MÈCHES ET TENTES
Introduites pour diriger la cicatrisation d'une incision consécutive à l'opération de la fistule à Fanus , elles remplissent parfaitement leur objet , et la re'union s'opère graduellement de la circonfe'rence au centre. On est porte' à craindre que si le chirurgien se bornait à couvrir cette plaie d'un plumasseau, les bords de la division de l'anus et de l'intestin ne se reunissent avant le fond de la plaie, que le rectum ne reste dénude', que la maladie ne se reproduise, ou qu'au moins la guérison ne se fasse long-temps attendre. Le professeur BoYER a vu ((plusieurs fois l'ope'ration n'avoir point de succès, » par cela seul qu'on avait néglige l'usage de la mè- ;) che » ; mais comme il ajoute imme'diatement : (('et » j'ai remarque' que ce retour de la fistule avait lieu )) particulièrement chez les personnes d'un embon- )) point conside'rable , dont le sinus fistuleux e'tait pro- )) fond et son orifice externe fort éloigne de l'anus (i) » , le pre'cepte de panser toujours avec la mèche ne me paraît pas devoir être e'mis d'une manière absolue.
Il serait bien possible qu'il y eût plus d'avantage, dans les cas où la fistule est peu e'tendue , peu ëloigne'e du rectum et de la circonférence de Fanus , et il y en aurait toujours dans les premiers pansemens , à suivre la manière de Pouteau, qui pansait à plat l'incision de la fistule à Fanus (2). Il serait toujours temps, en effet, de recourir à Femploi des tentes , si Fon s'apercevait que la cicatrisation de Fintestin ou de Fanus se fit avant celle du fond de la plaie , ou si , la cicatrisation e'tant fort avance'e, on avait à craindre que Fanus ne se rétrécît. Enfin il faudrait bien panser à plat, si la plaie était fort
(i) Traité des maîad. chir. , t. x, p. 120. Paris, i825. (2) OEuv. clilr., 3Icin. sur le pansement de lajist. à Vanns,
t. lU, p. \xj.
34 PREMIÈRES PIÈCES d'aPPAREIL.
sensible, comme chez le sujet dont PoUTEAU a rapporLe l'hisloire (i). On peut espérer un plein succès de l'usage des tentes introduites dans le rectum ou le vagin , à la suite de la perforation des membranes ou autres parties molles qui les obstruaient , si on y maintient ces tentes jusqu'à parfaite cicatrisation. Mais il est à craindre que ce succès ne soit que momentané et que les parties ne se resserrent considérablement après qu'on a cessé l'usage des tentes , si les parties molles qui oblitéraient ces organes avaient beaucoup d'épaisseur.
Manière d'enlever la charpie sous les Joignes depluni asseaux , de boulettes , de bourdonnets , de mèches on de tentes.
La charpie , lorsqu'elle n'est pas collée à la surface ou aux bords des plaies, se détache aisément; dans le cas contraire, il faut commencer par l'humecter avec de l'eau tiède jusqu'à ce qu'on puisse la retirer sans causer ni saignement ni douleur. Pour l'enlever, on peut la saisir avec les doigts, si elle est peu mouillée par la suppuration ; mais il est toujours plus propre d'employer des pinces , et l'on ne doit jamais en agir autrement lorsqu'elle est inondée d'un pus dégoûtant. Les pinces dont on se sert habituellement dans ce cas sont connues sous le nom de pinces à ajineaux ou à pansemens.
Elles sont composées de deux branches et d'un clou. Leurs branches sont demi - cylindriques dans toute leur longueur, et planes sur un côté; dailleurs elles sont droites, unies entre elles , en passant l'une au travers de l'autre , et fixées par le clou , qui est proprement rivé. Elles se touchent dans toute leur longueur par leur face plane ; et lorsque la pince est fermée, elles
(i) Ouv. cité^ t. I, p. i58.