‹ Traité des bandages et appareils de pansementChapitre 15 sur 160 · CHARPIE- Î · texte numérisé non relu

CHARPIE- Î

loppedans celle-ci un rapide mouvement moléculaire,^ «n^loutie par 1 énergie de lattraclion capillaire, la charpie disparait soudain. La relire-t-on <lc reau? elle reparait à l'oeil comme une petite masse gélatineuse. La charpie ràpee^ apposée sur un corps recouvert dune mince couche deau , s"y applique de mcme c[ue la x:harpie brute, et v adhère promptement en formant une es])cce de couche emplasiique ^ d'ailleurs très facile à détacher.

Répandue sur la surface d'une plaie, elle s v oltache fortement et promptement, la sèche d'-ahord . puis y excite de la chaleur, l'irrite, à ce qu'il parait, assez ■yivement , forme une croûte qui retient les fluides , attire -douloureusement pour le malade les Lords de la plaie qui se rident , se froncent en ravonnant , et enfin la croûte qui en résulte est toujoui's difHcile à déta- <Jier.

Tant de défauts en proscrivent presque généralement Tusage , et, je favoue, je ne sai-s quels cas en fféclament impérieusement l'emploi.

Tîiêr-CniBPIE.

Les chirurgiens du nord de TEurope, de la Rus- -sîe , de la Prusse , les Anglais , se servent d'une espèce de charpie inventée par ces derniers : je i'appekrai tissu-charpie. C'est une soite de tissu fait de lin ■ou de chanvre. II v a de ces tissus dont l'une des faces est gommée et luisante , tandis que lautre est couverte d'une multitude de filamens. Il y en a d'autres dont la première surface au lieu d'être gommée est simplement satinée; enfin il en est dont les deux surfaces sont également villeuses ''i^. Ce tissu est d'ailieurs

(i) On peut s'en procurer cîiez GAaiEE, coutelier anglais, élibli à Paris, rue de l'Odéon,

l6 PREMIÈRES PJÈCES d' APPAREIL.

dispose en longues pièces roulées , où l'on taille les morceaux tels qu'on les veut employer. Ces paquets sont très portatifs et très commodes pour la cliiruri^ie militaire. Les villositës de ce tissu-charpie, ne formant point ensemble un toriis serré comme les hrins de la charpie, doivent absorber le pus avec encore plus de difEculté; cependant comme noire charpie ne l'absorbe pas sensiblement y il n'est pas étonnant qu'on persiste à se servir du tissu-charpie.

ClATiPIE DE COTON, DE LAINE ET d'ÉtOCPES.

On a aassi propose d'employer, en place de charpie, le coton, la laine et l'éloupe. Ces substances sont beaucoup plus irritantes, et la dernière est en outre prépare'e avec trop peu de précautions et de propreté'. Cependant Tusoi^e des premières pourrait cire indiqué dans les pansemens des ulcères appelés aloniques par le professeur PiiCHERAND, et toutes trois pourraient, dans tine multitude de circonstances, remplacer très bien la charpie grossière. Toutes trois sont propres à couvrir des parties que l'on veut défendre contre le froid. La laine et le colon sont journellement employés à cet usage dans nos vê4.emens, et le coton roulé en boulettes s'emploie particulièrement dans le conduit auditif pour préserver l'oreille interne du froid, soit parcequ'elle y est très sensible , soit parcequ'elle se trouve enflammée. Dans ces cas, le colon peut encore servir à porter dans le fond du conduit des liqueurs émollientes , huileuses, anodines, etc. Les éioupes sont habituellement employées par les vétérinaires.

Le professeur Percy dit avoir eu quelquefois recours dans ses campagnes militaires, à la mousse , au foin, à l'herbe sèche, pour s'en servir comme de moyen de remplissage. Et pourquoi n'aurait- on pas recours à

PLUMASSEAUX. > 17

toutes ces substances grossières , lorsqu'on ne veut les appliquer ni sur des plaies ni sur la peau , et que les circonstances recommandent une pre'voyante e'conomie?

PUTMASSEAtJX.

Ce sont de petites couches de charpie , formées par un assemblage de filamens à peu près parallèles ou le'gèrement entre-croise's , mais adhe'rens tous les uns aux autres (P. I, F. II).

Leur e'paisseur , quoique variable, est toujours peu conside'rable. Ils ont différentes figures : ils sont quadrilatères, carre's, ovales, etc., d'ailleurs plus ou moins grands , et leurs extre'mite's sont ordinairement replie'es sur elles-mêmes (P. I, F. 11, 1, 1, 1, 1,). Ils ont deux surfaces : nous nommons interne celle qui doit s'appliquer sur la peau , et externe la surface oppose'e ; c'est sur celte dernière que doivent être replie's les deux bouts du plumasseau. Ces petites couches de charpie se prêtent facilement à être recouverts d'un me'dicament de consistance molle, de ce'rat ou d'onguent, par exemple.

Usages. Les plumasseaux servent à recouvrir une plaie , un ulcère , à les pre'server du contact des corps e'trangers et du froid, à deterger une plaie dont ils absorbent une partie des fluides , à appliquer un topique me'dicamenteux , comme du ce'rat ou un onguent peu consistant que l'on e'tend sur leur face interne. Percy les a même employe's pour appliquer, sur des plaies et des ulcères, des gaz et des vapeurs dont il les avait impre'gne's en les exposant à leur contact. Il paraît en avoir relire' des avantages (1).

Préparation. Quoique simple et facile, lapre'paration d'un plumasseau demande encore un peu d'habitude.

(i) Dict. des se, aûéd. , art. cliarpîe, p. 565,

i8 piinmÊRES PIÈCES d'appareil:

Prenez de la charpie dont les filamens aient au moins cinq travers de doigt de longueur; lorsqu'elle est trop courle elle se lie mal, et le plumasseau est sans solidité. Saisissez-en une poignée avec la main droite , pre'seniezen les fils divergens entre les'côle's voisins du pouce et du doigt indicateur de la main gauche , retenez les fils entre ces deux doigts, tandis que vous tirerez avec la main droite comme pour arracher la charpie retenue par la main gauche : alors les filamens saisis , les uns par leur extre'mité , d'autres par le milieu de leur longueur, selon qu'ils se seront présentes par leur extrémité' ou plies sur eux-mêmes , se tendront parallèlement , et une partie restera dans la main gauche en travers des quatre derniers doigts. Continuez ainsi : à chaque fois le plumasseau deviendra plus épais.

Cette première opération ne vous donnera qu'un plumasseau grossier; beaucoup de filamens plies sur eux-mêmes en troubleront la régularité ; mais il vous servira à en faire un qui pourra être parfait.

Reprenez-le donc avec la main droite par l'cxlrémile qui correspondait au pouce et à l'indicateur de la main gauche, et refaites-le en le présentant par l'extrémité opposée entre les côtés voisins de ces mêmes doigts , et procédant d'ailleurs comme dans le premier cas. Les filamens repliés se déploieront, les autres deviendront plus droits encore, et vous obtiendrez un plumasseau très régulier.

Ce plumasseau composé, vous en replierez les extrémités sur elles-mêmes, sans y taire de bourrelets ni de nodosités (P. I, F. II, 1 , 1 , 1 , 1 ) , et vous ne les couperez point avec les ciseaux. Ce procédé est sans doute plus simple et plus expédilif; mais il est vicieux, parcequ'à la levée des appareils le plumasseau ainsi préparé ne se déiache pas toujours en entier d'une seule lois.

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