CHAPITRE PREMIER
parcouru en un demi-mille , selon R. Néhémie , est douteux (et non la fin seule). y> Il n'y a pas à y voir une contradiction ; lorsque Élie viendra et qu'il dira ce que c'est que le crëpuscule , personne ne le contestera, rf R. Hanina discuta contre les condisciples des rabbins : tr Puisque , dit-il , dès que le soir on voit trois étoiles, le soleil fût-il placé au milieu du firmament, il fait nuit, il doit en être de même (avant le jour) le matin. ^R. Abbadit: trll est écrit dans la Genèse ( XIX, 93) : Lorsque k êokilfut levé sur Ut terre, Lot arriva à Tsoar, et il est écrit au Lévitique (xxii, 7) : Lorsque le soleil sera covcBÉ,le cohen sera pur, ?> On compare le lever au coucher; de même que le coucher correspond à sa disparition de la vue des hommes, de même son lever se manifeste par son apparition aux hommes. R. Ra dit : «r II est écrit : au matin, à la lumière (Genèse, xuv, 3); la Tora appelle donc la lumière imatin.yi R. Ismaël apprit: rrS'il est dit chaque matin (Exode, xix, 91), c'est afin de donner une limite à celui qui veut savoir quand le matin commence, -n R. Yossé bar-R. Roun dit : «r Si Ton pense qu'il faut encore appeler nuit le temps que le soleil met à traverser l'épaisseur du ciel (depuis Taurore jusqu'au rayonnement), cela équivaudrait à dire que le jour et la nuit ne se resseniblent pas (la nuit s'allongerait au matin par cette addition ; ^ or on a enseigné qu'au premier jour de l'équinoxe de Nissan et au premier jour de l'équinoxe de Tissri, le jour et la nuit sont égaux). R. Houna dit : rrOn peut prendre pour terme de comparaison l'usage habituel; ainsi lorsque le roi commence à sortir, quoiqu'il ne soit pas encore au dehors, on dit qu'il est sorti; mais s'il commence à rentrer, on ne dit qu'il est entré que lorsque c'est un fait accompli (il en est de même pour le soleil).^
Lorsqu'on se tient debout pour dire la prière Çamidâ), il faut joindre les pieds. Il y a à ce sujet deux opinions, celle de R. Lévi et celle de R. Simoun; Tun dit: pf C'est pour imiter les anges ;i^ selon l'autre, c'est pour ressembler aux sacerdotes. Ce dernier avis se fonde sur ce verset (Exode, xx, 96) : 7m ne monteras pas, par des degrés, sur mon autel, car les sacerdotes devaient s'y rendre en plaçant le talon à côté du pouce et le pouce à côté du talon (c'est-à-dii*e à tout petits pas); celui qui prétend que c'est pour imiter les anges s'appuie sur ce verset (Ezéchiel, 1,7): Leurs pieds étaient droits; or R. Hanina bar- Andira, au nom de R. Samuel bar-Soutar, dit : rrLes anges n'ont pas de jointure (genou), selon ce verset (Daniel, vu, iC) : Je m'approchai de Vun des assistants, de ceux qui étaient (toujours) debout. w R. Houna dit: ffSi l'on voit les sacerdotes à la synagogue pendant leur première bénédiction (au peuple), on doit dire : Bénissez Dieu, vous ses anges (Psaume cm, so); à la seconde bénédiction : Bénissez Dieu, vous toutes ses armées {Ibid.)\ à la troisième ; Que toutes les œuvres de Dieu le bénissent {Ibid. v, sâj. Pour la prière de mot»* saph (additionnelle), à la première bénédiction, on dit: Chant des degrés, aile? , bénissez Dieu , tous ses servitetirs qui vous tenez dans la maison de Dieu pen-
6 TKAITÉ DES BERAKHOTH.
dont les imùs ' ; à la seconde : Ekvez vos maint venk satutuaire; à la troisième ; Que r Etemel te bénisse de Sûm. Si Ton béait le peuple quatre fois (comme au jour de Kippour)^ on répète k la troisième fois ce qu^on dit pour la première, et à la quatrième ce qu'on dit pour la seconde. ?)
R. Hatzna dit : tf Depuis le lever de Faurore jusqu'au moment où Torient s'éclaire, Thomme peut faire un chemin de quaU% milles^; depuis ce moment jusqu'à ce que le soleil lance ses rayons, il y a autant de temps.?) Gomment sait-on que cette dernière mesure est exacte? Parce qu'il est dit (Genèse, xix, â3) : Et comme Vawrere était levée ^ etc. lorsque le soleil se leva sur la terrey Lot était arrivé à Tsoar^. Mais n y avait-il pas plus de quatre milles de Sodome à Tsoar ^? R. Zeira répondit : «r L'ange qui l'accompagna abrégea le chemin (en l'aplanissant), n Conmient sait-on que depuis le lever de l'aurore jusqu'au moment où l'orient s'éclaire il y a un intervalle de quatre milles ? La répétition des mots et comme l'indique par corrélation ^. R. Yosé bar-R. Roun dit : «r Celui qui compare le lever de l'aurore à la présence d'une étoile peut se tromper; parfois c'est un peu plus tôt, parfois plus tard.?» Comment se représenter le lever? Il ressemble à deux étincelles de lumière partant de l'orient pour répandre la clarté. Une fois R. Hiya-Rabba et R. Simon ben-Halaphtâ se promenaient dans la vallée d'Arbel le matin, et ils remarquaient que l'aurore lançait ses rayons; R. Hiya dit à son compagnon: rrMaitre, cette vue me représente le salut d'Israël :1e commencement en est peu sensible, mais à mesure qu'il inarche il s'agrandit. On en voit maints exemples (dans la Rible) : Lorsque je suis assis dans V obscurité. Dieu est ma lumière (Michée, vu, 8). De même, dans l'histoire d'Ësther, Mardochée était d'abord simplement assis à la porte du roi ; puis Haman prit le vêtement royal et le cheval, etc. ensuite Mardochée s'en revint à la porte du roi, puis il sortit du palais couvert des vêtements royaux, et enfin la lumière fut pour tous les Juifs.?)
L'avis (précité) de R. Hiya est conforme à celui de R. Juda; car on a enseigné, au nom de ce dernier, que, pour traverser l'épaisseur du firmament, il faudrait faire un chemin de 5o ans^. Or un homme doué de vitesse moyenne peut faire tin chemin de quarante milles par jour; donc, pendant que le so-
* Psaume cxxxiv; les versets i à 3 de ce psaume paraissant se répéter, on les suppose gradués.
* Même série , traité Yoma, ch. ni , S â . ^ Il résulte de ce verset qu'après son
arrivée à Tsoar, lorsque Lot eut parcouru h milles , le soleil était levé : c'est donc la mesure de temps.
* Car, rlaiis un passage du Midrasch
Rahha, on dit qu'il y avait une distance de 5 milles. (Voir Bereschith-rabbasiwce passage.)
• Voir la note 3.
* Il ne faut pas oublier que l'astronoDiie n'était pas encore avancée à cette époque ^ et que l'on s'imaginait qu'au matin le soleil sort du firmament. ( Voir traité Pesa'htm , fol. 96''.)