DES MÉDICAMENS STIMULANS
On donne le nom de stimulans ou d'excitans aux médicamens qui déterminent une augmentation dans un ou plusieurs des PRÉROMÈNES vitaux de nos organes. Tous n’agissent pas au même degré : les vésicans, les rubéfians , les stimulans, les résolutifs nous offrent une dégradation progressive de la propriété stimulante dont sont douées les substances réunies sous ces divers titres génériques mais le nom de stimulant est particulièrement réservé aux médicamens que l’on emploie dans le but de réveiller l’action engourdie des solides vivans. Quelques auteurs les ont appelés toniques; mais cette expression, empruntée à des idées théoriques, surtout à celles de Brown , sur le ton, la tonicité de la fibre, repose sur une base trop peu solide.et: trop hypothétique pour être admise par les esprits sévères.
Parmi les stimulans, il en est quelques-uns que l’on désigne généralement sous le nom de maturatifs, et qui sont employés pour favoriser la formation du pus et entretenir la sécrétion de ce fluide anormal. Nous rangeons les maturatifs parmi les excitans , parce qu’ils ont pour effet d’augmenter l'action vitale des parties sur lesquelles on les applique, et c’est ainsi qu’ils produisent ou accélérent la suppuration. da)
Usages. Les substances excitantes sont surtout réclamées par les ulcères ou les plaies suppurantes dont la surface est pâle, blafarde, et enflammée d’une phlegmasie vicieuse, non cicatrisante ou même ulcérante, comme nous le démontrerons en traitant du pansement des ulcères. Elles sont usitées avec avantage contre les affections cutanées dartreuses , au début de quelques phlegmasies de l'œil ou de la peau. Souvent alors, par un‘procédé analogue à celui qu'avait en vue l’école Contro-Stimuliste italienne, on peut entraver la marche d’une irritation morbide spontanée, en suscitant dans la même partie une irritation artificielle de peu de durée. |
Il est une certaine classe de stimulans qui, comme nous l'avons dit, hâtent le moment de la formation du pus dans les tumeurs phlegmoneuses, ou provoquent cette sécrétion dans les solutions de continuité; ce sont les maturatifs.
Les stimulans s'emploient surtout sous la forme de pommade et d’onguens. Les linimens et les fumigations sont encore deux moyens d'administration assez fréquemment usités. . |
Effets et soins consécutifs. Les substances dont il est ici question irritent plus ou moins vivement les parties soumises à leur action. Lorsqu'on les oppose à cet état que l'on désigne généralement sous le nom assez impropre d’atonie, ils servent à déterminer unc irritation favorable i
à la guérison ; mais il faut bien prendre garde qu’ils ne dépassent les limites que l’on veut atteindre , et ne provoquent une inflammation trop violente. J'en dirai autant des précautions à prendre quand les stimulans sont employés pour hâter la suppuration. Ces questions seront d'ailleurs traitées avec soin, quand nous examinerons le pansemeni des inflammations de ia gangrène, des plaies et des ulcères.
Administration des stimulans à l'état solide.
Parmi les poudres stimulantes qui peuvent être employées pour l'usage externé , nous ne citerons que la suivante qui à été utilément administrée comme succédanée du quinquina : C’est un mélangé à varties égales (quatré onces de chaque ) de poudres: dé thym, de sauge et de romarin, auxquelles on ajoute vingt grains d'hydrochlorate d’ ammoniaque et autant de camphre. Ce composé peut servir dans les cas d’ulcères de mauvaise nature , de pourriture d'hôpital, ete. A l'occasion des astringens, nous avons parlé des propriétés et de l’application du quinquina : c’est un excitant; nous n'ÿ reviendrons pas ici. Nous ne parlerons pas non PRET actuellement de l'emploi de certains corps solides que l’on fait quelquefois agir mécaniquement pour enflammer nos tissus : tels sont ‘des mèches de coton, des sétons, une sonde ou un stylet, etc.
A dministration des stimulans et des matiail ÿ à l'état mou. aus %.
‘1° Des emplätres. ls sont presque ésélucigitéht employés comme maturatifs dans les engorgemens inflamma-
toires chroniques ou indolens, et comme excitans dans le pansement des plaies dont la suppuration s’accomplit difficilement. Nous citerons la composition des quatre suivans, qui sont d'ailleurs peu employés aujourd'hui. Le mode d'administration est fort simple; il consiste à étendre sur un morceau de peau ou de linge la substance médicamenteuse, et à en recouvrir la partie malade; le contact est ordinairement prolongé pendant plusieurs jours, c’est-àdire jusqu’à ce que la suppuration soit formée.
1° Emplâtre d'oxyde de plomb (emplâtre simple où diapalme ). Prenez : Oxyde de plomb demi-vitreux , pur (litharge finement pulvérisée ), axonge de porc , huile d’olives, de chaque , parties égales en poids ; incorporez peu à peu la litharge dans les corps gras ; lorsque l’axonge mélée à l'huile est liquéfiée par la chaleur, ajoutez de l’eau pour servir de bain-marie. Pendant l'opération, le mélange passe du rouge au blanc.
2° Æmplätre diachylon. Prenez : Emplâtre simple, trois livres trois onces un gros (1600 grammes); cire jaune, poix blanche, térébenthine, de chaque, trois onces ( 96 grammes) ; faites liquéfier à une douce chaleur; ajoutez ensuite : Gomme ammoniaque, bdellium, galbanum, sagapenum, de chaque, une once ( 32 gr. ). Ces substances doivent être dissoutes dans l'alcool, et amenées par l'évaporation à consistance de miel.
de Émplätre brun (onguent de la mère), Prenez : Huile d'olive, une livre (500 grammes); axonge de porc, beurre frais ; suif de mouton, de chaque, huit onces ( 250 gr. ). Ces matières étant liquéfiées ensemble, ajoutez par porüons : Oxyde de plombdemi-vitreux en poudre, huit onces ( 290 gr. ), Faites cuire jusqu’à ce que la masse ait acquis une couleur brun-noirâtre; ajoutez alors :. Cire jaune, cinq onces cinq gros { 180 gr. ) ; poix noire, deux onces
quatre gros (80 gr.). Mêlez exactement. La poix noire qui est ajoutée conserve à l’onguent la couleur brune.
4e Emplätre d'oxyde rouge de plomb (emplatre de Nuremberg). Prenez : Oxyde rouge de plomb pur (minium), neuf onces, trois gros ( 300 grammes ); huile d'olives , une livre, trois onces (600 gr. ); eau commune pour servir de bain-marie, ç. s. Quand la solution de l'oxyde est complète, on retire äu feu et on ajoute : Cire jaune, une livre (oo gr.); on remet au feu jusqu’à ce que la cire soit fondue, on retire de nouveau et on ajoute : Camphre, six gros (24 gr.). Mélez intimement.
Onguens. Ils sont surtout employés dans les cas de plaies ou d’ulcères , lorsque la suppuration devient sanieuse ou se taritavant l’accomplissement de la cicatrisation.
19 Onguent styrax. Prenez : Huile de noix , onze onces (350 grammes); styrax pur, liquide (produit du liquidambar styraciflua ), sept onces un gros (225 gr. ). Faites fondre le styrax dans l'huile à une douce chaleur ; laissez
reposer, passez et ajoutez : Colophane pure, quinze onces trois gros ( 480 gr.); résine élémi pure, cire jaune, de
chaque, six onces (192 gr.). Faites fondre le tout à un De modéré et passez à travers un linge. |
2° Onguent d'Arcœus (baume d? Arcœus). Prenez : Suif de mouton, deux livres ( 1000 grammes ); térébenthine pure et résine élémi, de chaque, une livre huit onces (750 gr.); axonge de porc, une livre (5oo gr.). Faites fon.dre sentier à une douce chaleur et passez.
30 Onguent basilicum. Prenez : Poix noire, , colophane, cire jaune, de chaque, deux onces (62 ci res 5 huile d'olives, huit onces (25ogr.). Faites fondre, passez et triturez avec un pilon de bois jusqu'à entier rbfisidièée ) ment. L QUE :
4° Onguent nervin ou nerval. Prenez : Moelie de bœuf
préparée, quatre onces ( 125 grammes ); huile de noix muscade concrète , même quantité ; huile essentielle de romarin, deux gros (8 gr.) ; de girofle , Un gros (4 gr.); camphre, même quantité ; baume sec du Pérou , deux gros (8 gr.); alcool, à 36°, quaire gros ( 16 gr. ). Faites fondre ensemble la moelle et l'huile concrète ; versez dans un flacon à col évasé; ajoutez les autres substances ; faites liquéfier le tout au bain-marie, et mélez intimement.
Je n'entrerai pas dans le détail des autres compositions analogues dans lesquelles la térébenthine ou quelque résine jouent le principal rôle, tels que l'onguént digestif, l’onguent élémi,etc. Je ne parlerai pas même du célèbre onguent Canet , si vanté par les charlatans en plein vent ou à domicile. Je me bornerai à dire que, de toutes ces substances, le styrax est presque la seule qui s'emploie communément et avec un véritable avantage ; aussi je n'hésite pas à le recommander à tous les praticiens, de préférence aux autres drogues plus où moins composées qui remplissent les traités de Pharmacologie et de matière médicale.
3" Des pommades. Les pommades stimulantes se trou vent surtout indiquées dans les affections cutanées rebelles ; on les emploie encore en frictions dans les cas de douleurs sans inflammation. Parmi ces agens , se trouvent les pommades soufrées, de l’action desquelles il sera question lorsque nous parlerons d’une manière générale des préparations sulfureuses simples ou composées , comme nous l'avons fait pour le mercure et l’iode. Nous rejetterons cet examen à la fin du présent article.
Pommade alcaline : Sous-proto-carbonate de soude , un à deux gros ; vin d’opium composé , un gros; axonge, une once. — L'opium ne s'ajoute que dans les cas où il ya une vive douleur.
Pommade de lavande. Prenez : Graisse de porc, cinq