LITS A PLATEAUX BRISÉS
Quelques orthopédistes , craignant que dans l’exténision pratiquée à la manière ordinaire le frottémient’des reins’ et du col né fit perdre aux puissances extensives une'pärlie de leur action, imaginèrent de les employer no plus sur le lit, mais au moyen du lit lui-même. Ainsi Shaw, l’inventeur des lits brisés à plateaux (1), donne le dessin d’un lit formé de trois pièces mobiles roulant-par des galets sur un plan fortement incliné. La tête est fixée sur EU pièce supérieure , le thorax sur la RIOÈCE moyenne , et le reste du corps, à partir des fesses jusqu'aux pieds ,'est attaché sur le plateau inférieur ; ce dernier ést tiré par des poids én même témps que la pesanteur du corps, tendant à le faire descendre; donne lieu à une véritable extension. M. Pravas a changé le système dé Shaw : son lit est horizontal, les pièces sont séparées et mues au moyen d'un dés en me d’une pésanteur extrême.
Enfin M. Guérin s’est servi de ces lits dans une > intention
(4) On thé natur and treatment, etc. London , 4823.
un peu différente. Ses plateaux ne s’écartent pas parallèle-
ment , mais angulairement, c’est-à-dire plus d’un côté que. de l'autre. C’est ce qu’il appelle la méthode de flexion sig-
moïde, Ayant remarqué que les appareils ordinaires agissaient sur les extrémités de l’arc qu'il fallait redresser ; il pensa qu'il vaudrait mieux agir au niveau même des cour-
büres. C’est dans ce but que, fixant solidement le malade sar. les différens plateaux de son lit brisé, ayant bien soin que le sommet de la courbure corresponde à un intervalle des plateaux; ilécarte les pièces au moyen d’un système particulier, de manière à leur faire décrire, comme aux branches d’un compas que l’on ouvrirait, un angle dont la base réponde au côté concave de la déviation ; par ce moyen, le tronc est infléchi en sens inverse de la courbure qui tend à. être redressée directement, Malheureusement tout ne se passe pas aussi bien que le voudrait l auteur : la flexion en sens inverse qu'il se propose d’obtenir n°a pas lieu. par le redressement de la portion incurvée du rachis, mais par uñe double flexion, l’un au dessus, l’autre aa dessous du sommet dé la courbure, dont l’arc'ne spange pas.
Conclusions de l’auteur sur les moyens orlhopédiques employés au re essement des bossus. |
Le lecteur a dû observer. que trois . genres de ac ont été proposés pour redresser les HN : 1° des réducteurs de la colonne vertébrale et du tronc ( pag. 502 et 912 }; 2° des lits non extensifs et extensifs, et 3° des. fauteuils exbensifs,* que je n’ai fait que mentionner en remarque il n’y a qu'un instant. À ces moyens on ajoute généralement l'usage d'exercices gymnastiques variés. |
Considérant que Jes réducteurs de la colonne vertébrale et du tronc, en s “appliquant au corps, laissent libre de
marcher et Même de se livrer au violent exercice de l’escrime , nous croyons qu’on ne doit point les rejeter ; mais comme ils abandonnent le corps à une partie de son poids, et ne soustraient pas entièrement le rachis à cette,influence , qui concourt plus ou moins à la déviation, ïl ne faut pas les employer exclusivement; considérant que les lits , au contraire , le soustraient complétement à cette influence , et favorisent, par le coucher, l’allongément et le redressement du corps, nous conseillons d'employer ces moyens avec les précédens ; considérant que les. lits non extensifs , permettant aux sujets de changer de positiôn, ne causent qu'une fatigue médiocre, mais que les lits extensifs en particulier condamnent le corps à une immobilité absolue très-fatigante et pour un temps fort long; considérant que cette Ro prolongée, jointe à la dé tension du corps, doit être un affreux supplice qui révolte l'imagination , on ne doit pas employer exclusivement des moyens semblables ; considérant que les fauteuils extensifs n’ont ni les avantages des réducteurs du rachis, sous le rapport des mouvemens qu’ils pérmettent , ni ceux des lits extensifs , sous le rapport de la position, et qu’ils participent au contraire aux inconvéniens des uns, parce qu'ils ne soustraient pas la colonne vertébrale à l'influence du poids de notre corps, et aux inconvéniens des autres parce qu'ils ne permettent qu’un exercice insuffisant , nous pensons que ces moyens offrent peu d'avantages, Considérant enfin que l’usage des bains, d’exercices gymnastiques, où les sujets sont couchés, suspendus, où le poids du corps n’est point soutenu par le rachis , ne peuvent être que d’utiles auxiliaires des machines orthopédiques, nous les conseillons hardiment. Mais si la déviation est peu considérable et la personne peu fortunée, on peut essayer , pendant un ou deux: mois, de la faire coucher nuit I. 39
514 casse ir. BANDAGES MÉCANIQUES. | et jour sur un lit ferme et élastique, et de la faire tenir sur un plan de bois incliné lorsqu'elle prendra un bain; si, au bout de ce temps, il nya pas d'amélioration suffisante pour espérer par ces moyens économiques une guérison parfaite, il faut alors appliquer pendant le jour un réducteur de la colonne vertébrale analogue à ceux de M. Hossard , par exemple, ou de M. Bouvier. C’est même ce qu’il ÿ a de mieux à faire dès le début, si la personne est riche, | Lorsque la déviation est poussée très-loin , il ne faut pas se borner à ces moyens ; il me semble convenable alors, soit de placer les sujels pendant le jour dans ua lit à extension permanente , et de cesser l’extension pendant la nuit , afin qu'ils puissent se reposer de la fatigue de la journée; soit de les soumettre à l’extension pendant la nuit, au moyen d'un lit, et pendant le-jour au moyen du réducteur de la colonne vertébrale. | Comme les bains et le massage relâchent les parties” vivantes, soit qu'ils agissent mécaniquement, soit qu’en engourdissant, en quelque sorte, les propriétés de la vie dans les parties , ils amènent le relâchement de la contraction vitale lente, que l’analyse démontre dans tous les tissus vivans , il est convenable de faire concourir ces moyens'au traitement. * ne af
Enfin, comme la cause qui a produit la déviation peut
subsister encore , comme d’ailleurs plusieurs autres peuvent en ralentir la guérison: par la complication qu’elles apportent au mal, il faut faire concourir zu traitement mécanique une thérapeutique appropriée. te | Tels sont les principes auxquels nous ont amené de longues méditations sur l’influence des puissances mécaniques appliquées à l’économie vivante et aux os en particulier. J'ai cité plus haut, vous le savez ; les faits qui répandent là lamière sur cette influence-et qui peuvent séuls fournir une