‹ Traité des bandages et appareils de pansementChapitre 16 sur 160 · GATEAUX DE CHARPIE · texte numérisé non relu

GATEAUX DE CHARPIE

Les chirurgiens de'signent quelquefois de grands plumasseaux sous le nom de gâteauoc de charpie.

Pour ies faire, prenez de la charpie de six ou huit travers de doigt de longueur , et au lieu de ies composer de couches qui se recouvrent exactement les unes les autres dans toute leur longueur, placez ces couches de manière à ce qu'elles se de'passent l'une l'autre et ne se recouvrent que dans la moitié de leur étendue ; ensuite recouvrez-les toutes d'une couche commune qui les tienne unies ; enfin , dans tous les cas , terminez vos plumasseaux en les pressant et les frappant légèrement entre les mains pour favoriser l'union , l'adhésion de leurs brins, et la solidité de l'ensemble.

L'étendue et l'épaisseur des plumasseaux et des gâteaux de charpie doivent être subordonnées à l'usage que l'on veut en faire. Ceux qui sont destinés à recouvrir une plaie ou un ulcère fort larges, inondés toujours d'une abondante suppuration, doivent être plus grands et surtout plus épais j ceux que l'on doit appliquer sur une plaie dont les bords sont réunis par première intention , et dont la cicatrisation s'opère au gré du chirurgien , doivent être très minces; on les préparera aussi plus épais lorsque le malade se plaindra d'éprouver du froid à la plaie ou à l'ulcère.

application. Les plumasseaux s'appliquent sur la plaie en les prenant par leurs extrémités, là où ils sont repliés. Ils doivent recouvrir la solution de continuité au-delà de sa circonférence.

Si la solution de continuité sur laquelle on les applique n'est point partout humectée par la suppuration, si même on craint que sur quelques points elle le soit trop peu, il faut recouvrir le piumasseau d'une mince

iO PREMIÈRES PIÈCES D'aPPAREIL.

couche de ce'rat , pour qu'il n'adhère point à la partie sur laquelle on l'applique. Lorsqu'on n'a pas eu celte pre'cauiion, le pansement suivant est laborieux pour le me'decin , pénible pour le malade , et souvent accompagne' de saignemens douloureux. Comme l'adhérence des plumasseaux n'est nulle part plus facile que sur les bords des solulions de continuité, il ne iaut jamais manquer de recouvrir ceux-ci de la bandclelie enduite de cérat, dont nous parlerons plus bas.

Effets. Les plumasseaux apposés sur une plaie la tiennent chaudement. S'ils sont é[3ais , ils peuvent amortir les chocs extérieurs ; et si le pus est abondant il les pénètre et ne parvient que difficilement aux compresses. Si au contraire les plumasseaux sont trop minces , tous les coups que le malade peut recevoir portent de toute leur force •, le pus transperce promplement la charpie , inonde les compresses et le bandage qui les couvre; son odeur infecte se répand au dehors, et au pansement rien n'est plus dégoûtant à lever qu'un aussi sale appareil.

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