‹ Traité des bandages et appareils de pansementChapitre 20 sur 160 · TAMPONS · texte numérisé non relu

TAMPONS

^ans Fouverture pratiquée à la vessie. Celte canule, jusqu'au point où elle pénètre dans le re'servoir de l'urine, doit être entourée d'une bandelette de linge arrête'e solidement avec un fil. Ce tamponnement d'ailleurs ne s'ëtend pas jusque dans la plaie de la vessie.

Au rectum et au périne'e, les tampons doivent être soutenus par un T double du bassin (^. double T du bassin.)

Effets et propriétés . Un tamponnement est toujours pe'nible pour le malade.

Au rectum et au pe'rine'e , il exerce une pression excentrique très fatigante, qui cause aux malades des envies d'aller à la selle insupportables. Ces envies les excitent à des eôbrts auxquels ils doivent e'viter de se livrer.

Au pe'rine'e, il peut encore de'terminer, par l'irritation qu'il cause, une inflammation grave, en sorte qu'on n'y doit recourir qu'à la dernière extre'mite'.

Les divers tamponnemens re'pondent d'ailleurs ge'ne'ralement à l'intention du cbirurgien, s'ils sont bien exe'cute's.

Au nez, lorsque le sang ne peut plus s'écouler, il remplit les fosses nasales, s'y coagule et obstrue lui-même la source de l'he'm.orrhagie.

Au rectum et au périnée, elle s'arrête encore par un mécanisme analogue. En efifet, le sang s'y coagule à la circonférence des tampons, se moule sur les bouches vasculaires qui le vomissent, et concourt pour beaucoup à empêcher qu'il n'en sorte davantage et à favoriser l'oblitération des vaisseaux.

Soins consécutifs. Les tamponnemens doivent être surveillés par le chirurgien lui-même, ou par un aide fort intelligent, afin de s'assurer qu'ils remplissent l'intention pour laquelle on les emploie, et que l'hémorrhagie ne continue ni à l'extérieur ni à l'intérieur.

a8 PREMIÈRES PIÈCES d'aPPAREIL.

Ceux du rectum doivent lelre encore, parcequ'il arrive aux malades ou de vouloir les enlever pour céder aux besoins d'aller à la selle, besoins qui les abusent, ou de s'e'puiser irrésistiblement en vains efforts pour les satisfaire.

Si le malade pâlissait, s'affaiblissait graduellement et paraissait menace' de tomber en syncope, il faudrait retirer l'appareil pour le mieux replacer. L'expe'rience prouve que dans les he'morrhagies des fosses nasales un malade, prive de raison, peut avaler sans cesse le sang qui en vient et tombe dans la gorge, lorsque le tamponnement est mal fait ; que cbez un autre , où l'on a entasse' des tampons dans la partie inférieure du rectum , le sang peut s'accumuler au-dessus dans l'intestin ; que chez un troisième où l'on a tamponne le pe'rine'e , il peut couler dans la vessie et que tous ces malades peuvent mourir sans que l'he'morrhagie se remontre à l'exte'rieur.

Si les forces et le pouls se soutiennent , et que rien n'annonce la continuation de l'he'morrhagie à l'inte'rieur, il est à espérer au bout de vingt-quatre heures qu'elle ne reparaîtra plus. Cependant on ne peut pas se permettre alors de lever l'appareil. On le retirera d'autant plus tard que les vaisseaux d'où provenait le sang sont plus volumineux. En ge'ne'ralon peut l'enlever au bout de trois ou quatre jours, et au pe'rine'e on doit attendre que la suppuration le de'tache, comme on fait pour toutes les plaies où l'on applique soit de la charpie soit d'autres substances. Si cependant firrilation qu'il de'termine dans cette dernière re'gion s'étendait au bassin, à l'abdomen, et qu'elle menaçât le malade d'une inflammation du basventre , il serait prudent de retirer quelques tampons du centre, afin de diminuer la pression excentrique d'où vient tout le mal , et en outre d'avoir recours aux antiphlogis tiques.

Page 1