‹ Traité des bandages et appareils de pansementChapitre 129 sur 160 · TER · texte numérisé non relu

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Plus tard , on en étendit enfin l'emploi aux plaies transversales , on y multiplia les chefs et les boutonnières en proportion de la largeur de la bande , comme nous le faisons aujourd'hui.

Les anciens usaient peu des bandages en T : ils étaient trop simples , et n'offraient pas sans doute des circonvolutions assez élégantes pour leurs gladiateurs. Cependant Héliodore préférait avec raison un bandage de ce genre , un T de l'anus , à une sorte de bourse , pa7:T0<;, iizl e^paç, c. XXXIX, pour le pansement d'un malade auquel on avait retiré un calcul vésical. Le bandage à trois jambes, Tpicrjcelviç , c. XLV , décrit par SoRANUS , est encore une sorte de T du périnée , et il le compare lui-même à cette lettre.

Quoique ces bandages se soient multipliés depuis , on ne les a pourtant employés , ni aussi souvent qu'ils le méritent par leur simplicité, leur légèreté et leur solidité dans l'application, ni sur toutes les parties où ils pouvaient être appliqués.

Les frondes, 'S.yiçhç ou /.ap/tivoç, 2:(p£v^ov/i, etc., ne sont pas des bandages inconnus à la chirurgie antique. Ga- LIEN en a décrit un assez grand nombre. Ainsi on trouve dans son lii>re des bandages la fronde à six chefs, c. 7, dont le chef moyen a un trou pour donner passage aux oreilles. Il s'applique en portant les chefs antérieurs sur

(i) Ouv. cité, t. I, p. 5g6. — (a) Introd. , g lïxf, pi. 2 , f. et part, m, ch. 11, g v.

592 HISTORIQUE DES BANDAGES PROPREMENT DITS, l'occiput, les chefs posle'rieurs sur le front, et les moyens sous le menton pour les y nouer ensemble. La fronde du front à quatre chefs , c.8 , dont le plein s'applique sur le front , tandis que les chefs supérieurs sont porte's à la nuque , les inférieurs releve's sur le verlex , et noue's aussi ensemble, chacun avec l'oppose'. La fronde à huit chefs , c. 9 , qui s'applique sur le verlex par son plein , en dirigeant les chefs de chaque côté, et portant les deux chefs ante'rieurs à la nuque , les quatre chefs poste'rieurs sur le front, et enfin sous le menton les deux autres chefs, qui sont perfore's pour donner passage aux oreilles.

Le cancer, xapjctvoç, c. 9, fronde à huit chefs, qui s'applique sur le vertex, et dont les chefs se nouent ensemble autour du crâne , de manière à n'avoir pas la moindre solidité' ; les frondes de l'oreille , à quatre et à six chefs, c. 7."^, 76, les firondes des lèvres, c. 69, 70, sont de mauvais bandages qui ne méritent pas être conserve's. tf Les frondes du nez à quatre chefs , c. 49 j 5 1 ; celles des lèvres, c. 69, 70, pourraient être utiles si elles e'taient mieux appUque'es; si, par exemple, le plein de la fronde étant placé en travers sur le bout du nez ou de la lèvre à bander , les chefs supérieurs étaient portés autour du cou en passant par-dessous les oreilles, et les inférieurs en haut , autour du crâne en passant par-dessus les oreilles.

La fronde de la mâchoire se trouve dans Galien , c. 66 , telle qu'on l'emploie de nos jours. Paré n'employait pas d'autre bandage pour contenir la mâchoire fracturée ; il l'appliquait sur la semelle de soulier , qu'il plaçait préalablement par-dessous le menton, et il en cousait les chefs au bonnet du malade (1). Fabrice

(1) Liv. XV, ch. vu.

d'Acquapendente (i) couvrait là mâchoire d'une étoupade , et perçait le plein de la fronde pour mieux embrasser le menton et Tun de ses chefs pour y engager l'oreille correspondante. Leclerc (2) et Heister (5) , qui couvraient l'os casse' d'une compresse et d'un carion de'coupe's suivant la figure de la mâchoire , employaient aussi une fronde perforée dans son plein. Celte ouverture mentonnièie , recommandée par beaucoup d'autres encore , a ëte' ne'glige'e depuis.

HISTORIQUE DES BOVRSES OC SUSPENSOIRES.

Je rapporte à ce bandage les suspensoires des mamelles, que Soranus de'signe sous le nom d' ava'X-/] [xurpiç, c. ^1 et /|2 , et qui sont forme's de deux pièces de hnge cousues ensemble , mais dont les quatre chefs sont libres ; la bourse d'une mamelle qu'HÉLiODORE décrit sous le nom de paxTo;, c. 5i. GuY DE Chauliac recommandait de faire en forme de sachet les bandages destine's à soutenir la verge et les bourses (4). Les suspensoires du scrotum , dit J.-R. Verduc, sont de deux sortes : l'une est la poche y elle est soutenue par quatre chefs atlache's par-derrière et par-devant à une ceinture; l'autre est une pièce de linge dont l'extrémité' antérieure se fixe à une ceinture , tandis que l'extrémité postérieure, fendue en deux chefs qui sont croisés sous le scrotum, est attachée par-derrière (5). Heister a donné dususpensoire appliqué une figure grotesque (6) ; mais celui qu'il a représenté séparément , fait voir que la

(1) Part. I, liv. V, ch. m, p. 462. — (2) Appar. pour la tVacl. de la mâchoire, p. 82. 87, f. 5 et 6.— (5) Part, i , liv. 11 ch. IV, t. I, p. 197, § IV , ot pi. 8, f. 9, — (4) Trait. 11 , doct. 11 , ch. VII, apostem. de la verge ot de l'araar. , p. 199 ; et Trait. IV, doct. II, ch. VII, ulcér. des hanches, p. 566. — (5) Ouv. cité, t. I, p. 611. — (6) PI. 58, f. 12.

594 HISTORIQUE DES BANDAGES PROPREMENT DITS, forme du nôtre n'a éprouve' depuis aucun changement.

HISTORIQl'E DES BANDAGES LACÉS.

Ils sont gëne'ralement peu anciens , et leur usage s'e'tend chaque jour de plus en plus. Cependant, si l'on en croit M. FouRNiER ( i), les dames romaines ont autrefois porte' des corsets, qui, d'abord destine's à relever la gorge, le furent ensuite à serrer la taille et à l'amincir. Si l'auteur eût cite' ses autorites , peut-être serait-il possible de tomber d'accord avec lui; mais pour moi, qui en ai vainement cherche la preuve , j'avoue que non seulement je ne l'ai pas renconlre'e , que je n'ai rien même trouve d'analogue dans les statues , les bas-reliefs ou les me'dailles antiques. Ouvrez l'ouvrage où MoiNT- FAUCON a rassemble' un si grand nombre de fissures sur les vétemens des anciens (2), vous ne verrez re'ellement rien de semblable aux bandages vétemens dont nous parlons; vous y verrez des femmes revêtues d'une ou deux tuniques , et dont la gorge est soutenue par une ceinture qui entoure la poitrine immédiatement au-dessous du sein (5). Imagine's, je crois, pour redresser la taille , les corsets ont e'te' faits d'abord en me'ial, comme on le voit dans Paré (4) , et par la suite en toile garnie partout de baleines tellement rapprocliëes qu'elles formaient une cuirasse capable , en vérité , de résister à l'effort de la balle. Ces corsets, justement proscrits , sont remplacés aujourd'hui par ceux dont nous avons parlé, et par les corsets élastiques que nous n'avons fait que mentionner. M. Delacroix a beaucoup perfectionné ces derniers.

(1) Dict. des se. niéd. , art. corset. — (2) Anliq. expliquée , t. III, part. I. — (5) PI. 19, f. 3 ; p. 20, f. 2 ; p. 23, f. 1 ; p. 23, f. 1,2, 3, t. m, part, i, et dans le supplém. — (4) Liv. xxiii, oh. TIII.

HISTORIQUE DES BANDAGES A PLAQUE. ÔgS

Au rapport de M. FouRNîER , les Indiennes, et sur tout les Bayadères , perlent d'ëlégans corsets , cou leur de chair , et d'an tissu si fin que l'œil distingue les mouvemens de la gorge qu'ils embrassent. Ils reçoivent les seins dans des goussets arrondis et modèles , pour ainsi dire, sur les contours de ces organes (i).

On n'en a jamais de'crit que quelques espèces, et on lesemploiebeaucoupmoinsqu'elles ne le méritent; mais les anciens n'en firent point usage (2). Depuis fort longtemps on en applique sur la cicatrice conse'cutive à l'opëraiion du trépan. Des plaques de cuir ou de me'tal s'employaient déjà ainsi du temps de Paré (5). Ce chirurgien a encore de'crit et figure' une plaque avec des besicles en corne , perce'es d'un trou central , et qu'il destine à redresser les yeux (4). Si en formant un genre particulier des bandages à plaque, j'arrête l'attention sur ces machines aussi simples qu'utiles , j'aurai rempli mon but;

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