‹ Traité des bandages, des pansemens et de leurs appareils (volume 2)Chapitre 96 sur 111 · DES PLAIES ET DES MÉMORRAGIES · texte numérisé non relu

DES PLAIES ET DES MÉMORRAGIES

tentes ( liv. rx). Ajoutons qu'il liait les vaisseaux au lieu d'en cautériser l'ouverture.

Depuis cette époque jusqu’à l'académie de chirurgie, le traitement des plaies a peu varié, On sait que cette société illustre avait donné comme une question de prix l'étude des différens agens thérapeutiques employés dans le traitement des affections chirurgicales. C’est à ces travaux que Von dut un commencement de réforme dans les formules si compliquées, si variées, qui faisaient les délices et quelquelois toute la science de certains de nos devanciers. Dans le recueil des prix se trouvent deux dissertations sur les pansemens rares ou fréquens; la première, due à Lecatqui fut couronné, pose un peu confusément les cas dans lesquels les plaies réclament l’une et l’autre de ces pratiques, et fait surtout valoir la nécessité des pansemens rares dans les plaies que l'on veut réunir par première intention (Prix de l’acad. de chir.,t. 1, p. 103,6d. in-8°.) Cependant, Pibrac,dans deux mémoires successifs,s’élevait contre abus dessutures.et vantait les seuls appareils (4Z. de réunion desplaies à l’aide des agglutinatifs et de l’acad. roy. de chir., t. 1x, éd. in-12); dans un second mémoire sur les plaies avec perte de substance, il faitvoir que l'emploi de médicamens différens, aux diverses périodes d’inflammation, de suppuration, de détersion, etc., que parcourt une plaie, est parfaitement inutile, etqu'un seul médicament peut très bien amener la guérison; enfin il conseille surtout l’usage de la charpiesèche et des pansemens rares (t. x£, p. 99, etc.) Dans ses travaux sur le bec de lièvre‘t. xix et x1v, éd. in-12), Louis adopta les mêmes principes, qui amenèrent enfin la simplicité du traitement chirurgical, généralement adopté aujourd’hui pour les plaies avec ou sans perte de substance, et non compliquées. Cependant Delpech, M. Serte de Montpellier et quelques autres chirurgiens ne craignent point de recourir à. la su-

ture. Sans les approuver entièrement, j'avoue qu’on me parait avoir trop abandonné la suture. Parmi les travaux récens sur la réunion des plaies, je ne dois point oublier la thèse de notre collègue M. Sanson qu’on lira toujours avec avantage ( Des avant. et des inconvén. de la réunion immédiate, Paris, 1834).

De temps immémorial, la compression a dû être mise en usage contre les hémorrhagies traumatiques ; aussi en est-il mention dans Homère (Odyssée, 1. 19, v. 457). La cautérisation est également très ancienne. Les livres hippocratiques en parlent au traité des lieux dans l’homme, n° 65. Du temps de Celse, il ne manquait pour ainsi dire rien à la liste des moyens hémostatiques, comme on l'a yu plus haut. On tamponnait les plaies d’où venait le sangavec de la charpie et une éponge mouillée d’eau froide par-dessus, après quoi on comprimait. Au besoin, on trempait la charpie dans du vinaigre ; on avait recours aux caustiques doux, à la cautérisation, à une ligature particulière et aux ventouses (1.5, c. 26, Ç 21). Galien, distinguant l’hémorrhagie artérielle de la veineuse, est encore plus clair et plus complet ; aux moyens précédens il ajoute la réunion des plaies, la constriction du membre, la ligature du vaisseau d'où le sang coule (méthod. medend. 1. 5, c. 3 et 5). Ce dernier moyen, tombé en désuétude où du moins peu employé par les anciens chirurgiens, fut remis en vogue par À. Paré. Je lis toujours aveé plaisir sa réplique aux critiques dirigées contre la ligature des vaisseaux : c’est un chef-d'œuvre de savoir et de raison. J'aime à l'entendre dire à son adversaire, après lui avoir fait la lecon : «Or, voilà, mon petit bonhomme, des autorités qui vous recommandent lier les vaisseaux ; » et puis : « c’est une chose qui ne sent point son chrétien, de brûler tout du premier coup sans s’arréter aux plus doux

les » (apologie et voyage, p. 11 91); la réflexion est

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