‹ Traité des bandages, des pansemens et de leurs appareils (volume 2)Chapitre 74 sur 111 · DES ABCÈS · texte numérisé non relu

DES ABCÈS

parlons, appliqué comme nous venons de le dire , offre le grand avantage d'amener l'adhésion depuis le fond vers l'ouverture , ét de s "opposer dès lors à la AAA d'un nouveau foyer, ce qui ne manque pas d'arriver lorsque les parties situées le plus près de l’ouverture sont réunies avant les plus profondes.

Pansemens des abcès diffus.

Ces abcës sont chauds et produits par une inflâmmation aiguë où sub-aiguë. Souvent ils se développent au sein d'un phlegmon œdémateux, et l’œdème les précède dans les parties du tissu cellulaire qu'ils atteignent. |

Traités par les antiphlogistiques dans l'inflammation qui les précède, ils doivent être largement et PAUPEUIEN ouverts quand la süuppüration à commencé ; puis il faut, dans les pansements consécutifs, à leur BUVENE aftiEtEte: en exprimer doucement le pus, qui s'échappe en gouttelettes par une multitude de foyers de la grosseur d’une lentille quand ces foyers né se sont pas encore réunis.

Il faut aussi coucher une où plusieurs mèches de charpie entre les bords dés incisions , exercer sur le membre et la partie malade une compression légère à l’aide d'un bandage spiral, et placer la partie dans une position favorable à l'écoulement du pus.

Si l'ouverture, faite un peu plus tard, offre des décollemens de la peau où flottent des PAT de tissu cellulaire mortifié, il faut extraire ces lambeaux où réséquer seulement Jeurs parties entièrement décollées, pour ne pas s’exposer à rompre des adhérences vasculaires de la peau avec les parties sousjacentes. Quoique, à cet égard, je ne partage pas l'opinion de Dupuytren (Lecons orales, 1:24 324) sur là nature nervoso-vasculaire, sur l'importance de ces adhé-

rences, comme il n°ÿ a pas de raison pour les rompre, il vaut mieux les respecter. Quand la peau sera décollée, si le décollement est peu considérable et peu ancien, on peut espérer qu'en interposant des couches minces de charpie sous les parties décollées, on y déterminera bientôt des bourgeons charnus, et que l’on produira une adhésion salutaire par une compression modérée, mais suffisante pour ne pas permettre au pus de s’'accumuler sous la peau. S'il existe des foyers dans des lieux peu déclives, dans des lieux où une contre-ouverture serait dangereuse ou inutile, ou si le malade s’y refuse, il faut, au moyen de tampons de charpie, de compresses pliées plusieurs fois sur elles-mêmes, ou de compresses graduées et d’un bandage approprié , spiral ou autre, pratiquer une compression expulsive sur le foyer, pour chasser le pus qui en entretient l’inflammation suppurative , et déterminer l'adhésion de ses parois. Si ces moyens sontinsuffisans, on y Joindra des injections stimulantes pour changer la nature de linflammation du foyer, et en favoriser ensuite l’adhérence par la compres- - sion. On pourra aussi recourir au séton et se conduire, en un mot, comme je lai recommandé un peu plus haut en parlant des foyers qui s'observent à la suite des abcès chauds, circonscrits, mais multiples. |

SIL -Pansemens des abcès froids.

L'engorgement chronique qui précède l’abcès froid doit être , tout le temps de sa durée, traité par les moyens excitans qui, s'ils ne peuvent amener la résolution, pourront-du moins hâter la fonte purulente. On agit d’abord dans la première intention , au moyen des applications d'emplâtre de Vigo, d'emplâtre de ciguë, cte.: de frictions

DES ABCÈS, 361. avec les pommades mercurieiles ou iodurées, et autres substances excitantes. On a recours, dans le même but, à l'application directe de vésicatoires sur la tumeur. Si la suppuration se déclare, on aura recours aux maturatifs proprement dits, qui ne sont que des stimulans plus actifs (Fay. les formules que nous en avons données, p. ).

L'engorgement une fois transformé en abcès, il s’agit de donner issue au pus; nous avons agité déjà la question de savoir s’il convenait d'employer la potasse ou le bistouri (7. p. ). Nous ajouterons seulement ici, à part les raisons déjà exposées, que si la tumeur était très volumineuse, ilne faudrait pas employer la potasse caustique, mais avoir recours aux ponctions répétées, comme le conseille Boyer. Ces ponctions sont pratiquées avec un bistouri droit, à lame eflilée, que l'on plonge dans le foyer après avoir tiré la peau de-côté, de manière que l’ouverture de celui-là ne soit point parallèle à l’incision de celle-ci. Une certaine quantité de pus étant écoulée, le tiers ou seulement le quart de ce que renferme la tumeur, on ferme l'ouverture en laissant reprendre à la peau sa situation normale, et on recouvre la piqûre d’un emplâtre de diachylon gommé. Quelques personnes conseillent d’évacuer le pus en presque totalité, et de le rémplacer par une in- Jection d’eau tiède simple ou émolliente. Quoi qu'il en soit, au bout de quelques jours , on pratique une seconde ponction avec les mêmes précautions que pour la première. On finit ainsi par vider le foyer par parties successives.

En agissant comme je l'ai dit, on évite l'introduction de l'air dans le foyer, et les accidens si graves qui en sont la suite et que tous les auteurs ont décrits. Quant à la potasse, les indications qui réclament son emploi, la manière de l'appliquer ont été décrits ailleurs (Ÿ. p. 130). |

Lorsque l'abeès, étant peu volumineux, a été ouvert lar-

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gement, soit pèr le bistouri , soit par le caustique, ‘que la matière qu'il 1enfermait a été évacuée, des chirurgiens ont l'habitude de faire dans le foyer une injection d’eau réndue légèrement excitante par l'addition d’alcool camphré, de chlorure de soude ou de liqueur iodurée. Cette pratique est nécessaire, suivant eux, pour déterminer sur les parois une irritation qui favorise la fonte rapide des tissus environnans encore engorgés, et dispose les parties à une prompte cicatrisation. Ces injections peuvent être répétées à chaque pansement. Un très bon moyen de favoriser la résolution des indurations et de hâter le recollement de la poche, c'est d'exercer sur celle-ci une compression méthodique. Souvent la guérison est retardée par l'existence d'une membrane accidentelle qui tapisse les parois de l'abcès, et qui ne peut adhérer avec elle-même; il faut alors la faire disparaitre. On a conseillé dans ce but des injections rendues très irrilantes par la présence d’une certaine quantité de nitrate d'argent (trente-six grains pour une”once d’eau) ou det solution concentrée d'iode, etc. Lorsque, par ces moyens, on n’a pu réussir à développer dans l’intérieur du kyste l'adhésion qu’on cherche à obtenir, il faut inciser largement ce kyste et le remplir de charpie sèche. On réapplique les lambeaux par-dessus et on recouvre le tout d’un large plumasseau enduit de styrax , maintenu au moyen d’un bandage convenable. Il n’est pas rare qu’au bout de quelques jours d’un pansement ainsi excitant on puisse obtenir l'adhésion des parois du sac en y appliquant une compression modérée. En cas d’insuccès , on pourrait produire une stimulation plus vive encore en employantdes boulettes de charpie revêtues d’onguent styrax.

Lorsque l’abcès est plus volumineux , l’incision nécessaire serait alors trop grande ; il faut , dans ce cas, tenter. un moyen déjà conseillé depuis long-temps, et qui con-

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siste à traverser la tumeur, dans un sens seulement , avec une mèche de coton, ou dans plusieurs sens, avec plusieurs mèches où plusieurs bandelettes de linge effilées sur les bords. Ce procédé exige que la tumeur soit ouverte en deux ou quatre points diamétralement opposés, pour donner passage aux mèches. Le séton aidé de la compression , est un excellent moyen de réunion pour les grands ahcès; il arrive qu'au bout d’un certain temps les parois sont consolidées, sauf les trajets des sétoris; on retire alors ceux-ci, et les conduits qu’ils laissent ne tardent pas à se fermer.

Enfin, quand le séton n’a pu donner lieu à la guérison, on a proposé et employé des incisions multiples et très petites Sur la paroi externe du foyer ; ce moyen, aidé toujours de la compressian , doit être mis en usage lorsque les autres ont échoué.

S III. Pansemens des abcès par congestion ou par migration.

Les auteurs, et à leur tête Boyer, appellent abcès par congestion les collections purulentes qui se forment aux environs du bassin ou aux lombes , sous l’influence d’une carie

- vertébrale. J’étends, avec d’autres chirurgiens, cette acception trop restreinte,et supprimant le mot congestion quiaun sens différent en médecine, je lui substitue celui de migration qui exprime mieux le caractère de ces abcès. J’appelle donc abcès par migration, ou abcès migrateurs, tous ceux dans lesquels le pus se réunit en foyer à une certainé distance de l'organe enflammé qui lui a donné naissance. Ainsi, que la suppuration provienne d’une carie vertébrale , d’une néphrite, d’un psoitis, d’une hépatite, etc., toutes les fois que la collection est à une certaine distance

de sa source, c'est un abcès migrateur. T'ous ces abcès ont | pour circonstance commune que le traitement local n'est päs sufhisant, et qu'il faut traiter la maladie qui.en est le point de départ.

Relativement aux indications locales, on est aujourd’ Bu d'accord sur la nécessité d'ouvrir ces dépôts d’assez bonne heure, même dans le cas de mal de Pott ; mais on les ouvre avec les précautions que nous avons A oo pour les abcès froids très volumineux, et l'ouverture est aussitôt refermée et par la peau elle-même, dont l’incision n’est point parallèle à celle des tissus sousjacens, et par ‘un ou plusieurs morceaux d’emplâtre agglutinatif. On vide le foyer par parties à mesure qu’il se remplit, et le traitement le plus actifest dirigé contre [a maladie principale. Du reste, quant à la consolidation des parois, la source du pus étant tarie, on se comporle comme pour les abcès froids. À la faveur des ponctions successives, le foyer diminue lentement par sa contraction vitale lente, en sorte que, lorsqu'il est entièrement vide, il est réduit en une cavité très petite dont la disparition, par l’adhésion des parois les unes aux autres, est rendue très facile.

Pansemens des Jistules.

Les fistules présentent deux indications bien tranchées : 1° faire cesser la cause qui ent etient le trajet fistuleux ; 2° faire cicatriser celui-ci, à moins que des circonstances spéciales, comme la phthisie dans certains cas de fistule à l'anus, ne viennent à s’y opposer.

“7 fistules qui sont entretenues par une inflammation vive où obscure et non cicatrisante seront combattues par les antiphlogistiques ; sangsues au niveau du trajet, appli-

DES YISTULES. 365 cations de cataplasmes émolliens, injections de même nature, en un mot, usage de tous les moyens propres à faire disparaitre l’acuité de la phlegmasie ou à la modifier dans sa nature, Suivant les cas , c'est-à-dire à lui imprimer une tendance à la cicatrisation. Mais il y a d’autres moyens

propres aux cas où les fistules ne présentent qu’une inflammation obscure ou chronique. Nous en parlerons en terminant, parce qu'ils sont communs à presque toutes les es: pèces de fistules que nous allons passer en revue.

Lorsque la syphilis ou la scrofule sont la cause manifeste qui entretient la suppuration d’une fistule, il faut traiter à la fois la maladie principale et la fistule ; on agit ensuite comme nous le dirons plus loin. Parfois une fistule est entretenue par la suppuration d’une partie profondément malade, et le plus souvent c'est un os carié ou nécrosé qui FAR lieu à l'écoulement du pus. Ici la fistule peut être produite de deux manières différentes. Tantôt c’est le pus formé par l'os enflammé qui vient se faire jour à l'extérieur , en formant un abcès par migration plus ou moins loin de sa source; tantôt l'irritation déterminée dans le voisinage, par la lésion -dont un os est le siége, entraine la formation de ces abcès que j'ai nommés circonvoisins, à cause de leur situation au voisinage d’une partie

-malade, et qui)ne communiquent pas avec le foyer du mal. sde nt même , le produit de la sécrétion s'étend jusqu’à l'organe le et quelquefois s'ouvre dans une cavité dépendante de cet organe comme l'articulation d'un os. Lorsque la marche de la maladie, carie ou autre , est aiguë , que le malade éprouve de la douleur, il faut avoir recours au traitement antiphlogistique local dont nous avons parlé plus haut. L'état inflammatoire calmé, on emploiera les excitans, surtout en injections, faibles d'abord , et on les rendra de plus en plus actifs. Lors-

Là

qu’une ssquille s'est détachée, il faut favoriser sa sortie par des injections répétées d’eau tiède ou. rendue émolliente par. Ja décoction de racines de guimauve. Quand Ja SAPRS cité de la fistule n’est pas en rapportavec. le volume, der l'esquille, il faut dilater le canal que celle- ci doit franchir, soit au moyen du bistouri > Soit, , plus, rarement, au moyen de substances dilatantes introduites dans: le trajet. Parmi ces dernières, on emploie communément l'éponge préparée, de la manière suivante : on plonge dans de la cire, liquéfiée des éponges f fines D bien, nettoyées ® débarrassées. par le battage des grayiers qu elles renferment ordinairement 3 6lles, sont ensuite soumises à une forte pression ou bien serrées fortement avec de la ficelle ; leur volume est alors réduit de beaucoup et elles offrent untissu ferme etcompacte. Lorsque lon veut dilater un trajet, on coupe un morceau de cette éponge que l'on taille en tige cylindrique, ‘capable d’ entrer facilement dans le canal fistuleux ; après l'y avoir placée .comme on le ferait pour une sonde , on la laisse séjourner vingt- “quatre heures, Alors la sl fond ia cire; l’humidie qui pénètre l'éponge. l'oblige à se gonfler, ce qu'elle

ne peut faire sans écarter.et distendre les parois d du conduit dans lequel elle est logée, On peut renouveler, cette .opération à deux ou trois reprises, jusqu'à ce, que l'esquille puissé sorur librement. Au lieu d'éponges , on. peut employer de la même manièr e la : racine de gentiane.Ces moyens dilatans sont encore mis en usage lorsque l orifice extérieur de la fistale. est très étroit et que la suppuralion est abondante. Alors pour que le pus puisse s’écouler facilement 4. on élargit le canal qui lui donne passage. Quant à à MOI, Je, préfère | Pi incision. avec le bistouri : à ces-moyens toujours | lents et quelquefois assez douloureux: mais il est des malades qui répugnent tellement à toute opération, qu il faut bien avoir recours, chez eux, au procédé que je. viens de signaler,

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