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bro HISTORIQUE DU PANSEMENT
Celse (1 7, c. 26), par on applique encore des emplatres agglutinatifs (Hist. de la méd., t. 9, p. 92). L'auteur romain recommande là, d'appliquer des médicaments qué l'on croyait propres à produire la cicatrisation. Le même préjugé a traduit, autrefois, dans notre langue, la même idée par les mots incarnatifs, glutinatoires, etc. On trouve là preuve de ce que nous disons : 1° dans le silence des auteurs postérieurs qui ne comptent point les emplâtres agglutinatifs au nombre des unissans des plaies; et 2° dans la distinction qu'ils ont le soin d'établir entre les moyens destinés à rapprocher les lèvres des plaies et à les glutiner ou cicatriser. «Si donc il n’y a aucune déperdition de substances, dit le traducteur de Guy de Chauliac (traité 3, doct. 1, c.3, Des plaies, vein., eic.), il faut essayer de consolider cela par médicamens doux aux plaies sanglantes, ou, comme on les appelle, consolidatifs.» Et Tagault (ouv. cit. L. 2, ch. 4, p. 295) : avant que glutiner les choses distantes, 1l faut les appliquer et faire Joindre... Si la plaie est grande, de sorte que les parties ne peuventse indre l’une à l'autre par telle déligature, il faudra user de suture, et, après déligature et suture faites, nous userons de remédes glutinatoires.
Ces exemples suflisent, je crois, pour prouver que les glutinantia de Celse n'étaient pas employés poür maïntenir rapprochées les lèvres d’une plaie. D'ailleurs , on en trouve la contre-preuve dans lés auteurs même que nous venons de citer. En effet, Fagault, que nous avons vu recommander les glutinatoires après la suture, comme l'encyclopédiste romain, parle ensuite, dans le même chapitre, de l'usage des agglutinatifs ; et comme on ne les employa d’abord qu’en appliquant un emplâtre sur chacune des lèvres de la plaie pour coudre ensuite les deux bords voisins dés emplâtres ensemble , ainsi qu’il le recommande, cet auteur
DES PLAIES ET DES HÉMORRAGIES. | Grx
en fait une cinquième espèce de suture, que depuis on a désignée sous le nom de suture sèche (instit., p. 304).
Aétius emprunte à Galien son chapitre sur les plaies. Si la blessure est légère, on se bornera à en rapprocheriles bords et on emploiera un simple bandage contentif pour empêcher les corps étrangers d'y pénétrer ; si la plaie est plus large, qu'il s’y accumule de la sanie, qu'il-y ait de la douleur, il faut avoir recours aux dessiccatifs ; si l'ouverture est plus étroite que le fond , il faut la délaier avec linstrument tranchant, afin que les humeurs aientun'écoulement facile; s’il ya des eaillots de sang, on doit les absterger à l'aide d’une éponge trempée dans le vinaigretet exprimée avec soin ; sil n y a pas d'écoulement sanguin, on emploiera préférablement de l’eau simple, «ar le vinaigre, substance astringente, a l'inconvénient de retarder la guérison: mais il fait resserrer les orifices béans des petits vaisseaux-et arrêter l'hémorragie. Dans les plaies de tête, si l’épicräne n'est pas intéressé, on réunit, à l’aide de quelques, points de suture,:et:on applique les agglutinatifs; si au contraire il a été atteint, il faut ruginer l'os et faire suppurer la plaie ; ainsi l’auteur bourre de charpie la solution de continuité, place par-dessus de la laine ou une éponge trempée! dans le vinaigre, recouvre le tout d’un bandage "médiocrementsérré (Tetre IV, serm.ur, cap. 26, p. 774). Ailleurs (Tetr. IV, serm.n, cap. 12, p.82). Il donne d’après Philagrius, Andromaque, Galien, etc. , une multitude de formules d’emplâtres qu'il regarde comme excellens pour amener la cicatrisation des plaies.
Paul d'Egine s'occupe surtout de distinguer les différentes sortes de traits , et d'indiquer la manière de les arracher ou de les faire sortir du côté opposé à celui par lequel ils sont entrés. Des projectiles, tels que des balles -de plomb lancées par les frondes, peuvent pénétrer dans
les tissus et y rester cachés ; il faut les aller chercher avec des sondes, des crochets, ou, si faire se peut, avec des pinces dentées. On a vu quelquefois des corps étrangers, qui avaient échappé aux recherches, être expulsés par des abcès, long-temps après la guérison de la plaie extérieure (lib. vr, cap. 88, p. 19). Du reste, son traitement ne diffère pas de celui de ses prédécesseurs, et c’est à peine s'il l'indique.
Avicenne insiste spécialement sur la situation, dans les cas où la plaie est profonde et suppure; pour les plaies du bras. dans lesquelles l’orifice est situé plus haut que le fond, il conseille de suspendre la main du blessé (lib. IV, fig. 1v, tract. n, cap. 3, t. n, p. 140). Plus loin, il donne avec soin les moyens de réunir la plaie (id. #bid., cap. 8, p- 146) et déroule de longues listes de topiques incarnatifs, agglutinatifs, etc. L
Pendant le moyen âge, le pansement des plaies partagea les chirurgiens. Voici ce que dit Guy de Chauliac dans sa préface, p. 11 : « Les sectes qui couraientde mon temps parmi les opérateurs de cet art... furent cinq. La première fut de Rogier, Roland et des quatre maitres, qui indifféremment à toute plaie ou apostème procuraient sanie ou suppuration, avec leurs bouillies ou paparots ; se fondant sur cela du cinquiesme des aphorismes, les laxes sont bons et les cruds mauvais. La seconde fut de Brun et Théodore, qui indifféremment desséchaient toute playeavec du vin seul, se fondant sur cela du quatriesmé de la thérapeutique, le sec approche plusdu sain, et l’humide du non-sain. La troisiesme secte fut de Guillaume de Salicet ou de Lanfrane, qui, voulant tenir le milieu entre ceux-ci, procuroyent ou pansoyent toutes playes avec onguens et emplâtres doux, se fondant sur cela du quatorzieme de la thérapeutique , que la curation à un moyen, que soit traitée sans fraude et sans