‹ Traité des bandages et appareils de pansementChapitre 91 sur 160 · DES POULIES · texte numérisé non relu

DES POULIES

La poulie est une roue dont ia circonférence est toujours creuse'e en gorge , dont le centre est ordinairement mobile autour d'un axe qui le traverse, et aboutit aux espèces de mors qui embrassent latéralement la poulie , la tiennent suspendue , et qu'on nomme sa chape (P. XII, F. m, 1). La gorge de la poulie doit être creusée en angle rentrant, au lieu de former une gouttière concave à fond courbe et arrondi, afin que la corde qu'elle est destine'e à recevoir ne puisse y glisser.

On fait ordinairement tourner la poulie sur son axe : il vaudrait mieux , selon Brisson, que l'axe fût fixé à la poulie , et qu'on pût flùre tourner le tout ensemble dans la chape ; le mouvement se ferait sur moins de surface , et il y aurait alors moins de frottemens.

Au moyen d'une poulie, la puissance peut tirer dans toutes les directions sans rien perdre de son avantage, si ce n'est la quantité de force qui esr, détruite par les frottemens , parceque la corde au moyen de laquelle elle agit est toujours perpendiculaire au rayon que l'on peut tirer du centre à la circonférence , au point d'application de la puissance. Comme les puissances qu'on applique aux poulies agissent avec d'autant plus d'énergie que leur distance de l'axe est plus grande, en se servant d'une poulie qui offre plusieurs gorges , ou en enfilant d'une manière fixe sur le même axe plusieurs poulies de différens diamètres, de deux forces, celle qui agira le plus loin de l'axe sur la poulie la plus large l'emportera par conséquent d'autant plus sur la plus petite. Ainsi supposons trois poulies montées d'une manière fixe sur un même axe , comme on le voit P.

XII, F. X ', que l'une d'elles ait un rayon comme un (même F. l, 4)? la seconde un rayon connnedeux (même F. 1,5), et la troisième un rayon comme trois (même F. 1,2); ou, si l'on veut, ce qui revient au même^ que la première ait un diamètre comme un ( \ , 5) , la seconde un diamètre comme deux (5, 6), ef la troisième un diamètre comme trois (2, 'j), il faudra suspendre un poids de six kilogrammes à la petite poulie (même F. , 10) pour faire équilibre à un poids de six kilogrammes suspendu à la même poulie (même F., 11), parceque les rayons de cette poulie (même F. , 1 et 4, 1 et 5) sont égaux , et qu'elle forme alors un levier du premier genre à Ijras égaux. Il ne faudra suspendre qu'un poids de trois kilogrammes à la seconde poulie (même F. , 9) pour faire équilibre au poids de six suspendu à la première, et seulement un poids de deux kilogrammes sur la troisième (même F. , 8) pour neutraliser les six kilogrammes de la première , parcequ'alors ces deux poulies étant fixes sur leur axe, font, avec la petite, l'office d'un levier du premier genre, à bras inégaux, dont le point d'appui commun est au centre.

Il est des arrangemens de poulies destinés à soulever des poids , et dans lesquels une ou plusieurs de ces machines agissent de même qu'un levier du second genre ; et comme dans ce levier le bras de la puissance est toujours plus grand que celui de la résistance , ces poulies favorisent la puissance. Les assemblages de poulies dont je parle sont des moufles. Nous allons en dire quelque chose. Nous renvoyons, pour plus de détails, aux traités de mécanique.

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