INSTRUMENT EXPLORATEUR
La connaissance de la situation d'un re'tre'cissement comprend celle de sa profondeur et du point qu'occupe son de'troit à la circonfe'rence ou au centre de l'urètre. Elle s'acquiert, ainsi que celle de sa forme, en en prenant l'empreinte au moyen (X'iuie bougie explora^ t/'icc (P. iil, F. xi) analogue à celle queDuCAMP a imaginée dans un but différent pour caute'riscr, avec prudence et habileté', une coarcialion de l'urètre.
La bougie exploratrice est une canule de gomme élastique qui peiU être gradue'e sur sa longueur des divisions du mètre ou du pied de roi. Elle est garnie à son extre'mite' interne de cire à mouler (P. III, F. xi, 2). Celte cire est fixe'e par des anses de fil de soie passées avec une aiguille à travers les bords du bout de la canule, qui est ouvert comme dans toutes les canules, et dont ces anses ne traversent point le canal. La cire à mouler est mêle'e et malaxe'e avec les fils de soie dont je viens de parler , de manière à ne pouvoir s'en séparer et à former un renflement ovoïde.
Cette cire à mouler est un mélange tenace de cire et de résine. Elle doit toujours être assez peu consistante pour se ramollir par la chaleur de l'urètre et se mouler avec facilite' sur son re'lrecissement. Mais il n'est pas moins important qu'elle ait assez de te'nacite' pour ne pas se diviser et se rompre trop aisément. Duc.\mp employait un mélange à parties e'gales de cire jaune de diachilum, de poix de cordonnier et de re'sine.
Exploration. La sonde exploratrice s'introduit dans
l'urètre jusqu'à l'obstacle. Aussitôt qu'elle y est parvenue, on l'y pousse avec un peu de force, afin que le mélange emplaslique s'y moule exactement.
Cette manœuvre, avec quelque pre'caution qu'on l'exe'cute, est douloureuse pour le malade, et s'accompagne souvent d'un e'coulement de sang assez abondant. Voilà une première raison pour ne pas pousser avec trop de force contre l'obstacle. Mais plus on pousse, plus la cire à mouler peut s'alonger à travers le rétrécissement et se prolonger au-delà, et plus elle doit être dispose'e à casser derrière ou dans le re'trécissement au moment où l'on cherche à la retirer : deuxième raison pour modérer les efforts. Il y en a une troisième, c'est que dans la plupart des cas une empreinte légère est suffisante pour bien faire connaître la situation et la forme du rétrécissement de l'urètre.
L'empreinte une fois prise, on marque sur l'instrument la profondeur à laquelle il a pénétré , et les côtés correspondans de la circonférence delà sonde et de la verge ; par exemple, le côté de l'instrument qui regarde la symphyse du pubis et correspond à la face abdominale du pénis. Ensuite on retire doucement la sonde exploratrice.
Si la cire à mouler est trop molle et trop peu tenace , il peut en rester un morceau dans le rétrécissement, ou bien son empreinte peut se déformer par la simple pression des parois de l'urètre sur le bout de l'instrument qui s'en va , surtout si l'empreinte a été prise sous les pubis ou au-delà. Pour éviter, autant que possible, cet inconvénient, il faut tendre la verge en la tirant en avant , de manière à effacer en partie la courbure sous-pubienne de l'urètre tandis qu'on retire la bougie exploratrice.
Pour éviter que la courbure de l'urètre n'altère l'em-
prelnte delà cire à mouler, lorsqu'elle est prise sous les pubis, et qu'on retire la sonde exploratrice, Ducamp se servait d'une sonde de gomme élastique courbe sans mandrin , et M. Lalleimand remplit exactement la bougie exploratrice d'une sonde ou d'une bougie de gomme élastique qui lui donne de la fermeté'.
Sans me dissimuler l'inconvénient grave de la possibilité qu'il reste de la cire dans l'urètre, je crois que, tout compensé, il y a encore des avantages à prendre l'empreinte pour s'éclairer dans les cas où l'introduction de la sonde est extrêmement difficile , et où l'on prévoit qu'on pourra être absolument obligé d'avoir recours à une sonde d'argent conique; enfin cette empreinte est absolument indispensable dans le cas où Ton veut essayer de sonder avec un conducteur par le premier procédé que je vais décrire.
L'exploration du rétrécissement achevée, sa profondeur absolue ou son siège, la situation de son détroit en haut ou en bas, à droite, à gauche ou au centre de l'urètre, sa forme enfin, étant bien connues, le chirurgien, éclairé par ces lumières, peut sonder le canal, soit en se servant d'un conducteur de Ducamp, soit en employant directement la sonde conique.
Premier procédé. Je me sers, pour l'exécuter, i " d'un conducteur sur lequel je marque la profondeur du rétrécissement ; 2° d'une ou plusieurs canules de remplissage en gomme élastique , de la longueur du conducteur; 5" d'une sonde ou d'une bougie dilataTite une fois encore plus longue.
Le conducteur (P. III, F. x) est une canule droite de gomme élastique, ouverte par conséquent à ses deux extrémités , et graduée ou non sur sa largeur. Elle a de vingt-deux à vingt-quatre centimètres (huit à neufpouces) de longueur, et le volume d'une bougie n" 9 (P. III,
F. viii). Tantôt celle canule offre un renflement latéral à son exirémité interne (P. III, F. x, 2) , de manière que son ouverture n'y est pas placée au centre; tantôt elle ne porte point de renflement , et l'ouverture en est au centre : de là, deux conducteurs, l'un régulier , l'autre irrégulier ^ ou à renfiement latéral. Le premier sert à guider la bougie dans le re'tre'cissement dont l'ouverture est centrale ; le second , dans celui dont l'ouverture est plus ou moins rapprochée de la circonfe'rence de l'urètre.
Les canules de remplissage doivent être d'ine'gal volume , entrer à frottement l'une dans l'autre et dans le conducteur, de manière que l'on puisse y en introduire une ou plusieurs pour remplir et rétre'cir à volonté son canal.
La sonde , ou la bougie dilatante , doit avoir un volume proportionné au diamètre présumé du détroit du rétrécissement , dont l'exploration a pu fournir quelque connaissance. Le canal de la plus petite des canules de remplissage doit être tel qu'il puisse èive presque entièrement rempli par la sonde ou la bougie, qui doit être portée à travers le rétrécissement, et celle-ci doit remplir exactement ce canal, afin de ne pas plier contre l'obstacle lorsqu'on s'efforcera de le lui faire franchir.
Pour introduire la sonde ou la bougie dilatante dans le rétrécissement, au moyen d'un conducteur, il faut marquer la profondeur du rétrécissement sur celui-ci.
Pour faire cette marque sur le conducteur, je le rapporte, après avoir pris l'empreinte, contre la bougie exploratrice qui en offre la mesure , et j'y marque pat un trait l'étendue absolue et totale qu'il y a entre l'empreinte de celle-ci et le degré auquel elle est entrée. Cette précaution de rapporter les deux instrumens l'un contre l'autre est indispensable. Si l'on concluait de la
profondeur d'un rëlrëcissement d'après les degrés , les centimètres ou les pouces marque's sur la bougie exploratrice auxquels celle-ci pe'nètre dans l'urètre, comme le recommande Duca.^ip, on se tromperait souvent.
Une iDOugie exploratrice qui rencontre un re'tre'cissement , pénètre plus ou moins avant , selon la facilite', la difficulté' ou l'impossibilité que la cire à mouler trouve à traverser le rètre'cissement , et selon la quantité qui s'y engage ou reste au dehors. D'une autre part, la bougie exploratrice étant graduée avant l'application de la cire à mouler , l'ouvrier qui la fabrique ne peut tenir compte de l'épaisseur de cette dernière en marquant la graduation ; et comment le pourrait-il , puisque cette épaisseur doit varier selon la forme du rétrécissement de l'urètre, la pression qu'éprouvera la cire à mouler quand elle sera poussée contre la coarctation, et selon la quantité qui restera au dehors ou pénétrera dans son détroit? Or, si l'opérateur appréciait la situation du rétrécissement par le degré auquel la sonde a pénétré dans l'urètre , sans tenir compte de l'épaisseur de la cire à mouler qui s'est arrêtée contre l'obstacle et s'ajoute à la longueur de la bougie , il trouverait nécessairement la coarctation moins avancée dans l'urètre qu'elle ne l'est réellement. A ces causes inévitables d'erreur , il faut ajouter qu'en pressant contre un rétrécissement pour en prendre l'empreinte , la sonde plie , que ses chiffres avancent dans l'urètre quand son extrémité reste immol)iIe , et que si l'on n'abandonnait pas l'instrument explorateur à son ressort naturel pour apprécier exactement ce qui a pénétré dans la verge, mais qu'on jugeât d'après les chiffres qu'on aurait vu y pénétrer, on pourrait encore être abusé , et croire dans ce cas le rétrécissement plus profond qu'il ne le serait en réalité.
La profondeur du rétrécissement de l'urètre marquée
sur le conducteur , d'après le procédé que je viens d'indiquer, vous introduirez jusqu'à l'obstacle le conducteur régulier , si l'ouverture du rëtre'cissement est centrale , et le conducteur à renflement , si au contraire elle est latérale, c'est-à-dire dans un des points de la circonférence de l'urètre. D'ailleurs vous introduirez le conducteur à la manière d'une bougie emplastique ou d'une sonde sans mandrin. Si c'est le conducteur à renflement, vous dirigerez la saillie late'rale de son extrémité' interne au côté de l'urètre opposé à l'ouverture du rétrécissement, afin que l'ouverture de cet instrument, repoussée en sens inverse, s'approche du détroit de la coarctation, et s'y abouche avec plus ou moins d'exactitude.. Après, vous glisserez dans ce conducteur, jusqu'à l'obstacle, une ou deux canules de remplissage, s'il est nécessaire, pour rétrécir sufHsamment son canal, et puis la sonde ou la bougie dilatante ; vous l'y pousserez peu à peu , et elle s'y engagera tantôt aisément et du premier coup, tantôt difficilement , selon la rencontre plus ou moins exacte des ouvertures de la canule conductrice et du rétrécissement.
Si vous avez suflisamment rétréci le canal du conducteur par les canules de remplissage , si la sonde ou la bougie dilatante remplit presque eniièrement le canal par lequel on la dirige jusqu'au rétrécissement, elle n© pourra se plier , ne perdra rien de sa force contre l'obstacle, et lorsqu'elle aura pénétré au-delà de celui-ci et assez avant, vous retirerez le conducteur d'une main, tandis que de l'autre vous pousserez sur la bougie ou la sonde dilatante , afin qu'elle ne soit pas entraînée au dehors. Lorsque ensuite le conducteur, parvenu au bout de la sonde ou de la bougie dilatante, ne vous permettra plus de la pousser dans l'urètre, vous pourrez la sj^isir à travers la verge , et l'y main-
tenir pendant que vous achèverez de retirer ce conducteur.
Vous concevez maintenant pourquoi nous avons dit plus haut que la sonde ou la hougie dilatante ne doit pas remplir entièrement la canule de remplissage qu'elle occupe, pourquoi elle doit y glisser aise'ment; c'est pour éviter qu'elle ne soit elle-même entraînée hors de l'urètre par le conducteur et les sondes de remplissage lorsqu'on les relire.
Je ne m'exagère point les avantages de ce proce'de' : la saillie latérale du conducteur n'a pas toujours pre'cise'ment le volume convenable pour que l'ouverture de son extrémité' s'abouche exactement avec celle du re'tre'cissement, et que la sonde ou la bougie s'y engage directement. Lorsque la coarctation se trouve dans la portion sous-pubienne de Furèlre , que son ouverture est en haut , et qu'il faut en conse'quence diriger le renflement du conducteur en bas , l'urètre , en vertu de la courbure qu'il offre dans cette re'gion , presse avec plus d'e'nergic , de bas en haut, sur le renflement du conducteur , que de haut en bas sur son côte' opposé , et fait tourner ce renflement vers la partie supérieure de son canal. Or, comme le plus grand nombre des rélrécissemens de l'urètre se voit à sa portion sous-pubienne, le procédé que je propose, je m'empresse de l'avouer, perd souvent une partie de ses avantages ; mais son usage n'en offrît-il que pour les rétrécissemens antérieurs à la courbure sous-pubienne, il devrait encore élre conservé , au moins pour les chirurgiens qui ne peuvent se hasarder à pratiquer le calhélérisme forcé, dont nous allons maintenant parler.
Deuxième procédé ou cathétérisme forcé. Lorsqu'on n'a pu introduire une sonde de gomme élastique ou une bougie dans la vessie par la méthode ancienne ,
ni par le premier proce'de' de la meïhode à exploration préliminaire , et que cependant le malade reste tourmente' d'une rétention d'urine rebelle à tous les autiphlogistiques , aux lavemens ëmoUiens et anodins , aux bains, aux sangsues ; il est, je pense, indique et urgent d'avoir recours au cathétérisme forcé ^ après toutefois que Ton s'est bien éclaire sur la situation et la forme du re'tre'cissement par 1 exploration.
Dans ce procède, le chii'urgien doit toujours faire coucher le patient, prendre une sonde conique d'argent, et commencer à l'introduire dans la verge jusqu'à l'obstacle , eu obéissant aux règles du cathétérisme pratiqué au moyen d'une sonde courbe. IN eus avons trace' ces règles en décrivant l'ancienne méthode de sonder (p. 1 1 5 et suiv.) ; mais ici que la coarctation de l'urètre a résiste' à la première méthode, ici que le chirurgien ose armer sa main d'une sonde d'argent conique, ici enfin qu'il s'agit d'enfiler directement l'urètre à l'endroit où il est resserré , quels soins l'opérateur ne doit-il pas prendre pour éviter de transpercer les parois de ce canal , de s'e'garer , et de se perdre entièrement dans une fausse route! il redoublera donc de précautions : sat cito ^ si sat hene. Il profilera de la connaissance que l'exploration lui aura donnée du rétrécissement. L'extrémité de la sonde parvenue contre celui-ci, il la dirigera en haut, en bas , à droite , à gauche ou au centre , selon le lieu qu'occupera l'ouverture du rétrécissement.
Lorsqu'il sera parvenu sous les pubis , il tiendra toujours la sonde appuyée contre le bord inférieur du ligament sous-pubien, la poussant toujours doucement en avant , et la renversant en même temps en bas par son pavillon , pour lui faire franchir le col de la vessie par le double mouvement que nous avons décrit plus haut (pag. 116). Toujours enfin il deyra s'aider de l'iiidica-
leur gauche porlé dans le rectum , après Tavoir oint d'huile ou de ce'rat. Ce doigt sera l'œil de la main droite ; il Te'clairera sur la marche de l'instrument et sur ce qu'elle devra faire pour le bien conduire ; il pourra même diriger le bec de la sonde à travers la portion membraneuse de l'urètre et la prostate jusque dans la vessie, comme nous l'avons déjà recommande' plus haut. •Il l'y reconnaîtra aise'ment à travers les parois contiguës du gros intestin et de la vessie , mais l'urine qui s'e'lancera par le pavillon en sera la preuve de'cisive.
Ce proce'dé est souvent très fatigant pour le chirurgien et extrêmement douloureux pour le malade.
Moyen contentif d'une sonde ou d'une bougie dans l'urètre. On emploie souvent , pour fixer une sonde dans l'urètre , une sorte de bandage que l'on fait avec un cordon de coton , d'un mètre environ (près d'une aune). Je pourrais en renvoyer la description aux liens dont je parlerai par la suite; mais comme il sert exclusivement à contenir une bougie ou une sonde dans l'urètre , je préfère le décrire ici, et il n'en sera plus question que pour le mentionner et rappeler l'endroit où s'en trouve la description.
Pour appliquer ce bandage contentif , liez avec le milieu de votre cordon, par un ou deux nœuds solides, s'il est nécessaire (P. IX, i5) , le pavillon de la sonde tout près de son extrémité, soit dedans, soit, mieux encore, sous la rainure circulaire de son anneau de résine , dans le cas où elle en porte un. Cet anneau de résine, destiné par les fabricans de sondes à fixer les liens qui doivent les contenir dans l'urètre, est inutile, et parcequ'il se brise très facilement sous la constriction des liens , et parceque ces liens , surtout lorsqu'ils ont été mouillés , tiennent sur la sonde ou la bougie avec assez de solidité. Conduisez ensuite sur la verge les deux chefs
du cordon (P. IX, 11, 11), enlacez -les par un nœud simple au-delà du gland (même P., ■j) comme ils le sont (même P., 16); portez-les ensuite, l'un à droite, l'autre à gauche, autour de la verge ; ramenez-les tous deux ou un seul devant le premier nœud fait sur cet organe, et passez dessus les deux chefs fméme P. , 11, 1 1 ) qui forment ce nœud (même P. , 1 0) ; faites un nouveau nœud siniDle sous la vérité ou sur l'un de ses côte's (même P. , 8); ramenez-les au pavillon de la sonde ou de la bougie (même P., 12 , 12) ; enlacez-les-y par un nœud simple (même P. , i5) ; appliquez ce nœud sur le bout de l'instrument, devant le premier fait sur la sonde ou la bougie, et fixez-l'y par un ou deux circulaires et par un nouveau nœud (même P., 14); ramenez les deux extrëmiiës du cordon sous la verge ou l'un de ses côtes, pour les y lixer (même P., 9), les reporter sur la sonde (même P. , 16), les y fixer toujours de la même manière, et continuer ainsi jusqu'à ce que le cordon s'étende de la verge à la sonde et de la sonde à la verge dans quatre sens diffe'rens , ainsi que le représente la figure où le bandage est dessiné à son dernier nœud et presque achevé. Enfin vous terminerez par des circulaires autour du pénis , et par un nœud avec une boucle.
Par les érections fréquentes' qu'occasione la sonde , ce bandage, s'il est peu serré, se relâche bientôt, au point de glisser par -dessus le gland et de permettre à finstrument de sortir de l'urètre. Lorsqu'il est trop serré , il concourt lui-même à exciter l'érection; et comme il cède peu, il étranglerait le pénis, et causerait infailliblement de graves accidens si l'on ne se hâtait de le relâcher.
Les défauts que nous signalons ont fait chercher des moyens plus commodes pour fixer une sonde ou une
l50 INSTRUMENS TOPIQUES,
bougie dans l'urètre. Les uns ont propose de nouer par le milieu de leur longueur deux grands cordons près de l'extrëmile' externe de la sonde ou de la bougie , et d'en porter les chefs, les uns par-devant, les autres parderrière les cuisses, pour les fixer à une ceinture; d'autres ont conseillé de les fixer à un suspensoire , bandage que nous décrirons dans cet ouvrage sous le nom de bourse du scrotum; d'autres ont imaginé de les amener d'abord de la sonde à un anneau fait avec du bois souple ou toute autre matière , et placé autour de la racine du pénis; de les attacher à cet anneau, et ensuite de les diriger encore, les uns par-devant, les autres parderrière les cuisses, pour les fixer aussi à une ceinture ; enfin d'autres tout à la fois plus heureux , plus ingénieux , et qui ont mieux aperçu le but et les moyens d'y parvenir , ont inventé "de petits appareils qui , pouvant se dilater et se laisser alonger par leur extensibilité au moment de l'érection du pénis, se resserrer ensuite par leur élasticité, remplissent toutes les indications. Nous en parlerons dans la classe des bandages mécaniques.
Soins consécutifs à l'emploi des sondes ou des bougies. Le bandage contentil d'une sonde étant appliqué pour une sonde, il faut la boucher avec un fausset de bois , de liège ou d'ivoire ; et si c'est pour une paralysie qu'on l'a employée, il faut la déboucher très souvent , toutes les h eures ou toutes les deux heures , et toujours plus sotivent après le repas. 11 y aurait à craindre^ si l'urimi s'accumulait dans une vessie paralysée, qu'elle ne détruisit entièrement sa contractilité presque éteinte.
Les sondes de gomme élastique qu'on laisse à demeiue doivent être; changées tous les huit ou dix jours, parcequ'elles s'incrustent de gravier et s'altèrent, comme nous le verrons, ei qu'il faut en aug-
menter graduellement le volume. Les bougies ne doivent rester dans l'urètre que trois ou quatre heures au plus, et l'emploi des unes et des autres doit être continué jusqu'à ce que le malade puisse se servir des nume'ros les plus forts. La sonde d'argent doit être remplacée au Lout de vingt-quatre heures par une sonde de gomine élastique ou une bougie.
Effets de remploi des bougies et des sondes. L'introduction de ces instrumens est habituellement douloureuse; mais lorsque le canal est irrité ou très rétréci , il n'est pas rare de voir le malade pâlir , ses lèvres blanchir , une sueur froide se répandre sur tout le corps, des tremblemens sympathiques agiter ses membres, et terminer celte scène de souffrances. Après de pareilles angoisses , propose-î-on aux malades de rechanger la sonde ou la bougie ? au seul souvenir des douleurs qu'ils ont ressenties et qui les attendent encore , on les voit , saisis de crainte , pâlir et trembler comme s'ils étaient déjà en proie aux tourmens qui les effraient.
L'introduction des bougies et des sondes, soit solides^ soit garnies d'un mandrin , est plus cruelle que celle des bougies. Au moyen de ces bougies , mais surtout de îa sonde conique, il est très aisé de faire défausses routes. La sonde peut les ouvrir devant ou derrière le rétrécissement. Les premières sont communes, les dernières sont plus rares et beaucoup plus graves, parceque l'urine, retenue derrière l'obstacle . s'infiltre par la fausse route, et peut déterminer un dépôt urinai re mortel. Tantôt la sonde égarée rampe sous la muqueuse de l'urètre et rentre un peu plus loin dans ce canal ; tantôt au contraire , s'égarant davantage , elle va transpercer la prostate , les vésicules séminales, la vessie, le vagin , le rectum , séparément ou plusieurs ensem-
hle. La perforation de la prostate est des plus graves.
Placées dans l'urètre , les bougies et les sondes le distendent, le dilatent, et le retre'cissement se grave sur elles. Il faut les employer jusqu'à trois , six, neuf mois ou même un an , pour obtenir une dilatation convenable. En même temps , elles causent parfois des douleurs tellement insupportables que les malades les retirent aussitôt après le de'part du chirurgien. Elles e'veillent l'envie d'uriner , et trop souvent ces besoins factices ne sont pas moins pe'nibles que la douleur. Elles excitent des e'rections fatigantes , un e'coulement muqueux puriforme plus ou moihs abondant , et causent parfois de plus graves accidens , comme la fièvre , l'inflammation de furètre , de la prostate , du tissu cellulaire voisin , des ganglions inguinaux , des testicules^ et par suite des abcès, des fistules urëtrales. On a vu même des sondes de'terminer finflaramation ulcërative de la vessie, par la pression que leur exlre'mite' interne exerçait contre un point de sa surface muqueuse.
Le lecteur pre'voit que si de pareils accidens e'taient fre'quens, l'usage des sondes et des bougies devrait être proscrit ; que d'ailleurs , aussitôt qu'on les aperçoit j on ne peut trop se hâter de retirer la bougie ou la sonde , d'avoir recours aux antiphlogistiques , et dès qu'il est possible à une autre me'lhode de traitement , aux bougies emplastiques, et ensuite ou même directement au caustique , si le cathétërisme force' a ouvert une voie assez large pour permettre de l'employer. Il n'est pas de mon objet de de'crire cette ope'ration , je ne dois mentionner que celles qui servent à l'application des pièces d'appareil ou de bandage.
Les bougies emplastiques sont moins fatigantes que celles de gomme élastique ouïes sondes de même nature.
SONDES ET BOUGIES URÉTRÂLES. l33
Ces sondes et ces bougies deviennent à la longue raboteuses, parceque leur enduit s'altère. Elles se moulent aussi tellement sur la direction de l'urètre, qu'elles la conservent après qu'elles en sont retire'es.
Les sondes d'argent, même lorsqu'elles sont courbe'es en S comme Fe'taient celles de J.-L. Petit (i j, sont extrêmement fatigantes et pénibles à conserver ; elles peuvent promptement de'terminer tous les graves accidens que nous avons signalés , et en outre la gangrène et la perforation de l'urètre au-dessous du pubis. C'est pour cela qu'on ne les laisse à demeure dans la vessie que vingt-quatre ou trente-six heures au plus. La possibilité de remplacer la sonde droite d'argent, imme'diatement après son introduction dans la vessie , par une sonde de gomme élastique glissée sur celle d'argent ; la possibilité de suivre un procédé analogue lors même qu'on s'est servi d'une sonde courbe d'argent, donnent au procédé de M. Amussat plus d'importance qu'il ne paraît en avoir au premier coup d'œil.
Enfin les sondes droites introduites dans la vessie peuvent ne pas donner écoulement à Turine , bien qu'elles y soient plongées et offrent le plus grand calibre.
Appelé en 1820 pour donner des soins à M. N ,
vieillard octogénaire, aflfecté d'une rétention d'urine, je le sondai d'abord avec la sonde com^be, et ainsi de suite plusieurs fois pendant deux jours, parceque le malade ne manquait jamais de retirer la sonde après mon, départ. Les urines qu'il rendait à chaque fois par la sonde étaient sanguinolentes, ce qui provenait probablement des vaisseaux variqueux, qui rétrécissent souvent Turètre et le col de la vessie chez les vieillards.
(i) Traité des malad. chir., elc, t. 11, p. Sog, P. 5i, F. 4, 5, Paris, 1790.
l54 INSTRUMENS TOPIQUES.
Au troisième jour, j'essaj'^ai de sonder M. N avec
la sonde droite; j'arrivai promptement dans la vessie distendue par les urines : je m'en assurai par le reclum, et cependant le malade ne rendait pas une goutte d'urine. Je retirai l'instrument; il était rempli en entier par des cailloLs de sang; je le nettoyai et leniai de nouveau de
sonder M. IN : mêmes résultats. OMige' de soulager
le malade que l'urine gênait beaucoup, je recommençai trois ou quatre fois avec aussi peu de succès. Persuade' que ma sontlc, qui e'iait cependant déjà volumineuse, e'tait trop petite, j'en allai chercher une du n° 12 au moins. Les caillots de sang la remplirent toujours , et maigre' qu'à chaque fols j'arrivasse dans la vessie , et maigre' que j'essayasse de délayer ces caillots par des injections poussées dans la sonde, je laissais, dans mon aveuglement, le malade en proie à d'horribles souffrances, que je ne ressentais pas moins vivement au moral , et qui me de'sespëraient. Enfin, accable' d'angoisses insupportables , je courus chercher l'illustre BÉCLARD ; il prit une sonde courbe de gomme e'iaslique : elle était volumineuse et avait de très grands yeux. Au bout de quelques tentatives il parvint à la vessie, et l'urine jaillit à flots.
Il me vint aussitôt à l'esprit que mes insuccès e'taient dus à ce que je m'e'tais obstine'ment servi d'une sonde droite; que la vessie était probablement remplie de caillots à son bas-fond ; que le bout de la sonde droite y plongeant sans cesse, ces derniers s'y engageaient et l'oblite'raient ; qu'au contraire l'extrcmilé interne de la sonde courbe n'y plongeant point, ils ne pouvaient s'y engager. Je lis part de mes soupçons au professeur Bé- CLlRD, et je m'assurai dès le soir même de leur exactitude. Je sondai d'abord le malade avec une sonde droite, et j'en reconnus la pre'sence dans la vessie par le rec-
SONDES ET BOUGIES URÉTRALES. l55
tum ; je la relirai pleine de caillots. Je repris une sonple courbe, moins volumineuse que la droite que je venais de mettre en usage , je l'introduisis dans la vessie ; l'urine jaillit aussitôt par le pavillon, et je m'assurai par le rectum qu'elle e'tail pre'cisément dans le même lieu que celui où j'avais senti si souvent la sonde clroiic.
Le lecteur pre'voit bien qu'après avoir de'couvert la cause de mes insuccès, je ne m'avisai plus de me servir . de la sonde droite sur M. N..,,
Les sondes et les bougies ne procurent que trop rarement des cures durables ; aussi les malades sontils oblige's de se tenir toujours sur leurs gardes. On ne doit pas les abandonner sans leur apprendre à s'introtroduire eux-mêmes dans l'urètre une sonde, ou une bougie, pour qu'ils puissent, par précaution^ recourir à son usage au premier signal du retour de la maladie.
S'il e'tait bien démontre que la cautérisation, pre'conise'e en Angleterre, et dernièrement en France par Du- CAMP et par M, le professeur Lallemand de Montpellier, fût, le plus souvent, suivie d'une guérison durable, le traitement par les bougies ne tarderait pas à tomber dans un discre'dit complet et me'rite'j mais il est loin d'en être ainsi. Tout ce que je puis dire à ce sujet, c'est que j'ai de'jà vu plusieurs malades traites par DuCAMP, ou par ses proce'dës, se trouver ensuite en aussi mauvais e'tat qu'ils l'avaient jamais e'te' auparavant; un entre autres, qui ne pouvait trouver chez M. Verdier de bougies assez fines pour son re'tre'cissement, bien qu'on lui en offrît d'une petitesse extrême. Ilpre'sentait pour modèle celle qu'il employait, et qui était d'une tënuite' qui ne me causa pas moins de surprise et d'ëtonnement que de compassion pour les tourmens dont il se plaignait. Ce malade avait e'té traite' par Ducamp même.
l56 I\STRl'.MENS TOPIQUES.
DES URINAUX.
Ce sont des inslrumens destines à s'adapter aux organes excre'teurs de l'urine pour en recevoir le fluide dans les incontinen'H s. Ils peuvent servir aux mêmes usages chez les personnes tourmentées par de frequens besoins d'uriner ou obligées par l'étiquette à rester long-temps dans une assemblée, maigre les besoins les plus pressans.
tJRiNAL POlîl HOMME, CONSTRUIT PAU FÉBURIER, ET PERFECTIONNÉ PAR M. Verdier.
Cet instrument est un vase légèrement aplati, qui se renfle sur un de ses bords, et offre une sorte de ventre.
Il se compose, r d'une douille d'argent; 2° d'une soupape et de son manche ; 5° d'ime poche de gomme élastique; 4° *^'^^^ conduit excre'teur; 5° d'une enveloppe de maroquin; G° de deux chaînettes d'argent; ^° d'un cordon.
La douille (P. II, V. x, 1, 1) a neuf centimètres (un peu plus de trois pouces de long). Elle est conique, et se re'trëcit de haut en bas. Ses parois ont peu d'épaisseur; l'ouverture de son extrémité supérieure (F. x, 1) est coupée obliquement en bas du côté du ventre de l'instrument ; elle a cinq décimètres (près de deux pouces de diamètre) ; l'ouverture de l'extrémité inférieure a tout au plus un centimètre (quatre lignes environ).
La soupape est une sorte de bouton dont l'une des faces est tournée en haut et garnie d'un bouchon de liège ; elle ferme en dessous fouverture inférieure de la douille. Cachées dans la panse de finstrument , on ne peut les voir ni l'une ni l'autre; elles correspondent à peu près au n" 7' , même figure.
URINAUX. 137
Le manche de cette soupape (même F. , 2), est une tige d'argent qui descend dans un tube soudé aux parois de la douille, le long de son dos, depuis son foord supe'rieur, jusqu'à la soupape qui la bouche infërieurement. Celte tige est un peu plus longue que la douille, et lermine'e à son extrémité' supérieure par un bouton.
Le canal du manche de la soupape n'est pas entièrement rempli par ce manche. Il s'ouvre en bas dans la cavité de la poche ; à l'extérieur , par en haut , sous le bouton du manche; et en outre par un trou visible, en dedans de la douille, vers le milieu de la hauteur de cette dernière. Si l'on presse sur le bouton , le manche glisse, descend dans son canal , entraîne en bas la soupape à laquelle il tient , et qui bouche l'ouverture intérieure de la douille, Retire-t-on le bouton, le manche remonte, entraîne encore la soupape, qui, remontant aussi, ferme de bas en haut le trou de l'extrémité inférieure de la douille. Verse-t-on de l'eau dans la douille, lorsque la soupape est abaissée , ce liquide pénètre aisément dans la poche en déplaçant l'air qu'elle contient , et qui s'échappe sans bruit par l'ouverture du canal du manche, qui lui a été fort ingénieusement réservée à cet effet.
La poche de l'instrument (P. II, F. X, 3) est formée d'un tissu de soie enduit de gomme élastique; elle est comprimée latéralement , et renflée par le bord qui est opposé au manche de la soupape. Sa partie supérieure forme un tuyau qui embrasse la douille autour de laquelle il est solidement fixé; sa partie inférieure est garnie en dedans d'une cuvette en métal (même F. , 4) qui en forme le fond , et est percée d'un trou dirigé en bas.
Le conduit excréteur est un petit tube métallique , engagé dans ce trou de la cuvette, où il est soUdement
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fixé (P. II, F. X, 5). Il se compose d'un petit tuyau, d'un bouchon et d'un couvercle , qu'on nomme sa 'virole. Ce petit conduit ressort de cinqmillimèlres (près de trois lignes). Il est garni d'une vis pour recevoir le couvercle. Il est destine à donner issue aux urines contenues dans la panse de l'instrument. Le bouchon sert à fermer le conduit excre'teur ; il est formé d'un petit cylindre de liège traversé par une tige métallique, au moyen de laquelle on peut le retirer.
Le couvercle ou la virole est une petite boîte cylindrique garnie d'une vis intérieure , à l'aide de laquelle elle peut s'adapter au tuyau excréteur et lerecouvir avec son bouchon.
L'enveloppe est formée de plusieurs pièces de maroquin cousues sur la poche , qu'elles ne revêtent point sur ses côtés dans toute leur étendue (P. II, F. x, 6, 7, S).
Le ruban est un lien d'environ un mètre (un peu moins d'une aune) qui sert à fixer l'instrument à la cuisse. Il est attaché, sur un seul des côtés de la poche, depuis son ventre (même F. , 9) jusqu'à son dos (même F., 10).
Les chaînettes sont deux petites chaînes attachées une de chaque côté de l'ouverture supérieure de la douille (P. II, F. X, 11,12); elles sont destinées à attacher Furinal à une ceinture.
Application. On fixe cet instromcnt en haut de la cuisse à la partie antérieure et interne de ce membre , au moyen du cordon. On doit l'élever assez pour que la verge s'engage librement dans l'ouverture supérieure de la douille, le disposer de manière que le bord convexe ou le ventre de la poche regarde en arrière, et qu'elle soit appliquée à la cuisse par le côté qui porte le cordon. Les deux bouts de ce dernier doivent être portés en sens inverse autour de la cuisse sans passer sur
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la panse de l'urinai, et puis lie's ensemble; alors la poche n'e'tant point serre'e entre la cuisse et le ruban, pourra se dilater librement. Enfin il faut fixer l'urinai près de la verge , au moyen des deux chainettes , en les attachant au-dessus du pubis aux crochets d'une ceinture.
Cet urinai e'tant ainsi applique' , le manche de la soupape qui correspond au dos de l'instrument est tourné en avant, et il est facile au malade d'en tirer ou d'en pousser le bouton à volonté. S'il le pousse lorsqu'il y a de l'urine dans la douille , l'orifice inférieur de celleci s'ouvrant, l'urine passe dans la poche, et l'air déplacé sort aisément, et sans bruit, par le trou du canal du manche.
Lorsque le malade tire ensuite le manche à lui , ou en haut, la soupape referme l'ouverture inférieure de la douille, et l'odeur de l'urine ne peut plus se dégager que par le canal fort étroit du manche delà soupape, ce qui est insensible.
Si le malade s'assied , le ventre de l'instrument étant alors le point le plus déclive , l'urine s'y rassemble en s'éloignant de la soupape, en sorte que, lors même que celle-ci se trouverait ouverte , le liquide ne pourrait s'y engager : c'est même pour cela que la panse de l'instrument doit être tournée du côté postérieur de la cuisse, et qu'elle se prolonge derrière et au-dessus de la soupape (P. II, F. X, i3).
Tels sont aussi les avantages de l'instrument de FÉ- BURIER, perfectionné par M. Verdier. Il conserve d'ailleurs très bien les urines , et il est aisé de le vider par son conduit excréteur, et de le nettoyer.
Si le lecteur a bien suivi cette description, si je me suis bien fait comprendre, il a dû être frappé des ingénieuses précautions apportées à la fabrication de ce com-
l4o INSTRUMENS TOPIQUES,
mode et utile instrument. Néanmoins; comme la poche en est assez, volumineuse pour saillir à travers le pantalon, et arrêter les regards les moins attentifs, je crois qu'il serait avantageux d'alonger encore cette poche, afin de pouvoir en diminuer l'étendue d'un côte à l'autre.
liRINAt, DE FEMME FAIT PAR M. VeRDIER (P. II, F. Xl).
C'est une poche de taffetas ciré ^ desline'e à être placée sous la vulve pour recevoir les urines lorsqu'elles s'e'chappent involontairement.
Cet instrument est très simple. Il est composé d'un cerceau elliptique, d'une poche de taffetas, d'une bretelle élastique et d'une courroie.
Le cerceau est elliptique (P. II, F. XI, 1,1,1,1), et courbé sur sa longueur pour s'accommoder à la convexité de la vulve, en avant et en bas. Ce cerceau est formé d'une lige métallique de zinc ; il est enveloppé de linge, lequel est lui-même recouvert de peau de chamois, afin que les grandes lèvres ne puissent cire blessées par le métal.
La poche est faite d'une seule pièce de taffetas circulaire , dont le bord, dans les deux tiers postérieurs , embrassent le cerceau métallique de dedans en dehors en passant par-dessus (même F., 1, 1, 1, 1). Ce bord du taffetas est attaché en dessous et en dehors du cerceau métallique par une couture spirale ou 11 surjet. Le tiers antérieur de la circonterencc de la pièce de taffetas dépasse le cerceau en avant, et fait bouffer la poche dans ce sens (même F., 2). La partie libre du bord de cette dernière est garnie d'un rul)an qui y forme une coulisse où passent deux cordons (même F. , 5, 5) . Ces cordons , fixés à l'extrémité antérieure du cerceau , se dégagent de la coulisse à la partie antérieure de la circoniérence de la poche, et servent à froncer toute cette
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partie de son sac (P. U, F. xi , 4? 4)- Il suit de là que la poche peut être à volonté ouverte ou fermëe pardevant.
La bretelle élastique (même F., 5) est absolument semblable à la patte de nos bretelles élastiques formée de ressorts en fil de cuivre roulés en spirale. Cette bretelle fixée, a son extrémité inférieure sur l'antérieure du cerceau métallique (même F., 6) , et son extrémité supérieure percée d'une boutonnière pour pouvoir se fixer à une ceinture par un bouton (même F., 7).
La courroie est formée d'un ruban solide , qui est attaché par un bout, comme la bretelle, à la garniture du cerceau, mais à l'extrémité postérieure de ce dernier (P. II, F. XI, 8), et qui est libre par le bout opposé pour être fixée par-derrière à une ceinture (même F. , 9).
Cet urinai &^ applique sous la vulve. On en dirige la bretelle en avant, la courroie en arrière, et on les relève vers la ceinture, où on les fixe. On ouvre la poche pardevant , on y introduit une éponge , et on ferme cette poche au moyen des cordons de sa fronce. A mesure que les urines coulent dans l'urinai , l'éponge les absorbe ; tel est aussi l'usage auquel on la destine. Néanmoins l'odeur doit s'en faire sentir, au moins à la femme qui porte un pareil urinai. D'ailleurs il la gêne à peine lorsqu'elle se tient debout, il ne l'empêche pas de s'asseoir; mais si l'éponge est gonflée d'urine, elle peut s'en exprimer, et l'odeur en devenir plus sensible. Il n'est pas nécessaire de dire que les femmes obligées d'employer cet instrument doivent user d'une grande propreté, et rechanger ou laver fréquemment l'éponge.
tJBIINAI MÉTALLIQUE POUR FEMME.
On emploie aussi pour les femmes un urinai métallique auquel on peut adapter une poche de gomme
\[^2 INSTRUMËNS TOPIQUES.
élastique semblable à celle de Turinal pour homme que nous avons décrit plus haut; et voici comment je voudrais qu'il lût fait.
Cet instrument devrait être forme' d'une gouttière de métal qui aurait la longueur de la vulve, serait courbée en bateau d'un bout l'autre et transversalement, afin de s'adapter à la fois , avec une grande exactitude , et à la courbure antéro- postérieure de la vulve et à la convexité transversale des grandes lèvres. 11 faudrait en outre que cette gouttière fût criblée de trous dans son fond et à la partie qui devrait être la plus déclive lorsque l'instrument serait appliqué. Ces trous devraient être petits, et aboutir obliquement à un conduit excréteur fort court, saillant en bas, au dehors, et garni d'une vis sur sa circonférence. Cette vis pourrait recevoir l'extrémité supérieure de la poche de gomme élastique , garnie à cet effet d'une virole creusée d'une vis à l'intérieur. Il faudrait que celte poche eût un ruban comme celle de l'urinai d'homme décrit plus haut, afin qu'elle pût être fixée à la cuisse ; que d'ailleurs aux extrémités de la gouttière de l'instrument fussent attachées des courroies, ou mieux des bretelles élastiques, pour les fixer invariablement à une ceinture.
Un pareil urinai serait, je crois, préférable au précéilent. S'il était bien fait , que le conduit excréteur en fût fort court, que la poche y fût adaptée par un col grêle pour se renfler ensuite en arrière comme celle de i'urinal de FÉBURIER pour homme , il n'empêcherait pas la femme de s'asseoir , et d'ailleurs ne dégagerait pas d'odeur ammoniacale sensible.
On pourrait encore, pour empêcher la fluctuation de l'urine , construire le col de la poche de manière à pouvoir le démonter, et placer une éponge dans la panse de cette dernière.