‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 107 sur 266 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

pendant quHl fait encore jour. ?> Cette objection parait fondée, et quy a-t-ii été répondu? R. Meir lui a ainsi répondu : Ne crois pas que je ni*en rapporte à ta manière de mesurer le crépuscule ^ niC^D^n ps (entre le jour et la nuit) ; moi je suis, à ce sujet , de lavis de R. Yossé, qui dit : Cet intervalle de temps dure un clin d'œil, que personne ne saurait mesurer* #r dès que le jour est passé, la nuit arrive. Comment se'faitril que R. Meir se contredise lui-même? (Il a dit plus haut que le schéma' se lit au moment où les hommes vogt prendre leur repas le vendredi soir, et maintenant il donne pour limite le bain des sacerdotes, ce qui serait un peu plus tôt.) Ce sont deux manières diverses de transmettre Tavis de R. Meir. Comment se faitr-il que R. Éliézer se contredite lui-même? (Dans la Mischnâ il admet pour limite celle où les sacerdotes consomment les oblations, et dans la Beraïtha il donne pour limite Tinstant de la sanctification du sabbat) Ce sont deux manières de transmettre Tavis de R. Éliézer. On peut encore répondre que Tavis de R. Éliézer ne se rapporte pas au commencement de la Mischnâ, relativement au commencement de l'heure assignée pour le scheina\ mais à la fin, pour déterminer le moment final de cette lecture.

tr Jusqu'à la fin de la première veille, tî

Quelle est la pensée de R. Éliézer ? S'il suppose que la nuit se divise en trois veilles, pourquoi ne dit-il pas jusqu'à la quatrième heure (dix heures)? Et s'il admet qu'elle se divise en quatre, pourquoi ne dit-il pas jusqu'à la troisième heure (neuf heures)? En tout cas, fut -il répondu, il admet la division de la nuit en trois; seulement (en indiquant la fin de la veille et non l'heure) il a voulu nous faire entendre qu'il y a des veilles au ciel (pour les anges), comme il y en a sur terre (et qu'on peut les reconnaître matériellement). En effet, on a enseigné : R. Éliézer dit que la nuit se divise en trois veilles, pour chacune desquelles le Très-Saint (béni soit-il!) se fait entendrç, du haut de son trône, comme un lion; car il est dit (Jérémie, xxv, 3o) : L'Etemel rugit dans les hauteurs ; il fait entendre sa voix de sa demeure sainte , et il tonne sur son palais ^. Voici le signe physique qui distingue ces veilles^: pendant la première, l'âne brait;

' La longueur de cet intervalle, selon R. Juda , est le temps qu il faudrait pour parcourir un demi-mille avant la sortie des étoiles. Par conséquent, cet intervalle, qui précise l'instant du bain pour les sacerdotes, serait bien antérieur.

* Il v a, dans ce verset, trois fois le mot jH^ , crier; d'où l'on conclut que la

voix divine retentit trois fois la nuit , et que, par conséquent, il y a trois veilles.

' Avant rinvention des horloges et des montres, il était difficile de mesurer le temps, pendant la nuit, par des moyens usuels. Le Talmud donne donc des indications pour connaître le début de chaque veille. >

à la seconde, les chiens aboient; à la troisième, Tenfant suce le sein de sa mère, ou la femme cause avec son mari (c'est iapproche du jour qui ëveillo les uns et les autres). Quënumère là R. Éliézer? S'il a en vue le commencement des veilles, à quoi bon donner un signe à la première? N'est-ce pas Tarrivëe de la nuit? Si %est la fin des veilles qu'il détermine, à quoi bon indiquer la fin de la dernière? Ne la reconnut-on pas par le jour? (r) Il a pour but de déterminer la fin de la première, le commencement de la dernière et le milieu de l'intermédiaire. Ou bien encore on peut dire que pour chacune d'elles R. Eliézer indique l'instant final; quant à l'objection faite, que, pour la dernière, cette indication parait inutile, elle s'annule par cette considération que l'indication sert à avertir que c'est le moment de lire le schéma" du matin ; c'est-à-dire que celui qui est couché dans une salle obscure et qui ignore quand arrive l'instant de lire le schéma*, devra se lever pour cela, dès qu'il entendra la femme causer avec son mari, ou si l'enfant suce le sein de sa mère.

R. Isaac, fils d'Ismaël, dit au nom de Rab : La nuit a trois veilles; à chacune d'elles, le Très-Saint [béni soi t-ill] est assis et rugit comme un lion. Hélas! dit-il, j'ai ruiné ma maison, brûlé mon palais, exilé mes enfants parmi les peuples du monde. Tania (c'est-à-dire, on a enseigné dans la Beraitha). R. Yossë dit : Un jour, je cheminai sur la grande route, j'entrai dans une des ruines de Jérusalem pour y faire une prière. Elie (d'heureuse mémoire) est alors venu et en a gardé l'entrée, attendant que j'eusse fini ma prière. Après que j'eus fini, il me dit : rr Salut à toi, maître. — Je lui répondis: Salut à toi, mon maître et mon directeur. — Mon fils, me dit- il, pourquoi es-tu entré dans cette ruine ? — Pour prier. — Tu aurais dû prier en chemin. — Je craignais d'être interrompu par les passants. — Tu aurais dû faire une prière courte. » Dans ce moment, j'appris de lui trois choses: i"" j'appris qu'on n'entre pas dans une ruine; 2^ qu'on peut prier en chemin; 3° qu'on fait en chemin une prière courte. U me demanda ensuite : «rMon fils, quelle voix as-tu entendu dans cette ruine ? Je lui répondis : J'ai entendu une voix gémissante comme une colombe, disant : Hélas I pourquoi ai-je ruiné ma maison^ brûlé mon temple, exilé mes enfants au milieu des peuples! — A cela il dit : Je te le jure, par ta vie et par ta tête, ce n'est pas à cette heure seule que cette voix dit cela , mais encore trois fois par jour; elle ne dit pas seulement cela en ces heures, mais au moment où les Israélites entrent dans les synagogues et dans les écoles^ et répètent : Amen, que son nom puissant soit bëni^I Le Très-Saint

^ On priait aussi dans les écoles élé- rite allemand, de désigner la synagogue mentaires ou plus avancées. C^est de là par le nom de Sehuk (école), que provient Thabitude, chez les Juifs du ^ Ces mots font partie d'une formule

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