‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 10 sur 266 · CHAPITRE PREMIKR · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIKR

qu'il fasse nuit? R. Pinehas, au nom de H. Abba bar-Papa, dit : rrLorsquon ^e voit qu'une seule étoile, c'est qu il fait encore jour; lorsqu'on en voit deux, c'est douteux, mais quand on en voit trois, la nuit est arrivée avec certitude ^ Comment peut-on prétendre qu'à la vue de deux étoiles ce soit douteux? N'ost-il pas dit : «t A la sortie des étoiles, ?» ce qui veut dire au moins deux? C'est vrai , mais la première ne compte pas. Si le vendredi soir, à la vue d'une étoile, on travaille encore, on n'a pas transgressé le sabbat; s'il y en a 9, on doit offrir au temple l'expiation du doute (Lévitique , v, 17); s'il y en a 3 , on doit offrir le sacrifice de péché. De même, si le samedi soir, en voyant une étoile, on travaille, il faut offrir le sacrifice de péché; s'il y en a deux il faut expier le doute; s'il y en a trois ce n'est plus une transgression. R. Yossé bar-Boun cite un fait si l'appui (du cas douteux) : frSi l'on admet, dit-il, qu'à la vue de deux étoiles il y a doute, il arrivera ceci : si l'on en voit deux le soir du vendredi, et qu'après avoir été averti on se permette de travailler, ainsi que le samedi soir, il se présentera un dilemme inévitable : si au premier cas il fait encore jour, il faut aussi l'admettre pour le second cas, auquel cas on aurait commis un péché; si au second cas il fait déjà nuit, il faut aussi l'admettre pour la première hypothèse, auquel cas on aurait péché. De même, si l'on voit deux étoiles le vendredi soir, et que l'on coupe la moitié d'une figue ^, puis que le matin l'on coupe l'autre moitié, et qu'enfin à la vue de deux étoiles, le samedi soir, on coupe encore une autre moitié, il faut raisonner ainsi: si au premier cas il fait jour, il faut aussi l'admettre pour le dernier cas, joindre cette moitié de travail du matin à celle du samedi soir, et il en résulterait qu'une transgression a été commise en dernier lieu. Si au second cas il fait nuit, il en sera do même au premier cas, et si l'on joint la part du travail du matin à celle du vendredi soir, il y aurait eu transgression au premier cas. r>

Ce qu'on a dit de la vue des étoiles s'applique à celles qu'on n'a pas l'habitude de voir au jour, tandis que de celles qu'on a l'habitude de voir le jour, on ne tient pas compte. Aussi R. Yossé bar-R. Bonn dit: tril s'agit seulement de voir trois étoiles en dehors de cette KnnDlD'.^ R. Jacob Dromna, au nom de R. Juda ben-Pazi, dit: «rUne seule étoile indique un jour certain; à deux, c'est la nuit sans aucun doute. t) N'y a-t-il pas de doute pour lui? Non, il vty a d'hésitation possible qu'entre les étoiles (visibles le jour) et les autres.

On a enseigné à ce propos* : aussi longtemps qu'à l'orient le ciel est rouge, il

' Comp. Talmnd Babii, traité Schab- ' Ces étoiles doivent être disposées eux

haik, fol. 35\ A.

* Pour qu'il y ait transgression du re- * Comparez Babli, traité Srhabbath,

pos sabbatique, il faut avoir fait un tra- loi. HA**; traité Aboda tara, fol. /ii"*. et

vail enfier, ou deux moitiés le même jour. même traité, ch. m, S 1.

A ^ TllAlTE DES BERAKHOTll.

fait joui*; s'il .s'assoiiibrit c esl ïenU^e-deux (crépuscule) ' ; s'il fait obscur, au point que ratmosphère supérieure ressemble à Tinfërieure, c'est la nuit. Rabbi dit: r Lorsque, en pleine lune , le soleil commence à se coucher et la lune à apparaître . c'est le crépuscule, -n R. Hanina dit : tr II faut la fin du coucher du soleil et le commencement du lever de la lune;?) R. Samuel a dit en effet: rLa lune ne peut pas briller pendant que le soleil éclaire encore, de même qu elle ne brille plus dès que le soleil lance ses rayons (du matin). ?} R. Samuel bar-Hiyabar> Juda, au nom de R. Ilanina, dit : trSi, lorsque le soleil commence à baisser, un homme partant du sommet du Carmcl descend se baigner dans la mer, puis remonte et va manger des oblations, il est certain qu'il s'est encore baigné an jour 2. Toutefois ce n'est certain que de celui qui prend des chemins de traverse (pour abréger), mais non de celui qui suivrait la grande route. ?) Qu'appelle-t-on entre les deux jours? R. Tanhouma dit: wCela ressemble au temps d'arrêt d'une goutte de sang placée sur le tranchant d'une épée, le temps nécessaire pour que cette goutte se divise et s'écoule représente la transition, n Selon R. Néhémie, on appelle ainsi le temps qui s'écoule depuis le coucher du soleil jusqu'à ce qu'un homme ait parcouru un demi-mille; R. Yossé dit : rr Ce crépuscule ne dure qu'un clin d'oeil, que des savants même ne sauraient mesurer. D

Lorsque R. Yossé et R. Aha se trouvèrent ensemble, le premier dit à l'autre : frNe vous semble-t-il pas que la fin de ce parcours d'un demi-mille (qui esl l'entre-deux), selon R. Néhémie, ne dure qu'une seconde ^?7) «Certes, dit Aha, c'est aussi mon avis.^ En effet R. Hiya ne dit pas cela, mais chaque clin d'œil de cet espace de temps, mesuré par le parcours d'un demi -mille, selon R. Néhémie, est douteux. R. Mena dit : (rj'ai fait une objection en présence de R. Aha : N'a-t-on pas appris ailleurs que si l'on voit une fois (une impureté) le jour et une autre fois entre les deux jours, ou une fois au crépuscule et une autre le lendemain ^, lorsqu'on est certain que la vue de cette impureté date en partie de ce jour et en partie du lendemain , il y a certitude pour l'état de l'impureté et le sacrifice est obligatoire? Mais s'il y a doute qu'une partie de la vue date de ce jour et une partie du lendemain, il y a certitude pour l'impureté, mais doute pour le sacrifice.^ C'est sur ces cas que R. Hiya bar Joseph a répliqué en présence de R. Yochanan : « Quel est celui qui a enseigné qu'une de ces vues peut se diviser en deux?T> — tr C'est R. Yossé.?) — Il lui répondit : ff Tu réfutes alors ta propre opinion, car tu dis que chaque clin d'œil du temps

* L'esprit de minutie règne sans cesse * Gomme le prescrit le Lévitique,xxn,6.

dans ces discussions , au point de s'occn- ' L'instant douteux serait donc égal n

per du passage du joiu* h la nuit appelé celui que donne R. Yossé.

nicrCCn ^3 , entre les deux jours, ^ Voir plus loin , ch. ni , $ G et les notes.

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