BANDAGES OBLIQUES
Ces bandages consistent en deux ou trois circulaires obliques , qui se recouvrent à peu près entièrement , comme ceux dont nous avons formé le genre circulaire. Ils n'en diffèrent que par leur direction , qui est oblique par rapport à la longueur de la partie sur laquelle on les applique.
Ce genre ne comprendra qu'une seule espèce.
ESPÈCE UNIQUE
OBLIQUE DU COU ET DE l'aISSELLB.
J'en établis deux variétés.
l" VABIÉTIS. — OBLIQUE CONTKNTIF ET PRÉSEEVATIF.
Le nom de ce bandage en indique les usages. Il peut surtout servir à contenir des pièces d'appareil sous l'aisselle.
Situation du malade. Qu'il soit assis.
Pièces du bandage. Une bande longue de six mètres (presque cinq aunes), large de trois ou quatre doigts.
jipplication. Portez le chef initial de la bande derrière l'une des épaules ; dirigez-en le globe sur l'épaule opposée, que nous supposons être la gauche; de là descendez obliquement par-devant la poitrine sous l'aisselle droite ; remontez obliquement par-derrière le dos , sur l'épaule gauche, et fixez, en passant, le chef initial maintenu jusque là avec le pouce de la main gauche ; répétez ensuite ces circulaires jusqu'à l'entier épuisement de la bande.
Les circulaires de ce bandage doivent ne se recou-
192 CLASSE I. BANDAGES PROPREMENT DITS, vrir qu'en partie à l'endroit où ils passent sur les pièces d'appareil , pour occuper une étendue proportionnée à celle de ces dernières, et les contenir solidement. Ils doivent de plus n'être que médiocrement serre's, de crainte de Llesser les bords de l'aisselle qu'ils embrassent.
Effets et propriétés. L'oblique contentif du cou et de l'aisselle se relâche assez promptement, parceque les circonvolutions qui le composent remontent et ijlissent les unes sur les autres et se ramassent en corde sous l'aisselle; ne'anmoins, re'appliqué toutes les vingtquatre heures , il suffit pour assujettir les pièces d'appareil sous l'aisselle.
M. N , imprimeur, portait dans cette région
une tumeur de la grosseur d'un œuf de poule; après l'avoir extraite avec les glandes engorgées qui remplissaient le creux de l'aisselle , et s'e'tendaient jusque sur la première côte contre l'artère sous-clavière, le bandage que nous venons de de'crire, renouvelé tous les jours, me suffit, jusqu'à la gue'rison, pour contenir les pièces d'appareil mis en usage.
a» VARIÉTÉ. — OBUQDE DU COU ET DE l'aISSELLE POUE LA SAIGSKK DE LA JUGILIIEE BXTBBNE.
Son nom indique suffisamment ses usages.
Pièces du bandage. Une bande longue de deux mètres (plus d'une aune et demie) , large de trois doigts.
Précautions préliminaires. Appliquez un rouleau de bande, d'au moins un pouce de diamètre, sur la jugulaire externe , imme'diatcment au-dessus de la clavicule.
udpplicatioîi du bandage. Appliquez la bande par la surface externe de son plein , à huit ou dix travers de doigt de son bout initial déroule' ; qu'elle porte sur la partie antérieure de l'aisselle , du côté opposé à la
GEXRE III. BANDAGES SPIRAUX. 1 go
jugulaire externe que vous deyez saigner, la gauche, par exemple ; de là . conduisez le globe par- dessus le rouleau compressif place sur la jugulaire, en passant par-devant la poitrine; ramenez-le au point de départ, en passant par-derrière le dos et sous l'aisselle droite ; faites ainsi deux circulaires obliques assez serre's, et arrêtez le bandage par une simple rosette.
B. Bell applique au contraire le bandage d'une manière inverse; il le fait agir sur la veine jugulaire opposée à celle cju'il veut saigner, tandis qu'il presse fortement sur celle-ci avec le pouce. Il a recours au bandage , parceque la compression faite avec le pouce sur la jugulaire à ouvrir, comme le pratiquent beaucoup de chirurgiens, est soiwent insuffisante. « Parceque, dit-il, le sang, dont le cours est arrête' dans cette branche (la jugulaire à saigner), trouvant le passage libre dans les autres veines , on ne parvient jamais à faire gonfler suffisamment la veine que l'on veut ouvrir, à moins de comprimer en même temps la principale veine qui est de l'autre côte' du cou : l'on applique en conséquence , sur la plus grosse veine qui se trouve du côte oppose' à celui que Ton saigne , une compresse de toile , sur laquelle on passe une jarretière ou toute autre ligature convenable , que l'on noue solidement au-dessous de l'aisselle opposée; et l'on tâche de produire un degré de compression assez fort pour arrêter absolument la circulation dans la veine , ce qu'il est aisé de faire par ce moyen , sans que la respiration du malade s'en trouve
gênée ( i ) • "