytren employait la pommade suivante : Extrait de belladone, 3 j ; axonge, 3 vj. Ces préparations s'administrent de différentes manières, suivant le résultat que l’on véutobtenir. Dans les douleurs des yeux ou leresserrement de la pupille,on peut faire des frictions autour de l'orbite avec de la pommade, ou plus simplement, quelques grains de lextrait aqueux. On agira de même avant l'opération de la cataracte. Ce procédé est préférable à l'instillation d’une solution entre les paupières, en ce que cette dernière irrite la conjonctive; mais les effets du remède sont moins sûrs. Quand on veut relâcher les muscles d'unearticulation luxée, on emploie en frictions la pommade de Chaussier, mais elle doit être bien peu efficace. Pour les rétrécissemens spasmodiques de l'anus , on introduira dans cet orifice une mèche de charpie enduite d’une couche mince de la composition indiquée par Dupuytren. On pourrait aussi faire avec le doigt quelques frictions autour de l’anus.Chaussier se servait de sa pommade dans les accouchemens retardés par la rigidité du col utérin, en l'appliquant, au moyen d’une petite seringue, dont la canule était assez large pour admettre l'extrémité du doigt. Il la remplissait de deux gros du médicament , qu’il étendait sur le col utérin en poussant le piston ( Ratier, Formulaire , p. 233). Dans les rétrécissemens de l’urèthre, le meilleur moyen, c’est d'introduire dans une canule la pommade à employer, et puis de por- ter la canule jusqu’à l'obstacle. Parvenu là, on pousse la pommade avec un mandrin convenable , préalablement

glissé dans la canule et presque jusqu’à l'extrémité. Dans les blennorrhagies cordées, Blakett conseille l'emploi de ces préparations, en frictions, le long de la face uréthrale de la verge (Mérat et Delens, Dict., t. [, p. 492). Quant aux névralgies, le docteur Henri rapporte avoir calmé, puis guéri , deux malades affectés de tics douloureux et rebelles de la face , en frictionnant la partie malade avec dix grains d'extrait aqueux de belladone ; il n’y eut pas de récidive (Id. ibid.). Dans le tétanos , c’est aussi en frictions que la belladone , associée au double de son poids d’axonge, avait été administrée ( Clinique, janvier 1829). On croit avoir remarqué que l'emploi extérieur de la belladone expose fort rarement et fort difficilement aux accidens si graves qui résultent de son emploi intérieur, même à doses très minimes. outefois il faut, dans son administration, suivreles conseils de prudence que nous avons donnés plus haut.

Pommade de cyanure de mercure. M. Bietta employé le cyanure de mercure, sous cette forme, dans des affections cutanées avec inflammation très vive et démangeaison brûlante. Voici sa formule : Cyanure de mercure, gr., xvi; axonge, 31j; essence de citron ou de bergamotte, goutt., x1] à xv. Cette même pommade serait probablement très bonne dans le cas de chancre vénérien avec douleur vive, .… Des cataplasmes narcotiques. Ils sont surtout indiqués

dans les phlegmasies aiguës très douloureuses, superficielles ou profondes , dans les rhumatismes aigus, les péritonites , etc., etc. DE

Ces cataplasmes sont de deux sortes : les uns sont préparés avec les feuilles des plantes narcotiques bouillies ; les autres sont des cataplasmes émolliens ordinaires, arrosés d’une solution narcotique. A le 0]

Les premiers se préparent ordinairement avec les feuilles de jusquiame, de belladone et de morelle, soit séparément,

soit réunies, on fait bouillir une quantité suffisante de ces feuilles, aussi récentes que possible, dans un peu d'eau, ‘ton tas réduire jusqu’à consistance de bouillie: on les ‘étend en couche mince, sur un linge, à la manière des cataplasmes ordinaires, et on applique ainsi le topique sur le lieu malade. En général, ces cataplasmes ne doivent pas avoir une grande étendue ; je dis aussi qu’on ne doit pas ‘les faire trop épais, de peur de la résorption; cependant ‘je n'en ai jamais observé les effets, et je ne sais pas si elle ‘peut être dangereuse quand l’épiderme est intact.

Les cataplasmes de’ ciguë s’emploient le plus souvent à part, soit contre le cancer, soit contre les affections scrofuleuses ; nous avons vu plus haut ce qu’il fallait penser de Ja spécificité attribuée à cette plante. A l'hôpital St-Louis , on prescrit fort souvent le cataplasme de ciguë pour faire tomber les croûtés/d'un estiomène que l'on veut cautérisér ; on lui trouve l'avantage de fondre un peu de l’engorgement qui atcompagne cette affreuse maladie, en même temps qu il émousse la sensibilité de l’ulcère et le rend moins impressionnable à à la douleur de la cautérisation. La préparation est la même que celle de la jusquiame et de la belladone. Nous répéterons aussi le conseil de n’employer que des feuilles fraiches. Quelquefois pour augmenter la consistance du cataplasme, ct le rendre à la fois narcotique et relâchant, on ajoute aux plantes vireuses une certaine quantité de lee de graine de lin ; d’ autres “emploient la mie de pain dans le même but.

Quelques personnes ont préconisé la racine de belladone réduite en pulpe par l'ébullition, et appliquée en forme de cataplasme pour guérir les AA faciales, Cette pré- < paration, continuée pendant dix à douze jours d’une manière continue, parait avoir fourni d'assez bons résultats. M. Deleau jeune, qui a dc di té plusienrs ‘bservations de

NARCOTIQUES. $rx

malades guéris par ce moyen (Journ. des Connais. méd., t. I, p.73), ne s’effrayait nullement des premiers symptômes du narcotisme, les révasseries, le trouble dans les idées , etc. ; seulement alors, il diminuait la quantité de pulpe sans en suspendre complétement l'emploi.

Je ne pense pas qu'une pareille conduite doive être imitée, et, en général, dans toute application de topiques narcotiques , les phénomènes d'empoisonnement exigent impérieusement la suppression du remède ; de nombreux exemples démontrent que l’on n’est pas toujours à même de les entraver aussi facilement qu’on le voudrait. Quant aux cataplasmes de la seconde espèce , ce sont, avons-nous dit, des cataplasmes de farine de graine de lin ou de mie de pain, que l’on délaie avec une des solutions narcotiques dont nous parlerons à propos des lotions et des fomentations : ainsi, par exemple, avec de la décoction de têtes de pavots, de la décoction de jusquiame et de morelle ; ou que l'on arrose avec du laudanum liquide de Sydenham, etc., etc.

3° Des narcotiques à l'état liquide. Ce sont des linimens, des lotions et des fomentations. Les premiers s'emploient presque exclusivement dans les rhumatismes chroniques , les tumeurs blanches et les engorgemens douloureux ; les lotions et les fomentations, dans le même cas que les cata- . plasmes.

1° Des linimens narcotiques. Il en existe une multitude de formules dont le praticien peut faire varier les doses à son gré. Nous donnerons les principales comme exemple. Linimens opiacés : Huile d'olives, 3 j ; laudanum liquide de Sydenham, 3 j. Au lieu d'huile d'olives, on peut prendre une préparation plus ou moins composée ellemême, le baume de Fioraventi, auquel on ajoute le laudanum dans la même proportion. Lorsque lon veut rendre la liqueur résolutive, on y ajoute un peu de sa-

von. Ainsi , Dupuytren employait souvent à l’'Hôtel- Dieu la préparation suivante : Huile d'olives, Z1v; vin d'opium, 5 jà 5 1j; savon, 3 $. Au laudanum on substituera encore l’opium brut, comme dans la préparation suivante : Huile blanche, 3ij; opium brut, 3 $ ; Ou bien encore la solution aqueuse d’opium, dont on mettra 5 1v pour la même quantité d'huile. Boyer employait à la Charité une préparation plus compliquée dont voici la formule : Huile d'amandes douces et baume tranquille, de chaque, É i] ; ;: onguent d'althéa, Z]; extrait gommeux d’opium,

5 üj. Cest surtout contre les douleurs névralgiques que ce remède parait avoir de l'efficacité. On peut avec avantage ajouter un peu de camphre à ces diverses formules ; ainsi, on pourra composer de la sorte un liniment très calmant : Huile d'amandes douces, 3ij ; laudanum liquide de Sydenham, 3 8; camphre, 3 ij. Au lieu d'opium, certaines personnes se servent d'extrait aqueux de jusquiame ou de belladone, que l’on incorpore avec de l'huile dans les mêmes proportions que l'opium brut ou l'extrait de la même substance. On peut encore se servir des huiles dites narcotiques, obtenues par la macération des feuilles récentes et pilées, de plantes douées de ces propriétés, dans une quantité égale en poids d'huile d'olives. Le baume tranquille, qui possède les mêmes vertus que ces médicamens, s'emploie aussi en frictions. Sa composition etsa préparation sont si compliquées, que je renverrai le lecteur aux traités de pharmacie.

Quelle que soit la préparation que l’on emploie, on en prend environ une cuillerée pour faire des frictions sur la partie malade, soit avec la main nue, soit, ce qui est mieux encore , avec une flanelle. Ces frictions peuvent être répétées plusieurs fois par jour.

Lotions et fomentations. L'emploi de ces moyens ne

présente rien de particulier; nous indiquerons seulement les différentes solutions aqueuses dont on peut se servir. Disons, toutefois, que les lotions ne peuvent guère étre convenables que dans le pansement de plaies ou d’ulcères très douloureux, et d’affections cutanées prurigineuses. Quant aux fomentations , elles sont d'un grand usage dans les affections abdominales et dans les mêmes circonstances que les cataplasmes. La liqueur dont la préparation est la plus facile, c'est la solution de 3 j de laudanum dans deux onces d’eau commune, À l’Hôtel-Dieu , on emploie la suivante : Opium brut, 3 ij; eau, 15 ]. Parmi les décoctions, nous citerons celles de têtes de pavot (trois ou quatre dans deux livres d’eau que l’on laisse réduire d’un tiers). Dans la même quantité d’eau, on pourrait mettre deux à trois onces de feuilles jusquiame, de morelle ou de belladone. M.Magendie a conseillé l'usage , dans les mêmes circonstances s de deux gros d'acide prussique médicinal dans deux livres d'eau de laitue. Dans les douleurs syphilitiques, on s’est bien trouvé de fomentations faites avec la solution d’un scrupule de cyanure de mercure dansdeux livres d’eau distillée. Ce médicament doit être surveillé avec soin. Chaque once de liquide renferme environ trois quarts de grain de cyanure. |

Les maladies des yeux exigent très fréquemment l'usage de collyres narcotiques, quise préparent en ajoutant quinze à vingt gouttes de laudanum de Sydenham dans deux ou trois onces de collyre émollient. Au lieu du laudanum, on peut mettre un ou deux grains d'extrait gommeux d'opium.

4° Narcotiques à l'état de vapeur. On emploie les vapeurs de belladone contre les affections de poitrine , cavité où les gaz seuls peuvent pénétrer, comme on le sait. Hufeland a fait faire à douze sujets épileptiques des fumigations avec la belladone , la jusquiame et lopium ; cinq ont

guéri. M. Cruveilhier a imité ce procédé en le variant : il fait tremper d'abord les feuilles de belladone dans une solution d’opium, puis les laisse sécher aux trois quarts, et fait fumer cette sorte de tabac aux phthisiques, d’abord à la dose d’une pipe par jour, puis de deux, puis de trois, etc. On ne dit pas s'il a obtenu des succès par ce moyen (Nouv. bibl. méd., septembre 1828). Nous ferons observer que les vapeurs aqueuses de la belladone seraient peut-être plus profitables , parce que l’action de fumer fatigue la poitrine, qui n’est que trop fatiguée chez les phthisiques (Mérat et Delens, Dict., t. 1, p. 496). On sait enfin que M. Trousseau a fait fumer des cigarres de jusquiame dans l’asthme nerveux ; mais qu’en est-il advenu ?

Pour moi j'ai, il y a quelques années, dans un catarrhe sec, opiniâtre, compliqué d’une extrême irritabilité de la membrane des bronches, employé sur moi-même, sans succès, les fumigations aqueuses faites avec les feuilles de jusquiame , de belladone , au moyen d'un appareil inspira- "toire.

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