‹ Traité des bandages et appareils de pansementChapitre 18 sur 160 · DES TAMPONS · texte numérisé non relu

DES TAMPONS

Nous re'servons cette dénomination à des boules et à de gros bourdonneis de charpie lie's par le milieu de leur étendue, et dont on se sert pour arrêter une he'morrhagie qui re'sisle ou que l'on sait devoir re'sisler à un simple tamponnement pratique avec des bourdonneis et des boulettes de charpie.

Indications. \ " Une personne e'prouve une he'morrhagie nasale extrêmement abondante, la lace pâlit, le pouls devient petit, le sang continue à couler d'une manière înquie'tante. 2° Vous avez excisé, sur un autre sujet, des hémorrhoïdes internes, emporté un polype qui était implante dans le rectum; ou c'est une blessure qui a lésé cet intestin en dedans, vers son extrémité inférieure; une hémorrhagie rebelle aux aspersions , aux injections froides et astringentes , qu'on ne peut arrêter par aucun moyen, se manifeste. 5° Elle survient encore sur un malheureux qui vient de souffrir fopéraiion de la taille sous-pubienne ou périnéale, on ne peut en tarir la source en liant l'artère du périnée, ou l'artère bulbeuse, on a inutilement tenté de le faire } on n'ose se décider à

TAMPONS. a 3

lier le tronc de la honteuse interne, qui pourrait bien ne pas arrêter l'he'morrhagie à cause des communications assez volumineuses des artères dorsales de la verge entre elles. L'e'iat de ces diffërens sujets devient alarmant; il faut absolument se bâter de recourir à l'emploi des tampons. Ces pièces de pansemens ne différant des bourdonnets et des boulettes de charpie que par le volume ou par la bgature qui les embrasse , je ne m'arrêterai pas à leur description.

Quant à leur préparation , Je n'ai qu'un mot à en dire : c'est qu'il faut les lier avec un faisceau ou un ruban de fil cire, fort et solide, compose', s'il est nécessaire pour lui donner de la force, de six à huit fils re'unis, afin d'être sûr qu'il pourra re'sister aux efforts du chirurgien lorsqu'il voudra les nouer. Ce dernier doit même s'en assurer, avant d'en e'treindre les boules de charpie qu'il destine à former les tampons.

Il faut que le ruban de fil ait environ 5 de'cimètres (un pied et demi à peu près). La boule ou le bourdonnet de charpie doit être lié avec le milieu de la ligature , afin que les deux extre'mite's de cette dernière soient à peu près égales. Enfin le volume du tampon doit être proportionné à la largeur de la partie qu'il doit remplir.

udpplication. Le tamponnement varie un peu, suivant les parties où on le pratique.

Tamponnement desjosses nasales. Pour tamponner les fosses nasales, il faut avoir une sonde de Bellocq, ou, si Ton se trouve surpris et qu'on n'ait pas le temps de s'en procurer , il faut prendre une baleine mince et assez étroite pour ne pas blesser les narines antérieures , ou même une tige d'osier très flexible. On peut pratiquer à ces deux derniers objets un ou deux petits crans tout près de leur extrénailé pour y attacher plus tard les fUs des tampons.

24 PREMIÈRES PIÈCES d'aPPAREIL.

La sonde de Bellocq, ainsi appele'e du nom de son inventeur, est un instrument compose' d'une canule et d'un slyiet d'argent.

La canule a près de 5 de'cimètres de long (moins d'un pied) sur 5 à 6 millimètres d'épaisseur ou de diamètre (environ 3 lignes). L'une de ses extre'mile's, celle qui n'entre pas dans les organes, et que je nomme externe^ est e'vase'c, et porte deux anneaux latéraux; l'autre, qui entre au contraire dans les organes, et que j'appelle in~ terne ^ est ouvciîe et courbée en arc de manière à décrire au plus un quart de cercle.

Le stylet est une verge d'argent qui est contenue dans la canule, et ne la remplit point exactement. Il a près du double de la longueur de la canule ; il porte un anneau à l'exiremité exlerne, et un boulon ou renflement à l'interne; arrondi dans le tiers de sa longueur depuis son anneau , il est aplati d'un côte' à l'autre dans le reste de son étendue. Cet instrument est élastique , et tend me'diocremeni à s'inflccliir et à s'enrouler sur lui-même dans le sens de son aplatissement, et toujours du côté concave de la canule. Ce ressort, abandonne à son élasticité' , ne doit pas faire sur lui-même plus d'un tour et demi dans toute la longueur de sa portion aplatie. Si on le pousse dans la canule en appuyant sur l'anneau qui le termine en dehors, l'extrëmiie' boulonne'e sort, tend à s'enrouler sur elle-même, et de'crit une grande courbe qui prolonge celle de la canule ; si l'on tire l'anneau à soi, cette extrémité rentre, et son bouton, parvenu au bout de la canule, en ferme l'ouverture.

Vous emploierez la sonde de Bellocq à placer à l'ouverture posie'rieure de la narine d'où vient le sang, un tampon assez volumineux pour l'oblitérer entièrement. Voici comment vous pourrez y parvenir : vous porterez après l'avoir graissée, l'exiremité interne de

Page 1